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james COBURN

James Coburn est un acteur américain, né à Laurel, dans le Nebraska, le 31 août 1928 et mort d’une crise cardiaque à Beverly Hills, en Californie, le 18 novembre 2002 (à 74 ans). Il se fait connaître dans le rôle de Britt le lanceur de couteaux dans Les Sept mercenaires. Il reste dans la mémoire des cinéphiles en tant qu’acteur fétiche de Sam Peckinpah avec ses rôles dans Major Dundee, Pat Garrett et Billy le Kid et Croix de fer.

Né le 31 août 1928 à Laurel, dans le Nebraska, il s’installe très jeune en Californie où son père est ruiné par la crise boursière de 1930 en voulant refaire fortune. Élève du Junior College de Compton puis du City College de Los Angeles, il trouve rapidement sa vocation. Le 11 novembre 1959, il se marie avec Beverly Kelly jusqu’en 1979. Ils eurent deux enfants.

Son interprétation dans la pièce Country girl lui vaut une récompense et lui permet d’obtenir un rôle dans Billy Budd monté à La Jolla Playhouse. James devient un acteur populaire de second plan pendant quelques années.

Sa sophistication virile, sa démarche féline, ses allures de dandy et la dureté ascétique de son visage (doté d’une dentition impressionnante) s’accordent autant au monde viril de John Sturges, Sam Peckinpah, Sergio Leone ou Walter Hill qu’à l’univers comique d’un Blake Edwards.

Il passe allègrement du film d’action à la comédie américaine. De La Grande Évasion de John Sturges à Charade de Stanley Donen. En 1965, il accède au rang de vedette avec son rôle d’espion de charme, un éphémère rival de James Bond, Flint.

Il tourne dans Les Sept Mercenaires en 1960 et participa à La Grande Évasion en 1963 avec son grand ami Steve McQueen.

Son rôle le plus populaire sera celui du révolutionnaire dynamiteur John Mallory dans le magnifique Il était une fois la révolution de Sergio Leone en 1971.

Il tourne dans le 1er film de Walter Hill : Le Bagarreur en 1975 avec Charles Bronson et incarne de nouveau une figure de cow-boy dandy particulièrement rude dans le superbe La Chevauchée sauvage de Richard Brooks la même année.

Avec son ami Bruce Lee, James Coburn avait écrit La flûte silencieuse, dont le titre est devenu Le Cercle de fer adapté à l’écran par Richard Moore dans lequel ni l’un ni l’autre n’apparaissaient.

En 1978, à la demande de Sam Peckinpah, alors malade et dépressif, il assure le rôle de réalisateur seconde équipe sur Le Convoi.

Mais en 1984, sa carrière marque un frein avec la disparition de son ami et de son réalisateur fétiche, Sam Peckinpah.

Il affronte Kirk Douglas dans un téléfilm : Le Duel des héros, la même année. Le film de télé raconte l’affrontement de deux vieux cow-boy dans un ouest de pacotille. Il continue à promener sa nonchalance légendaire et sa décontraction inimitable dans, selon l’expression d’un critique, des « œuvrettes de circonstance au casting alléchant mais dénuées d’intérêt ». Peut-être parce qu’il était trop imposant pour son époque, les réalisateurs ne lui trouvent plus de rôle important. Au creux de la vague, il doit faire face à de douloureuses crises d’arthrite qui l’affaiblissent considérablement. Il déclara s’être soigné lui-même avec des pilules à base de soufre. Il s’éloigne des plateaux pendant quelques années. Il en gardera une main infirme.

Alors qu’on le croyait perdu pour le cinéma, James met fin à une semi-retraite au début des années 1990 avec des rôles secondaires mais toujours marqués de sa présence rehaussant l’intérêt de westerns comme Maverick en 1994 avec Mel Gibson, Jodie Foster ou Young Guns 2 en 1991. Remake à peine voilé de Pat Garrett and Billy The Kid.

Il tient encore son propre rôle dans The Player en 1992. Il excelle ensuite dans le téléfilm de la chaîne câblée HBO distribué dans les salles françaises : The Second Civil War 1997, une fable sardonique de Joe Dante.

Par miracle, il n’est pas oublié par Hollywood et décroche pour Affliction en 1998 l’Oscar du meilleur second rôle. La statuette salue sa terrifiante composition d’un patriarche alcoolique, inspirée, dit-il, de Sam Peckinpah.

