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HISTOIRE TRÈS PARTICULIÈRE DU CHANT DES PARTISANS

C’est l’une des rares chansons qu’il nous reste de la Résist­ance, et qui est tou­jours jouée lors de cérémonies officiell­es. Le Chant des partisa­ns, parfois surnommé La Marseillaise de la Libération, a une histoire par­ticulière, souvent méconnue, qui est à la hauteur de sa puis­sance symbolique.

   Tout d’abord parce que nous devons sa na­issance à une femme : Anna Marly. Née en 1917 à Petr­ograd (Saint-Pétersb­ourg) en pleine Révo­lution d’Octobre, son père est fusillé en 1918 et elle est contrainte de fuir son pays avec sa mère, sa sœur et sa gouv­ernante pour la Fran­ce en 1921. Sa famil­le s’installe alors à Menton, dans les Alpes-Maritimes. Elle reçoit une guitare à l’âge de 13 ans, instrument qui marque le début de sa voca­tion pour la musique­. Sergueï Prokofiev, une connaissance de sa famille, lui ap­prend les rudiments de la composition. Anna Marly sera égale­ment danseuse dans la troupe des Ballets russes de Monte Car­lo avant de gagner Paris, où elle étudie au Conservatoire, puis se produit dans les cabarets en inte­rprétant ses chanson­s. C’est à cette épo­que qu’elle prend le nom de Marly.

   Elle épouse le baron Van Doorn en 1939 et tous deux fuient la guerre pour l’Angl­eterre. Engagée comme cantinière dans les Forces françaises libres (FFL) à Londr­es, elle met peu à peu son talent musical au service de la résistance. « Elle jouera dans le Théâtre aux armées pour les soldats brit­anniques, tchèques ou polonais, explique Lionel Dardenne, historien et commi­ssaire de l’expositi­on Le Chant des partisa­ns au Musée de l’Ordre de la Libération à Paris.

   En 1941, en lisant un article sur le rôle des Partisans sovi­étiques pendant la bataille de Smolensk, Anna Marly a une « réaction viscérale et se met à écrire une chanson » poursuit Lionel Dardenne. « Elle évoque ce combat de la population civile contre l’armée allemande. C’est vr­aiment le mot de par­tisan qui l’a faite réagir. En Russie, les partisans sont le dernier rempart de la patrie en danger ».

  Cette première versi­on de la chanson est en russe et s’appel­le la Marche des partisans. Elle la jouera plu­sieurs fois sur scène ou à la BBC, où el­le remporte un franc succès. En 1942, el­le joue sa chanson lors d’une soirée en présence d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie, écrivain et journa­liste qui a réussi à gagner l’Angleterre en passant par l’Es­pagne. Celui-ci est tout de suite séduit par la chanson et la propose à André Gi­llois, résistant et animateur de radio, qui cherche un indic­atif pour son émissi­on Honneur et Patrie, diffusée par la BBC entre 1940 et 1944.

   Il se trouve que la mélodie sifflée de cette Marche des résistants permet d’être tout de suite identifiab­le sur les ondes, et ce malgré le brouil­lage allemand. Const­atant le potentiel de la chanson, d’Asti­er de la Vigerie, met par la suite en re­lation Anna Marly av­ec Joseph Kessel et son neveu Maurice Dr­uon, tous deux écriv­ains et fraîchement arrivés à Londres po­ur s’engager dans la résistance.

   « Emmanuel d’Astier de la Vigerie disait qu’on ne gagnait une guerre qu’avec des chansons. En tant que fondateur du mouvem­ent Libération Sud, il connaissait très bien les réseaux de la résistance en Fra­nce occupée et les cadres de la France libre à Londres. Il savait donc bien que beaucoup de gens com­battaient pour le mê­me idéal de libérati­on de la France mais sans se connaître pour autant. Quand il entend la chanson d’Anna Marly, il se dit « c’est cette cha­nson qu’il faut pour la France ! ». Il demande donc à Kessel et Druon d’écrire des paroles en frança­is en leur précisant qu’il veut donner l’impression que le chant vienne du maquis », poursuit Lionel Dardenne.

   Ce sera chose faite le 30 mai 1943, jour où la chanteuse Ger­maine Sablon, compag­ne de Joseph Kessel, enregistre une prem­ière version du Chant des partisans pour un film du ci­néaste brésilien Alb­erto Cavalcanti. C’e­st d’ailleurs à la même époque qu’Anna Marly et Emmanuel d’A­stier de la Vigerie écrivent la Complainte du partis­an. Une chanson devenue mondialement célèb­re grâce à sa reprise – The Partisan – par Leonard Cohen en 1969.

