Bourgogne : La fibre optique pour (presque) tous en 2025 !

Avez-vous la fibre ? Peut-être pas encore… Car la Bourgogne est résolument à part dans le déploiement du très haut débit. Si Orange a annoncé vouloir débuter la couverture de l’agglomération de Dijon début 2011, le reste du territoire régional reste encore à la marge. Le conseil régional de Bourgogne va donc décliner un plan spécial dans chaque département pour couvrir, d’ici 2025, 90% du territoire de la région…

La fibre pour relancer la bataille des débits

En juin 2009, la région Bourgogne a entamé un premier programme pour réduire la fracture numérique. L’objectif était alors de passer de 60% de Bourguignons connectés à 92% de couverture, soit un gain de plus de 30 % (En savoir plus ici sur le site du conseil régional de Bourgogne). En effet, l’inégalité du territoire à l’accès au haut débit est encore flagrante et la technologie Wimax a été retenue – en obtenant dès 2006 une licence auprès de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes – pour y subvenir. À l’époque, le conseil régional de Bourgogne préparait déjà une seconde étape qui, avec une boucle régionale de fibre optique, permettra d’améliorer encore les taux de couverture, les services rendus et d’offrir le très haut débit. Réalisé sous forme de Délégation de service public (DSP) d’une durée de 10 ans, le réseau a concerné la Côte-d’Or, la Saône-et-Loire et l’Yonne, la Nièvre étant en cours de déploiement.

« Pour ce qui est de la délégation de service public de la région, précise-t-on du côté des services, le déploiement touche à sa fin. Aujourd’hui, nous devrions avoir 122 stations : cent sont construites, neuf restent à positionner définitivement, cinq sont en construction et six qui font l’objet d’emplacement ». Plus de 1.450 abonnés ont été enregistrés en Bourgogne : 300 en Côte-d’Or, 900 en Saône-et-Loire et 250 dans l’Yonne, premier point d’une migration vers le très haut débit. « Le Wimax permet d’atteindre le haut débit, précise-t-on du côté du conseil régional, c’est-à-dire d’un ADSL basique à 512 Kbits à un débit variant entre deux et huit mégabits. Avec un débit avoisinant actuellement les deux mégas, il devrait y avoir sans doute une montée en débit dans les prochains mois. Avec le passage à la fibre optique, nous engageons une sorte de révolution, car nous passons à 50 voir 100 mégabits ».

Des partenariats à la carte

La technologie actuelle n’était donc qu’une étape dans le plan de développement et de déploiement du conseil régional. Ce dernier, mis en place sur plusieurs années, permet de compléter les plans menés par les opérateurs privés sur certaines zones : En Bourgogne, seul France Télécom s’est déjà déclaré pour couvrir une partie du territoire. Ainsi, le 21 octobre 2010, Bruno Janet, directeur des relations avec les collectivités locales de France Télécom, Yves Parfait, directeur du projet « La fibre d’Orange« , Véronique Morlighem, directrice régionale de France Télécom Bourgogne et François Rebsamen, sénateur-maire de la Ville de Dijon, dévoilaient le projet d’implantation de cette technologie permettant un échange d’informations par internet dix fois plus rapidement qu’avec un ADSL classique. Au cours de l’année 2011, une partie des habitants des secteurs Toison-d’Or, Fauconnet, Maladière, Montchapet, Gare, Port-du-Canal, Parc Poussot, Centre-ville nord-est et Montmuzard bénéficieront ainsi de services « très haut débit ».

Si à l’époque, le sénateur-maire de la ville s’était réjoui de cette annonce, il avait aussi noté l’enjeu stratégique qu’un tel investissement représentait. Mais ces initiatives privées ne concernent que les zones urbanisées dites rentables c’est-à-dire les agglomérations de Dijon ou encore de Chalon-sur-Saône, Auxerre et de Nevers. Le rôle de la région serait dès lors de compléter l’effort des communes pour assurer un développement plus équitable de la technologie sur son territoire. « France Télécom a affirmé ne pas vouloir se mobiliser sur le reste du territoire et si aucun opérateur privé n’y va, il va falloir que la puissance publique investisse ». Ceci se fera sous forme de partenariat pour que la région ne supporte pas seule le coût.

90% de la population couverte

Dans la Nièvre, un syndicat a déjà déployé une partie de réseau et l’objectif de la région sera alors de prolonger les voies pour amener ceui-ci jusqu’au domicile. Lors de la dernière session du conseil régional de Bourgogne (Lire notre article ici), Pascal Grappin, maire de Villebichot (21) et conseiller régional UMP, a évoqué la possibilité que le syndicat intercommunal d’électricité de Côte-d’Or (Siceco) se porte maître d’ouvrage en lieu et place d’un conseil général par exemple. « Il y a un consensus entre l’État en région Bourgogne et le conseil régional, poursuit-on du côté des services. C’est de penser que la stratégie de cohérence régionale d’aménagement numérique doit élaborer un réseau avec une pertinence départementale et non pas au niveau d’une agglomération ou d’une communauté de communes ».

L’objectif, d’ici 2017, serait de couvrir 50% de la population et 90% en 2025. Les cartes, qu’elles soient pour une possible expérimentation ou pour financer un projet de déploiement, n’ont pas encore été communiquées car des réunions sont encore en cours entre François Patriat, sénateur et président de la région Bourgogne, Christian Paul, député et conseiller régional et les différents départements pour connaître les positions de chacun. Matériellement et en terme de caractère opérationnel, la Nièvre a cependant un coup d’avance car elle dispose déjà de sa fibre départementale. Si elle décide de se lancer, l’accompagnement sera donc plus rapide…

Un investissement de 880 millions…

À l’échelle du Grand Dijon, la région de ne devrait pas débourser un euro : « Dans le cadre de la déclaration d’intention qui a été signée par France Télécom auprès de l’État, ils se sont engagés à le faire d’ici 2020 », précise-t-on à l’hôtel de région. Pendant les neuf années qui arrivent, un droit d’exclusivité a été donné à l’entreprise privée par l’État mais si au-delà de 2020, la couverture n’est pas assurée, les collectivités ou un autre opérateur prendront le relais. En revanche, à l’échelle de la région, l’investissement global est conséquent : 956.000 lignes seraient nécessaires pour couvrir 90% du territoire. Avec le poids des agglomérations, France Télécom prendrait à sa charge 40% du contrat soit 386.000 lignes et l’initiative publique devrait débourser 880 millions d’euros pour la réalisation de 570.000 lignes.

Des recettes tomberont avec la location du réseau qui permettrait de couvrir 220 millions d’euros abaissant le budget d’investissement à 660 millions d’euros. À ce stade, l’État devrait participer à 35 ou 40% du financement, laissant 440 millions aux collectivités locales. Pour les 10% du reste de la population, le coût d’acheminement de la fibre optique est tel qu’il est préférable de considérer qu’une solution satellitaire, de haut débit, est plus économique ! Pour l’acheminement direct de la fibre au logement – la technologie FTTH permet à chaque abonné de disposer de sa propre fibre de chez lui jusqu’au nœud de raccordement optique (NRO) équipé par son fournisseur d’accès – l’investissement s’élèverait à 75 millions d’euros hors aides de l’État. Un coût relativement faible, dont 35% sera pris en charge par France Télécom, qui permettra d’équiper 50% des habitants de la région…

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