Déjà rénovée en 1993, la chaufferie du quartier des Grésilles, à Dijon, s’est mise au vert ! Exit les chaudières gaz et fioul lourd ! L’Office public d’aménagement et de construction (Opac) a profité du vaste programme de renouvellement urbain touchant le quartier pour moderniser sa chaufferie, la transformant en centrale biomasse permettant d’alimenter l’équivalent de 1.639 équivalents logements, soit 113.422 m² !
Quatre kilomètres de réseau
A l’horizon 2013, le Grand Dijon disposera d’un vaste réseau de chaleur. En effet, la collectivité va profiter de la construction du tramway pour installer ce réseau constitué de l’ensemble des tuyaux véhiculant de l’eau chaude, utilisée pour chauffer des bâtiments. Ce réseau de chaleur devrait permettre de réduire de 3,5% les rejets de gaz à effet de serre pour chaque secteur concerné. Deux chaufferies biomasses ont d’ores et déjà été mises en service par l’Opac Dijon, à Greuze et aux Grésilles.
Créé dans les années 1960, le réseau de chaleur alimente les bâtiments de l’Office via un réseau souterrain avoisinant actuellement les quatre kilomètres. Fonctionnant initialement au charbon puis au bois, la nouvelle chaudière – qui a vu remplacé sa centrale de cogénération à deux moteurs par une nouvelle centrale plus performante à un moteur -, a permis d’éviter, durant l’hiver, le rejet dans l’atmosphère de 2.200 tonnes de CO2 – soit l’équivalent des émissions de 1.300 voitures – ou encore d’économiser 40.315 barils de pétrole.
2.000 tonnes de bois par an
Pour Hamid El Hassouni, président de l’Opac Dijon, cette opération est la « cerise sur le gâteau et prouve que le quartier évolue dans le bon sens ».Il s’agissait là d’un « devoir moral, permettant aux habitants d’économiser entre 10 et 500 euros par an mais aussi un devoir environnemental en limitant l’empreinte écologique des divers bâtiments ». Chaque année, la centrale devrait consommer 2.000 tonnes de bois issu exclusivement de gisements locaux et couvrir plus de 50% des besoins en chauffage, le reste étant assuré par le gaz et l’appoint, notamment en eau chaude, par les panneaux photovoltaïques équipant les immeubles.
Grâce à la cogénération, la centrale produit 5.300 MWh d’électricité par an : il s’agit d’un mode de production combinant la chaleur et l’énergie et qui permet de réduire les pertes liées au transport de l’électricité et de sécuriser le réseau d’alimentation électrique. En outre, les fumées de la chaudière bois sont infiltrées à l’aide de deux dispositifs successifs : un filtre multicyclone et un électrofiltre, qui permettent de garantir des rejets de poussières inférieurs à 50mg/Nm3. D’un coût total de 2,7 M€, ces travaux de réhabilitation/transformation ont permis à Yves Lederer, président de Coriance – prestataire de services énergétiques -, de proposer des tarifs plus compétitifs. Et François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon, de voir ici l’aboutissement d’un des points du Plan Climat Énergie lancé le vendredi 21 mai 2011 (Lire notre article ici).