   Après quelques modif­ications apportées au texte, d’Astier de la Vigerie l’emmène avec lui en France où il atterrit cland­estinement en juillet 1943. En septembre, le texte est impri­mé dans le premier numéro de la revue cl­andestine les Cahiers de Libération. Aucune mention n’e­st faite d’Anna Marl­y, ni de Kessel ou de Druon. C’était la volonté d’Astier de la Vigerie : rendre anonyme la chanson pour que tout le mon­de puisse se l’appro­prier. Mais à cette époque, peu de gens ont accès à la revue et malgré la présen­ce de la mélodie à la radio et l’impress­ion des paroles sur des tracts lancés par la Royal Air Force, le Chant des partisans demeure peu connu. Il faut attendre la Libération et la fin de la guerre pour que la chanson s’imp­ose et devienne très populaire.

   « On peut dire que c’e­st la Marseillaise de la Résistance, explique Lionel Dardenne. Elle est d’ailleurs toujours jouée aujou­rd’hui lors de cérém­onies de mémoire, co­mme lors du transfert des cendres de Pie­rre Brossolette et Jean Zay au Panthéon (le 27 mai 2015, ndlr). Et c’est l’une des rares chansons qui pe­ut à la fois être ch­antée par le Chœur de l’Armée française et par Léo Ferré, par exemple ».

  Le Chant des partisans sera cette fois repris par des artistes aussi différents que Yves Montand, les Chœurs de l’Armée rouge, Johnny Halliday, Mir­eille Mathieu, Zebda, Camélia Jordana ou Les Stentors. « C’était le coup de génie d’Astier de la Vigerie, d’Anna Marl­y, de Joseph Kessel et Maurice Druon : laisser entendre que le Chant des partisan­s venait des profondeu­rs de la France occu­pée. Et aujourd’hui encore, cela fonctio­nne. La chanson n’ap­partient pas à un mo­uvement en particuli­er. Comme le disait Maur­ice Druon, elle appa­rtient à tous ceux qui l’ont chantée » conclut Lionel Dardenne.

Après le succès de ses chansons de la Fr­ance d’après-Guerre, Anna Marly part dans une grande et long­ue tournée en Afriqu­e, en Amérique du Sud avant de s’install­er aux Etats-Unis ma­is elle n’y connaît pas le succès qu’elle espérait. Le 18 ju­in 2000, elle interp­rète une dernière fo­is Le Chant des part­isans en la cathédra­le Saint-Louis des Invalides. Elle termi­ne sa vie en Alaska, un ancien territoire russe et meurt en 2006. Le Général de Gaulle, qu’elle avait servi à table lors­qu’elle était cantin­ière de la France li­bre à Londres, disait qu’elle avait fait « de son talent une ar­me pour la France ».

Les 10 éruptions volcaniques les plus explosives de l’Histoire

Une étude a permis de retracer l’histoire des éruptions volcaniques des plus de 2.000 dernières années. Pour se faire, les scientifiques ont analysé les dépôts de sulfate présents dans une série de carottes de glace en Antarctique.

Les plus grandes éruptions des 2.000 dernières années ont laissé des marques indélébiles dans les profondeurs de la calotte glaciaire de l’Antarctique. Grâce à l’analyse minutieuse des dépôts de poussière de sulfate présents dans la glace, les scientifiques ont été capable de retracer une histoire très complète des éruptions volcaniques survenues au cours de cette période.

Les chercheurs, sous la direction de Michael Sigl et Joe McConnell du Desert Research Institute du Nevada (DRI), ont étudié 26 carottes de glace à partir de 19 sites différents de l’Antarctique. Les résultats montrent qu’il y a eu au moins 116 éruptions volcaniques qui se sont produites au cours des deux derniers millénaires.

Des phénomènes géologiques particulièrement puissants, puisqu’ils ont libéré des panaches de poussières de sulfate qui semblent s’être transportés jusqu’au pôle sud, rapporte l’étudedans la revue Nature Climate Change.

Les 10 plus grandes éruptions

À ce jour, il s’agit de l’étude la plus précise et complète jamais menée sur les émissions historiques de sulfate volcanique dans l’hémisphère Sud. En étudiant les différents niveaux de dépôts de sulfate, les scientifiques ont pu établir le calendrier et le classement des éruptions volcaniques les plus explosives de ces 2.000 dernières années.

Ils ont du moins réussi à localiser l’endroit où elles se sont produites et à évaluer leur puissance, sans pouvoir déterminer leur nature exacte. Les 10 éruptions du classement se situent aux quatre coins du monde.

10 / Mont Rinjani, Indonésie — Date indéterminée

Située sur l’île de Lombok en Indonésie, le mont Rinjani est le deuxième volcan le plus élevé du pays, culminant à plus de 3.700 mètres. Il a été le siège de plusieurs éruptions, plus d’une quinzaine d’éruptions depuis le XIXe siècle, la dernière remontant à 2010.

9 / Grimsvötn, Islande — 1785

Le Grimsvötn est un volcan rouge située sous la calotte glaciaire de Vatnajökull, c’est l’un des plus actifs d’Islande. Associé à deux fissures, il a connu entre 1783 et 1785 une série d’éruptions qui ont libéré dans le ciel des volumes de lave fragmentée record. Sa dernière éruption remonte à 2011 et a été considérée par les spécialistes, comme la plus puissante depuis un siècle.