James Coburn, malgré la maladie, ne cessera de jouer et prêtera même sa voix à l’occasion du documentaire The Last Days en 2001 sur les derniers jours de Marilyn Monroe et pour le dessin d’animation Monstres et Cie en 2002.

Il tient un dernier rôle de dur à cuire en 2002 dans une production Disney : Chiens des neiges et a la chance de quitter l’écran avec un magnifique dernier rôle central, American Gun, qui exploite intelligemment le revers de sa personne d’homme d’action.

Il meurt peu de temps après d’un arrêt cardiaque le 18 novembre 2002 au Cedar Sinaï Hospital de Los Angeles, Californie.

Étrange tour du destin, Rod Steiger son double dans le film mythique Il était une fois la révolution de Sergio Leone, venait de disparaître très peu de temps avant.

Filmographie

Récompenses

 

Humphrey BOGART

Humphrey DeForest Bogart (né le 25 décembre 1899 à New York, mort le 14 janvier 1957 à Los Angeles) est un acteur américain.

Surnommé « Bogey » ou « Bogie » par son public, il demeure aujourd’hui l’un des mythes les plus incontestables de l’histoire du cinéma. En 1951, il fut lauréat de l’oscar du meilleur acteur pour son rôle dans L’Odyssée de l’African Queen. En 1999, il a été classé Greatest Male Star of All Time (littéralement Plus grande star masculine de tous les temps) par le American Film Institute. De plus, Casablanca, dans lequel il joue le rôle principal, est régulièrement cité parmi les cinq meilleurs films de l’histoire du cinéma[1].

Il est aussi particulièrement connu pour sa liaison avec Lauren Bacall, avec laquelle il tournera plusieurs films, dont Le Grand Sommeil (1946).

Humphrey DeForest Bogart naît le 25 décembre 1899 à New York. Son père, le Dr. Belmont DeForest Bogart, est un chirurgien expérimenté[2] de confession presbytérienne et de tendance républicaine. Sa mère, Maud Humphrey, est une dessinatrice pour magazines[2] de confession épiscopalienne et de tendance tory[3]. Humphrey Bogart a été élevé épiscopalien[4] ; il est principalement d’origine néerlandaise et britannique, mais a également du sang espagnol. Il a notamment pour ancêtre le roi Édouard III d’Angleterre et son épouse Philippa de Hainaut[5], ce qui fait de lui un descendant de nombreux monarques médiévaux[6]. Il a deux sœurs cadettes, Frances, née en 1901, et Catherine Elizabeth, née en 1903. Il est aussi cousin au septième degré de Diana Spencer.

Issus d’un milieu aisé, les Bogart vivent dans un appartement de l’Upper West Side, et possèdent un cottage au bord du lac Canandaigua, non loin du lac Ontario. Alors que Belmont Bogart se drogue à la morphine, son épouse Maud est alcoolique ; tous deux se battent continuellement. Ainsi, Humphrey Bogart est principalement élevé par une nourrice irlandaise.

Humphrey Bogart fréquente d’abord la Trinity School de New York, puis la Phillips Academy de Andover. Très tôt, son père l’encourage à devenir médecin. Belmont et Maud Humphrey souhaitent que leur fils entre à Université Yale, mais il est exclu de la Phillips Academy à cause de problèmes disciplinaires, et préfère rejoindre la Navy. Pendant la Première Guerre mondiale, il est blessé à la lèvre, ce qui lui laissera sa fameuse cicatrice.

Il commence à jouer sur une scène de Brooklyn en 1921, sans jamais avoir pris de leçon de comédie. Entre 1925 et 1935, il apparaît dans vingt-et-une productions de Broadway. Il est alors choisi pour jouer dans La Forêt pétrifiée au théâtre, rôle qu’il reprendra au cinéma et qui le rendra célèbre.

Humphrey Bogart se marie avec Helen Menken le 20 mai 1926 à New York[7], et en divorce le 18 novembre 1927[8]. Il épouse en secondes noces Mary Philips le 3 avril 1928 à Hartford[9], mais tous deux divorcent le 21 juin 1937[10]. Puis, il se marie avec Mayo Methot le 21 août 1938 à Los Angeles[11], et en divorce le 10 mai 1945[12]. Enfin, il épouse Lauren Bacall le 21 mai 1945 à Cleveland[12]. Ce fut son unique mariage heureux. Ils restèrent mariés jusqu’au décès de Bogart et eurent deux enfants[13] : Stephen Humphrey Bogart, né le 6 janvier 1949, est devenu écrivain – auteur notamment d’un livre sur son père – , et Leslie Howard Bogart, née le 23 août 1952, est devenue infirmière.

