SJean-Pierre Marielle est mort : l’acteur a succombé, sa femme Agathe en deuil

Jean-Pierre Marielle et sa femme Agathe Natanson - Soirée pour les 12 ans de l'Atelier du Maître Albert à Paris, le 30 mars 2015.

L’acteur Jean-Pierre Marielle, qui avait fêté ses 87 ans le 12 avril 2019, s’est éteint. Sa femme Agathe, qu’il avait épousée en quatrièmes noces en 2003 et auprès de laquelle il apparaissait tendrement en public, a annoncé la mort de ce comédien iconique et charismatique du paysage artistique français, emporté par la maladie.

Jean-Pierre Marielle est mort. Géant du cinéma et du théâtre à la bonhomie, à la malice et à la gouaille délicieuses, l’acteur s’est éteint le 24 avril 2019 à l’âge de 87 ans, qu’il avait atteint douze jours plus tôt. L’oeil qui frise, le sourire qui cajole, la voix qui enveloppe, le flegme qui pénètre et le mètre 85 qui en impose ont quitté la scène, dans une révérence en toute discrétion révélée avec affliction par la dernière épouse du comédien, Agathe Natanson (72 ans).

« Agathe Marielle a la tristesse d’annoncer que son mari, l’acteur Jean-Pierre Marielle, s’est éteint le 24 avril à 16h24, à l’hôpital des Quatre Villes à Saint-Cloud des suites d’une longue maladie. Les obsèques se dérouleront dans la plus stricte intimité« , a fait savoir l’actrice, qui avait amoureusement partagé les planches avec lui en 2014 pour un jubilé à deux dans Love Letters au Théâtre Antoine. Marielle, 60 ans de théâtre – et un Molière,en 1994 – derrière lui depuis le Conservatoire de Paris (où il s’était lié à vie avec ses compères Jean Rochefort, Jean-Paul Belmondo et Annie Girardot), n’avait alors plus joué depuis 2010, mais avait trouvé une bonne raison de s’y remettre : « La seule chose qui me plaise dans tout cela, c’est d’être sur scène avec ma femme !« , clamait-il à l’époque, avec sa verve tonitruante, onze ans après leurs noces florentines. Depuis, on avait brièvement retrouvé l’inoubliable « M. de Sainte Colombe » (Tous les matins du monde d’Alain Corneau, 1991) dans le film Une heure de tranquillité de Patrice Leconte (2014) et devant la caméra de Josée Dayan dans le feuilleton à succès Capitaine Marleau (2016). L’une de ses dernières apparitions publiques, avec Agathe à ses côtés comme bien souvent, avait eu lieu il y a maintenant deux ans, en mars 2017, à l’occasion du gala Enfance Majuscule. Jean-Pierre Marielle était par ailleurs père d’un garçon issu de son second mariage (avec Catherine-Françoise Burette), François-Arthur.

Fils d’un industriel, Georges Marielle, et d’une couturière, Josette Coulbois, Jean-Pierre Marielle s’était passionné très tôt pour le théâtre et avait intégré le Conservatoire de la rue Blanche après ses années lycée. De la fameuse « bande du Conservatoire » qui se forma à l’époque, il ne reste aujourd’hui plus, après le décès de Bruno Cremer (2010), Annie Girardot (2011), Claude Rich (2017) et Jean Rochefort (2017), que quelques représentants (Belmondo, Jean-Pierre Mocky, Pierre Vernier, Françoise Fabian…).

Après des débuts oscillant entre cinéma et cabaret, Jean-Pierre Marielle se révèle dans les années 1960 dans des seconds rôles comiques hauts en couleur, dans Faites sauter la banque et Le Diable par la queue. Un talent comique irrésistible qui continuera à s’exprimer tout au long de sa carrière : Sex-shop (Claude Berri, 1972), La Valise et On aura tout vu (Georges Lautner, 1973 et 1976), Comment réussir quand on est con et pleurnichard (Michel Audiard, 1974), Cause toujours… tu m’intéresses ! (Edouard Molinaro, 1979) ou encore, dans les années 1990, le croquignolet Les Grands Ducs, avec ses grands amis Jean Rochefort et Philippe Noiret.

Même si cette facette de son art, bien en phase avec son aura chaleureuse et son humour gourmand, en a fait une figure extrêmement populaire auprès du public, ce sont sans aucun doute ses rôles dramatiques, d’une profondeur parfois bouleversante, qui ont marqué les esprits : Que la fête commence et Coup de torchon (Bertrand Tavernier, 1974 puis 1981), Les Galettes de Pont-Aven (Joël Seria, 1975), Un moment d’égarement (Claude Berri, 1977), Les mois d’avril sont meurtriers (Laurent Heynemann, 1987), Quelques jours avec moi (Claude Sautet, 1988), Tous les matins du monde, Les Âmes grises (Yves Angelo, 2005)… Un travail salué par sept nominations aux César, mais jamais primé. « J’en ai rien à foutre, je ne suis pas un acteur de tombola. L’important, c’est devant la caméra. C’est servir un auteur, en découvrir un nouveau« , asséna-t-il à ce sujet, ne s’éloignant jamais de cette conception de son métier. « Les récompenses, ça ne m’intéresse pas. La seule récompense, c’est quand le public passe un bon moment« , soulignait-il encore en 2014. Celui que le public vit à présent, orphelin d’un tel personnage, est loin d’être le meilleur, mais avec une centaine de films et une aura indélébile en guise de legs, il n’est pas près de l’oublier. Même dans le chagrin, sa voix placidement caverneuse nous parvient, réconfortante…

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.