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Pourquoi dit-on “avoir du foin dans ses bottes” ?

Foin dans ses bottes

« Avoir du foin dans ses bottes » signifie avoir beaucoup d’argent.

L’expression trouve surtout application chez des personnes d’origine modeste qui ont réussi à atteindre un certain niveau de vie.

Dès le Moyen Age les paysans avaient pour habitude de fourrer avec de la paille leur sabots pour se protéger du froid. Ainsi ceux qui avaient non pas de vulgaires sabots mais des bottes étaient bien mieux lotis. Et ceux qui pouvaient y mettre du foin plutôt que la paille s’autorisaient un plus grand confort encore.

Au XVIIe siècle, Furetière utilise déjà l’expression « il a bien mis de la paille dans ses souliers » pour indiquer qu’une personne est riche, dans ce cas précis de manière illicite.

Signalons également que le mot « botte » peut également désigner une « meule » de foin. En posséder signifiait avoir de l’argent.

L’expression « avoir du foin dans ses bottes » semble donc être le résultat de ces différents usages et significations.

Quelle est l’origine de l’expression « se saigner aux quatre veines » ?

Saigner quatre veines

Si quelqu’un se saigne aux quatre veines pour un tiers cela signifie qu’il se sacrifie, se prive au profit d’autrui. Il fait tout son possible, surtout financièrement.

Cette expression utilise une image facilement compréhensible. Même si on ne peut pas certifier totalement son origine nous possédons tous au niveau de chaque poignet une veine et une artère. Donc en tout quatre « veines » vitales pour la vie. Se couper ces quatre veines revient donc à se suicider, c’est-à-dire faire le plus grand des sacrifices, montrer la plus grande abnégation quand ce geste est réalisé au bénéfice d’une autre personne.

L’expression est relativement récente et semble venir d’une autre locution plus ancienne : « se faire saigner aux quatre membres » qui avait pour signification le fait de perdre ses biens. On trouve cette expression notamment sous la plume de Guy de Maupassant dans « Bel ami » en 1885.

Pourquoi dit-on « snob » ?

Snob

Un snob est une personne qui aime les manières ou adopte des postures à la mode dans des microcosmes qui se pensent distingués et qui entretiennent un mépris pour ceux qui n’adhèrent pas à leur mode de vie.

L’usage de l’expression « snob » remonte au 18ème siècle en Angleterre. Le mot est la contraction du latin «sine nobilitate» (sans noblesse), et s’écrivait «s.nob.». Cette mention figurait sur les registres d’inscription de l’université de Cambridge afin de préciser que l’étudiant en question était issu de la petite bourgeoisie et non de la noblesse. Il s’agissait donc d’une information écrite à caractère personnel figurant dans un fichier scolaire.

Or parmi ces élèves qui n’appartenaient pas à la noblesse certains voulaient imiter par jalousie les manières des aristocrates. A défaut d’appartenir à l’élite, ils tendaient à reproduire le comportement de cette classe sociale qui s’estimait supérieure. Les aristocrates eux n’appréciaient guère ce comportement et en retour les traitaient de «snobs».

Pourquoi souhaite-t-on bonne chance en disant “Merde” ?

Merde expression

L’interjection « merde » est d’abord un juron. Connue comme « le mot de Cambronne », elle fait référence à un passage très précis du roman de Victor Hugo, Les Misérables. L’auteur y relate un évènement survenu lors de la bataille de Waterloo. Le général Pierre Cambronne aurait ainsi eu recours au mot « merde » lorsque le général britannique Charles Colville lui intima l’ordre de rendre les armes.
Quant à sa signification relative à la chance, il n’y a aucune certitude quant à son origine. Cependant il est communément admis qu’elle vit le jour dans le monde du théâtre à la fin du 19ème siècle. En effet utiliser les termes « bonne chance » était alors censé porter malheur. Il fallut trouver une astuce et on eut recours à une expression de substitution.

A cette époque on pouvait juger du succès d’une pièce par le nombre de fiacres et donc d’attelages de chevaux attendant les spectateurs à la sortie du lieu de spectacle. Aussi le nombre de crottins était proportionnel au succès d’une pièce. Souhaiter de la merde signifiait par conséquent souhaiter plein succès à une pièce.

A noter que l’acteur à qui un « merde » est adressé ne doit pas, selon la tradition, exprimer de remerciements en retour.

Du monde du théâtre l’usage de l’expression s’est ensuite progressivement répandu dans la société.

D’où vient l’expression « passer au crible » ?

Passer au crible

« Passer au crible » consiste à examiner avec soin pour distinguer le vrai du faux, analyser quelque chose en détail.

On trouve la première trace de cette expression dans la Bible. Lors de la Cène, dans le chapitre 22 de l’Evangile de Luc, Jésus utilise l’image du crible, c’est-à-dire un instrument de travail des paysans; une sorte de tamis permettant de trier la terre, la farine ou le blé. Le crible sert notamment à conserver à séparer les grains à conserver de tous les parasites et résidus comme la paille. Cette métaphore est utilisée pour rendre accessible la notion de bien et de mal.

Ainsi Jésus indique à Pierre, un des apôtres, que Satan allait «les passer au crible comme le froment». Il allait donc les examiner en détail avant de les soumettre à la tentation. Cette épreuve déterminerait quel type de grain est Pierre.

