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Bruno Metsu : Mort à 59 ans de l’entraîneur emporté par le cancer

Bruno Metsu le 6 juin 2002 lors de la Coupe du Monde à Daegu.

 

Bruno Metsu aura malheureusement perdu « le match de sa vie« … L’entraîneur français, qui luttait contre un cancer du côlon, du foie et du poumon depuis un an, est mort la nuit dernière à la clinique des Flandres dans sa ville natale de Coudekerque-Village. Agé de 59 ans, celui que l’on surnommait en Afrique le « Sorcier blanc » était marié et père de trois enfants. Il laissera assurément un grand vide sur une planète football où son élégance et sa sympathie étaient appréciées de tous.

Personnalité reconnue et atypique du football international, où il est considéré comme un véritable globe-trotter, Bruno Metsu avait ému le monde du ballon rond cet été. Dans une longue interview à L’Equipe, l’ex-sélectionneur du Sénégal racontait ainsi son long combat contre la maladie, à cause de laquelle il avait quitté son poste de coach d’Al-Wasl à Dubaï, pour revenir se soigner chez lui à Dunkerque. « Aujourd’hui, oui, je joue le match de ma vie. Je suis à la mi-temps et je veux le gagner avant la prolongation« , confiait-il.

Entre l’annonce de la terrible nouvelle en octobre 2012 – « On m’a donné trois mois. Là, c’est un choc énorme » – et ses chimiothérapies qui lui font disparaître sa célèbre crinière et ses bouclettes, Bruno Metsu racontait également l’importance de sa famille dans son combat, notamment sa femme Viviane et leurs enfants Enzo, Noah et Maeva, âgés de 9, 6 et 3 ans. « Ma famille a été tout pour moi, ma femme a été exceptionnelle, elle a tout géré et je ne sais pas comment elle fait parfois. C’est un soutien moral incroyable (…) Je vis normalement, je ne me considère pas comme malade, je suis avec les enfants, je joue au foot (…) ils doivent avoir une bonne image de moi. Et, à part Enzo, le grand, 9 ans, qui pose des questions, les autres ne comprennent pas. Le petit, Noah, qui a 6 ans, me parle de plaquettes, de globules rouges, blancs, mais sans rien saisir. C’est génial !« , confiait celui qui avait déjà frôlé la mort en février dernier après une pneumonie et une chimio.

Malheureusement, après un valeureux match, le coup de sifflet final a retenti pour Bruno Metsu. Il laissera une image irréprochable dans le monde du football et un CV de globe trotter à succès. Après une honorable carrière de milieu de terrain en Division 1 et Division 2, notamment dans des clubs nordistes, il débute comme entraîneur à Beauvais en 1987 où il termina sa carrière, puis prend place sur le banc du LOSC, Valenciennes, Sedan et Valence.

Bruno Metsu va alors se transformer en véritable globe-trotter du football en devenant sélectionneur de la Guinée puis du Sénégal en 2000. C’est là qu’il connaît son heure de gloire en les qualifiant le pays pour la Coupe du Monde 2002, durant laquelle il réalise l’exploit d’atteindre les quarts de finale après avoir battu l’Equipe de France, championne du monde et d’Europe, lors du premier match de la compétition dont tout le monde se souvient encore. Alors que son nom circule pour arriver à la tête des Bleus ou encore à l’OM, c’est finalement aux Emirats Arabes Unis et au Qatar, dont il deviendra sélectionneur, qu’il poursuivra sa jolie carrière, jusqu’en 2012 à Al-Wasl où il avait succédé à Diego Maradona.

Malgré la maladie, Bruno Metsu avait toujours de nombreux projets avec notamment un hôtel à Sally au Sénégal, où il possède une maison, et Aspire Qatar, un centre de formation pour jeunes joueurs qui ouvrira ses portes à cinq cents mètres de sa demeure sénégalaise. « C’est une belle opportunité de continuer, reconnaît-il. Je me suis toujours occupé des enfants, j’ai eu autant de plaisir à entraîner la Gambardella (équipe de jeunes des -19 ans, ndlr) de Beauvais que les pros« , expliquait-il. Des jeunes joueurs qui n’auront finalement pas la chance de connaître le « Sorcier blanc »…

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