Grand Dijon : Le tramway sur de bons rails !

Événement très symbolique pour le Grand Dijon, la soudure du premier rail du transport en commun en site propre de l’agglomération a été soudé vendredi 11 mars 2011, boulevard Trimolet à Dijon, en présence du gratin politique et économique de la région – près de 300 personnes ayant assisté à l’événement officiel. A noter que pas moins de 4.500 soudures seront nécessaires pour achever cette phase finale des travaux, cinquante minutes étant pour chaque soudure, avec une précision de 0,2 millimètres !…

5.000 tonnes de rails à souder

C’est tout un symbole. Alors que les travaux de la plateforme avaient déjà débuté boulevard Trimolet à Dijon (Lire notre article ici), ce même lieu a été le théâtre de la première soudure de rail. Les rails sont d’ores et déjà positionnés sur la quasi-totalité du boulevard et offrent une belle perspective en direction de l’hôpital du Bocage. 5.000 tonnes de rails sont en cours de livraison depuis mi-février 2011 en gare de Dijon Porte-Neuve : « Un mode de transport choisi comme un clin d’œil aux cheminots en lutte, notamment sur le site de la gare de triage de Perrigny-lès-Dijon », explique François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon et président du Grand Dijon, qui précise aussi que « le projet d’équipement en panneaux photovoltaïques du futur dépôt du tramway est aujourd’hui remis en cause par la publication d’un nouveau cadre règlementaire organisant la filière photovoltaïque en France » (En savoir plus ici).

A raison d’une tonne et de 18 mètres chacun, les rails jalonneront les 20 kilomètres que le tramway parcourra à travers l’agglomération. Chaque jour, huit soudures pourront être effectuées, mobilisant deux personnes et suivant un schéma très rigoureux : « C’est ce que l’on appelle une soudure aluminothermique, un procédé qui est la résultante d’une réaction chimique d’un métal qui va entrer en fusion à 2.400 degrés », précise Laurent Feuillu, technicien rattaché à la conception du tramway. Employée depuis plusieurs années, cette technique a pour principal avantage de supprimer le bruit traditionnel des joints de rails.

A mi-parcours

« Une fois ce métal pénétré dans le moule réfractaire positionné autours des deux rails à souder, il va se solidifier en cinq à six minutes », poursuit le technicien. Dès lors, les rails seront noués ; il ne manquera alors plus qu’à meuler le tout avec une précision de 0,2 millimètres ! A termes, la plateforme du tramway aura une largeur moyenne de six mètres pour une profondeur de 57 centimètres. Elle sera formée de quatre couches : la couche de réglage – de dix centimètres et qui a pour fonction de niveler le fond -, la couche principale – d’un goudron plus résistant et qui doit soutenir les rails-, la couche dite « traverses, rails, béton » – qui permet de fixer le rail autours duquel est coulé vingt centimètres de béton -, et enfin la couche finale – qui sera constitué de 17 centimètres de terre végétale sur 80% du tracé, et de béton ou d’enrobé sur les 20% restants, ouverts à la circulation.

Pour André Gervais, adjoint au Grand Dijon en charge des transports et du dossier tramway, cet événement est surtout une étape supplémentaire dans l’anticipation de la livraison du tramway : « Cette première pose de rail, c’est un événement visible par les Dijonnais. Les travaux vont continuer et dans les temps en plus ! Le tram sera livré en septembre 2012. L’appel d’offre a été divisé en trois lots et chacune des entreprises a démarré les travaux en même temps. Cette méthode nous a tout simplement permis d’économiser six mois ! ».

Le pire reste à venir !

Ce dernier n’oublie pas de noter que dès le lundi 04 avril 2011, le chantier entrera dans une nouvelle phase puisque l’ensemble des 20 kilomètres du tracé seront en travaux : « A partir du mercredi 06 avril, la rue Devosges sera mise à double sens de circulation et ce, de façon définitive. Le lundi 11 avril, l’accès à la gare de Dijon par l’avenue Foch sera totalement interdit au bus et aux voitures » ; la rue des Perrières fera alors office de voie principale tandis qu’une voie descendante sera aménagée boulevard de Sévigné : « Nous avons attendu d’avoir des rues libres pour avoir une circulation possible et faciliter l’accès aux riverains et aux commerçants ». Reste que le centre-ville va vivre une situation des plus délicates dans les mois à venir.

« Nous sommes à la mi-temps du match et il n’y aura pas de prolongations fin septembre 2012 ! », assure à son tour le maire de Dijon. Aux côtés de Gilbert Menut, maire de Talant et représentant du conseil général de Côte-d’Or, François Sauvadet et François Patriat, respectivement président du conseil général de Côte-d’Or et président du conseil régional de Bourgogne*, François Rebsamen a salué le travail d’André Gervais et celui de l’ensemble des services, « injustement critiqués » selon lui, tel l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), qui a mené des fouilles sur le secteur de la Trémouille (Lire notre article ici). L’occasion pour lui de rappeler qu’au final, 52 hectares d’écoquartiers seront aménagés aux abords des deux lignes…

* A noter l’absence de la préfecture de Côte-d’Or en raison de son devoir de réserve à la veille des élections cantonales 2011.

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