»Construire l’Europe doit être une aventure quotidienne que nous devons proposer à nos jeunes. À Dijon, nous croyons en une Europe unie, une Europe démocratique, une Europe de paix, une Europe qui assure à chacun sa place et son épanouissement » : tels sont les mots qu’a prononcé le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, devant les dirigeants, ambassadeurs, élus locaux et près de deux cents étudiants de Sciences politiques, qui se sont réunis le week-end du 29 avril au 1er mai 2011, pour célébrer les dix ans d’existence du campus dijonnais de Sciences Politiques.
Affirmer le désir d’Europe…
« Les étudiants qui sortent de Sciences politiques vont aider à porter cette vision de l’Europe ! Je les appelle bien modestement à affirmer leur désir d’Europe, d’une Europe juste, solidaire, fidèle à un modèle social qu’il nous faut développer pour faire face à toutes les contraintes de la mondialisation. Une Europe sans frontières entre les pays où les jeunes apprendront plusieurs langues », a poursuivi François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon, devant les jeunes élèves du campus européen de Sciences Po Dijon, samedi 30 avril 2011.
Rappelons qu’en dix ans d’existence, le campus a accueilli environ 500 étudiants. Tandis que la première promotion était composée de 35 étudiants, plus de 200 étudiants évoluent désormais au sein de l’école, représentant une quarantaine de nationalités différentes. « Sciences Po a pu développer au cœur de la Bourgogne, au cœur de la ville de Dijon, une petite Europe en miniature », se réjouit le sénateur-maire. Et Richard Descoings, directeur de Sciences Po Dijon, de rappeler aux futurs diplômés que »nous pouvons vivre heureux avec plusieurs langues, avec plusieurs religions, avec plusieurs caractéristiques. Je compte sur vous pour faire cette Europe-là. Et surtout, ne cessez jamais de bouger ! ».
« Toujours plus d’ouverture, toujours plus d’ambition et de performance »
« L’excellence de la formation à la fois généraliste, fondamentale, pluridisciplinaire mais aussi méthodologique ; les échanges croisées avec les universités ; les écoles supérieures de commerces et l’éducation secondaire » : le président du conseil régional de Bourgogne, François Patriat, a résumé les idées-clés qui ont fait la réussite et le développement du campus dijonnais. « Sans oublier les actions conduites en direction du grand public à travers des cycles réguliers des conférences et des débats, un engagement social en faveur de l’égalité des chances, l’ouverture et la mobilité européenne et internationale ».
Il a également évoqué la question du développement futur de l’école : »Dix ans de Sciences Po, c’est aussi l’occasion de se tourner vers l’avenir, de se projeter dans les 10 ans qui viennent. Que souhaiter ? Toujours plus. Toujours plus d’ouverture, toujours plus d’ambition et de performance. Nous pouvons rêver aussi qu’avec les étudiants sortis de toute l’Union, la Bourgogne pourrait devenir un véritable carrefour des cultures européennes. Et pourquoi pas aussi un rêve africain ? Pourquoi pas les Sciences Politiques Bourgogne Europe Afrique ? »…
Une formation cosmopolite d’élite
Pour certains, il s’agit d’un rêve d’enfant ; pour d’autres, il s’agit de revenir sur leurs origines ; d’autres encore sont tout simplement passionnés par l’Europe centrale et orientale.
»Depuis que je suis tout petit, je veux entrer à Sciences Po », admet Thomas, étudiant en première année. »Après, je souhaiterais devenir haut fonctionnaire d’État. J’ai choisi cette formation à cause de son interdisciplinarité. Je veux me tourner vers l’Union européenne, qui est un organisme politique très important et comme la France fait partie de l’Union, j’ai choisi de faire mes études à Dijon », explique-t- il.
Force est de constater aussi que certains ne savaient pas trop quoi faire de leur avenir et ont choisi Sciences Po parce que la filière – considérée comme prestigieuse – ouvre de nombreuses portes. »Je suis encore un peu perdu mais je pense que j’aimerais occuper un poste dans la diplomatie bilatérale entre la République tchèque et la France », déclare un jeune Tchèque en 2eme année. « Dans tous les cas, je ne me sens pas étranger dans ma promotion ! ». En effet, elle comporte une soixantaine de personnes parmi lesquelles seulement huit sont Françaises.
