Cécile Duflot (EELV) à Dijon : « Maintenant, il faut que nous prenions le pouvoir »…

À l’occasion des rencontres nationales des élus régionaux Europe écologie-Les Verts (EELV), qui se déroulent à Dijon les 05 et 06 avril 2011, Cécile Duflot, secrétaire nationale du parti, a abordé la question des primaires écologistes ; le conseil fédéral d’EELV a décidé, dimanche 03 avril, de les organiser au mois de juin 2011, contre l’avis de Nicolas Hulot…

En introduction de son intervention à la conférence de presse organisée mardi matin, Cécile Duflot a d’abord assuré que les élus écologistes conquéraient aujourd’hui « une expertise technique institutionnelle très grande qui sera utile dans la perspective essentielle de la conquête de la majorité et l’exercice dans nos postes de fonctionnement du pouvoir, de manière autonome. Car la notion d’alerte a des limites : nous avons fait un certain nombre de constats sur les crises qui nous menaçaient et nous n’avons pas été suffisamment écoutés ; maintenant il faut que nous prenions le pouvoir »…

  • Pourquoi les primaires écologistes en juin plutôt qu’en septembre ?  

« Nous n’avons pas « avancé » les primaires en juin, nous les avons fixées. Il existait deux options et celle du début de l’été plutôt que la fin de l’été a emporté la majorité des suffrages du conseil fédéral. Tous ceux qui extrapolent sur cette date-là autour des candidats font une erreur. De toute façon, ce qui semble très important, c’est le climat dans lequel vont se dérouler ces primaires et surtout, la dimension qualitative qui va se construire pendant ce débat. » 

  • Que pense EELV du programme présenté mardi 05 avril par le PS, notamment sur la question du nucléaire (Lire ici l’article d’Europe1.fr sur le sujet) ? 

« Le parti socialiste veut essayer d’infléchir, sur certains points, la situation de crise dans laquelle nous sommes. Les écologistes, eux, veulent inverser la tendance du gaspillage, de la concurrence, etc. Il n’est plus temps aujourd’hui des petites solutions complémentaires. Il est vraiment nécessaire d’inverser la tendance en profondeur…

La sortie du tout nucléaire en trente ou quarante ans (ndlr : proposition du PS), ce n’est pas la peine puisque nous ne sommes déjà pas dans le tout nucléaire. La question est de savoir si oui ou non on engage un changement de société, où l’on organise la sortie progressive et programmée du nucléaire et que l’on passe à une autre vision de la politique énergétique.

Quant à la question du système bancaire, il n’y a dessus aucune proposition des socialistes. Le sujet du revenu minimum est abordé mais uniquement dans les entreprises où l’État a des participations. Nous, nous pensons aller vers un revenu minimum et maximum par un système fiscal adapté, qui concernerait tout le monde. Ce n’est pas une attaque, c’est un constat et cela peut aussi être un regret. En tout cas, cela rend notre détermination à construire un projet écologiste global et assumé encore plus grand. Nous avons plus que jamais un rôle à jouer. » 

  • Un rassemblement de la gauche est-il évident au second tour de la Présidentielle 2012 ?     

« Nous sommes absolument convaincus de la nécessité de battre Nicolas Sarkozy. Il suffit d’entendre les déclarations devenues désormais pathologiques de Claude Guéant sur la question des musulmans (Lire ici l’article de 20minutes.fr sur le sujet) pour se dire qu’il y a urgence. Par ailleurs, nous nous souvenons de ce qui s’est appelé La Gauche plurielle et de sa fin le 21 avril 2002… Nous sommes convaincus qu’il faut envisager les choses très différemment. Après Fukushima, nous ne pouvons pas imaginer que des écologistes participent à un gouvernement qui n’aurait pas comme horizon de construire un autre modèle et de ne pas préserver notre continent de la menace d’une catastrophe nucléaire.

De toute façon, nous allons engager – discrètement – les discussions sur ces questions dans les jours qui viennent. Elles auront lieu avec tous nos partenaires potentiels et non pas en tête-à-tête. Elles seront doublées d’une discussion sur la représentation parlementaire : nous sommes dans un système électoral qui est une exception car il ne permet pas une représentation naturelle de la diversité politique au sein du parlement. » 

  • Pourquoi Cécile Duflot n’est-elle pas candidate aux primaires écologistes ? 

« Pourquoi est-ce si évident que, pour exister dans le champ politique, il faille être candidat à l’élection présidentielle. Nous sommes malades de cette élection dans notre pays. J’ai depuis longtemps choisi d’exercer un rôle qui est important pour moi : celui de secrétaire nationale. Je ne l’exercerai pas à vie car c’est à la fois exaltant et usant. Mais je pense que dans la période qui s’ouvre, c’est là où je peux être le plus utile au collectif. Souvent, on utilise cette formule du sens du collectif et moi, tout bien réfléchi, je me l’applique à moi-même. N’essayez pas de chercher la grosse méga stratégie que j’ai : c’est vraiment aussi simple que cela. » 

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