Le tramway livré à la rentrée 2012
« Nous inaugurerons la première ligne du tramway dijonnais pour la rentrée scolaire de l’année prochaine. Côté calendrier, nous aurons fini la plus grande partie du chantier dès le mois d’avril 2012 et la ville restera en travaux jusqu’au mois de juin » : sur le plateau de l’émission La Voix est Libre, en direct sur France 3 Bourgogne samedi 10 septembre 2011, François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon et président du Grand Dijon, a du susciter un grand « ouf » de soulagement dans les foyers dijonnais, chez qui les embouteillages et autres déviations de circulations commencent à agacer…
Cette première ligne, reliant le parc Valmy et la Toison d’Or à Chenôve (11,5 kilomètres et 21 stations), sera donc ouverte au public le 1er septembre 2012. La seconde – reliant la gare de Dijon à Quetigny – n’entrera en service qu’en décembre 2012, en raison des difficultés d’approvisionnement auprès de l’entreprise Alstom, chargée de la construction des rames. L’entreprise française qui a remporté l’appel d’offres groupé Dijon-Brest métropole océane (CUB) a effectivement livré la première rame de tramway à Brest mercredi 07 septembre 2011 (Lire ici l’article de Ouest-France.fr), mais elle ne pourra fournir celle de Dijon en temps et en heure. Un retard très relatif quand l’on sait que la fin du chantier était initialement annoncée pour septembre 2013, soit un an plus tard…
Et les commerçants dans tout ça ?
Mais ces travaux du tramway ont également leur part d’ombre : l’inquiétude des commerçants quant à l’accès au centre-ville et, en creux, leur chiffre d’affaires en chute libre (Lire ici notre article sur le sujet)… « Vous êtes toujours dans l’inquiétude ? Jamais dans l’espoir, la confiance, la modification de la ville ? On ne rencontre peut-être pas les mêmes personnes… Oui, des commerçants sont en difficulté, comme dans toutes les villes où l’on construit un tram. Nous les indemnisons. Et je pense à eux », balaie François Rebsamen.
L’extension du centre commercial de la Toison d’Or de plus de 10.000 m², soit 1/5 de la surface commerciale du centre-ville, ne risque-t-elle pas de porter un coup fatal aux commerces de Dijon intra muros (Lire ici notre article sur le sujet) ? « Mon prédécesseur (ndlr : Robert Poujade) avait prévu et signé les extensions possibles, notamment avec l’arrivée de la Lino. J’ai été saisi plusieurs fois de grands dossiers d’extension : 30.000 m², j’ai dit non ; 20.000 m², j’ai dit non. Ils sont revenus avec un projet de 10.200 m² : il est passé devant une commission départementale qui a voté pour à une large majorité. Et pensez-vous vraiment que cette extension va nuire au commerce de centre-ville ? Je ne crois pas. Il y aura le tram, la piétonnisation, et nous avons fait les choses bien pour qu’il y ait d’abord l’ouverture et la piétonnisation du centre-ville, avant l’extension de la Toison d’Or », commente le premier édile de la ville. Et de conclure : »Il faut également se poser la question du pouvoir d’achat, qui explique pourquoi le commerce décline. Et puis le commerce est une activité économique comme les autres : les bons vont bien et les mauvais vont moins bien. Pour ma part, je ne vais pas arrêter d’agir à cause de pétitions ! J’ai reçu le mandat des Dijonnais lors de la dernière élection municipale en 2008. J’ai présenté mes projets et j’ai fait 56% avec mon équipe : je pense que je suis validé dans mon programme ».
L’endettement, épine dans le pied de la mairie…
Lundi 27 juin 2011, le conseil municipal de la Ville de Dijon abordait la question des comptes de la mairie. L’encours total de la dette s’élevait alors à 229,9 millions d’euros (Lire ici notre article sur le sujet), soit près de dix millions d’euros supplémentaires par rapport à l’arrivée de François Rebsamen à la mairie, en 2001. « C’est un regret d’avoir trouvé une ville avec un tel niveau d’endettement. Il y avait 100 millions d’euros d’endettement en 1988 et quand Robert Poujade a quitté la mairie en 2001, la dette s’élevait à 220 millions d’euros. Il est aujourd’hui de 230 millions d’euros, alors même que nous avons fait 400 millions d’euros d’investissements entre temps », justifie François Rebsamen. A noter que l’actuel maire avait pris comme engagement, lors de sa campagne, d’avoir en fin de mandat un endettement inférieur à celui constaté lors de sa réélection en 2008 – 232,243 millions d’euros en 2006 selon la Chambre régionale des comptes de Bourgogne.
Et les emprunts toxiques, particulièrement surveillés depuis le début de la crise financière en 2008 ? « Nous avons trois emprunts toxiques pour un montant de 16% de notre dette. L’un est sécurisé jusqu’en 2018, un autre jusqu’en 2013 et le troisième jusque la fin de l’année 2011. Nous les surveillons et aujourd’hui, il n’y a pas de menace sur le montant d’emprunt », constate François Rebsamen.
Les impôts vont-ils augmenter ?
