Cette fois-ci, le sort du cinéma ABC de Dijon – appartenant au Groupe Massu – est scellé : mardi 14 juin 2011, le petit cinéma de quartier donnait en effet sa dernière séance, sa fermeture étant « définitive », selon la direction. L’occasion pour dijOnscOpe de faire le point sur l’avenir de plusieurs lieux mythiques, historiques ou encore populaires de la ville. En effet, que vont devenir les cinémas ABC et Alhambra, la poste Grangier, la maison des Cariatides ou le centre Dauphine ? Éléments de réponse…
- Centre commercial Dauphine
Où ? Rue Bossuet.
Quoi ? Avec ses cinq entrées piétonnes et ses 2.500m² de surface, le centre commercial Dauphine, idéalement placé entre la rue du Bourg et la rue Bossuet, commence à prendre quelques rides. Pourtant, le projet est bien là, d’un coût de 13 millions d’euros avec la promesse de lier le rez-de-chaussée et le premier étage avec un escalator. Un programme qui reste à l’état de projet puisque les commerçants, rassemblés en copropriété, n’arrivent pas à se mettre d’accord sur un financement. « Une réflexion est en effet en court, à laquelle la Ville a été associée mais sans pouvoir de décision au sein de l’assemblée », introduit Nathalie Koenders, adjointe au maire de Dijon, déléguée au commerce, à l’artisanat et au projet « coeur de ville ».
En effet, l’ensemble a été scindé en deux et la Ville de Dijon n’est propriétaire que du parking sous-terrain, les quarante copropriétaires se partageant le reste du bâtiment. Des études de faisabilité ont déjà été réalisées mais « le nerf de la guerre, c’est l’argent », reconnaît l’élue. « La ville de Dijon suit le projet ; je sais qu’il existe des études pour la rénovation du parking mais nous ne pouvons pas nous substituer aux propriétaires ». Une chose est d’ores et déjà assurée : Dijon ne s’engagera pas, financièrement parlant, dans une rénovation hormis sur l’extérieur, c’est-à-dire la voirie : « Nous n’avons pas le droit de mettre de l’argent public dans un projet privé », ajoute l’élue avant de préciser qu’elle n’aura pas de droit de regard quant aux enseignes.
« Si une enseigne souhaite s’installer, nous pourrons l’accompagner mais il faut respecter la liberté d’installation du commerce. Un droit de préemption a été créé : c’est bien sur le papier mais difficile à mettre en place ». Une parade avait été mise en œuvre sur la place de la Libération lors de sa piétonisation : pour éviter l’installation de banques, François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon, a purement et simplement interdit le transport de fonds sur l’écrin qui fait face au palais des Ducs de Bourgogne…
- Poste Grangier
Où ? Place Grangier.
Quoi ? Monument historique, la Poste Grangier est la propriété de Poste Immo, la filière immobilière du groupe qui travaille actuellement au niveau national sur une optimisation de son patrimoine. À Dijon, les locaux occupés par la Poste font des envieux et même le maire de Dijon a manifesté son intérêt pour les lieux : « Il a demandé au groupe de travailler sur une réflexion qui permettrait d’en faire une surface commerciale sur certaines parties », précise Nathalie Koenders. L’idée étant de garder le bureau de poste mais d’optimiser les surfaces à ce jour peut utilisées : « Ces transformations contribueraient au dynamisme du centre ville, poursuit-elle. D’autant plus qu’en 2013, une station de tramway desservira directement la rue des Godrans, rendue aux piétons depuis peu » (Lire ici notre article sur le sujet).
Pourtant, selon l’élue, il n’est pas question de « déshabiller une rue pour en habiller une autre ». L’ambition est d’apporter une nouvelle enseigne et non pas d’en déplacer une. Les commerçants de l’association Dijon je t’aime ont fait part de leur envie de voir se concrétiser le projet, tout comme le maire de Dijon, qui, selon l’adjointe, « suit particulièrement le dossier qui n’est pas simple car la mairie n’en est en rien propriétaire ». À ce jour, aucune enseigne n’aurait été approchée mais la mairie affirme qu’elle sera vigilante afin qu’une enseigne dynamique dans un secteur ne le quitte pas.
- Maison des cariatides
Où ? 28, rue Chaudronnerie.
Quoi ? Construite pour les Pouffier, riches marchands chaudronniers, au début du XVIIe siècle – le décor des atlantes et cariatides étant dans la tradition d’Hugues Sambin -, la Maison des cariatides a été vendue par la mairie de Dijon en 2009. Le projet étant privé, aucune information n’a été transmise quant à celui-ci mais un panneau installé sur la Maison, relatif aux travaux en cours depuis avril 2011, indique le plus important : « Changement d’affectation ; aménagement d’un restaurant »…
- Cinéma ABC
Où ? 7, rue du Chapeau rouge.
Quoi ? Dans un article publié le 02 septembre 2009, dijOnscOpe faisait part des rumeurs qui couraient alors : « Le cinéma l’ABC va fermer ses portes « à terme »… Sylvie du Parc, Directrice de l’établissement, affirmait alors « chercher activement une solution » pour ne pas laisser cet établissement en friche (Lire ici notre article). Un an et demi plus tard, c’est décidé : dans un courrier reçu mardi 14 juin 2011, la direction de l’établissement informe que « le cinéma fermera ses portes définitivement mardi 14 juin 2011, après la dernière séance ». Pour le moment, aucune information relative à la reconversion du lieu n’a été révélée.
- Cinéma Alhambra
Où ? Place de la République.
Quoi ? Fermé en 1978, l’ancien cinéma Alhambra a longtemps été l’objet de toutes les rumeurs quant à son devenir. En janvier 2011, Sylvie Massu du Parc, héritière du lieu mythique, révélait à La Gazette de Côte-d’Or le véritable avenir du lieu : « Une salle de spectacles, un équipement culturel totalement dans l’esprit du music-hall. Un concept assez proche de ce qu’est le Lieu Unique à Nantes. (…) Ce sera pour 2014 » (Lire ici l’article).
