Courtivron (21) : La gravière de la discorde

Les habitants des communes de Coutivron et de Moloy, en Côte-d’Or, montent au créneau depuis quelques jours. En effet, une carrière de granulat pourrait voir le jour entre les deux communes, sur les rives de l’Ignon. Un projet qui n’est pas du goût de plusieurs associations, réunies pour en appeler à la préfecture de Côte-d’Or.

L’écologie au secours de la vallée

Dans un dossier de presse envoyé en avril 2011 (Voir le document joint ci-dessous), la société Vicat, qui prospecte le lieu, détaille les usages fait du granulat en précisant bien qu’il est « indispensable au bâtiment et aux travaux publics en entrant dans près de 85% de la composition du béton » : « Chaque homme consomme sept tonnes de granulats par an […]. La consommation annuelle de granulats en France est supérieur à 400 millions de tonnes ». Ce serait donc pour répondre à une demande forte à destination de Dijon, Chaumont ou Beaune, que la société souhaite étayer son maillage du territoire bourguignon. Dans le cas du projet de Coutivron, l’extraction se ferait par la RD 996, au moyen d’une piste spécifique destinée à éviter la traversée des deux villages entourant la zone – Coutivron et Moloy -, tandis qu’une installation de traitements des matériaux serait installée.

Le compte n’y est pourtant pas pour le Comité de liaison des associations et des personnes pour la protection de l’environnement et de la nature (Clapen 21*), représenté par Gisèle Daclin, qui a écrit une lettre à la préfecture de Côte-d’Or, estimant que ce projet « serait fortement nuisible pour la région et le site » en question. Plusieurs points les laissent en effet perplexes : La gravière serait notamment située à proximité du lit de l’Ignon, qui abrite selon la Truite Bourguignonne – association membre du comité qui regroupe 2.500 adhérents -, la « dernière souche autochtone de truites qui se reproduisent naturellement ». De plus, dans la lettre envoyée à la préfecture, le comité pointe du doigt « l’hérésie écologique » d’un tel projet proposé par « une entreprise étrangère à la région et qui envisage une exploitation pour alimenter en matériaux des zones géographiques très éloignées. […] Il est à remarquer que des projets semblables à Lamargelle avaient été abandonnés pour des raisons écologiques ».

Une pétition circule actuellement et recueillerait un nombre important de signatures, les « habitants s’inquiétant des dégradations aussi bien visuelles qu’auditives ou de santé ». Pour le comité, s’appuyant sur l’exemple de la base d’Arc-sur-Tille, ce projet est source de « pollution, détérioration du site et désillusions financières ». A l’inverse, le promoteur Vicat brandit la carte du réaménagement. En effet, une fois l’exploitation terminée, la société explique offrir la possibilité de réaliser un aménagement final réfléchi du site. Des plans sont même d’ores et déjà fournis promettant la création d’un plan d’eau divisée en deux parties faisant office de réserve naturelle, de zone de pêche et de base de loisirs, qui permettraient d’augmenter l’intérêt touristique de la vallée… Affaire à suivre.

(*) Associations membres du Clapen 21 : AAPPMA : La Gaule d’Arc sur Tille – ADCNA Sennecey – ASPEV Crimolois-Fauverney – Association pour la protection de l’Ignon – Association de Défense de l’Environnement de Gevrey-Chambertin – Chevigny Environnement – Hauteville Environnement – La Maison de la Nature et du Paysage – Longvic Environnement – Quétigny Environnement – Saint-Apo Environnement – UFC Que choisir 21 – Forestiers du Monde – Défense de la Vallée Foncegrive – La Truite Bourguignonne – Groupement des Pêcheurs Sportifs de Côte-d’Or.

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