Samedi 21 mai 2011. Dijon se réveille avec la gueule de bois… Car nombreux sont les habitants qui, dans la nuit de vendredi à samedi, ont déambulé dans les rues du centre-ville, maquillage sur le visage, bière et drapeau à la main, s’égosillant à supporter le Dijon Football Côte-d’Or (DFCO). Si l’équipe n’a pas vraiment brillé sur le terrain du stade Gaston Gérard au cours de la soirée, concédant un nul pour sa dernière rencontre à domicile contre Boulogne, les contre-performances de ses adversaires la placent en position très favorable pour la montée dans l’élite. Un ticket pour la Ligue 1 en main, même s’il n’est pas encore validé…
14.406 spectateurs !
Le feu d’artifice avait un goût d’extase vendredi 20 mai 2011 au soir, au parc des sports Gaston Gérard de Dijon Ce dernier était une nouvelle fois plein – 14.406 spectateurs ! – et attendait, non sans une certaine impatiente, la prestation de son équipe, pour une confrontation que l’on annonçait capitale. Au coup de sifflet annonçant le début du match, à 20h30, le Dijon Football Côte-d’or (DFCO) est à une heure et trente minutes d’une future montée en Ligue 1. Or les visiteurs du soir, Boulogne-sur-Mer, vont venir contrecarrer les plans des hommes de Patrice Carteron. Sur corner du côté droit, les Dijonnais se font d’abord cueillir à froid. Chaher Zarour trompe son propre gardien sur une erreur de positionnement et offre ainsi l’avantage aux Nordistes (0-1, 10ème).
Dur retour à la réalité dans les gradins, d’autant plus que l’attaque boulonnaise se montre très incisive. Les Dijonnais n’arrivent pas à trouver de solution, à l’image de Benjamin Corgnet à la 17ème ou d’Eric Bauthéac à la 28ème. La véritable occasion dijonnaise sera à mettre au compte de Mickaël Isabey : à la 43ème, sa frappe vient s’écraser sur la transversale et le compteur n’évolue plus jusqu’au moment de regagner les vestiaires à la mi-temps.
Une longue attente
Au retour de la pause, les intentions semblent meilleures chez les Dijonnais, qui tentent de prendre d’assaut le camp boulonnais. Il faudra néanmoins attendre la 70e minute pour que Medhi Courgnaud, fraichement entré, obtienne un pénalty sur une faute de Florian Bague, le gardien de l’équipe adverse. Sébastian Ribas se présente devant le but et prend le gardien à contre-pied ; le DFCO égalise et Ribas signe là sa 23ème réalisation de la saison ! Une action qui redonne des couleurs aux Dijonnais, qui multiplient les tentatives… en vain ! Et quand survient le coup de sifflet final, c’est le flottement sur la pelouse…
Dans les travées, voilà qui ne fait plus de doute : le DFCO est torpillé en Ligue 1 ! Pourtant, il faut regarder les résultats d’un peu plus près : en perdant à Vannes (3-4), Le Mans permet à Dijon de rester deuxième du championnat avec trois points et six buts d’avance sur le quatrième, Le Mans justement. Il faudrait donc que le DFCO perde avec une grosse différence de buts – en espérant que les Manceaux gagnent – pour voir ses rêves de ligue 1 disparaître. Pourtant, Patrice Carteron, l’entraîneur du DFCO tient à le souligner : « Rien n’est fait ! Il nous manque un petit point à prendre ». Loin de l’agitation qui enivre ses hommes et le public, il explique : « Ce soir, nous ne sommes pas encore en Ligue 1 mais je ne peux pas empêcher les joueurs, grâce à qui on a encore battu un record d’affluence ce soir, d’aller communier avec leur public ».
« Neuf doigts en Ligue 1 » !
Nous avons donc assisté à un très fort instant de communion entre l’ensemble de l’effectif professionnel et les supporters dijonnais. Une osmose qui réunissait toutes les générations et spectateurs : les enfants d’Alexis Zywiecki et de Mickael Isabey, les familles et amis des joueurs, les politiques locaux, les supporters… et qui s’est poursuivie jusque tard dans la nuit dans les rues de Dijon. Sebastian Ribas agenouillé sur la pelouse, Eric Bauthéac en pleurs… Voilà une soirée qui restera dans les mémoires. En 2004, l’entraineur Rudy Garcia avait conduit l’équipe en Ligue 2 ; mais qui aurait pensé en 2010 que cette formation pourrait titiller le sommet en fin de saison ?
« Le public nous a poussé durant toute la saison », commente pour sa part le joueur Éric Bauthéac, arborant fièrement sa nouvelle casquette « Dijon en ligue 1 ». « Nous avons neuf doigts dans la ligue 1 ! Il nous en manque un et le club le mérite ! ». Et Sebastian Ribas de conclure : « C’était une équipe difficile à battre. Même si nous ne gagnons pas, nous prenons un point important. Mais nous n’y sommes pas encore, il manque quelque chose ». Et même un doigt reste « quelque chose » à ne pas négliger pour envisager pragmatiquement la montée en Ligue 1.
