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Fin du monde en 2012 / G.Fenech : « Renforcer la vigilance »

Certains groupes à dérives sectaires prédisent la fin du monde pour le 21 décembre 2012. Georges Fenech, président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) tire la sonnette d’alarme sur les risques que peut engendrer un tel discours.

 

 

GazetteINFO.fr : Deux thèmes sont largement abordés cette année dans votre dernier rapport… La fin du monde notamment…

Georges FENECH : Les thèmes abordés sont deux thèmes centraux et d’actualité. Il s’agit d’une part des messages à caractère apocalyptiques véhiculés par une série de grandes organisations internationales, mais aussi par différents gourous made in France. D’autre part, nous nous sommes intéressés aux charlatans de la santé, plus particulièrement dans la lutte contre le cancer. Nous nous sommes rendu compte qu’aujourd’hui de multiples offres alternatives sont présentées sur internet ou à travers des conférences. Des méthodes qui sont pour certaines dangereuses à nos yeux,  et qui malheureusement rencontrent de plus en plus de succès. Le ministère de la Santé s’en préoccupe, et depuis mercredi une campagne de sensibilisation et d’affichage a été lancée dans les centres hospitaliers et les cabinets médicaux.

 

Sur quoi repose cette fameuse prophétie annonçant la fin du monde en 2012… Sur pas grand-chose finalement puisque qu’il s’agit de la cent quatre-vingt troisième ?

C’est l’historien Luc Mary qui donne ce chiffre. Il a comptabilisé cent quatre-vingt trois prophéties de ce genre depuis la chute de l’Empire romain. L’apocalypse a toujours été inscrite dans toutes les religions, et toutes les sectes se sont emparées de cette question-là, ce n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau en revanche c’est une sorte de convergence mondiale autour d’une date, le 21 décembre 2012. Du temps des Romains il n’y avait pas d’internet. Aujourd’hui le message est amplifié par internet. Cela dépasse d’ailleurs le phénomène sectaire proprement dit puisque on assiste à une reprise en compte de cette aspiration à une nouvelle ère, le New Age. Cette mouvance s’est aussi engouffrée dans cette aspiration à une nouvelle ère en se raccrochant à une échéance prochaine.

 

« 2 millions et demi de pages Internet consacrées à 2012 »

 

À la Miviludes vous n’êtes pas vraiment inquiets pour la fin du monde mais plutôt des dérives liées à cette prophétie. La situation est si préoccupante que cela pour que la Miviludes s’en émeuve?

On a fait un constat. Aujourd’hui il y a deux millions et demi de pages internet consacrées à 2012. On constate que de grandes organisations ont des têtes de pont dans certains départements français. Le phénomène existe, il n’est pas inquiétant en soi aujourd’hui, mais nous savons d’expérience que ce type de mouvement peut avoir des conséquences préjudiciables, notamment sur le comportement individuel de certaines personnes.

 

En clair vous craignez  une recrudescence de suicides collectifs, à l’image de ce qui s’était produit pour le Temple solaire ?

On ne peut pas l’exclure, compte tenu de ce qui a pu se passer par exemple au temple de Guyana, à Waco au Texas, en Suisse ou au Canada avec l’ordre du Temple solaire. Il ne faut pas imaginer par ailleurs que le risque existe uniquement avec les groupes qui ont pignon sur rue, il existe aussi des micro structures où le risque est réel. Elles sont d’ailleurs plus difficiles à déceler puisque plus invisibles.

 

Les groupes sectaires dits apocalyptiques sont-ils d’une manière générale plus dangereux, plus manipulateurs que les autres ?

Au départ, le message qu’ils délivrent n’est pas inquiétant, ils faut qu’ils recrutent avec des thèmes en apparence totalement inoffensifs, voire séducteurs : retour à la nature, développement de soi, construction d’éco-villages, médecine naturelle. Il y a un engouement pour tout cela, ce n’est pas condamnable en soi. Mais une fois que l’on a pénétré dans certains groupements, un autre discours peut s’installer. Certaines personnes vont suivre ce discours et à ce moment-là il y a un phénomène d’emprise mentale.

 

« Vigilance concernant l’Église de scientologie, les Témoins de Jéhovah ou les Raëliens »

 

On a l’impression que cette prophétie du 21 décembre 2012 ratisse  encore plus large que les précédentes, en tout cas fait de nombreux émules… Vous avez une explication ?

