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D’où vient l’expression « rond-de-cuir » ?

rond-de-cuir

Un « rond-de-cuir » est un terme péjoratif et familier utilisé pour désigner un employé de bureau, le plus souvent exerçant sa profession dans les services administratifs.

L’expression vient du fait que ces employés ont toujours travaillé assis sur des chaises plus ou moins confortables. Maintenir cette position de longues heures pouvait s’avérer douloureux pour les fessiers. Aussi certains d’entre eux prirent l’habitude de placer un coussin rembourré, de forme souvent ronde, appelé un rond de cuir, pour atténuer leur souffrance et faciliter l’exécution de leurs tâches.

Ensuite à la fin du 19ème siècle Georges Courteline publia un roman dont le titre est Messieurs les ronds-de-cuir, ayant pour sujet la vie des fonctionnaires, employés de bureau sédentaires. A partir de ce moment-là l’expression « rond-de-cuir » se popularisa et acquis son caractère péjoratif offrant aux critiques de la bureaucratie une addition non négligeable à leur vocabulaire.

Quelle est l’origine de l’expression « septième ciel » ?

septième ciel

« Etre au septième ciel » c’est être très heureux. Mais pourquoi parle-t-on de « 7ème ciel » puisqu’on ne connait ni deuxième ni troisième ciel ?

L’expression vient de l’Antiquité. A cette époque on pense que la Terre est au centre de l’univers et que chaque corps céleste, comme les planètes, est enfermé dans une sphère de cristal invisible et indépendante de ses voisines.

Il y a donc un ciel par sphère, un pour chaque planète, soit sept au total. Le ciel de Saturne, le plus éloigné, était considéré comme celui des étoiles. Derrière lui se trouvait les dieux. L’atteindre consistait donc à s’en rapprocher, à se trouver au plus près du bonheur total.

Toutes les grandes religions monothéistes on fait référence à cette théorie astronomique. Et même si Copernic et Galilée montrèrent par la suite qu’elle était fausse, on garda dans le langage courant l’expression « être au septième ciel ».

Pourquoi dit-on « ronger son frein » ?

ronger son frein

« Ronger son frein » consiste à s’efforcer de contenir l’envie de réaliser un acte. Il s’agit donc de se retenir dans la frustration, malgré une vive impatience.

Cette expression apparait au Moyen âge. A cette époque le cheval a une grande importance dans la vie quotidienne. Dès le 12ème siècle on utilise le mot « frein » pour désigner ce que nous nommons aujourd’hui « mors », c’est-à-dire de dispositif métallique placé dans la bouche du cheval et qui étant relié aux rênes permet de conduire l’animal.

Quand il n’est pas monté et qu’il subit un repos forcé, le cheval peut trépigner d’impatience. Pour tromper l’ennui il peut ronger son mors en attendant de pouvoir à nouveau galoper. Il ronge donc au sens propre son « frein ». L’homme qui réfrène son envie d’agir ou de s’exprimer en fait de même, au figuré.

Pourquoi dit-on un “été indien” ?

été indien

Un « été indien » est une période de l’année durant laquelle le temps est ensoleillé et les températures douces. Il survient en automne, le plus souvent entre le mois d’octobre et le début du mois de novembre. Mais il ne revient pas forcément tous les ans.

Ce phénomène météorologique s’observe principalement en Amérique du Nord, surtout au Canada. Dans ce pays occupé jadis par les peuples indiens, l’expression « Indian Summer » aurait vu le jour vers 1820. Mais il semble que l’écrivain Hector St-John de Crevecoeur l’utilisait dès 1778.

Son origine est incertaine. Il est fort possible que cette période de l’année qui connait de belles journées soit nommée ainsi tout simplement car l’été indien est commun dans les anciens territoires indiens du Nord de l’Amérique.

Mais d’autres explications existent, liées notamment à la fin de la période des récoltes effectuées par les Indiens, et à leur migration annuelle vers l’intérieur des terres qui avait lieu semble-t-il juste avant l’hiver.

D’où vient l’expression « battre la chamade » ?

battre la chamade

Avoir le cœur qui « bat la chamade » signifie ressentir une vive émotion. Si « battre la chamade » est souvent utilisé dans un contexte amoureux, cette expression est paradoxalement née dans le langage militaire.

Au 18ème siècle la « chamade » est un signal sonore, un roulement de tambour émis sur le champ de bataille par un des camps engagé dans le conflit afin d’indiquer à son ennemi sa volonté de capituler ou d’obtenir une trêve afin par exemple d’entrer en négociations. Parfois le vacarme des combats était tel qu’il masquait la chamade. Aussi on lui adjoint un signal visuel, le drapeau blanc.

