« Plus il y a de piscines, plus il y a de nageurs ! ». A partir de ce constat observé dans la plupart des villes de France, le Grand Dijon inaugurait sa nouvelle piscine olympique voilà tout juste un an. Loin des premières rumeurs affirmant qu’il lui manquait quelques centimètres pour prétendre au titre d’olympique, l’écrin bleu est d’ores et déjà bien installé dans le paysage sportif et ludique dijonnais. Pour preuve : près de 390.000 visiteurs y ont été accueillis depuis l’ouverture le 28 avril 2010. Cette performance a-t-elle fait du tort aux autres piscines municipales ? Quels sont les projets de la municipalité ? Éléments de réponse.
Il est temps de se jeter à l’eau !
« De l’extérieur, ça ne ressemble pas à une piscine traditionnelle car l’ensemble est très design et une fois dans l’eau, le bassin est très lumineux. Vu qu’il a la même profondeur partout, ce bassin est très rapide ». Cette description ne vient pas tout droit d’un quelconque dossier de presse mais émane d’un triple médaillé olympique de natation, un certain Hugues Dubosq. Il y a un an, le 28 avril 2010, le spécialiste français de la brasse traversait le bassin sous les yeux de l’ensemble des personnalités politiques et sportives de la région. 1.650 m² de surface d’eau supplémentaire qui faisait alors du bien, l’ensemble des cinq piscines du Grand Dijon ayant été construites entre 1965 et 1976 – le bassin de Chenôve a été rénové en 2008 et celui de Chevigny-Saint-Sauveur devrait suivre.
Ce nouvel oasis portait à environ 5.400 m² la surface d’eau disponible sur l’agglomération, l’objectif étant d’atteindre les 6.000 m² pour entrer dans la moyenne. Ce projet a donc profité aux particuliers mais aussi aux clubs locaux tels l’Alliance Dijon natation, qui a désormais élu domicile dans ce nouvel équipement. Thomas Rabeisen, champion de France jeunes sur le 100 mètres brasse, nous expliquait d’ailleurs, à la veille des championnats de France organisés dans la ville, que « ce bassin procurait de bonnes sensations lorsque l’on nageait vite » (Lire notre article ici).
La douche froide ?…
Avec près de 390.000 visites depuis son ouverture en avril 2010, le bassin de la piscine olympique du Grand Dijon a donc fait le plein et s’offre même le luxe d’enregistrer 94% de satisfaction parmi les nageurs ! Fosse de plongée de vingt mètres, eau non chlorée : les arguments sont nombreux ; pourraient-ils causer du tort aux autres piscines, notamment celle de Dijon ? « Pas tant que ça », précise Gérard Dupire, adjoint au maire de Dijon délégué aux sports et vice-président du Grand Dijon, référent pour le sport et pour la réalisation des grands équipements sportifs. : « Nous avons certes une baisse de la fréquentation sur l’année 2010 mais un maintien des recettes ». Le résultat d’une nouvelle politique tarifaire ? « Nous avons réajusté l’ensemble des tarifs. Par exemple, les chauffeurs de bus avaient un accès gratuit aux piscines municipales. En 2010, nous avons enregistré une baisse de 20% de la fréquentation, 8% sur les mois de janvier/février 2011 et une baisse de la recette de 0,9%. »
En 2010, les recettes des trois piscines étaient en moyenne de 1.282,30 euros par jour. Mais, au niveau des visites, les chiffres sont plus éloquents : Alors que 506.383 personnes avaient franchi le seuil d’une des trois structures de la ville en 2009, ils n’étaient plus que 393.296 à l’avoir fait en 2010. « La piscine du Carrousel est très dépendante des conditions météorologiques précise l’adjoint au maire. Les piscines ont certes été impactées mais c’est pour cette raison que nous avons construit le bassin olympique : Plus il y a de piscines, plus il y a de nageurs ! »
Bain de jouvence vs contraintes budgétaires
Mais la piscine olympique a aussi permis d’accroitre l’attractivité et le rayonnement du Grabd Dijon sur le plan sportif. Trophée Lucien Zins en juin 2010, championnat de France universitaires en mai 2010 et championnats de France jeunes avec plus de 600 nageurs du jeudi 14 au dimanche 17 avril 2011 (Lire notre article ici) : le nombre de compétitions d’envergure nationale devrait rester à trois par an : « Les championnats de France N1 ne seront pas organisés tout de suite car ils coûtent très cher mais nous fixons un planning de compétition et pas seulement la natation ». Ainsi, le water-polo et la natation synchronisée devraient faire leur entrée dans la grande bleue.
Le prochain gros projet de l’adjoint ? La réhabilitation des structures déjà existantes : la piscine du Carrousel construite en 1965, celle des Grésilles en 1970 et celle la fontaine-d’Ouche en 1975. « Nous allons lancer un diagnostic pour dégager certaines priorités : varier les offres avec notamment la création d’une piscine ludique comme on peut trouver à Bourg-en-Bresse. Mais comme souvent, ce sont les sous qui manquent ! Aujourd’hui, une telle structure ne verra pas le jour sous ce mandat ».