Humphrey Bogart tombe malade au milieu des années 1950. Atteint d’un cancer de l’œsophage, il refuse de consulter un médecin avant janvier 1956, mais il est déjà trop tard. Il décède le 14 janvier 1957 à Hollywood. Ses funérailles ont lieu à la All Saints Episcopal Church. Ses cendres sont enterrées au Forest Lawn Memorial Park, à Glendale. Sur la tombe est écrite une phrase célèbre de son premier film avec Lauren Bacall : « If you want anything, just whistle ». Son ami John Huston prononça son éloge funèbre en ces termes : « Il avait reçu le plus beau de tous les dons, le talent. Le monde entier l’a reconnu, la vie lui a donné tout ce dont il rêvait et même plus ; nous ne devons pas être désolés pour lui mais plutôt pour nous qui l’avons perdu. Il est irremplaçable. Il n’y aura jamais personne comme lui… »[14]. Il possède une étoile sur le Hollywood Walk of Fame, au 6322 Hollywood Boulevard. L’acteur britannique Michael Caine dit avoir choisi son pseudonyme après avoir vu la performance d’acteur de Bogart dans le film The Caine mutiny (en France : Ouragan sur le Caine).

Humphrey Bogart incarne certainement l’un des mythes les plus durables qu’ait engendrés le cinéma en ce sens qu’à sa mort en 1957, tout le monde eut le sentiment réel de perdre un ami intime, des plus irremplacables. « Bogie » comme l’appela toute une génération, était ce vétéran solide (13 ans de Broadway, 22 ans d’Hollywood) dont le physique fripé, hâve et caverneux, le sourire de carnassier, plaisait aux jeunes filles, et dont le franc-parler terrifiait toute l’industrie du film. « Après huit verres de whisky, je suis en pleine possession de mes facultés » avouait-il. « Ce que je pense des sports ? Il m’est arrivé de jouer au football chez John Huston, avec un pamplemousse. Il était deux heures du matin et nous étions fins saouls ». En outre, ses positions morales, courageuses et insolentes, faisaient de lui la conscience d’Hollywood, notamment en 1947 par son soutien controversé aux Dix d’Hollywood.

Il incarna avec Lauren Bacall le couple le plus exemplaire et le plus magnifique que le cinéma ait créé sans pouvoir le détruire par la suite.

L’image de Bogart reste mythique. Elle est liée à son allure, étroitement sanglé dans son imperméable, ses orbites sombres creusant, sous le feutre mou du détective privé, son visage plus ou moins plissé, son rictus de dérision perpétuelle et son geste machinal pour se tirer le lobe de l’oreille, cette image désormais règne au-delà de l’existence de son propre créateur. Son jeu était toujours naturel[2]. Sa brusquerie, son insolence bougonnante cachaient un cœur et une vraie philosophie. Depuis sa mort, son image ne cesse de grandir.

Récompenses

 

Katharine HEPBURN

Katharine Houghton Hepburn (née le 12 mai 1907 à Hartford (Connecticut) — morte le 29 juin 2003 à Old Saybrook (Connecticut), est une comédienne américaine, elle est récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice à quatre reprises. Mais « Miss Kate », comme elle fut surnommée, ne prend pas la peine de venir en chercher aucun.

Dotée d’un fort tempérament, elle refuse les conventions, Hepburn compte parmi les grandes légendes hollywoodiennes. Éclectique et prolifique, elle excelle dans le registre de jeunes femmes loufoques ou de vieilles filles aigries (notamment dans les comédies de George Cukor et Howard Hawks) avant d’endosser le costume de souveraines d’Écosse et d’Angleterre (pour John Ford et Anthony Harvey).

Elle est classée par l’American Film Institute comme la plus grande actrice de légende du cinéma en 1999.

Issue d’une famille cultivée (son père était chirurgien et sa mère militante féministe) du New Jersey, « Kate » est « belle mais bêcheuse ». Seconde de six enfants, elle est d’une nature indépendante et affirme un caractère bien déterminé. Très tôt, après des études à l’Oxford School et au Bryn Mawr College, elle s’intéresse aux cours d’art dramatique.

 

Elle n’a pas de lien de parenté avec Audrey Hepburn,

À l’âge de 19 ans, elle abandonne ses études et se rend à Baltimore dans une compagnie théâtrale, où elle commence par de petits rôles dans La Tsarine et The Cradle Snatchers puis part à New York pour monter The Big Pond mais sans grand succès.