La question avait été posée par plusieurs lecteurs de dijOnscOpe avant l’émission La Voix est libre (Lire ici toutes les questions), dont la seconde partie était consacrée à des interrogations de Dijonnais : face au train d’investissements menés par la Ville de Dijon et le Grand Dijon, les impôts vont-ils augmenter ? Réponse de François Rebsamen : « C’est assez simple : les impôts locaux de la ville de Dijon n’augmentent pas plus que l’inflation. C’est un objectif que nous nous sommes fixés et on le tient. L’an prochain, et j’en prend l’engagement, si l’inflation est de 2%, les impôts n’augmenteront pas de plus de 2%. Quant au tramway, il est financé par une taxe dont bénéficient toutes les villes : le versement transport, qui rapporte environ 50 millions d’euros chaque année à l’agglomération, destinés à financer les grands travaux d’investissement ».
Focus sur le dossier des Tanneries
Autre sujet chaud de l’été : la relocalisation future de l’Espace autogéré des Tanneries, installé depuis 1998 dans les anciens abattoirs du boulevard de Chicago à Dijon. Rappelons que le secteur des abattoirs va en effet se métamorphoser dans les mois à venir avec la construction d’une nouvelle entrée de ville pour Dijon, le « Jardin des Maraîchers » (Lire ici notre article sur le sujet)… Pendant l’été, les négociations ont donc battu leur plein avec les squatteurs des Tanneries, qui confiaient à dijOnscOpe « n’être pas fermés ni jusqu’au-boutiste dans un attachement aux murs », tout en précisant qu’il fallait que « le nouveau projet vaille le coup : pour l’instant, la mairie nous propose un bail qui peut être remis en cause et une clause nous demande de prendre une licence d’entrepreneur du spectacle alors que nous ne fonctionnons pas comme ça… » (Lire ici notre article sur le sujet).
Lors de l’émission du samedi 10 septembre, questionné par dijOnscOpe, François Rebsamen a tenu à faire le point sur ce sujet. « Tout d’abord, contrairement à ce que j’entends, la Ville ne donne pas un million d’euros pour loger des squatteurs. Ils ne sont d’ailleurs plus squatteurs puisqu’ils ont un bail : nous les avons régularisés. Ils paient leurs dépenses d’électricité, leurs charges bref, ils ne sont pas logés aux frais de la ville ». Et de poursuivre : « Sur le site des anciens abattoirs, ils ont créé un salle de spectacle. Cela participe d’une culture underground, une nouvelle forme de culture urbaine, et je me dois de prendre en compte toutes les formes d’expression culturelle qui existent. Nous allons donc reconstruire une salle de spectacle à l’identique de celle dont ils disposent aujourd’hui, dans un entrepôt situé à côté du futur dépôt de tram. Mais ce n’est pas la ville qui va financer ça, c’est l’opération immobilière « Eco-cité des Maraîchers », qui remplacera les anciens abattoirs par une belle entrée de ville. La relocalisation des Tanneries sera comprise dans le coût de l’éco-cité des Maraîchers ».
La primaire socialiste : visions et divisions
Entre querelles internes et messages rassembleurs, la primaire socialiste a également fait parler d’elle sur le plateau de La Voix est libre… D’autant que François Rebsamen sera en charge de l’animation des réseaux et des élus pour la campagne de François Hollande (Lire ici notre article sur le sujet). Les sorties de Ségolène Royal fustigeant Martine Aubry et François Hollande ? « Ségolène Royal a fait une faute et elle va le payer dans les sondages. Tout ce qui est dit aujourd’hui servira contre notre candidat demain. Nous avions déjà vécu ça dans l’autre sens avec Ségolène Royal en 2007 et je pense qu’elle a fait une erreur », commente François Rebsamen.
DSK, Guérini… Les scandales judiciaires de l’été 2011 donneront-ils aux Français l’envie d’aller aux urnes pour voter lors de la primaire socialiste, les 09 et 16 octobre 2011 ? « Pour Guérini, il s’agit d’une histoire personnelle, pour laquelle il faudra laisser la justice faire son travail. Il s’est mis en congé du Parti socialiste et ne présidera plus le conseil général des Bouches-du-Rhône : dont acte », souligne le sénateur-maire de Dijon. Et de continuer, au sujet de Dominique Strauss-Kahn : « Je ne crois pas que DSK puisse encore parler au nom du PS. Il a d’abord à se reconstruire lui-même et à s’expliquer face aux Français. Aujourd’hui il peut parler à titre personnel mais pas au nom du Parti socialiste. S’il se prononce pour le camp Hollande ? Je ne crois pas que DSK, aujourd’hui, soit en mesure de se prononcer pour qui que ce soit ». Dans toutes les mémoires, le scénario du congrès de Reims de 2008 reste celui du soupçon de bourrage de urnes par la candidate Martine Aubry… « Nous ne craignons pas que ce scénario se reproduise et c’est pour cela, d’ailleurs, que nous avons choisi le principe des primaires. Si plus d’un million de personnes viennent choisir notre candidat, il n’y aura pas de soupçons. Et j’espère que François Hollande sera élu très largement », conclut le premier édile de la ville…