Archive | 19 Mai 2020

Pourquoi les femmes enceintes ont-elles envie de fraises ?

La légende veut que les femmes enceintes se retrouvent soudainement sous l’emprise d’une drogue puissante : la fraise. Une addiction en réalité loin d’être la seule, et que la science est parvenue à expliquer.

« Chérie, t’es enceinte ? » C’est la question que bon nombre de futurs pères de famille ont sans doute un jour posé à leur compagne prise la main dans le sac – ou plutôt dans la barquette – en pleine orgie fragiforme… Neuf mois avant la date de l’heureux évènement, les femmes enceintes entament en effet bien souvent un régime un peu particulier : une monodiète à base de fraises.

En coulis, en confiture ou sous sa forme brute, dans l’esprit des futures mamans, le faux-fruit est partout. Une véritable drogue, une envie irrépressible, un trouble obsessionnel… accompagné parfois d’un soupçon de chantilly ! C’est d’ailleurs en réalité bien souvent cette dernière qui prend le dessus. La légendaire fraise qui obnubilerait tant les femmes enceintes est – pour dire vrai – loin d’être le seul objet de leurs compulsions alimentaires. Quelle qu’en soit la forme, le sucre et les calories les attirent en général de manière incontrôlable.

Les hormones chamboulées

La grossesse induit en effet un profond bouleversement hormonal dans l’organisme féminin. À la clé : une potentielle hyperphagie (manger en trop grandes quantités) et des changements radicaux dans les habitudes alimentaires de la future maman, « qui peuvent être induites par les hormones sexuelles [appelées] œstrogène et progestérone, qui augmentent durant la grossesse »expliquent dans une publication des scientifiques néerlandais.

La principale responsable de la quasi-boulimie vécue temporairement par les femmes enceintes n’est autre que la progestérone. L’hormone induit en effet un mécanisme digne de l’instinct de survie, qui, en augmentant les apports alimentaires, assure une croissance et un développement optimaux du fœtus, puis du bébé. « La mère doit apporter des nutriments au fœtus sans mettre à mal son propre approvisionnement. De plus, elle doit établir un équilibre énergétique positif pendant la grossesse en prévision de la demande en énergie durant la lactation », précisent les scientifiques.

Les œstrogènes, en revanche, ont l’effet complètement inverse, capables qu’ils sont de couper l’appétit de la plus gourmande des femmes enceintes. « Cela se manifeste par exemple par le fait que les apports alimentaires changent au cours du cycle menstruel avec la variation des hormones sexuelles », illustrent les chercheurs.

Pourquoi l’humidité fait-elle boucler les cheveux ?

Combien de fois vous êtes-vous énervé parce qu’en sortant de chez le coiffeur, quelques gouttes de pluie ruinaient votre superbe brushing ? Ce n’est plus un secret, dès qu’il y a un peu d’humidité, les cheveux réagissent au quart de tour, en se bouclant. Mais pourquoi ?

Pas besoin de consulter la météo pour connaître le taux d’humidité dans l’air. Il vous suffit de regarder vos cheveux. En effet, le cheveu humain est très réactif à l’humidité, comme l’explique le Smithsonian Mag. Plusieurs hygromètres, appareils de mesure de l’humidité, utilisent même un cheveu en guise de mécanisme de mesure et pour cause : sa longueur varie fortement en fonction de l’humidité ambiante.

D’après les spécialistes, l’allongement du cheveu est ainsi de l’ordre de 2% lorsque l’humidité relative varie de 0 à 100%. Mais concrètement, si les cheveux raides se contentent de vaguement onduler, c’est plutôt l’enfer pour les cheveux bouclés. L’humidité les transforme en une masse frisée incontrôlable. Pourquoi l’humidité a-t-elle un tel effet sur la chevelure humaine ?

Une structure chimique particulière

Pour le comprendre, il faut revenir sur la structure chimique du cheveu humain. Cette dernière le rend particulièrement sensible au taux d’hydrogène présent dans l’air, qui est directement relié à l’humidité. La majeure partie de la structure d’un cheveu est composée de longues protéines de kératine. Or, celles-ci peuvent être rattachées entre elles de deux manières différentes.

Deux brins de kératine peuvent former un pont appelé « disulfide », dans lequel deux atomes de soufre sont réunis par une liaison. Le nombre et l’emplacement de ces ponts disulfide donnent alors aux cheveux leur forme. Mais ils leur donnent aussi leur force. Permanents, les ponts disulfide ne sont pas affectés par l’humidité. En revanche, la liaison hydrogène, formée entre plusieurs protéines de kératine voisines, est elle beaucoup plus faible et temporaire.

En effet, les ponts hydrogène se cassent et se créent dès que vos cheveux sont mouillés puis sèchent à nouveau. Plus précisément, les ponts hydrogène se forment lorsque des molécules de kératine proches créent chacune une attraction avec une molécule d’eau (H2O), autrement dit un atome d’hydrogène de la kératine se rapproche d’un atome de l’eau (d’où le nom de « pont » ou « liaison » hydrogène). Lorsque deux molécules de kératine se rapprochent d’une même molécule d’eau, indirectement, elles se réunissent.

C’est donc parce que l’air humide est plus chargé en molécules d’eau que l’air sec, qu’un cheveu forme de nombreuses liaisons hydrogène lorsqu’il pleut. Lorsque de nombreux ponts sont formés entre les molécules de kératine, à l’intérieur d’une mèche, les cheveux ont alors tendance à se replier plus rapidement sur eux-mêmes au niveau moléculaire.

Une réaction en chaîne

Concrètement, le résultat sur vos cheveux de ce changement de structure est assez rapide. Les cheveux bouclés deviennent encore plus bouclés, voire carrément frisés, à cause de l’humidité. Si vous séchez et raidissez vos cheveux, un jour de grand soleil, ils resteront ainsi. En revanche, en cas d’averse, les molécules d’eau seront absorbés sans interruption par vos cheveux et incorporés dans les ponts hydrogènes. Résultat, les frisottis seront de sortie.

Contrôler les boucles et les cheveux frisés est d’ailleurs devenu le challenge des grandes marques de shampoings, après-shampoings, masques ou soins pour les cheveux. Ces soins promettent, pour la plupart, des cheveux lisses, même en cas d’humidité. Les frisottis sont ainsi devenus une industrie géante, car l’humidité a un effet sur toutes les chevelures, peu importe leur texture et leur forme. Même si la sensibilité varie. Par exemple, les cheveux blonds réagissent plus à l’humidité que les cheveux bruns.