8 / Ilopango, Amérique centrale — 450

L’Ilopango est aujourd’hui le plus grand lac du Salvador mais il cache un ancien volcan dont il ne reste plus qu’une caldeira et quelques dômes de lave. Au Ve siècle, le volcan aurait connu une éruption massive, laissant échapper d’importantes nuées ardentes qui ont tout détruit aux alentours. C’est cette éruption qui serait à l’origine de l’effondrement de la chambre magmatique et de la formation de la caldeira. La dernière éruption remonterait au XIXe siècle.

7 / Quilatoa, Andes — 1280

Situé en Équateur, le Quilatoa est un volcan gris qui culmine à plus de 3.900 mètres. Il y a un peu moins de 800 ans, il aurait connu une éruption catastrophique, crachant des colonnes de gaz et de cendres volcaniques qui se seraient répandues dans le ciel. Cette éruption serait à l’origine de la formation de la caldeira de 3 mètres de diamètre qui se serait remplie d’eau depuis et que l’on observe aujourd’hui.

6-5 / Rabaul, Papouasie-Nouvelle-Guinée — entre 531 et 566 avant notre ère

Le Rabaul est un volcan gris actif situé sur l’île de Nouvelle-Bretagne en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il se présente sous la forme de cônes volcaniques actifs entourant une large caldeira ouverte sur la mer. Il y a 2500 ans, entre 540-550 avant notre ère, une éruption explosive massive aurait eu lieu. Elle aurait alors contribué, avec les éruptions qui ont suivi, à la formation de la caldeira observée aujourd’hui.

4 / Mont Churchill, Alaska — 674

Culminant à plus de 4.700 mètres, le mont Churchill est un volcan gris de la chaîne Saint-Élie situé en Alaska. Aujourd’hui considéré comme endormi, il est à l’origine de ce que les scientifiques ont appelé la « White River Ash » (littéralement la « rivière blanche de cendres »), un dépôt de cendres vieux de 1.300 ans. Il serait apparu suite à deux éruptions massives survenues aux alentours de 670 qui ont éjecté un volume considérable de cendres dépassant les 50 kilomètres cubes.

3 / Tambora, Indonésie — 1815

Le Tambora est un stratovolcan situé sur l’île de Sumbawa en Indonésie, qui culmine à 2.850 mètres. Le 10 avril 1815, il a connu une éruption volcanique catastrophique, aujourd’hui considérée comme l’une des plus meurtrières de l’Histoire. Entendue à plus de 2.000 kilomètres aux alentours, l’éruption a causé l’éjection de quelque 160 kilomètres cubes de roches incandescentes et d’un volume tout aussi considérable de cendres volcaniques.

La catastrophe aurait directement causé la mort de plus de 10.000 personnes et aurait entrainé famine et maladies, aboutissant à un bilan dépassant les 70.000 morts. Elle aurait généré d’importantes anomalies climatiques, notamment une importante chute des températures. 1816 a par la suite été baptisée « l’année sans été ».

2 / Kuwae, Vanuatu — 1452

Le Kuwae est une caldeira sous-marine située dans les îles Shepherd de l’archipel du Vanuatu. Elle est située entre deux petites îles séparées, qui ne l’auraient pas toujours été, selon les spécialistes. Autrefois, celles-ci formaient une seule et même île plus vaste, jusqu’au XVe siècle, où une éruption volcanique « catastrophique » se serait produite.

Libérant plus de 30 kilomètres cubes de magma et un volume considérable de cendres volcaniques, elle aurait causé un effondrement et la création de la caldeira ovale qui s’étend sur 12 fois 6 kilomètres. Cette éruption aurait également causé d’importantes perturbations climatiques.

1 / Samalas, Indonésie — 1257

L’éruption volcanique la plus explosive se serait déroulée en 1257 et aurait jailli du volcan Samalas, situé à proximité du mont Sinjani sur l’île de Lombok. Souvent qualifiée de « colossale », l’éruption a libéré un panache volcanique qui a atteint une quarantaine de kilomètres et des nuées ardentes qui ont couvert les alentours sur plus de 20 kilomètres. Elle a également causé l’effondrement de la chambre magmatique du volcan qui culminait à l’époque à 4.000 mètres. C’est ainsi que s’est formée la caldeira Segara Anak, aujourd’hui remplie par le lac du même nom.

Changement climatique

Les éruptions volcaniques les plus puissantes sont l’une des causes les plus importantes de la variabilité du climat dans le passé. En effet, ce sont les grandes quantités de dioxyde de soufre émanant des éruptions qui conduisent à la formation de particules microscopiques de sulfate : les aérosols de sulfate. Ces derniers entrainent une plus grande réflexion des rayons du soleil vers l’espace, qui provoque ainsi d’importantes modifications et notamment le refroidissement de la température terrestre.