Lucie a choisi Sciences Po à cause de son focus sur l’Europe Centrale et parce qu’elle est d’origine tchéco-polonaise.
»Je suis Français légalement, mais j’ai vécu toute mon enfance en Belgique et ma mère est tchèque, donc je suis un peu entre plusieurs cultures très différentes. Après la fin de mes études, j’ai voulu revenir vers mes origines tchèques », explique Chatel qui parmi plusieurs campus français a choisi Dijon.
Que deviennent-ils ces diplômés?
Hélène, spécialisée sur la Pologne, est aujourd’hui basée à Budapest. Elle travaille comme journaliste correspondant sur place. Après Sciences Politiques à Dijon, Benjamin s’est orienté vers un master affaires publique et aujourd’hui est assistant parlementaire à l’Assemblé nationale. Chatel est devenu chercheur, il couvre la politique d’élargissement et la politique extérieure de l’Union européenne vers l’Est – les Balkans, le Caucase et la Turquie.
Programme des célébrations
Pour célébrer les dix ans de son existence, la direction de Sciences Po a organisé plusieurs événements sur trois jours. Vendredi 29 avril une soirée de réflexion et de débat sur les évolutions de l’Europe centrale et orientale depuis 2001 a eu lieu au Conseil régional de Bourgogne. L’évènement a été ouvert au grand public avec la participation de Safia Otokoré, vice-présidente du Conseil régional de Bourgogne et Pierre Pribetich, 1er vice-président du Grand Dijon. Le débat l’Europe centrale et orientale dans la construction européenne : un premier bilan a été animé par Christian Lequesne, directeur du CERI-Sciences Po et Pierre Lévy, ambassadeur de France en République tchèque. Les anciens étudiants du campus dijonnais Theodora Korkas, Václav Lebeda, Guillaume Poullaouec, Chloé Simeha, Dorota Szeligowska ont présidé la table ronde Regards croisés sur l’Europe centrale des dix dernières années.
Samedi 30 avril les anciens et les actuels étudiants ont rencontré les élus locaux. Un spectacle-concert a été organisé à la salle Devosge, ainsi qu’un dîner-buffet et une soirée avec la projection des courts métrages qui ont marqué l’histoire du campus. Le dimanche 1er mai a été réservé pour un tournoi sportif sur le terrain du SUAPS et accompagné d’un pique-nique.
Histoire des Sciences Politiques à Dijon
Les Sciences Politiques de Paris décident, avec le support de l’ancien président du conseil régional de Bourgogne Jean-Pierre Soisson de décentraliser à Dijon un de ses centres d’études. Dijon devient en 2001 la quatrième ville en France à disposer d’un premier cycle de Sciences Po, dont la troisième année se poursuit à l’étranger. Les étudiants continuent ensuite un master de deux ans. Campus dijonnais est orienté sur les pays d’Europe centrale et orientale et sur l’élargissement de l’Union Européenne. Il s’agit d’une formation pluridisciplinaire en sciences sociales et humaines qui accueille les jeunes de toutes parts de l’Europe. Un cursus qui est renforcé par l’apprentissage d’une langue centre-européenne – polonais, tchèque, hongrois – et le perfectionnement du russe. Depuis son existence Sciences Po à Dijon a connu plusieurs lieux – de l’ENESAD, en passant par le couvent de Dominicains jusqu’au 14 avenue Victor Hugo, un bâtiment de 19eme siècle rénové en immeuble d’enseignement high-tech.
Après Madani Cheurfa, Lukáš Maček reprend la direction du 1er cycle est-européen de Sciences-Po à Dijon. Tchèque d’origine, il a étudié trois ans au lycée Carnot à Dijon. Après son baccalauréat il a suivi une classe préparatoire littéraire, puis a intégré Sciences Politiques à Paris.