Archive | décembre 2018

Maria Pacôme (Les Sous-Doués) : Mort de la surdouée des rôles comiques

Maria Pacôme, portrait non daté. La comédienne, populaire notamment en raison de ses rôles comiques sur les planches et au cinéma (Les Sous-Doués), est morte à 94 ans le 1er décembre 2018.

La maladie l’avait éloignée du monde des planches, une passion à laquelle elle avait consacré plus de 70 années de son existence. Visage bien connu du public, au regard malicieux et au sourire bienveillant, Maria Pacôme a quitté la scène en toute discrétion.

Depuis quelques années, le visage de Maria Pacôme avait disparu de la vie publique, mais ses traits chaleureux n’en restaient pas moins dans la mémoire de tous, à la faveur de sa carrière intensive dans le théâtre de boulevard et de ses apparitions marquantes sur les écrans, petit et grand : à 95 ans, la comédienne est morte samedi 1er décembre 2018, s’éteignant des suites d’une longue maladie, ainsi que l’a fait savoir son fils François à l’AFP.

Passée par le cours Simon en même temps que Danièle Delorme et Michèle Morgan, Simone Pacôme – de son vrai prénom – avait d’abord fait le choix de renoncer à la scène par amour pour son mari, Maurice Ronet (décédé en 1983), alors un espoir du cinéma, qu’elle épouse en 1950. Pour ne pas prendre le risque de lui faire de l’ombre, elle s’adonne pleinement à ses autres passions artistiques : la peinture et la poterie. Après leur divorce en 1956, l’appel des planches revient au galop et la voilà qui débute en 1958 face à Pierre Mondy et Jean-Paul Belmondo dans Oscar (qu’elle reprendra douze ans plus tard avec Louis de Funès dans une mise en scène de Mondy), le premier d’une longue série de succès qui feront d’elle une authentique et incontournable vedette du théâtre de boulevard : N’écoutez pas Mesdames de Sacha Guitry, Les Grosses Têtes de Jean Poiret et Michel Serrault, Joyeuses Pâques du même Poiret… Elle en viendra aussi à se faire dramaturge et s’écrire ses propres rôles, dès la fin des années 1977 : Apprends-moi Céline, Le Jardin d’Eponine, On m’appelle Émilie (avec un tout jeune Patrick Bruel), Les Seins de Lola, Et moi et moi (avec son fils François), Les Désarrois de Gilda Rumeur, ou encore L’Éloge de ma paresse, son spectacle seul en scène, au début des années 2000.

Sous-douée adorée, surdouée du rire

En parallèle, elle ne néglige pas les écrans pour autant : après ses débuts au cinéma dès 1959 dans Voulez-vous danser avec moi ? de Michel Boisrond, elle se compose toute une galerie de rôles comiques qui en feront une actrice extrêmement populaire : chez Jean Girault bien sûr, avec Le Gendarme de Saint-Tropez, Les Gorilles ou encore Le Distrait avec Pierre Richard, mais aussi dans Les Tribulations d’un Chinois en Chine de Philippe de Broca, dans Bons baisers… à lundi de Michel Audiard ou encore La Crise de Coline Serreau. En 1980, le rôle de Lucie Jumaucourt, la directrice dans le culte Les Sous-Doués de Claude Zidi, marquera un sommet de sa carrière et de son talent comique. Aperçue également à la télévision à la fin des années 1990, à la faveur d’un rôle récurrent dans la série à succès Docteur Sylvestre, Maria Pacôme était connue même des enfants, à leur insu sans doute, puisqu’elle prêtait sa voix à la mémé de Titeuf dans le film adapté en 2011 de la bande dessinée plébiscitée de Zep.