Transport : Les grandes manœuvres vont reprendre
Le réseau Divia fait grise mine. Durant le conseil de communauté du Grand Dijon, un bilan du réseau de bus a été présenté : 36,612 millions de voyageurs ont emprunté les lignes, soit une baisse de 2,6% par rapport à 2009 alors que l’offre kilométrique a progressé de 1,6% en raison des douze journées de grève et des cinq journées de neige ! Les travaux du tramway n’auraient ainsi impacté que la vitesse commerciale alors que les recettes ne couvrent que 20% des dépenses. Une situation qui devrait tout de même s’améliorer en mai/juin 2012 avec la présentation du nouveau réseau : « Après avoir fait la promotion des bus au gaz, nous allons acquérir cent deux bus hybrides qui ont l’avantage de ne pas faire de bruit au centre-ville, car ils sont électriques de 0 à 30 km/h », explique le président, François Rebsamen.
Pour réduire les coûts, le Grand Dijon va profiter d’une nouvelle disposition du Grenelle de l’environnement. En effet, par arrêté préfectoral du 02 mai 2011, la Ville de Dijon a été classée commune touristique. Elle peut donc à ce titre majorer de 0,2% le versement transport : « On a porté notre versement à 2% contre 1,8% actuellement, ce qui n’aura pas une incidence particulière pour les entreprises cette année, car l’entrée en application se fera au 1er octobre 2011 ». En 2008, avec les débuts des travaux du tramway, le Grand Dijon avait porté son versement transport de 1 à 1,8%, ce qui avait créé l’émoi dans le monde économique : « J’avais eu à l’époque, une discussion avec Pascal Gautheron [ndlr : président du Medef Côte-d’Or], parce que nous n’avons pas fait comme Bordeaux, qui a augmenté par palliers de 0,2% pour atteindre les 1,8% au moment du début des travaux. Nous, nous sommes passés d’un seul coup au créneau supérieur, ce qui nous a fait perdre de l’argent. Nous n’avions pas fait de communication particulière, mais aujourd’hui je pense que les entreprises de travaux publics entre autres sont contentes des travaux ».
Cette décision permettrait de générer un produit fiscal annuel supplémentaire de 5,1 millions d’euros environ alors même que la participation du budget principal du Grand Dijon au budget annexe des transports s’établit à 20,5 millions d’euros. Et, si la fraude a augmenté durant l’année 2010, « sans doute en réaction face à la dégradation de la qualité de service », le ticket devrait prendre 20 centimes à l’arrivée du tram. Alors que la hausse annoncée était de 30 centimes dans un premier temps, elle a été revue à la baisse selon François Rebsamen : « Nous avons aujourd’hui un des prix les moins élevés de toutes les villes françaises et nous allons rester dans les cinq villes les moins chères de France ». En raison de l’uniformisation de la billettique, un supplément sera demandé dans certains cas pour acquérir la carte magnétique, « de 30 ou 40 centimes ». « Les principes seront arrêtés dans les prochains mois », poursuit le maire qui ajoute qu’en aucun cas, les tarifs avoisineront les 1,60 ou 1,70 euro. « Dans ce nouveau réseau – le dernier -, conclut-il, il y aura du tramway, du bus soit 400.000 kilomètres supplémentaires qui seront desservis par les transports collectifs ».
Le compte administratif est bouclé
« Les dépenses d’investissement sont à une hauteur inégalée », souligne dès le début de sa conférence de presse, le président du Grand Dijon, François Rebsamen. Avec 145,8 millions d’euros investis en 2010, le chiffre est en hausse de 69,2% par rapport à 2009. Le résultat disponible est de 12,6 millions d’euros – dont 5,9 millions sur le budget principal et 3,9 millions sur le budget annexe des transports. Mais, pour éviter d’augmenter les impôts ménages qui reviennent désormais aux communautés de communes et d’agglomérations (Lire notre article ici), 2,4 ont été prélevés sur cet excédent avec l’accord des membres du conseil de communauté. En effet, les pertes estimées suite à la suppression de la taxe professionnelle à la compensation relais est de 3,5 millions d’euros : « l’État nous avait dit qu’on allait toucher une augmentation de l’ordre de 20% de la part de la taxe professionnelle puisque nous avons un nouvel impôt dynamique qui s’appelle la cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE). Or cette cotisation est impossible à calculer par Bercy, car les comptes des entreprises sont soldés fin avril et elles jouent en affectant leur valeur ajoutée soit au siège soit ailleurs et donc la répartir par entreprises, filiales est impossible ».
