Tandis que le gratin cinématographique mondial a rendez-vous du 11 au 22 mai 2011 sur la Croisette, à l’occasion du 64e Festival de Cannes, plusieurs cinéastes bourguignons témoignent pour dijOnscOpe de la richesse de la région et racontent pourquoi ils aiment tant y travailler. Productions moins coûteuses qu’à Paris, diversité des paysages, développement économique de la région… La Bourgogne sort le grand jeu et dévoile ses atouts.
Vive la diversité !
La Bourgogne, plus beau décor grandeur nature de cinéma dans l’Hexagone ? C’est en tout cas ce qu’affirment volontiers plusieurs réalisateurs de la région : les Dijonnais Christophe Gomes et Christophe Gand, ainsi que le Chalonnais Christophe Henry. Monuments témoignant d’un riche passé, vignes à foison, forêts gigantesques… la région offre une diversité intarissable de paysages en tout genre.
« En Saône-et-Loire, par exemple, nous avons une multitude de paysages très intéressants qui offrent des décors naturels de cinéma idoines dans un rayon de 100 km : la Bresse, la plaine de la Saône, ou encore le Jura, qui n’est pas très loin non plus », explique Christophe Henry, qui a créé Constance Production à Chalon-sur-Saône en 1994, une société de production et de réalisation audiovisuelle.
« Il ne manque que la mer ici »
Après avoir réalisé plusieurs courts métrages, Christophe Gomes, 20 ans, tourne actuellement son premier long-métrage à Dijon, Les Fils de l’hydre : « Nous avons déjà commencé à tourner place de la Libération il y a quelques jours et ce samedi, nous seront place Wilson. La semaine prochaine, nous serons dans les forêts du département, sans oublier les Hospices de Beaune, les archives municipales… Ce sont vraiment des lieux exceptionnels pour tourner un film » (Voir ici notre diaporama sur le tournage). Et d’ajouter, qu’en fait, « ici, il ne manque que la mer ».
De son côté, Christophe Gand, 23 ans, s’est exilé à Paris il y a trois ans, après avoir créé à Dijon sa société de production Parfum de films. Ce qui ne l’empêche pas de revenir tourner régulièrement dans la région. « C’est grâce à un stage que j’ai fait il y a quelques années à la Commission du film de Bourgogne que j’ai découvert toute la richesse que pouvait offrir la région ». Le jeune cinéaste avoue même écrire certaines scènes du scénario en fonction du lieu dans lequel elle sera tournée… »Cela m’est arrivé tout récemment pour une séquence d’un projet de court métrage de fiction que j’ai faite en fonction de la place de la Libération ».
Des avantages économiques certains
D’un point de vue économique, tourner en Bourgogne semble également offrir de nombreux avantages. Pour Christophe Gomes, amoureux inconditionnel de sa région natale, il est important de promouvoir ses atouts : « Dijon, c’est aussi mon histoire, ma vie et je veux continuer à faire des films ici, avec des équipes de tournage originaires, pour la plupart, d’ici. Qui plus est, quand on commence à connaître les personnes qui travaillent dans le milieu, à commencer par la Commission du film de Bourgogne qui m’a beaucoup aidé, tout devient plus facile ». Pour son premier long métrage, il s’est entouré de comédiens de la région, comme François Chattot, directeur du Théâtre Dijon Bourgogne (TDB), mais aussi du trompettiste Thierry Caens ou des chanteurs Daniel Fernandez et Yves Jamait. « J’ai également développé des partenariats avec des commerçants locaux, notamment pour les costumes », précise-t-il.
Christophe Gand souligne que les demandes d’autorisations pour tourner sont plus simples à obtenir en province : « Au niveau de l’administratif, la province – et donc la Bourogne – offre une porte de sortie aux cinéastes parisiens qui essaient de plus en plus de sortir de la capitale. C’est souvent moins compliqué et les prestations souvent moins chères qu’à Paris. Nourrir et loger une équipe de vingt personnes reviendra de toute façon moins cher ici que dans la capitale ».
« De plus, la Bourgogne est située à moins de trois heures de Paris, de Lyon, ou encore de Strasbourg, ce qui veut dire moins de coût pour la location de matériel qu’on fait venir de la capitale ou pour faire venir des techniciens dans la région, explique quant à lui Christophe Henry de Constance production. À qualité de production égale, nous sommes moins cher ; c’est l’argument qu’on donne pour intéresser les producteurs parisiens. Et si on leur propose de venir faire bonne chère en Bourgogne, avec tous nos atouts gastronomiques et viticoles, ce côté convivial peut jouer dans la signature de contrats ».
Un manque de studios de cinéma
Une seule ombre semble venir assombrir ce tableau idyllique : le manque de studios de cinéma dans la région. En effet, il n’existe pas d’endroit en Bourgogne déjà insonorisé et équipé pour tourner des scènes en intérieur. « Il n’en existe pas dans le coin mais je me bats pour ça », se désole le réalisateur chalonnais. « Le budget déplacement de la production explose lorsqu’on doit acheminer toute l’équipe à Paris ou à Lyon. J’ai parfois l’impression d’être délaissé par les politiques »…