À vingt ans, elle pose nue pour un peintre. Le poète Phelps Putman dit d’elle : « Elle était l’anarchie vivante du cœur. Elle était aussi impolie que la vie et la mort. »

« Garce » — selon ses propres termes —, elle épouse par commodité un richissime homme d’affaires pour se plonger sans souci dans sa seule passion, le théâtre ; elle est pourtant mauvaise et le sait. Après sa première représentation de The Lake à Broadway, la romancière et critique Dorothy Parker écrit : « Allez donc voir Miss Hepburn décliner toute la gamme des émotions de A à B ». Suite à cet échec elle ne retrouve plus de rôle. Mais Kate décide de s’acharner.

En 1930, elle assiste à la conférence de Lee Strasberg au cours de laquelle ce dernier énonce le dogme de l’Actors Studio : « Nous jouerons toutes sortes de pièces. Nous serons tous égaux. Vedette une semaine. Simple figurant la suivante ». Kate qui possède un égo énorme et cachetonne depuis presque dix ans ne peut accepter et claque la porte du théâtre.

Elle obtient enfin ses premiers succès à Broadway dans Art and Mrs Bottle en 1931 et surtout dans The Warrior’s husband (1932) dans le rôle d’Antiope, reine des Amazones où elle impressionne favorablement les critiques.

Elle décide de tenter sa chance à Hollywood. À l’époque, les nababs des studios cherchent justement une Américaine capable de concurrencer la Suédoise Greta Garbo, avec une morphologie androgyne, un visage diaphane et une personnalité raffinée. Lorsque Kate se présente, sa sveltesse et son indépendance impressionnent le puissant David Selznick (un des directeurs de la RKO à ce moment) qui lui propose son premier film, Héritage aux côtés de John Barrymore, réalisé par George Cukor, qui deviendra son réalisateur préféré. Ils tourneront sept films ensemble et plusieurs téléfilms.

Forte de ses derniers succès au théâtre, l’actrice parvient à négocier un avantageux contrat. Arrivée en 1932 à Hollywood, l’actrice détonne dans cet univers très glamour par son physique, sa façon d’être et de s’habiller (pantalon et chemise désassortis). Son tempérament est à l’opposé des stéréotypes féminins de l’époque, incarnés par Greta Garbo, la femme mythifiée, Marlene Dietrich la femme fatale inaccessible, à l’érotisme trouble, ou Mae West et Jean Harlow, stars à la sexualité agressive. Elle va incarner les nouvelles héroïnes de l’écran : indépendantes et actives, affirmant leur personnalité propre, non pas dans la sécurité du mariage, mais dans la volonté d’agir de façon égale, sinon supérieure, à celle d’un homme.

Elle campe une ambitieuse aviatrice prête à tout dans Le Phalène, son second film ; une jeune fille indépendante qui renonce à l’amour pour devenir écrivain dans Les Quatre filles du docteur March ; un garçon manqué travesti en homme dans Sylvia Scarlett ; la reine Marie Stuart pour John Ford ; une militante féministe qui assume sans honte sa condition de fille-mère dans La Rebelle

Très vite, tous les producteurs, réalisateurs et vedettes, vont tomber sous son charme et seront les victimes de son caractère. Dès ses premiers films, elle donne son avis sur tout et fait preuve d’un sens artistique inné.

Vedette attitrée de la RKO, elle obtient dès son troisième film l’Oscar de la meilleure actrice dans Morning Glory. Un an plus tard, en 1934, l’actrice divorcera de Ludlow Oggen Smith.

George Cukor, tout de suite fasciné par l’actrice, renouvelle leur collaboration pour Les Quatre filles du docteur March. Dès leur première rencontre naît une amitié qui durera tout au long de leur vie. Elle reçoit la toute première Coupe Volpi pour la meilleure interprétation féminine du Festival de Venise pour ce film. En 1936, elle retrouve pour la troisième fois le réalisateur George Cukor pour un film Sylvia Scarlett, où elle interprète le rôle d’un garçon manqué se transformant en jeune femme épanouie grâce à l’amour. Lourd échec critique et commercial, ce film inclassable est pourtant l’un des plus beaux films du Cukor des années trente.

Mais bien que le public commence à l’aduler, beaucoup de ses films sont des fiascos et on la surnomme « poison du box-office ». Peu à peu les portes des studios se ferment.