Dans le domaine sentimental le coeur comme autrefois le tambour peut donc s’emballer, son rythme s’accélérer en raison d’un sentiment puissant. Comme le soldat, l’amoureux peut être amené à se rendre, baisser les armes face à l’élu de son coeur.

D’où vient l’expression « coller aux basques » ?

coller aux basques

« Coller aux basques » signifie suivre quelqu’un de très près, ne pas le lâcher et devenir de ce fait un poids pour celui qui subit cette proximité excessive dont il cherchera le plus souvent à se débarrasser.

Cette expression date du 18ème siècle. Les « basques » n’ont aucun lien avec les baskets d’aujourd’hui. A l’époque les « basques » désignaient les morceaux d’étoffe en bas du pourpoint et dont la longueur les faisait descendre sous la taille. « Coller aux basques » exprimait métaphoriquement l’idée de suivre si près un tiers au point d’en être collé à ce morceau de tissu.

Au fil des siècles l’expression n’a rien perdu ni de sa popularité ni de son sens malgré la disparition des basques sur les habits de tous les jours. Quelques rares vêtements modernes présentent encore une basque, comme la queue-de-pie en sa partie tombante.

Quelle est l’origine de l’expression « plein au as »

plein aux as

Un individu « plein aux as » est très riche. Cette expression date du 20ème siècle. Mais son origine est controversée.

Pour certains elle proviendrait de l’ «as », une monnaie de bronze ou de cuivre de la Rome antique. Ainsi une personne qui possèderait cette monnaie une grande quantité aurait une fortune. Mais cela ferait remonter l’expression à l’Antiquité, une période trop lointaine pour beaucoup.

Aussi la seconde hypothèse est souvent privilégiée. L’expression serait tirée du poker où l’as est une carte ayant une forte valeur. Dans ce jeu, si on a plusieurs as dans la main on a de grandes chances de gagner la partie et donc de gagner tout l’argent misé. Il s’agirait de la traduction de l’expression « full aux as » dans laquelle le mot « full » signifie « plein ».

Bizarrement un siècle avant l’apparition de l’expression « plein aux as », une autre expression, « être à as », avec la signification exactement inverse, « être dans le besoin ».

Pourquoi dit-on « faire un carton » ?

faire un carton

« Faire un carton » consiste à connaitre un vif succès. Le « carton » en question est celui utilisé comme cible sur les stands de tir dans les fêtes foraines. Pour gagner un prix, le joueur doit toucher le carton, si possible en son centre.

Si au milieu du 20ème siècle l’expression signifiait simplement tirer sur une cible inerte, elle prit quelques décennies plus tard le sens de marquer un maximum de points en atteignant le milieu de la cible le plus grand nombre de fois. La métaphore relative au succès de manière générale découle naturellement de cette signification initiale.

Le verbe « cartonner » peut également être utilisé avec un sens identique alors qu’il signifiait à l’origine « jouer aux cartes » ; de sorte que l’on peut « faire un carton » en faisant un carton ! Autrement dit avoir beaucoup de succès lors d’une partie de cartes.

Quelle est l’origine de l’expression « tenir la corde » ?

tenir la corde“Tenir la corde” consiste à être en bonne position, maintenir un bon rythme et être en passe de gagner. Cette expression assez récente peut s’utiliser au sens propre lors d’une course comme au figuré. Dans ce dernier cas elle signifiera « avoir l’avantage » sur ses concurrents dans une affaire par exemple.

Cette locution puise son origine dans le milieu de la course hippique au 19ème siècle. A cette époque l’intérieur du champ de course était délimité par une corde. Pendant la course le cheval qui réussissait à se placer au plus proche de cette corde avait un avantage certain puisqu’il avait à courir moins de distance que ses concurrents. Il était favorisé et avait plus de chance de gagner.

Plus tard l’expression fut utilisée pour les courses de voitures puis finalement au figuré pour tous types d’activités au début du 20ème siècle.

D’où vient l’expression « sur le tas » ?


sur le tas

Apprendre « sur le tas » signifie s’instruire empiriquement, directement face à la situation à laquelle on se prépare, le plus souvent sur le lieu du travail. On peut ainsi apprendre sur le tas à réparer une voiture ou encore à fabriquer des meubles.

Cette expression date du 19ème siècle et fait référence non pas à l’accumulation de choses de la même espèce mais à un lieu de travail bien précis. En effet un « tas » était à l’époque le lieu où on taillait les pierres pour bâtir un édifice. Puis ce terme de maçonnerie se mit à désigner plus largement le chantier, l’endroit où se trouvait la construction. Le tas entendu comme son lieu de travail se retrouve dans l’expression « grève sur le tas ».

Et même si on peut apprendre « sur le tard » en apprenant « sur le tas » il ne faut pas confondre les deux expressions !