Archive | 22 mars 2013

30 ruches installées en ville : après la moutarde, le miel de Dijon !

Les abeilles s'installent en centre-ville (photo DR)

En voie de disparition en milieu rural, les abeilles se sentent mieux en ville. Dans un souci d’écologie urbaine, la municipalité de Dijon a voté l’installation d’une trentaine de nouvelles ruches en centre-ville.

 

L’installation de ruches dans l’agglomération dijonnaise n’est pas une nouveauté. Des colonies d’abeilles ont déjà élu domicile place Wilson, boulevard Voltaire ou sur le toit de l’hôtel de ville de Chenôve. Les Chenevellières y produisent chaque année trente kilos de miel. Preuve d’une adaptation idéale en milieu urbain. Depuis les années 1980, les apiculteurs français constatent des taux de mortalité importants dans les colonies d’abeilles et la disparition de 30 % de ruchers en France. Monocultures, traitements chimiques, parasites, prédateurs (frelons asiatiques) sont en grande partie responsables de ce déclin. « Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll se bat pour supprimer les pesticides qui tuent ces abeilles » a rappelé François Rebsamen en avant-conseil municipal lundi.

 

Risques limités de piqûres

 

Face à ce constat, plusieurs municipalités ont décidé d’installer des ruches en centre-ville pour protéger ces insectes pollinisateurs et garants de biodiversité. Dijon en fait partie et va renforcer son action en installant une trentaine de nouvelles ruches, soit un total d’au moins un million d’abeilles, sur des bâtiments et dans des parcs. Les lieux proposés ont été sélectionnés selon leur exposition au soleil et au vent, ainsi que pour leur accessibilité. Le parc de la Colombière, le jardin de l’Arquebuse, les toits de l’Auditorium et de la piscine olympique ou encore la caserne de pompiers de Dijon Transvaal constitueront des lieux d’accueil idéaux. L’investissement pour la ville s’élève à 400 euros par ruche peuplée la première année, puis à 330 euros par an et par ruche pour l’entretien et la récolte.

 

Gardiennes de l’environnement

 

Car la récolte annuelle de miel, mise en pots par des apiculteurs, sera remise à la Ville de Dijon. « Nous allons pouvoir produire notre propre miel de qualité » souriait François Rebsamen. L’opposition n’a pas manqué d’ironiser sur le coût du pot de miel. Concernant les risques de piqûre, pas d’inquiétudes selon Philippe Lebond, apiculteur et membre du SAGE (Sauvegarde des abeilles gardiennes de l’environnement) : « Les abeilles ne font que protéger leur ruches dans un rayon d’un mètre. Il ne faut pas les confondre avec les guêpes, qui, elles, peuvent nous attaquer. » Pour conclure, rappelons cette aberration : 50 % du miel consommé en France est importé.