Elle renoue pourtant avec le succès pour son dernier film à la RKO dans l’extraordinaire comédie L’Impossible Monsieur Bébé d’Howard Hawks. Cette comédie loufoque, chef-d’œuvre de la screwball comedy, restera un modèle du genre, notamment grâce au duo hors pair formé par Katharine Hepburn et Cary Grant. Après avoir racheté son contrat à la RKO, deux mille dollars, elle retrouve Cukor, son réalisateur fétiche, et Cary Grant, son partenaire de prédilection, pour une brillante comédie de la Columbia, Vacances. Ce fut un nouveau succès au box-office.

Sollicitée pour le rôle tant envié de Scarlett O’Hara et pourtant bien décidée à l’obtenir, elle refuse de tourner un bout d’essai et le rôle lui échappe.

Entre-temps, Katharine se laisse séduire par le très fantasque milliardaire Howard Hughes ; amants et associés, ils vont acheter les droits de la pièce Philadelphia story et l’infatigable Kate triomphe deux années durant sur les planches. Les studios s’intéressent de nouveau à elle, mais elle fait monter les enchères et négocie durement avec Samuel Goldwyn, les frères Warner et même Louis B. Mayer. Pour son retour, elle exige George Cukor comme réalisateur, James Stewart et Cary Grant comme partenaires (cf. Indiscrétions).

Louis B. Mayer, patron de la MGM, cède aux demandes de la star. En effet, la MGM a un grand besoin de renouveler ses stars féminines, en ce début de décennie. Greta Garbo et Norma Shearer sont sur le point de se retirer des écrans, Myrna Loy interrompt sa carrière pour travailler à la Croix-Rouge, Joan Crawford est sur la sellette et va quitter la MGM en 1943 pour la Warner. La firme du lion a absolument besoin d’une forte personnalité et Katharine Hepburn arrive à point nommé. Le film Indiscrétions est un énorme succès, elle obtient le prix de la critique new-yorkaise et une nomination aux Oscars, James Stewart recevra la précieuse statuette.

En 1940, elle fait son entrée parmi les stars de la firme Metro-Goldwyn-Mayer avec un contrat de longue durée assorti de privilèges dont celui de pouvoir choisir ses partenaires.

Après le succès d’Indiscrétions et une pause de quelques mois, elle reçoit un scénario de Ring Lardner Jr., Michael Kanin et Garson Kanin, La Femme de l’année. C’est la rencontre avec Spencer Tracy, celui qui allait devenir l’homme de sa vie. Ils formeront un des couples les plus célèbres de l’histoire du cinéma et tourneront neuf films ensemble. Les films MGM suivants seront plus conventionnels malgré de grands réalisateurs comme Vincente Minnelli, Elia Kazan, Clarence Brown, Frank Capra. À noter les deux brillantes comédies signées George Cukor, Madame porte la culotte et Mademoiselle gagne tout, sur un scénario de Ruth Gordon et Garson Kanin (nommés les 2 fois aux Oscars) révélant encore une fois la merveilleuse complicité du couple Tracy-Hepburn.

C’est aussi l’époque du Maccarthisme et Katharine ne cachera pas ses opinions à propos de ce comité qui enquête sur les activités anti-américaines des artistes d’Hollywood, elle déclara : « Depuis le commencement des temps, l’artiste a toujours exprimé les aspirations et les rêves du peuple. En imposant silence à un artiste, vous bâillonnez la voix la plus puissante qui soit. »[1]

Son contrat avec la MGM se termine en 1952 et Katharine retrouve son indépendance.

Après un retour à Broadway triomphal et une tournée pour une pièce de Shakespeare, Comme il vous plaira, John Huston lui propose de tourner un film avec Humphrey Bogart dans L’Odyssée de l’African Queen. Tourné en décors naturels à Biondo en République démocratique du Congo (alors Congo belge), le film fut éprouvant à cause des pénibles conditions climatiques, ce qui n’empêcha pas les deux acteurs de composer un duo haut en couleur qui fit la joie des spectateurs. Le film reçut quatre nominations aux Oscars pour John Huston, Katharine Hepburn, James Agee (scénario) et Humphrey Bogart qui obtint la précieuse statuette.