Pour faire face à ce manque à gagner, plusieurs choix se présentaient : augmenter les impôts de 9% donc ou bien réduire la part du versement de la dotation de solidarité communautaire. Face à la bronca, des économies ont été faites sur le fonctionnement réduisant à 5% la possible hausse des impôts ménages. « Nous avons décidé d’augmenter de 0,4% la part départementale des impôts ménages mais nous avons aussi ponctionné une partie de l’excédent de notre compte administratif. Mais, nous ne pouvons pas nous permettre de ponctionner chaque année sur notre compte pour éviter les hausses d’impôts ». Mathilde Tournier, en charge des questions financières d’ajouter : « L’année 2010 est une année relais. Pour l’instant nous percevons les mêmes montants que l’année dernière c’est-à-dire une perte de 3,5 millions rien qu’en 2010 ».
De fait, des 5,6 millions d’excédent sur le budget principal, 2,4 millions sont affectés à la couverture d’un déficit de recette en évitant une hausse d’impôt. « Il y a peu d’opérations significatives sur le budget principal poursuit Mathilde Tournier, ce qui fait que l’on préserve le solde de l’excédent pour diminuer le besoin d’emprunt ». Et, face à l’accélération des travaux du tramway, l’essentiel du supplément du budget annexe des transports est affecté au financement des travaux. L’encours de la dette au 31 décembre 2010 s’élève à 174,5 millions d’euros contre 125,3 millions à la fin 2009, mais la capacité de désendettement reste maitrisée : elle s’établit à quatre ans tous les budgets confondus et à 5,8 ans pour le budget principal soit un niveau stable par rapport à 2009.
Le conseil du Grand Dijon en bref…
- Accueil gens du voyage : Une aire à Marsannay-la-Côte
Une petite aire d’accueil des gens du voyage devrait voir le jour à Marsannay-la-Côte, dans l’agglomération sud de Dijon. Un terrain de 5.300 m² a été acquis par la ville au prix de 6€ le m² pour la réalisation de dix à quinze emplacements. Une obligation prévue par le schéma départemental d’accueil des gens du voyage, mais aussi pour une question pratique : En effet, si une commune ne dispose pas de lieu d’accueil, elle ne peut pas demander l’expulsion des voyageurs s’ils s’installent sur une place de la ville ! Une nouvelle aire devrait ouvrir à Saint-Apollinaire quand le maire de la commune, Rémi Delatte soumettra un terrain : « A ce moment-là, j’arrêterai, assure François Rebsamen car nous sommes les seuls à respecter le schéma à part Montbard. Nous n’avons pas vocation à accueillir tous les gens du voyage ».
- 400 places de stationnement gagnées grâce à la fourrière
Sur les tables, les conseillers communautaires ont aussi pu découvrir le rapport annuel d’activité de la fourrière. Ainsi, sur ordre des autorités de police, 1.409 véhicules ont été enlevés pour être mis en fourrière en 2010 – contre 1.425 véhicules en 2009. Le président du Grand Dijon de noter que 400 véhicules ont été détruits : « A Dijon, on s’est aperçu que l’on perdait chaque année 600 places de stationnement, car des voitures étaient abandonnées sur place ! ». Aucun de ces enlèvements ne s’est fait sur le trajet des travaux du tramway.
- Stade Gaston Gérard : Une troisième tribune dès 2012 ?
En accordant 190.000 euros de subvention à la Ville de Dijon pour financer les travaux de mise aux normes du parc municipal des sports Gaston Gérard où évoluera le Dijon football Côte-d’Or pour sa première saison en ligue 1, François Rebsamen a fait le point sur les abonnements en s’avançant sur ce qui pourrait être une bonne nouvelle pour de nombreux supporters : « Il va falloir trouver un accord pour faire les tribunes dès l’année prochaine, car ils en sont à 12.000 abonnements, c’est un véritable engouement. Il n’y a plus de places donc ça va être terrible. Avec un stade de 22.000 places, il serait déjà plein ! »
- Zénith de Dijon : Un impact de 10,737 millions d’euros !
En 2010, pas moins de 75 représentations ont été organisées au zénith de Dijon pour un total de 213.447 spectateurs. Le prix moyen du billet s’établit à 35,90 euros pour une fréquentation par spectacle de 2.846 personnes. L’impact économique estimé et généré par le fonctionnement du zénith sur le territoire local est de 10,737 millions d’euros, un chiffre en hausse de 9% par rapport à 2009.