On estime aujourd’hui à 2,5 millions, le nombre de deux-roues circulant en France, hors vélos. Un chiffre en constante augmentation, qui accentue l’effet de vulnérabilité de ces derniers sur la route. Dans le cadre du Plan départemental d’actions de sécurité routière – et en partenariat avec l’auto-école Notre-Dame -, la Préfecture de la Côte-d’Or organise le Printemps de la moto, samedi 09 avril 2011, au lac Kir de Dijon. Une opération de sensibilisation à destination d’un large public, parrainé par le champion Maxime Berger. L’occasion pour dijOnscOpe de revenir sur le palmarès de ce Dijonnais coureur superbike, champion d’Europe 600 en 2007, vice-champion du monde 1.000 en 2008 et 2010 en superstock…
Dans la cour des grands…
Pour Maxime Berger – qui va fêter ses vingt-deux ans fin juin 2011-, la moto est déjà une longue histoire. Dès l’âge de trois ans, il enfourche son premier engin. Lorsqu’il a huit ans, son père est victime d’un accident de la route le contraignant à arrêter toute pratique. Partant du principe que « tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », Maxime débute la compétition et donc sa carrière de pilote motocycliste en 1998, sur des petites motos de 70cc. D’emblée, et durant trois années consécutives, il décroche le titre de champion de France de catégorie. S’essayant sur tous les circuits de kart, il se retrouve depuis le début de l’année 2011 sélectionné pour le championnat du monde Superbike.
Fondé en 1988, ce championnat est moins connu que le motoGP mais se court sur des circuits permanents. Chaque épreuve est composée de deux courses et le résultat permet de décerner à la fin de la saison les titres pilote et constructeur. « C’est un rêve qui s’accomplit ! J’ai toujours donné beaucoup pour la moto ; c’était un de mes rêves de monter et déjà quand j’étais petit, je regardais ces courses. » Le voilà donc aux côtés de pilotes comme l’Espagnol Carlos Checa ou l’Italien Max Biaggi, respectivement premier et quatrième du championnat après deux courses, et qui ont fait leur gamme en motoGP. Une sensation « bizarre et extra », pour le jeune homme.
Des ambitions plein la tête !
Depuis le début de la saison, Maxime Berger a déjà roulé sur deux circuits : Phillip Island en Australie le 25 février 2011 et Doningtom en Angleterre le 27 mars 2011. Un circuit qui ne lui aura pas porté chance puisque le Dijonnais a tout simplement perdu sa roue ! « J’utilisais des jantes en magnésium de l’année dernière, plus légères mais extrêmement fragiles. Elles ont sans doute pris quelques chocs ou avaient des micro-fissures car elles n’avaient pas leurs quotas de kilomètres et ont cassé. » La roue arrière de sa Ducati 1198 se détache alors littéralement du bras oscillant, provoquant la chute du pilote qui se considère chanceux, l’accident étant sans gravité (Voir la vidéo ici). Prenant tout de même le départ de la seconde course, il devra aussi abandonner du fait d’un autre souci technique.
Pourtant, Maxime Berger l’assure, il ne manque pas de motivation, considérant même que « pour l’instant, tout se passe bien ! […] Je bosse énormément physiquement et contrairement aux autres années, c’est un travail à temps complet […]. Il faut suivre une préparation physique saine, appeler les sponsors… A chaque niveau, la compétition est très prenante. Je n’aurais jamais imaginé que se soit aussi poussé que ça ! ». Un jour sur deux, il suit un programme draconien à base de vélo, footing, gainage et musculation : « L’année dernière, j’avais une course de treize tours ; cette année, rien que le dimanche, j’en ai deux de 23 tours. Si le physique ne suit pas, vous ne faîtes rien ! Si on commence à fatiguer, à 300 km/h, la moindre erreur peut être fatale… ». Malgré un budget restreint et une team privée le pénalisant par rapport aux motos-usines que peuvent utiliser ses concurrents, il espère pouvoir faire un top 10 pendant la saison et marquer des points à quasiment toutes les courses. Même s’il reconnait qu’il lui « faudra sans doute une année d’apprentissage avec quelques bons résultats ».
La quinzième place dans le viseur
Face à l’expérience – certains pilotes ont déjà quarante ans -, Maxime Berger fait le pari de sa jeunesse et de sa bonne condition physique. A 21 ans, il est bien conscient que sans résultat, son nom sera vite oublié : « Il faut pousser, il faut aller plus vite qu’eux pour contourner l’expérience qu’ils ont ». Ce crédo sera appliqué dès la prochaine compétition, qui aura lieu du 15 au 17 avril 2011 à Assen, aux Pays-Bas, avec l’objectif de finir dans les quinze premiers en marquant des points aux deux courses : « Je veux entrer dans les seize pilotes en qualifications pour accéder ensuite au Superpôle, qui est divisée en trois courses ». Ces dernières permettent de déterminer l’ordre de placement sur les lignes de départ : au terme de la première course, les quatre pilote les plus lents sont placés en cinquième ligne ; lors de la seconde, les huit plus lents sont placés sur les quatrième et troisième lignes, tandis que la dernière course permet d’établir la première et la deuxième lignes des deux courses qui se dérouleront ensuite.
Dans ce monde, Maxime Berger fait donc office d’ovni. Prenant à sa charge ses frais de déplacement, emmenant lui même de quoi dormir sur le circuit. Très pudique sur les sommes engagées, il reconnait tout de même que la moto, en elle-même, représente un investissement de 120.000 euros. Petit à petit, le Dijonnais essaye donc de se frayer un chemin dans le monde professionnel. Samedi 09 avril 2011, il participera – à l’invitation de Stéphane Cretin, patron de l’auto-école Notre-Dame, au Printemps de la moto, opération de sensibilisation organisée par la préfecture de Côte-d’or, qui se tiendra au lac Kir de Dijon. L’occasion pour lui de livrer la bonne parole : celle de la prudence et du plaisir !