Elle retourne au théâtre dans une pièce de George Bernard Shaw, La Milliardaire puis au cinéma joue les vieilles filles dans Vacances à Venise (pour lequel elle aura sa sixième nomination aux Oscars) et Le Faiseur de pluie, retrouve Spencer Tracy pour une nouvelle comédie Une femme de tête et surtout interprète Mme Venable vieille milliardaire excentrique dans Soudain l’été dernier d’après un roman de Tennessee Williams. Le côté sulfureux du scénario et l’attitude du réalisateur, Joseph L. Mankiewicz, envers Montgomery Clift causa une atmosphère lourde durant le film. Malgré cela le film fut un triomphe, Elizabeth Taylor et Katharine Hepburn furent toutes deux nommées aux Oscars.

Après les années cinquante, ses apparitions pour le grand écran se font plus rares mais sont toujours saluées aussi bien par la critique, le public que par les professionnels comme le prouvent les louanges qu’elle reçoit pour le film de Sydney Lumet en 1962 : Long voyage vers la nuit, écrit par Eugene O’Neill, qui lui vaut le Prix d’interprétation à Cannes. Elle continuera de plus, toujours avec bonheur, les incursions au théâtre notamment dans des pièces de Shakespeare et même dans la comédie musicale avec Coco, sur la vie de la couturière Coco Chanel. Elle recevra encore trois Oscars, à savoir deux consécutifs en 1968 et en 1969 et un en 1982. Ils ont distingué ses interprétations dans la comédie de mœurs Devine qui vient dîner ? de Stanley Kramer (son dernier film avec Spencer Tracy), Le Lion en hiver d’Anthony Harvey où elle joue Aliénor d’Aquitaine (elle obtint le prix ex æquo avec Barbra Streisand dans Funny Girl), puis enfin La Maison du lac de Mark Rydell, l’un de ses derniers rôles au cinéma, où elle et Henry Fonda campent un couple d’octogénaires qui voit débarquer dans sa maison de campagne leur fille, jouée par Jane Fonda, venue avec un nouveau compagnon et son fils. Bien que les quatre Oscars de sa carrière, glanés sur une cinquantaine d’années et sur douze nominations, aient fait d’elle la comédienne la plus récompensée à Hollywood, elle ne s’est jamais déplacée pour les accepter au cours des différentes cérémonies. Sa seule et unique apparition aux Oscars date de 1974 : elle y a remis le Prix Irving G. Thalberg au producteur Lawrence Weingarten[2].

Elle tourne encore quelques films notamment dans un truculent duo avec John Wayne Une bible et un fusil et deux téléfilms avec son pygmalion George Cukor.

De comédies romantiques à des rôles de vieilles filles privées d’amour, elle a régné quatre décennies sur Hollywood avant de se retirer à New York. Katharine Hepburn est décédée le 29 juin 2003 à l’âge de 96 ans pendant son sommeil. Elle a imposé au cinéma son inimitable style fait de désinvolture, de malice, d’indépendance, d’avant-garde, de provocation, d’impertinence et de trait d’esprit.

Au début des années 1940, Kate rencontre le grand amour de sa vie, Spencer Tracy. Elle dit dès leur première rencontre « oh, monsieur Tracy, mais je suis vraiment trop grande pour vous ! » Tracy répliqua « ce n’est pas grave, ma chère, j’aurai vite fait de vous rendre votre vraie dimension. »[3] Elle a dit également de lui qu’il était « bon comme une pomme de terre au four ». Une profonde intimité les unira tout de suite, faits l’un pour l’autre, ils vivront, clandestinement, vingt ans de passion adultère (Tracy étant catholique, il ne divorcera pas de sa femme) et elle tournera avec lui neuf films dont La Femme de l’année, Madame porte la culotte et Devine qui vient dîner ?. Tracy meurt en 1967.

Théâtrographie

  • Night Hostess(1928)
  • These Days(1928)
  • Art and Mrs. Bottle(1930)
  • The Warrior’s Husband(1932)
  • The Lake (play)|The Lake(1934)
  • Jane Eyre(1936-1937)
  • The Philadelphia Story(1938)
  • Without Love(1942)
  • As You Like It(1950)
  • The Millionairess(1952)
  • The Merchant of Venice, Measure for Measure et The Taming of the Shrew(1955)
  • The Merchant of Venice et Much Ado About Nothing(1957)
  • Antony and Cleopatra et Twelfth Night(1960)
  • Coco(1969)
  • A Matter of Gravity(1976)
  • The West Side Waltz (1981)

Récompenses et nominations

Lorsqu’elle a remporté la récompense, celle-ci est en gras.