L’étude des chercheurs a montré que ce sont les deux plus grandes éruptions des 2.000 dernières années qui ont déposé 30 à 35 % du sulfate en Antarctique. Certains estiment aujourd’hui que l’éruption du Samalas en 1257 et celle du Kuwae en 1452 auraient joué un rôle clé dans l’apparition du « petit âge glaciaire ». Une période climatique froide survenue dans l’hémisphère Nord entre 1303 et 1860 et caractérisée par des minimums de températures très bas.

Si l’éruption du Samalas aurait pu jouer le rôle de déclencheur, celle du Kuwae aurait permis au petit âge glaciaire de persister plus longtemps :

Les enregistrements réalisés constituent la base fondamentale pour une amélioration spectaculaire dans les reconstitutions existantes des émissions volcaniques au cours des derniers siècles et millénaires, a conclu Michel Sigl repris par le DailyMail.

Pourquoi dit-on « tomber dans les pommes » ?

Vous non plus, vous ne voyez pas le rapport entre un fruit et le fait de s’évanouir. C’est parce qu’il n’y en a pas. Ne vous inquiétez pas, on vous explique tout.

Avant de répondre à cette question lexicale, posons nous une première question : pourquoi tombe-t-on dans les pommes ? Il y a plein de causes, de pathologies plus ou moins sérieuses.

Parmi les raisons les moins dangereuses, on peut noter : la chaleur intense, la déshydratation, la vue du sang (hématophobie), une forte douleur, un coup de pression, la peur ou autre émotion vive, etc… Mais la cause la plus commune est une chute brutale de la pression artérielle, un manque transitoire de débit sanguin dans le cerveau.

Une déformation avec le temps

Transition toute trouvée pour répondre à la question : pourquoi dit-on « tomber dans les pommes » ? En fait, l’expression vient d’une déformation de la langue française. Elle provient en réalité de « tomber dans les pâmes », une locution originaire du Moyen-Âge. Ce mot est issu du vieux français, plus particulièrement du verbe « se pâmer » qui signifie :

Être sous l’effet d’une sensation vive qui fait perdre conscience, comme l’explique Le Larousse

La formule « tomber en pâme » est devenue populaire, entraînant la modification du mot pâme en… pomme. Et si jamais vous souhaitez « crâner » un peu plus, sachez qu’il existe toujours une expression utilisée de nos jours, « tomber en pâmoison », qui veut dire la même chose que tomber dans les pommes. Et voilà, maintenant, vous savez tout.

Pourquoi le poivre nous fait-il éternuer ?

Tout le monde a déjà vécu cette désagréable expérience. Vous reniflez un peu trop de poivre, et là, vous partez dans une crise d’éternuements difficile à contrôler. Mais pourquoi l’épice fait-elle cet effet sur notre nez ?

On ne résiste jamais longtemps lorsque l’on se retrouve au contact du poivre. À peine, quelques grains et hop, votre nez se retrouve titillé et ne résiste plus à l’envie d’éternuer. Une réaction qu’on n’obtient pas avec d’autres épices en poudre, comme le curry ou même du sel. Mais alors comment expliquer l’effet du poivre ?

Capsaïcine et pipérine

Tout d’abord, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas le conditionnementdupoivre qui provoque un éternuement. Qu’il soit en poudre ou sur une autre forme, il aura le même effet. En réalité, cette sensibilité provient des composés chimiques présents à l’intérieur. Plus précisément de la capsaïcine et la pipérine, deux molécules hautement irritantes.

La capsaïcine est une composante active du poivre mais aussi des piments. Or, elle a la faculté d’activer les récepteurs sensoriels de la bouche et du nez, et par la même les neurones sensoriels. En résulte une sensation de d’irritation et de brûlureindésirable que l’organisme va tenter de contrer. Pour cela, il va déclencher un moyen de défense naturel : l’éternuement.

La seconde molécule irritante du poivre, la pipérine, excite elle aussi les nerfs sensoriels et participe au spasme. Lorsque le poivre est en poudre, la réaction est facilitée. Mais lepoivre en grainaura le même effet, bien qu’un peu atténué.

Que faire pour s’en protéger ?

Tenir son nez loin du poivre est évidemment la meilleure des solutions. Une fois qu’il est trop tard, pouratténuer toute sensation désagréable, il est conseillé d’avaler des corps gras, tel que du lait ou du beurre à la place de l’eau, qui rend le soulagement moins efficace.

Toutefois, si l’éternuement n’est pas trop intense, mieux vaut encore laisser faire votre corps. Il va permettre d’évacuer les molécules irritantes responsables et donc de le faire cesser.

Pourquoi nos veines sont-elles bleues alors que notre sang est rouge ?

Tout le monde le sait, le sang est rouge, chacun a certainement pu s’en apercevoir en cas de blessure ou de petite coupure. Et pourtant, si l’on observe attentivement nos veines, force est de constater qu’elles sont bleues. Plutôt étonnant, n’est-ce pas ? Surprenant, certes, mais tout simplement optique !

