Lors de l’assemblée générale de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de Côte-d’Or (Umih 21), qui s’est tenue lundi 11 avril 2011 au conseil régional de Bourgogne, à Dijon, Dominique Loiseau, vice-présidente de l’enseigne Relais & Châteaux, a notamment appelé à la préservation du repas gastronomique à la française, inscrit depuis le 16 novembre 2010 au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco (Lire le communiqué de presse ici). »Il faut que la France se réveille pour défendre notre gastronomie. Par cette inscription, le pays s’engage à une meilleure mise en valeur de ses talents, de ses bons produits ; il s’associe à la politique de promotion, la transmission, l’éducation. Il faut transmettre à nos enfants la notion de plaisir et de bonheur d’être autour de la table. Nous avons travaillé trop longtemps pour que tout soit perdu », précise-t-elle.
Et Dominique Loiseau de revenir sur le parcours de l’inscription : »Tout a commencé en 2006, pendant les Journées François Rabelais à Tours. Jean-Robert Pitte, à l’époque président de l’Université Paris-Sorbonne, a eu cette idée d’inscrire le patrimoine gastronomique français au patrimoine immatériel de l’Unesco ». L’idée est ensuite soutenue par le président de la République ; l’association Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires (MFPCA) est créée pour monter le dossier ; quatre cents chercheurs en sciences humaines et sociales vont y travailler, accompagnés de plusieurs ministères.
»Il faut beaucoup d’intermédiaires pour inscrire un patrimoine ; il faut une réaction scientifique du dossier, des tables rondes ; il faut prouver que toute une communauté est attaché à ce projet. Nous avons fait des enquêtes et des comités de soutiens ; nous avons interrogé des élus dans toute la France, des fédérations de métiers de bouches, des personnalités, des grands chefs. C’était très important pour l’Unesco de montrer que toute la nation était derrière le projet », explique Dominique Loiseau. Dossier qui a été déposé en novembre 2010 à Nairobi au Kenya.
»Nous avons bien insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas de figer nos recettes, de figer la gastronomie française, mais que c’est quelque chose qu’il faut transmettre et qui doit continuer à vivre. On commence avec un appétitif, une entrée, une viande, un fromage, un dessert. Cette pratique sociale, coutumière, destinée à célébrer les moments les plus importants de nos vies, les naissances, les mariages, les anniversaires, les succès, les retrouvailles, ce caractère festif, cérémonial est reconnu comme unique dans le monde par l’Unesco », ajoute-t-elle.
Puis de constater que pour transmettre cette tradition, il faut des moyens. Et il ne faut pas uniquement compter sur les parents : »Toutes les mamans ne font pas la cuisine ! Elles travaillent beaucoup ; certaines familles ne mangent plus ensemble ; les repas à l’Américaine s’imposent en France. Il faut donc réfléchir à une manière de transmettre à nos enfants toutes ces habitudes alimentaires, créer un ensemble économique tout autour. La recherche scientifiques va travailler là-dessus ; il est prévu de créer des outils et des infrastructures de sensibilisation et d’information. Nous avons également demandé d’installer un site gastronomique place de la Concorde, à Paris ».
Garder une typicité, une personnalisation ; voilà la recette que Dominique Loiseau, qui propose de rendre les générations futures fières de leur tradition : »Il faut renforcer les liens entre les pays ; il faut que chaque pays garde ses spécificités et que nous échangions »