Quelques heures après s’être félicité de la nomination de Christine Lagarde au poste de directrice du Fonds monétaire internationale (FMI), François Sauvadet, président du conseil général de Côte-d’Or et président du groupe Nouveau Centre à l’Assemblée nationale, est entré dans le gouvernement de François Fillon, mercredi 29 juin 2011. Alors qu’on lui prédisait le portefeuille de l’Agriculture, il succède à Georges Tron au poste de ministre de la Fonction publique…
Un remaniement plus important que prévu
Il aura fallu 24 heures à Nicolas Sarkozy pour procéder aux changements dans son gouvernement. Après son dernier conseil des ministres et juste avant son départ pour Washington, où elle occupera désormais le poste de directrice du Fonds monétaire international (FMI), succédant ainsi à Dominique Strauss-Kahn impliqué dans une affaire de mœurs, Christine Lagarde laissait sans occupant son fauteuil à Bercy. Un poste convoité, à en croire le conflit qui a animé une partie de la journée du mercredi 29 juin 2011 : Selon nos confrères de RMC, le communiqué de presse annonçant cette succession était prêt et devait consacrer Bruno Le Maire au poste de ministre de l’Économie et François Sauvadet à l’Agriculture (Lire ici l’article sur RMC.fr). Sauf que… François Baroin aurait menacé de démissionner du gouvernement si une telle perspective était actée !
Les plans du président contrecarrés, il faudra attendre 16h30 pour recevoir le communiqué officiel publié par l’Elysée. Après avoir été pressenti à l’Agriculture et à l’Aménagement du territoire, François Sauvadet, président du conseil général de Côte-d’Or et président du groupe Nouveau centre à l’Assemblée nationale, se retrouve au ministère de la Fonction publique, en remplacement de Georges Tron. François Baroin se voit lui nommé à Bercy et est remplacé au ministère du Budget par Valérie Pécresse. Un remaniement bien plus important qu’attendu.
Le coup est fumant pour Nicolas Sarkozy, qui fait entrer François Sauvadet, mais aussi Jean Léonetti, secrétaire d’État aux Affaires européennes. Si ce dernier, vice-président du Parti radical, s’était éloigné depuis quelques semaines de Jean-Louis Borloo, la position de François Sauvadet est plus délicate. En effet, le député appartenant au groupe Nouveau centre voit son image rattachée à celle d’Hervé Morin, chef du parti et supporter de Jean-Louis Borloo. Il était d’ailleurs présent dimanche 26 juin 2011, à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), lors du lancement de la nouvelle confédération des centres baptisée Alliance républicaine, écologiste et sociale (Ares), aux côté de Rama Yade notamment (En savoir plus ici sur LeMonde.fr).
Des réactions en chaîne…
À 58 ans, le centriste entre pour la première fois au gouvernement. Il devra de fait quitter son poste de député de la quatrième circonscription de Côte-d’or, qui ne sera plus représenté à l’Assemblée nationale en raison de la disparition de son suppléant, Christian Myons. De quoi faire réagir dans le microcosme politique local. Jean-Claude Robert, son opposant au sein de l’assemblée départementale, a d’ailleurs été le premier à dégainer en adressant ses félicitations… juste avant d’entamer à un discours moins consensuel : « C’est une double mauvaise nouvelle pour la Côte-d’Or », écrit-il dans un communiqué de presse reçu mercredi 29 juin. « D’une part, notre département perd un député, et toute une circonscription ne sera plus représentée à l’Assemblée nationale et son président cumule une nouvelle responsabilité et sera donc encore moins disponible pour les Côte-d’Oriens ». Une peur qui se décuple pour le leader des forces de progrès quand il découvre « son intérêt subit et nouveau pour la fonction publique et les fonctionnaires ».
Le sénateur-maire PS de Dijon, François Rebsamen, précise pour sa part que la tâche de François Sauvadet « s’annonce difficile dans un gouvernement qui a fait le choix de ne pas remplacer les fonctionnaires qui partent à la retraite. Il devra assumer les conséquences de la Révision générale des politiques publiques dans l’ensemble des administrations publiques françaises […] Il lui appartiendra de rompre avec les discours de culpabilisation en direction des fonctionnaires dont la seule faute est d’avoir choisi de servir l’État ». François-Xavier Dugourd, chef de file UMP de l’opposition à Dijon, considère pour sa part que cette nomination est une « excellente nouvelle pour le département qui n’avait pas compté de ministre depuis longtemps. Elle est plus que méritée, au sein d’un ministère stratégique à l’heure où notre pays a engagé une réforme de l’Etat et des collectivités locales sans précédent ». Un discours appuyé par le sénateur Alain Houpert qui explique « avoir pu apprécier son sens de l’engagement dans le département et dans la vie en général. C’est un homme combatif dont les talents sont désormais appelés au service du gouvernement de la France ».
Du côté de la mairie UMP de Beaune, Alain Suguenot ne cache pas non plus sa joie : « Les aptitudes personnelles, la grande qualité d’écoute et la compétence reconnue de François Sauvadet sont un capital précieux pour le travail qui l’attend au poste de ministre de la Fonction publique », écrit ainsi le député-maire dans un communiqué reçu en fin de journée. Le sénateur et président PS du conseil régional de Bourgogne, François Patriat espérait en fin de journée « que les dossiers relevant de ses attributions, qui impactent directement les collectivités locales bourguignonnes, recueilleront toute son attention. En premier lieu ceux concernant les conséquences de l’application du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans les services déconcentrés de l’Etat, dans le cadre de la mise en œuvre de la Révision générale des politiques publiques ». François Sauvadet était le dernier centriste disponible. Après avoir quitté l’Union pour la démocratie française (UDF) entre les deux tours de l’élection présidentielle en 2007 pour cause de divergences stratégiques avec François Bayrou, il avait rejoint le Nouveau Centre. Pour combien de temps ?…