Oscars

Golden Globe

BAFTA

Festival de Cannes

Festival de Venise

Autre

 

 

 

Jean SIMMONS

Jean Simmons est une actrice anglaise, née le 31 janvier 1929 à Crouch Hill (Royaume-Uni) et morte le 22 janvier 2010 à Santa Monica (Californie).

Elle est apparue notamment dans Un si doux visage (1952), La Tunique (1953), Blanches colombes et vilains messieurs (1955), Elmer Gantry, le charlatan et Spartacus (1960). Elle a été mariée à l’acteur Stewart Granger et au réalisateur Richard Brooks.

Star adolescente, la ravissante Jean Simmons se fait remarquer dès La Route des étoiles d’Anthony Asquith, fait la preuve d’un tempérament sensationnel dans Les Grandes Espérances de David Lean, d’après Charles Dickens, et irradie de sensualité exotique dans Le Narcisse noir. Sous contrat avec le studio Rank, qui enseigne aussi bien le talent que le charme, tandis qu’elle continue d’habiter une modeste banlieue londonienne avec ses parents, son prétendant vient la chercher dans une voiture plaquée d’or… Choisie par Laurence Olivier pour jouer son Ophélie, elle remporte un prix d’interprétation à Venise.

Jean Simmons devient l’actrice préférée des Britanniques, friands de beautés de plus en plus érotiques, quitte à les importer : face aux blondes Brigitte Bardot et Diana Dors, Jean incarne cependant une forme de réserve, même si elle précède Brooke Shields dans Le Lagon bleu. La jeune star retrouve le beau Stewart Granger (ils s’étaient déjà croisés sur le tournage de César et Cléopâtre avec Vivien Leigh en vedette) et ils forment le plus beau couple de l’époque dans Adam et Evelyne. Mais Granger est marié et ils doivent se montrer discrets un temps. La jeune première a par ailleurs pour partenaires Dirk Bogarde dans un suspense de Terence Fisher et Trevor Howard dans une adaptation de et par Somerset Maugham.

Ses producteurs et le public s’y attendaient sûrement mais la séparation a dû être difficile : Simmons part pour Hollywood, où l’attend un contrat avec la Fox, tandis que Granger, qui a quitté sa femme, est pris sous contrat par la MGM. Jean s’impose simultanément dans de luxueuses productions historiques (Androclès et le lion d’après George Bernard Shaw, La Tunique, premier film en Cinemascope, avec son compatriote Richard Burton, L’Égyptien de Curtiz d’après le roman de Mika Waltari, La Reine Vierge avec Granger, Deborah Kerr et Charles Laughton (tous des compatriotes !), Désirée avec Brando en Napoléon, jusqu’à Spartacus de Kubrick, où elle est la seule star féminine parmi Kirk Douglas, Laurence Olivier, Tony Curtis et Peter Ustinov – comptez une moitié d’Anglais…) et dans des drames modernes signés par les prestigieux Otto Preminger, George Cukor et son deuxième mari Richard Brooks (le méconnu The Happy Ending avec John Forsythe récemment disparu aussi). Pendant sa carrière hollywoodienne, l’actrice s’essaie également, avec un bonheur variable, au western (Les Grands Espaces de Wyler) au film musical (Blanches Colombes et Vilains Messieurs de Mankiewicz avec Brando et Sinatra), à la comédie (Ailleurs l’herbe est plus verte de Stanley Donen avec Cary Grant), au thriller victorienDes pas dans le brouillard avec Stewart Granger

Souvent comparée à Elizabeth Taylor, autant pour sa grâce naturelle que pour sa beauté brune et ravageuse, Jean Simmons aurait préféré ressembler à Joan Greenwood. Grande séductrice de l’écran, Jean Simmons a eu également pour partenaires Mitchum, Lancaster, Newman, Peck, Dean Martin et Rock Hudson. Des rumeurs persistantes lui attribuent des aventures avec Burton et Brando – le premier s’en est vanté cruellement aux dépens de Granger, et le second réserve à sa partenaire son meilleur souvenir dans ses mémoires… Après tout, Granger avait aussi trompé sa première femme et avait fini par la quitter pour Jean. Et alors que le plus populaire bretteur du cinéma (Scaramouche, Le Prisonnier de Zenda, Les Contrebandiers de Moonfleet avec Greenwood justement) résistait aux avances de Grace Kelly ou Ava Gardner, sa jeune épouse, elle, faisait face au plus courant des chantages, exercé par Darryl Zanuck, le pape de la Fox. Finalement, le poing de l’acteur britannique le plus populaire depuis Laurence Olivier s’écrasa sur le visage du producteur et sa carrière sombra dans les navets.

