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Le 11 septembre 2001, 2.753 personnes décédaient à New York où deux avions de ligne détournés s’étaient écrasés contre les tours jumelles du World Trade Center. Au Pentagone à Washington et en Pennsylvanie, deux attaques semblables avaient porté le bilan total à quelque 3.000 morts… Alors que l’Amérique s’apprête à commémorer le dixième anniversaire de ces attentats, l’heure du bilan a sonné : quel a été l’impact de ce jour resté gravé dans toutes les mémoires ?
11/09/2001 : Conversations dans un avion
Jeudi 08 septembre, le New York Times révélait les enregistrements des dialogues tragiques du personnel de bord du vol 11 d’American Airlines condamné à s’écraser sur la tour nord du World Trade Center. « Des extraits de ces enregistrements audio avaient déjà circulé mais le document diffusé par la Rutgers Law Review, une université du New Jersey, offre tous les détails de cette matinée », note Cyberpres.ca, qui retranscrit ces enregistrements : « Dans un extrait, on entend un aiguilleur faire allusion à un incendie au World Trade Center. « Et c’est l’endroit, euh, où on a perdu la trace de l’avion », ajoute-t-il, incrédule. Au même moment, on entend un autre pilote non identifié demander : « Quelqu’un sait ce qu’est cette fumée dans le bas de Manhattan ? ». À la tour de contrôle de Boston, d’où sont partis les deux avions détournés vers New York, un aiguilleur demande : « Nous avons un problème, là, nous avons un avion qui a été détourné et qui se dirige vers New… New York, et nous avons besoin de vous, nous avons besoin d’un F-16 ou de quelque chose d’autre pour nous sortir de là ». La réponse révèle l’incrédulité la plus totale face aux événements : « On est dans la vraie vie là ou dans une simulation ? » (Lire ici l’article).
Complot, conspiration, mensonges…
Malgré cela, l’idée que ces attentats soient le fruit d’une conspiration germent toujours dans de nombreux esprits, comme le relève RTL.com : « Au mépris d’innombrables enquêtes officielles, indépendantes ou journalistiques et bien souvent du simple bon sens, ces théories veulent que des agents américains voire israéliens – le complot « judéo-maçonnique » n’est jamais bien loin – aient disposé à l’avance des explosifs dans les tours du World Trade Center et au Pentagone, avant que ne frappent les avions du commando islamiste. D’autres suggèrent que même si l’administration de George W. Bush n’a pas ordonné la mort de ses propres citoyens, elle n’a rien fait pour empêcher les attentats alors qu’elle savait tout de leur préparation. Objectif : déclencher des guerres et réprimer les libertés publiques aux Etats-Unis. Ces différentes théories ont leur adeptes : en 2006, un sondage Scripps Howard révélait que 36% des Américains croyaient à un complot organisé au sommet de l’Etat fédéral ».
Et de noter : « Elles font florès dans le monde musulman et ailleurs, notamment en France, où L’effroyable imposture, de Thierry Meyssan publié peu après les attentats, s’est vendu à 200.000 exemplaires. Loose Change un documentaire indépendant, a été vu 125 millions de fois sur Google et 30 millions sur YouTube, selon son réalisateur Dylan Avery. Ce film résume les différentes théories qui vont à l’encontre de la version officielle des faits : les tours jumelles de New York n’ont pu s’effondrer du seul impact d’un avion de ligne ; l’évolution de Wall Street avant les attentats montrent que certains courtiers avaient été avertis ; c’est un missile de l’armée américaine, pas un avion, qui s’est abattu sur le Pentagone ; le vol 93 d’United Airlines ne s’est pas écrasé en Pennsylvanie, il a été abattu en vol » (Lire ici l’article).
L’axe du « bien » contre celui du « mal »
Au contraire, d’autres ont pris ces attaques particulièrement à coeur… Un article du NouvelObs.com dresse le portrait de différentes personnes que le 11 septembre 2001 a changé à jamais : « Ils ont déménagé, quitté leur emploi, créé des fondations… Profondément marqués par les attentats du 11 septembre 2001, des Américains ont choisi de changer le cours de leur vie après la tragédie, même s’ils n’ont pas été touchés dans leur chair par les attaques contre le World Trade Center et le Pentagone. Avant le 11-Septembre, Nicholas Mercurio, alors lycéen à Providence, dans le Rhode Island (nord-est), voulait être chirurgien cardiologue et espérait intégrer l’université de Harvard ou celle de Columbia. Mais après les attentats, il a changé ses plans. « J’ai éprouvé le besoin de servir », explique-t-il. Agé de 16 ans, il ne connaissait aucune des victimes des attentats, mais après avoir parlé avec ses parents et son grand-père, ancien combattant de la Seconde guerre mondiale, il a décidé d’envoyer sa candidature à trois académies militaires » (Lire ici l’article).
