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Quelle est l’origine du « pot-pourri » ?

pot-pourri

Un « pot-pourri » est un mélange de choses diverses. Il peut s’agir d’un livre ou d’un morceau de musique mélangeant différents airs connus.

Au 17ème siècle il était courant de cueillir des fleurs très odorantes pour les faire sécher ou pourrir et de les mélanger à des essences rares et du sel. On enfermait ensuite le tout  dans des pots dont le couvercle était ajouré. La pâte en putréfaction libérait des parfums qui s’échappaient par les orifices et embaumait agréablement les habitations pendant de longs mois. En effet cette préparation humide particulière permettait aux fleurs de ne pas sécher rapidement.

Très vite le « pot-pourri » a désigné un assemblage d’éléments divers, écrits ou chantés, comme autant de fleurs de toutes sortes réunis en un seul contenant. Dans la première moitié du 19ème siècle son utilisation est avérée dans le domaine musical où il permit de désigner un assemblage de mélodies populaires.

Pourquoi dit-on « avoir vu le loup » ?

avoir vu le loup

« Avoir vu le loup » signifie pour une jeune fille « avoir eu des relations sexuelles ». Le sens de cette expression a évolué au cours des siècles.

Au 16ème siècle « avoir vu le loup » n’avait aucune connotation érotique. Elle signifiait simplement avoir la voix cassée, même si dès cette époque on utilisait l’expression  »danse avec le loup » pour désigner l’acte sexuel.

Au 17ème siècle l’expression devient communément utilisée pour signifier qu’une personne a de l’expérience, en référence à la chasse au loup, dont la dangerosité était reconnue. Une personne ayant vu le loup était entraînée et aguerrie.

Plus tard, toujours au 17ème siècle, l’expression prit enfin le sens que nous lui connaissons de nos jours. Tout comme celui a chassé le loup, la jeune fille qui l’a vu devient une personne expérimentée dans le domaine non plus de la chasse mais sexuel.

Quelle est l’origine de l’expression « un coup de Jarnac » ?

Un coup de Jarnac

Un « coup de Jarnac » est un coup porté de façon inattendue. L’expression revêt une connotation négative avec un sentiment de déloyauté.

Il s’agit d’une référence directe à un duel resté célèbre. Le 10 juillet 1547 une affaire d’honneur conjugal opposa en duel le seigneur de Jarnac, Guy Chabot de Saint-Gelais au futur roi Henri II, successeur de François Ier. Le sire de la Chastaigneraie, François de Vivonne, désigné pour représenter le roi est le grand favori. La Cour du roi assiste au duel au Château de Saint Germain-en-Laye.

Contre toute attente, grâce à une botte secrète, un coup très habile effectué avec le revers de son épée, le seigneur de Jarnac remporta le duel, provoquant la mort de son adversaire. Cette botte pourtant inhabituelle fut estimée loyale. En conséquence le Roi reconnut la victoire. Pourtant à partir du 18ème siècle le coup de Jarnac devient celui donné par traitrise.

Pourquoi dit-on « tomber des nues » ?

tomber des nues

« Tomber des nues » signifie être très étonné voire extrêmement surpris par un événement ou une situation à laquelle on ne s’attendait pas.

Malgré les apparences cette expression n’a rien à voir avec la nudité. Si selon certains elle trouverait ses origines dans la mythologie il semble que l’explication soit plus simple. Une nue est un terme qui n’est plus utilisé de nos jours mais qui désignait par le passé un nuage ou un groupe de nuages. Or les nuages ont longtemps revêtu un caractère mystérieux. Que s’y cachait-il ? Quelle forme de vie y trouvait refuge ? Tomber des nues consistait donc à tomber des nuages, provenir de ce mystère, émaner du surnaturel.

Au 17ème siècle l’expression prend le sens d’« arriver à l’improviste ». Puis rapidement elle eut son sens actuel. On tombe désormais des nues devant un évènement venu de nulle part, comme tombé d’un nuage et qui nous prend par surprise.

Pourquoi dit-on « tomber en quenouille » ?

tomber en quenouille

« Tomber en quenouille » signifie être laissé à l’abandon, perdre de sa valeur. Cette expression est marquée par une certaine misogynie.

La quenouille est un instrument utilisé autrefois par les femmes pour réaliser des travaux de couture ou de filage. Progressivement on s’est mis à désigner les femmes par ce terme. Dès le XVIème siècle on disait que quelque chose, généralement un bien immobilier, était tombé en quenouille quand par succession il était devenu la propriété d’une femme. Mais l’expression était péjorative. Le véritable sens était que le bien tombé en quenouille était tombé très bas puisqu’il était en possession d’une personne du sexe faibe. Celle-ci allait forcément faire dépérir la propriété.

La maxime s’appliqua également au royaume de France. Celui-ci ne pouvait échoir aux femmes.

L’expression s’applique aujourd’hui à tout type de bien et a conservé son caractère méprisant. En revanche la référence ouvertement misogyne s’est fort heureusement atténuée avec la disparition progressive des quenouilles.