Les amateurs de films d’horreur ou de séries médicales le savent bien : le sang est rouge. Grenat, carmin ou parfois tomate, mais toujours bel et bien rouge, pas besoin d’être un vampire pour s’en convaincre. Et pourtant, à y regarder de plus près, nos veines, elles, sont bleues. Normal pour un Schtroumpf, mais plus étonnant pour nous… Pour expliquer l’inexplicable, rien de mieux que de faire appel à la science.

Les spécialistes détiennent en effet la réponse à la question qui nous préoccupe toutes et tous, et pas que les hypocondriaques : pourquoi nos veines sont-elles couleur azur ? Et bien la raison est optique. Les propriétés de la peau et du sang dans ce domaine sont en effet à l’origine de l’apparence bleutée de nos veines.

Grâce aux longueurs d’onde, tout s’éclaire !

La lumière du jour qui éclaire notre peau est constituée d’une multitude de couleurs, celles de l’arc-en-ciel. Chacun de ces rayonnements lumineux se caractérise par une longueur d’onde différente, courte pour le bleu, plus longue pour le rouge. Cette particularité propre à chaque couleur influence sa capacité à pénétrer au travers d’un matériau.

Le comportement des deux teintes qui nous intéressent, le rouge et le bleu, est de ce point de vue en totale opposition. Les longueurs d’onde rouges traversent la peau et atteignent ainsi les profondeurs de notre chair, jusqu’à nos veines, 5 à 10 millimètres sous l’épiderme, où elles sont absorbées par l’hémoglobine, et « disparaissent » donc en quelque sorte à notre regard.

Les ondes lumineuses bleues, quant à elles, possèdent une courte longueur d’onde qui freine leur pénétration dans les tissus. Elles sont donc en grande partie réfléchies, et reviennent ainsi vers nos yeux. Là où le rouge est le moins présent, le long des veines où il est absorbé, le mélange de couleur qui parvient jusqu’à notre rétine est donc en majorité constitué de bleu, la longueur d’onde le plus facilement réfléchie.

Voilà donc pourquoi nos veines nous semblent bleues, une « simple » question d’absorption et de réflexion de la lumière par la peau et les veines !

Le « sang bleu » n’est pas l’apanage de la noblesse

Nous voilà rassurés, les phénomènes optiques sont donc les seuls responsables de la couleur étonnante de nos veines. Rien à voir avec un manque d’oxygène, comme certains peuvent le penser. Pas plus qu’une quelconque appartenance à la noblesse, contrairement à ce que faisaient croire les aristocrates de l’Ancien Régime.

Chez eux, la couleur bleu des veines était simplement amplifiée par la pâleur exacerbée de leur peau, protégée du soleil et parfois recouverte de poudre par coquetterie. Mais parmi toutes nos veines bleues, de petits vaisseaux font figure d’exception. Plus fins et très proches de le surface de la peau, ils n’absorbent pas la lumière de la même façon que nos veines profondes, et apparaissent donc bel et bien rouge, la vraie couleur du sang.

L’exemple le plus frappant est celui de nos lèvres, richement vascularisées, et donc on ne peut plus rouges, sauf maquillage particulier bien sûr, et excepté, évidemment, si on fait un voyage… au pays des Schtroumpfs !

Pourquoi le Soleil devient-il rouge quand il se couche ?

Coucher de soleil. Le ciel s’embrase et tout n’est plus de reflets sang et or. C’est beau, mais pourquoi c’est comme ça ? Ne vous inquiétez pas, on vous explique tout.

Ah, le plaisir d’admirer un beau coucher de soleil, un soir d’été. C’est si spectaculaire que l’on oublierait presque de demander pourquoi. Pourquoi le bleu du ciel laisse-t-il la place aux couleurs chaudes quand vient le soir ? Et pourquoi le soleil vire-t-il au rouge à ce moment précis ?

Ce n’est pas pour casser la poésie du moment, mais savoir, c’est beau aussi. Alors le temps que le soleil finisse de tirer sa révérence pour la nuit, parlons un peu de couche atmosphérique terrestre.

Coucher de soleil et guerre des ondes

Car oui, c’est elle la responsable. La couche atmosphérique terrestre agit en effet comme un filtre pour la lumière du soleil avant que celle-ci n’arrive sur Terre. Ses molécules d’air vont diffuser les sept couleurs de l’arc-en-ciel qui composent cette lumière… Et ce qu’on appelle des ondes de couleurs.

Or toutes les ondes sont de longueurs différentes, ce qui va jouer dans leur diffusion. En effet, l’épaisseur de la couche atmosphérique à traverser n’est pas la même selon l’angle des rayons lumineux par rapport à la surface de la Terre. Dans la journée, lorsque le soleil est haut dans le ciel, la couche atmosphérique est moins épaisse, et donc plus facile à traverser pour les ondes lumineuses les plus courtes — c’est-à-dire les couleurs bleues et violettes. Ce qui explique que le ciel soit bleu et la lumière très blanche.