Selon Le Monde.fr, tout un pays – les États-Unis – a été « emporté par la solidarité avec son gouvernement : « L’administration Bush ne se contente pas de fabriquer un ennemi idéologique uniforme en réalité inexistant – l’alliance entre Al-Qaida et Saddam Hussein –, elle ment pour mieux accréditer son invention. Tout un pays, emporté par la solidarité avec son gouvernement en cette période de grande tension, mais aussi avide de certitudes simples, s’engouffre dans la vision binaire que propose alors George W. Bush : « Nous sommes bons », dit le président dans son discours sur l’état de l’Union, le 29 janvier 2002. Les partisans de cette ligne assurent d’ailleurs détenir des preuves irréfutables que Saddam Hussein dispose d’armes de destruction massive. Deux guerres suivront : en Afghanistan puis en Irak, menées sous le sceau d’une nouvelle doctrine, la « guerre préventive », présentée par Condoleezza Rice, conseillère de George W. Bush à la sécurité nationale : il s’agit d’attaquer pour éviter de l’être » (Lire ici l’article extrait du hors-série du Monde La Décennie Ben Laden, en vente en kiosques, 98 p., 7,50 €).
Dix ans plus tard, le site du ministère de la Défense indique que « le dispositif militaire français engagé dans le cadre des opérations en Afghanistan est armé par 4.000 militaires qui opèrent sur le territoire afghan, depuis le Tadjikistan et dans l’océan Indien. La mission en Afghanistan est de : sécuriser les zones placées sous notre responsabilité pour permettre les opérations de développement, de reconstruction, le déploiement des services de l’Etat ; soutenir la montée en puissance de l’armée nationale afghane pour lui permettre de reprendre à son compte les missions de sécurisation » (Consulter ici le dossier).
Le 75e militaire français décédé en Afghanistan était originaire de Haute-Saône
En bientôt une décennie, 75 militaires français ont trouvé la mort en Afghanistan. Le dernier était originaire de Haute-Saône, selon France 3 Bourgogne.fr : « Le lieutenant-parachutiste de 36 ans, Valéry Tholy, touché par un « tir d’insurgé » avait grandi à Pennesières (Haute-Saône). Ses grands-parents et sa mère vivent encore dans cette commune où il était connu et apprécié. Valéry Tholy, intégré au 17ème régiment du génie parachutiste de Montauban, était en mission d’appui à l’armée afghane lorqu’il a été mortellement touché lors d’une opération de fouille de maisons. Plusieurs autres militaires ont été blessés. En 1998, il avait rejoint l’école supérieure et d’application du génie à Angers avant d’être affecté au 31ème régiment du Génie à Castelsarrasin. C’est en 2008 qu’il était arrivé à Montauban avant d’être Promu Lieutenant en 2009. Valéry Tholy a servi en ex-Yougoslavie, en République de Côte d’Ivoire, à Djibouti et en République Centre-Africaine (Lire ici l’article).
Selon Bernard Valéro, porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes, « la France joue pleinement son rôle en Afghanistan » : « De nombreux Français s’interrogent sur l’issue du conflit en Afghanistan, qui oppose le peuple afghan, soutenu par la communauté internationale, aux Talibans. Les Français s’interrogent aussi sur le sens de notre présence militaire dans ce pays, et sur les autres actions que nous y menons. Je crois utile de rappeler quelques faits, essentiels pour comprendre la partie qui se joue dans ce pays et dans laquelle la France a tout son rôle. La coalition internationale est intervenue en Afghanistan en appui des Etats-Unis, frappés par les attentats du 11 septembre 2001. L’alliance forgée entre Al-Qaïda et le régime taliban avait transformé l’Afghanistan en base arrière du terrorisme international. Depuis, des milliers de vies ont été sauvées, partout dans le monde, grâce à cette intervention. La présence, réelle mais résiduelle, d’éléments liés à Al-Qaïda en Afghanistan et dans les zones tribales pakistanaises rappelle que le danger, s’il n’a plus rien à voir avec celui d’il y a dix ans, existe encore. La lutte contre le terrorisme international passe, aujourd’hui encore, par l’Afghanistan, et tel sera le cas encore pendant de longues années. L’Etat afghan a besoin de temps pour prendre la succession de la communauté internationale dans cette lutte. Le transfert aux forces afghanes, des tâches menées jusque là par la coalition internationale , a commencé cette année. Ce transfert devrait se conclure, et cette période de transition devrait s’achever, en 2014. » (Lire ici le communiqué).