Quelle est l’origine de l’expression « reprendre du poil de la bête » ?

reprendre du poil de la bête

« Reprendre du poil de la bête » signifie « aller mieux après avoir été malade ». De manière plus large cette expression s’emploie pour désigner une inversion de tendance, une prise d’avantage après avoir été en position de faiblesse.

A l’origine, le sens de l’expression est assez différent. Elle était utilisée pour indiquer qu’il fallait chercher le remède dans ce qui avait provoqué le mal. Elle se fondait sur la croyance ancienne et répandue que les poils des animaux qui venaient de mordre une personne pouvaient être appliqués sur la plaie à des fins de guérison. Ils pouvaient être utilisés tels quels, prélévés directement sur la bête ou bien réduits à l’état de cendre.

Il est encore possible de trouver trace de cette explication dans l’utilisation moderne de l’expression en ce qu’elle porte l’idée d’un ressaisissement, la nécessité de se confronter à la cause de ses problèmes pour en trouver l’issue.

D’où vient l’expression « mentir comme un arracheur de dents » ?

Mentir comme un arracheur de dents consiste à mentir effrontément, sans scrupule.

Cette expression date du XVIIe siècle et relève de la dentisterie. S’il existe aujourd’hui des techniques suffisamment efficaces pour que vous puissiez vous rendre chez votre dentiste sans vous soucier de la douleur qui vous y attend (vous êtes alors anesthésié si nécessaire), à l’époque rien de tout cela n’était possible. Recevoir des soins dentaires signifiait presque automatiquement souffrir. Parfois même jusqu’à l’évanouissement.

Ainsi les praticiens qui exerçaient souvent sur les places publiques, les « arracheurs de dents », étaient contraints de mentir. Ils prétendaient que les soins, comme l’arrachage d’une dent, serait indolore.

D’ailleurs avant même l’expression complète, le qualificatif « arracheur de dents » c’est à dire « menteur éhonté » était utilisé. Il apparut dès la fin du 16ème siècle. On y a d’ailleurs toujours recours pour pointer du doigt un individu qui ment comme il respire !

Pourquoi dit-on « de l’eau dans le gaz » ?

de l’eau dans le gaz

Quand il y a de l’eau dans le gaz, le désaccord est établi entre plusieurs personnes, souvent dans un couple, et la dispute est proche. Cette métaphore trouve son origine au début du 20ème siècle.

A cette époque la cuisine se fait au gaz. Aussi selon l’explication la plus communément admise est la suivante: lorsqu’une casserole posée sur le feu qui fonctionne au gaz déborde, l’eau qui s’y trouve et en sort peut faire vaciller la flamme. De la fumée peut même salors ’échapper. La situation est critique. Si la flamme s’éteint complètement le gaz peut faire courir un risque d’explosion dans l’habitation. Cet état de danger latent explique l’expression.

De plus l’eau qui s’évapore au contact du feu crépite et peut faire craindre l’explosion. On peut ainsi aisément assimiler ce crépitement au ton qui monte avant une franche dispute.

Quand il y a de l’eau dans le gaz la situation est vraiment dangereuse.

D’où vient l’expression « portrait craché » ?

Portrait craché

Si quelqu’un est le portrait craché d’un tiers, cela signifie qu’il lui est très ressemblant, qu’il a une apparence similaire.

L’expression est étonnante car on ne crache pas un portrait ! Elle semble de surcroit porter une connotation péjorative. Ce qui n’est pas le cas.

Cette expression est apparue au 15ème siècle. Les linguistes avancent deux hypothèses.

Selon la première, il y aurait eu une assimilation progressive entre le crachat et la parole. Cracher serait parler. Et parler pour décrire une réalité c’est un peu la recréer à l’identique. En crachant par la parole, on reproduirait donc un fait.

La seconde hypothèse se base sur le fait que le crachat est parfois associé à la reproduction. Il existe en effet une analogie chez certains peuples entre la salive crachée et la semence. Or se reproduire consiste à générer un être qui est au moins partiellement identique à son géniteur. On se reproduit donc à la fois esthétiquement et génétiquement.

Pourquoi dit-on « danser devant le buffet  » ?

danser devant le buffet

Danser devant le buffet, signifie « ne rien avoir à manger ».

L’origine de cette expression remonte au 16ème siècle. Le buffet dont il s’agit ici est le meuble qui se trouve dans les cuisines. Quand il est vide on ne peut pas s’alimenter. Dans une telle situation on peut concevoir qu’on ait envie de pleurer devant le buffet, ou encore que l’on se sente mal, mais pourquoi donc danser ?

Cela s’explique par un calembour. A cette époque le verbe ‘fringaler’ signifiait ‘danser’. Il était le mélange de ‘fringuer’ signifiant ‘sauter’ et de ‘galer’ utilisé comme synonyme de ‘se réjouir’. Or une ‘fringale’, est une grande faim !

Dès lors si l’on a faim devant un buffet vide on peut se mettre à fringaler, c’est-à-dire à danser.

Aujourd’hui on trouve comme unique survivance à cet illustre « fringaler » notre adjectif « fringant » !