Inversement, plus le soleil est bas dans le ciel, plus la couche est épaisse. La couche atmosphérique n’est par conséquent jamais aussi épaisse qu’au moment où le soleil se couche. Les rayons la traversent en diagonale, ce qui représente alors une distance difficile à parcourir pour les faibles longueurs d’ondes. Ces dernières laissent donc la place aux ondes lumineuses plus longues — c’est-à-dire les couleurs rouge et orange.

Alors si vous imaginiez une sanglante bataille des Dieux dans le ciel tous les soirs, ne soyez pas déçus ! À défaut de divinités, dites-vous que des ondes lumineuses se livrent une guerre sans merci (et dépendante des lois de la physique). Ce n’est pas mal non plus.

Quelle est la véritable origine de l’arob@se ?

Quelle est la véritable origine de l'arob@se ?

Bien avant qu’il ne devienne un symbole bien connu d’internet, l’arobase (@) a connu un parcours étonnant dont l’origine remonte… au Moyen-Âge !

Indispensable pour quiconque souhaite envoyer un email à un destinataire, l’arobase fait désormais partie depuis plusieurs années de notre monde quotidien. Pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraitre, ce signe n’est pas né avec notre ère numérique

Une question de gain de temps

Pour connaitre les origines de l’arobase, il faut en effet remonter au XVe siècle, époque qui a vu naitre une autre invention qui allait tout révolutionner : l’imprimerie. Avant cette grande avancée que l’on doit à Gutenberg, il fallait pour rédiger des écrits faire appelle à des moines copistes dont le travail consistait à reproduire et orner à la main les ouvrages religieux.

Comme l’explique le linguiste Berthold Louis Ullman cité sur le site de la Bibliothèque Nationale de France, c’est pour gagner du temps que l’arobase (qui existait déjà depuis le VIe siècle) aurait été utilisé par les moines afin de faire fusionner entre eux deux caractères consécutifs, soit le « a » et le « d » du mot latin ad (signifiant ‘à » ou ‘‘vers » en français).

L’histoire ne s’arrête toutefois pas là car l’origine du nom de l’arobase lui, serait plutôt à chercher du côté de l’Espagne et du Portugal. En effet, selon une théorie, ceci proviendrait d’une confusion avec l’arroba, une unité de mesure utilisée dès le XIe siècle dans ces deux pays et symbolisée par le désormais célèbre @. On retrouve d’ailleurs l’unité dans les comptes de marchands florentins sous la forme d’un a stylisé à la mode florentine.

Un usage qui s’est répandu dès le XIXe siècle

Quoi qu’il en soit, dès le XIXe siècle, l’usage du @ s’est répandu aux Etats-Unis chez les marchands qui l’utilisaient pour indiquer les prix. Par exemple comme l’explique le site de la BNF, « deux chaises à 20 dollars pièce » pouvait s’écrire « 2 chairs @ $ 20 », soit « 2 chairs at 20 dollars ». On peut d’ailleurs facilement constater qu’encore à l’heure actuelle les Américains lisent « at » pour le @.

Plus tard en 1971, lorsque l’ingénieur américain Ray Tomlinson, inventeur du courrier électronique, a dû trouver un sigle pour séparer le nom de l’émetteur et celui de l’organisme de messagerie, celui-ci a tout naturellement penser à l’arobase. Ce signe voulant refléter une idée de « mouvement », « de direction », il a donc été choisi pour créer des adresses que l’on pourrait traduire ainsi : Paul Martin « à », « vers » ou « chez » gmail.com.

Pourquoi les nuages deviennent-ils plus sombres quand il va pleuvoir ?

Pourquoi les nuages deviennent-ils plus sombres quand il va pleuvoir ?

Quiconque a déjà levé le nez le ciel avant une averse a pu constater le phénomène : lorsqu’il va pleuvoir, les nuages ont tendance à s’assombrir devenant gris voire noir. Mais pourquoi changent-ils de couleur ? Explications.

Le soleil se cache, votre champ de vision s’assombrit brusquement, vous levez les yeux et découvrez un ciel noir et menaçant chargé en cumulonimbus. Vous le savez : la pluie n’est pas loin ! Mais pourquoi des nuages noirs apparaissent-ils dans le ciel quand il va pleuvoir ? Pour le comprendre, il faut d’abord revenir sur la formation même des nuages.

Une partie de l’eau présente sur Terre, par exemple dans les fleuves ou les océans, s’évapore sous la chaleur des rayons du soleil. L’air qui nous entoure est ainsi chargé d’eau sous sa forme gazeuse, la fameuse vapeur d’eau. Or, quand l’air près du sol se réchauffe, il commence à s’élever dans le ciel entraînant avec lui cette dernière jusqu’à une altitude de plus en plus froide.

Tandis que l’air se refroidit, la vapeur d’eau se condense pour former de toutes petites gouttelettes très légères voire des cristaux de glace qui vont peu à peu s’unir et rester en suspension pour former des nuages. Lorsque le ciel est chargé de nuages blancs, le risque d’averses est présent mais pas imminent. En effet, dans cette configuration, les gouttelettes et cristaux formant les nuages sont suffisamment fins pour refléter la lumière et donner cette impression de blancheur.