L’expression est progressivement sortie du seul domaine religieux pour gagner le langage courant.

Pourquoi dit-on un «bouc émissaire» ?

Bouc émissaire

Un bouc émissaire est une personne à qui on attribue injustement la responsabilité d’une faute.

Les origines de cette expression sont religieuses.

Durant Yom Kippour, le jour du pardon chez les juifs, le grand prêtre d’Israël devait tirer au sort un bouc pour permettre à la population d’évacuer ses péchés. L’animal était alors envoyé dans le désert d’Azazel, portant symboliquement le fardeau de toutes les mauvaises actions.

Le nom de ce bouc en latin donna « caper emissarius » ou « le bouc envoyé ».

Dès lors celui qui porte la responsabilité pour les autres alors qu’il n’a rien fait subi le même sort que cet animal.

Georges Clemenceau dira dans le cadre de l’affaire Dreyfus : « Tel est le rôle historique de l’affaire Dreyfus. Sur ce bouc émissaire du judaïsme, tous les crimes anciens se trouvent représentativement accumulés. ».

On trouve cette expression dès le dictionnaire de Furetière au XVIIe siècle.

D’où vient l’expression «treize à la douzaine» ?

Treize à la douzaine

L’expression « treize à la douzaine » signifie en grand nombre. Elle est utilisée de nos jours souvent péjorativement dans le cas d’une trop grande quantité. Deux explications ont cours.

Selon la première, l’expression aurait une origine médiévale. Au 13ème siècle en Angleterre, pour lutter contre la fraude le roi Henri III décida que les boulangers auraient pour obligation d’ajouter un article supplémentaire pour toute douzaine vendue. L’objectif de cette loi nommée «The Baker’s Dozen » était de compenser une tromperie souvent pratiquée par les boulangers qui consistait à réduire la taille des pains sans en changer le prix ni en informer l’acheteur. Une pratique qu’il faut espérer révolue.

La seconde explication est beaucoup plus optimiste sur la nature humaine y compris marchande. L’expression daterait du milieu du 18ème siècle, une époque à laquelle les commerçants offraient souvent un treizième produit pour tout achat de douze.

Pourquoi dit-on « monter le bourrichon » ?

 

Monter le bourrichon

 

Le bourrichon est « la tête » en langage familier.

On doit les expressions « monter le bourrichon » et « se monter le bourrichon » (dont les sens sont légèrement différents) à Gustave Flaubert.

« Se monter le bourrichon » signifie « se monter la tête » ou encore « se faire des illusions ». On trouve cette expression pour la toute première fois dans la lettre de Gustave Flaubert à Louis Bouilhet : « Oh ! Comme il faut se monter le bourrichon pour faire de la littérature ! Et que bien heureux sont les épiciers ! »

Quant à « monter le bourrichon » à un tiers, cela consiste à lui donner des illusions. Flaubert encore en 1860 : « il faut que je monte joliment le bourrichon à mon public : il faut que je fasse baiser un homme, qui croira enfiler la lune, avec une femme qui croira être baisée par le soleil ».

A noter enfin que le bourrichon vient de la « bourriche », un panier sans anses servant à transporter différents produits.

Quelle est l’origine de l’expression « mettre sous le boisseau » ?

Mettre sous le boisseau

« Mettre sous le boisseau » consiste à garder un secret, cacher la vérité.

On trouve l’expression à plusieurs reprises dans l’Evangile, dont ce passage dans Matthieu (V, v. 15) : « Et l’on n’allume point une lampe pour la mettre sous le boisseau ; mais on la met sur un chandelier, afin qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. »

Mettre sous le boisseau a donc dès l’origine le sens de cacher la vérité aux hommes. Au contraire l’injonction de l’Evangile est de la divulguer pour apporter la lumière.

Mais qu’est-ce qu’un boisseau ? Il semblerait qu’il s’agisse d’un récipient destiné à contenir des matières sèches pour les mesurer. Aussi si vous retournez le boisseau et placez un objet quelconque dessous il sera parfaitement caché. Remplacez l’objet par une vérité et vous détenez la clef de la métaphore !

Pourquoi dit-on « vieux comme Hérode » ?

Vieux comme Hérode

L’expression «vieux comme Hérode» signifie d’un âge très avancé. Il s’agit d’une référence au roi Hérode Ier, roi de Judée au Ier siècle avant J.-C.

Il est possible que son nom ait été repris dans l’expression car « Hérode le Grand» vécut très âgé pour l’époque, 69 ans, soit près de 10 ans de plus que l’espérance de vie des personnes appartenant à la couche supérieure de la population. Quand le peuple lui ne pouvait guère espérer vivre plus de 40 ans.

Hérode rendit la Judée extrêmement puissante en ayant recours à des méthodes jugées cruelles. Il tua entre autre ses propres enfants pour rester plus longtemps sur le trône.

Mais pour certains, malgré sa longévité respectable ce n’est pas l’âge atteint par Hérode qui explique l’expression. Elle serait plutôt une allusion à l’époque d’Hérode plutôt qu’à son personnage lui-même. Une période très ancienne.

Enfin pour d’autres spécialistes l’expression trouverait en réalité son explication dans le cumul des règnes des six différents Hérode qui se succédèrent entre 73 avant J.C. et 93 après JC.