Il faut dire que Zanuck avait beau jeu : dans les années 40 et 50, la Fox disposait d’une écurie d’actrices et de beautés incomparable : les anciennes (les brunes Gene Tierney et Linda Darnell, la blonde Betty Grable, la rousse Maureen O’Hara) purent y côtoyer les nouvelles : Marilyn Monroe sur le fil et sous payée, Jayne Mansfield sa remplaçante désignée, Susan Hayward aussi rousse et inébranlable que Maureen O’Hara, et la petite dernière, une jeune et ravissante Anglaise, brune aux yeux verts elle aussi, ayant pour modèles Taylor et Simmons et qui s’ennuyait ferme dans la ville des anges : Joan Collins, ex étudiante de la Rank.

Tout ce joyeux monde (en apparence) courait les cocktails entre deux films. L’alcool et les drogues faisaient souvent partie de leur quotidien. Jean Simmons reconnut plus tard un sérieux problème d’alcool contracté alors (et sa prestation dans The Happy Ending prend plus de sens encore).

Nommée à l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour Hamlet, Simmons sera scandaleusement ignorée (comme tant d’autres d’ailleurs) par l’Académie qui ne la renomme qu’une seconde fois, tardivement, pour The Happy Ending. Elle n’obtiendra au final qu’un Golden Globe pour sa « carrière très variée » (cf. Le Blog d’Ecran Noir).

Après les triomphes de Elmer Gantry et Spartacus, sa carrière cinématographique marque le pas inexplicablement (encore que cela s’explique par la volonté constante de renouvellement des cheptels manifestée par les producteurs, et pour les années 60 et 70 par une profonde mutation du paysage hollywoodien : triomphe de la télévision, « Nouvelle Vague » européenne, affranchissement des stars « atypiques » telles que Brando et Taylor – dont les carrières vont d’ailleurs vite décliner, quitte à reprendre ensuite)…

Pas de retour spectaculaire pour Jean Simmons ! Ses derniers films – par exemple Divorce American Style en 1967 et Mr. Sycomore en 1975, les deux avec Jason Robards – passent inaperçus. Pire : le film d’horreur Dominique, réalisé par Michael Anderson en 1978, est qualifié de « sinistre » par la critique. Après cet échec, la vedette d’Un si doux visage ne revient plus au cinéma qu’à de rares occasions : Le Patchwork de la vie, auquel participent Winona Ryder et Anne Bancroft, en 1995, et Shadows in the Sun, sorti en 2009.

Comme beaucoup d’acteurs de cinéma de sa génération, avec plus de constance que la plupart pourtant, Jean se tourne vers la télévision. Heidi de Delbert Mann, avec Maximilian Schell et Michael Redgrave, remporte un triomphe. Elle y interprète la gouvernante. Dans The Dain Curse d’après Dashiell Hammett, elle vampe James Coburn. Au fil des téléfilms, Jean a pour partenaires Glenn Ford, Edward Asner, son cher Robards… Elle joue les guests dans les séries Hawaï Police d’Etat, Perry Mason, Arabesque, les dernières avec les vétérans Raymond Burr et Angela Lansbury, Star Trek : La Nouvelle Génération, Dans la chaleur de la nuit… Dans Hôtel, elle retrouve une vedette de la Fox, Anne Baxter, en patronne de palace. Avec Gene Kelly, Mitchum et Taylor, Simmons devient un des personnages de la saga Nord et Sud, et elle interprète la mère autoritaire de Rachel Ward dans le célèbre Les Oiseaux se cachent pour mourir (1983). L’année suivante, elle collabore avec Stephen Frears sur le téléfilm December Flower. Le public aura également la possibilité de la voir dans la télésuite d’horreur (genre qui ne lui réussit guère) Dark Shadows, créée et réalisée par Dan Curtis, dont elle partage l’affiche avec Roy Thinnes. L’ancienne Estella de Lean interprète même Miss Havisham dans une nouvelle version de Les Grandes Espérances où figure Anthony Hopkins.

Décidément très active, Jean Simmons avait ces dernières années prêté sa voix à plusieurs longs métrages d’animation : Final Fantasy : Les Créatures de l’esprit en 2001, Le Château ambulant de Miyazaki et Le Ruban de Moebius.

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