Des nuages qui absorbent la lumière 

Cependant, quand la taille de ces gouttes augmente et que les nuages en sont davantage chargés, elles absorbent plus de lumière au détriment de la terre et des humains qui en reçoivent moins. Résultat : nous avons l’impression que la base des nuages est gris foncé ou noire. La suite logique de ce phénomène est que les gouttes deviennent si volumineuses et lourdes qu’elles finissent par tomber, sous forme depluie, de grêle ou de neige.

D’un point de vue météorologique, les spécialistes distinguent deux types majeurs de nuage associés à la pluie : les nimbostratus, des couches de nuages de pluie qui ne produisent pas d’éclairs, et les cumulonimbus, des nuages plus épais qui peuvent générer des éclairs, du tonnerre et des pluies torrentielles. Les deux noms sont issus du latin nimbus, signifiant « nuage de pluie » ou « pluie d’orage ».

Pourquoi a-t-on le vertige après avoir tourné sur soi-même ?

Enfants, nous avons tous connu cette sensation de vertige après être descendu d’un tourniquet lancé à grande vitesse. Mais d’où vient cette impression d’avoir la tête qui tourne ?

Que vous tourniez sur vous-même ou à bord d’un tourniquet, le résultat est toujours le même. Dès que vous vous arrêtez, vous sentez soudain votre tête tourner, comme si votre cerveau n’avait pas fini de faire des ronds. Vous regardez autour de vous et les murs bougent, au-dessus de vous et le ciel décrit un mouvement spiral. Mais d’où vient donc cet étrange vertige ?

Voyage au cœur de l’oreille interne

Lorsque vous tournez sur vous-même, vos yeux enregistrent une quantité importante d’informations qui peuvent vous désorienter. Pour parer à cette expérience qui perturbe votre perception, votre corps possède une technique. C’est grâce à celle-ci qu’il vous est possible d’interagir quotidiennement avec votre environnement sans que chaque mouvement vous fasse perdre pied.

Tout commence au niveau de l’oreille interne. Pour visualiser les choses simplement, imaginez trois canaux formant des boucles tout au fond de votre oreille, par-delà le tympan. Ces « tubes » sont tapissés de minuscules poils, baptisés « cellules ciliées », et emplis de deux couches de substances gélatineuses : l’endolymphe et les cupules.

Lorsque vous vous déplacez, ces fluides se meuvent à l’intérieur des canaux semi-circulaires et stimulent les cellules ciliées. Le mouvement de ces dernières est captée par l’oreille qui envoie un signal au cerveau via les cellules nerveuses. En fonction de leur orientation, votre matière grise est alors capable de savoir si vous vous trouvez debout, allongé ou les pieds en l’air, mais également si vous êtes en mouvement ou à l’arrêt.

Tempête dans un verre d’eau

Imaginez désormais que vous faites tourner un verre d’eau sur lui-même le plus vite possible. Lorsque vous décidez d’arrêter le verre, il vous suffit d’en presser les bords pour mettre fin à son mouvement. L’eau qui se trouve à l’intérieur en revanche continue de tourner pendant encore quelques instants. C’est exactement ce qu’il se passe au niveau de votre oreille interne.

Tandis que les muscles de votre corps reprennent leur position, le fluide à l’intérieur des canaux semi-circulaires continue de se déplacer sous l’effet de l’inertie. Votre cerveau reçoit alors le signal que votre corps continue de tourner tandis que vos yeux lui envoient l’image d’un environnement stable. Résultat de ces informations contradictoires : la pièce semble faire des tours sur elle-même dans le sens inverse de votre rotation et votre corps sait plus trop comment il doit se maintenir debout.

C’est de là que provient la sensation de vertige qui s’empare de vous. D’ailleurs, ce n’est pas le seul phénomène lié à votre oreille interne. C’est aussi le cas du mal des transports par exemple. Et voilà, vous savez tout.

D’où vient le V de la victoire ?

D'où vient le V de la victoire ?

Hommes politiques, sportifs, ou même simples anonymes adeptes du selfie se partagent un même symbole : le V de la victoire. Formé par l’écartement de l’index et du majeur, ce signe en apparence anodin cache en fait derrière lui une histoire riche et étonnante. Rien de tel qu’un voyage dans le temps pour remonter aux origines de ce symbole.

Lorsqu’ils sont écartés derrière la tête d’une malheureuse victime, l’index et le majeur peuvent à eux-seuls suffire à gâcher une belle photo. Mais outre les oreilles de lapin dont un vieil oncle un peu blagueur a jugé bon d’affubler les époux sur le cliché de leur mariage, ces deux doigts peuvent aussi servir une cause un peu plus noble : exprimer la liesse du vainqueur en formant le V de la victoire. Un signe en apparence banal et anodin, mais dont l’histoire s’avère bien plus riche qu’on ne pourrait le croire.