Nouvelle menace d’attentat
Tandis que plusieurs médias américains annonçaient jeudi 08 septembre qu’une nouvelle menace d’attentat viserait New York ou Washington (Lire ici l’article de Canoe.ca sur le sujet), le président des États-Unis, Barack Obama, a rédigé un message publié dans plusieurs journaux internationaux, dans lequel il se félicite d’avoir « déjoué des complots d’Al-Qaïda, éliminé Oussama Ben Laden et une bonne partie des cadres de son organisation, et placé Al-Qaïda sur la voie de la défaite. (…) En tant que communauté internationale, nous avons clairement montré que les terroristes ne faisaient pas le poids face à la force et à la capacité de récupération de nos citoyens. J’ai fait clairement savoir que les États-Unis n’étaient pas, et ne seraient jamais, en guerre contre l’islam » (Lire ici l’article du Monde.fr).
Islamophobie : avant/après
Et pourtant… Selon France-info.com, « Aux États-Unis, la communauté musulmane est formelle. Il y a eu un avant et un après-11-Septembre. La France, en revanche, n’a pas attendu la destruction des tours pour regarder de travers les musulmans. Mais le 11-Septembre a fonctionné comme un « accélérateur d’islamophobie », selon la formule d’Olivier Bobineau, sociologue des religions. (…) Aux USA, les préjugés battent leur plein. La relative bienveillance américaine à l’égard de l’Islam avant le 11-Septembre, a viré après les attentats en une méfiance manifeste. Au point de devoir lancer ces derniers mois une campagne intitulé My fellow American, pour tenter de changer le regard des Américains sur les musulmans (Lire ici l’article).
En France, Alain Gresh, rédacteur en chef du Monde diplomatique, publiait en mars 2004 une pertinente analyse, À propos de l’islamophobie, plaidoyer en faveur d’un concept controversé : « Il faut revenir un moment sur les origines du mot islamophobie. Une recherche sur la base du Monde indique que ce quotidien a utilisé deux fois le terme entre le 1er janvier 1987 et le 10 septembre 2001, l’une en 1994, l’autre en février 2001. Soheib Bencheikh, souvent présenté comme le porte-parole d’un islam libéral, l’utilise comme titre de chapitre dans Marianne et le Prophète ; il écrit que l’islam suscite en France « un sentiment de rejet quasi unanime, implicite dans les discours, et assez catégorique dans l’imaginaire collectif des Français ». Si on consulte la base du Monde diplomatique avant 11 septembre 2001, le terme est utilisé deux fois : l’une dans un reportage sur Marseille (juillet 1997), qui reprend des citations de Soheib Bencheikh et l’autre par Tariq Ramadan (avril 1998), qui cite l’étude commandée en Grande-Bretagne par le Runnymede Trust en 1997, dirigée par le professeur Gordon Conway, Islamophobia : Fact Not Fiction, octobre 1997. (…) Quoiqu’il en soit, le terme « islampohobie », utilisé très ponctuellement jusqu’au 11 septembre 2001, est devenu d’usage courant, non seulement en France mais aussi aux Etats-Unis et dans tous les pays européens. Il semble donc répondre à une conjoncture nouvelle » (Lire ici l’article).
Selon LCI.fr, « pour éviter toute nouvelle polémique sur la présence ou non de tel ou tel leader religieux, le maire de New York, Michael Bloomberg, a fait un choix radical : aucun n’est invité ce dimanche à Ground Zero et il n’y aura pas de prière. « La cérémonie a été planifiée en coordination avec les familles des victimes. Elle comprendra un mélange de lectures spirituelles, historiques et personnelles », explique la mairie de New York » (Lire ici l’article).