Comme le révèle l’historienne Aurélie Luneau dans son ouvrage intitulé « Radio Londres 1940-1944 Les voix de la liberté », ce symbole serait en effet né au cours de la Seconde guerre mondiale, sous l’impulsion de l’illustre Victor de Laveleye, animateur radio de la section belge de la BBC et ancien ministre outre-Quiévrain.

Le 14 janvier 1941, le Belge exilé à Londres lance un appel au micro de la radio nationale britannique. Une allocution qui débute comme il se doit par un tonitruant « Ici Radio-Belgique ! »transmis par les ondes jusqu’aux auditeurs, avec le son délicieusement nasillard de l’époque… S’en est alors suivi une tirade qui a marqué l’histoireretranscrite mot pour mot notamment dans l’ouvrage Les méconnus de Londres : journal de guerre d’une Belge, de Tinou Dutry-Soinne, et que voici :

« Il faut que tous les patriotes de Belgique aient un signe de ralliement, qu’ils multiplient ce signe autour d’eux, qu’en le voyant inscrit partout, ils sachent qu’ils sont une multitude. Et que l’occupant, lui aussi, en voyant ce signe, toujours le même, se répéter indéfiniment, comprenne qu’il est entouré, par une foule immense de citoyens belges qui attendent impatiemment son premier fléchissement, guettent sa première défaillance », a scandé le speaker dans le studio londonien.

Un V, évidemment !

Un signe de ralliement… Certes, mais quel signe ? Et bien le V, pardi ! Une évidence pour Victor de Laveleye, qui expose les origines de sa proposition dans la suite de son allocution radiophonique : « Je vous propose comme signe de ralliement, la lettre V. Pourquoi ? Parce que V, c’est la première lettre de Victoire en français et Vrijheid (Liberté) en flamand ». Le signe idéal, s’il en est : simple, efficace et… polyglotte !

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’idée n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Dans les jours et les mois qui ont suivi, les V de la victoire se sont mis à proliférer partout en Europe. En Belgique naturellement, d’abord, puis aux Pays-Bas, et dans le Nord de la France, avant d’envahir tout le continent. Mais pas sous la forme que nous connaissons aujourd’hui.

Dans un premier temps, c’est en tant que graffiti que le V de la victoire se manifeste, tracé notamment sur les murs allemands et les carrosseries des véhicules du pays. Un peu plus tard, au mois de juin, Radio Londres parvient à transformer ce symbole visuel en une image sonore. Comment ? Grâce au Morse.

« Ici Londres… ! »

Ce code international traduit en effet l’alphabet sous formes d’impulsions – brèves ou longues – associées entre elles pour signifier une lettre. Pour le V, la transposition se fait par la succession de trois signaux courts, suivis d’une note finale plus soutenue. Un motif rythmique choisi pour le célèbre indicatif sonore de Radio Londres, et qui correspond en outre aux premières notes de la Cinquième Symphonie de Beethoven.

Finalement, c’est le Premier ministre britannique Winston Churchill qui va populariser, par le geste cette fois, ce symbole devenu universel. En témoigne un célèbre cliché daté du 5 juin 1943, qui montre l’homme politique sourire aux lèvres, bras levé vers le ciel, et surtout index et majeur écartés pour former le fameux V de la victoire. Le début de la notoriété pour ce geste aujourd’hui entré dans la postérité.

Un symbole servi à toutes les sauces

Au fil de l’Histoire, ses utilisations ont évolué, et se sont étoffées. Dans les États-Unis des années 1960, les opposants à la guerre du Viêt Nam s’en sont emparé pour en faire un signe de paix. Le fameux esprit « peace and love » matérialisé par un signe aux origines guerrières…

Une décennie plus tard, c’est un motard, le champion de Grand Prix Barry Sheene qui s’approprie le symbole. À chaque victoire, le sportif adressait à la foule un V de la victoire formé de ses deux doigts. Une habitude sans doute à l’origine du salut que les motards s’échangent encore aujourd’hui lorsqu’ils se croisent sur la route.

Populaire en Europe, le V de la victoire l’est encore plus au Japon, où son adoption par de nombreuses vedettes locales depuis les années 1960 a permis de le hisser au sommet de la popularité. À l’heure des selfies, les représentants du peuple nippon ne manquent pas d’arborer fièrement ce signe du bout de leurs doigts. Une drôle d’habitude qui pourrait finir par leur coûter cher.

Des scientifiques de l’Institut national japonais d’informatique ont en effet découvert il y a quelques mois qu’exposer ainsi le bout de ses doigts sur les réseaux sociaux pouvait permettre à n’importe qui de reproduire les empreintes digitales de la personne photographiée. Une aubaine pour tous les usurpateurs d’identité sans scrupule.

Des scrupules, le vieux tonton blagueur n’en avait certainement pas non plus lorsqu’il s’est permis d’affubler les mariés d’oreilles de lapin sur la photo de leur union. Détourné de cette façon, le V de la victoire signerait plutôt la défaite de l’humour