Le fameux calendrier maya est vraisemblablement le déclencheur. Cette civilisation connaissait parfaitement l’astrologie et raisonnait en termes de cycles. Et pour certaines interprétations, le calendrier s’arrête le 21 décembre 2012. D’autres pensent que ce serait deux cents ans plus tard. Cette date a par ailleurs été relayée médiatiquement  et au niveau planétaire par des films comme 2012 de Roland Emmerich.

 

Quels sont les mouvements que la Miviludes tient à l’œil aujourd’hui ?

Ils sont cités dans notre rapport. Ils peuvent être bien connus, comme l’Église de scientologie, les Témoins de Jéhovah ou les Raëliens. Il y a d’autres mouvements plus particulièrement portés sur ce message apocalyptique et sur lesquels on va exercer une plus grande vigilance. Je pense notamment au groupe Ramtha, un groupe originaire des États-Unis. Certaines familles liées à ce mouvement se sont installées sur notre territoire, notamment dans les Pyrénées orientales.

 

Dans votre rapport vous mettez régulièrement l’accent sur la prise de conscience qui se fera par des actions de prévention… Selon vous c’est la clé pour éviter un drame ?

Nous sommes mission de pouvoir public, nous n’émettons pas d’avis sur l’apocalypse en soi. Cette doctrine est tout à fait respectable, elle relève de la théologie, de la croyance. Nous dénonçons en revanche l’exploitation mercantile par certains groupes avec une mise sous emprise mentale. Nous disons qu’il faut renforcer la vigilance envers ces mouvements en nous rendant sur le terrain. Nous allons également demander la mise en place d’une veille internet par les équipes de la police et de la gendarmerie spécialisées dans la cybercriminalité.

Les Grecs disent non à l’austérité !

Hier, ils étaient des milliers à manifester sur la place de la Constitution, à Athènes (la capitale du pays). Des jeunes, des retraités, des chômeurs, des travailleurs, des familles avec enfants, des Indignés… Tous se sont donné rendez-vous le matin pour dire non à la nouvelle politique d’austérité mise en place par leur gouvernement.

À Athènes, des milliers de manifestants se sont réunis mercredi 15 juin sur la place de la Constitution, juste en face du Parlement grec. Le Parlement grec est l’endroit où les lois et les décisions proposées par le gouvernement sont votées par les députés. Ce n’est donc pas un hasard si les manifestants se sont postés devant cet édifice pour demander au gouvernement de retirer sa proposition de nouveau plan d’austérité. C’est bien le drapeau grec que tu aperçois dans la foule. (©Photo/AFP)

 

L’@ctu du jour :

Pourquoi le peuple grec manifeste-t-il ?

En 2010, la Grèce a été touchée par la crise. Il n’y a plus eu assez d’argent pour que le pays fonctionne bien et pour que toute la population vive correctement. La Grèce a dû demander de l’aide aux autres pays de l’Union européenne. Des banques ont donc prêté de l’argent aux Grecs afin de surmonter la crise.

En échange et pour que la Grèce puisse rembourser l’argent qu’elle avait emprunté (sa dette), ces banques ont demandé au gouvernement de faire des économies. D’où le premier plan d’austérité de 2010.

Le gouvernement grec a commencé par geler les salaires des fonctionnaires (travailleurs payés par l’État) et augmenter les impôts*. Il a également augmenté le prix des péages ou celui des transports en commun. La vie est devenue plus chère sans que les salaires des gens augmentent ni que le chômage* baisse.

Le gouvernement grec demande encore plus d’effort  à son peuple

Un an après, malgré ces mesures, le pays est encore très endetté. Le gouvernement vient donc de proposer un nouveau plan de rigueur. Plus dur encore que le premier.

Ce qui a provoqué la colère des Grecs. Ils ont trouvé ces nouvelles mesures très injustes. Dont, par exemple, celle de vendre des biens qui appartiennent au pays à des entreprises étrangères, comme les trains ou les aéroports. Ou d’augmenter encore le prix de certains produits.

Des milliers de personnes ont manifesté mercredi pour que le gouvernement retire son projet. Pour cela, les organisateurs de la manifestation avaient demandé aux gens de ne pas se rendre à leur travail (d’être en grève) et de ne pas consommer (rien acheter dans les magasins).

Certains des manifestants – dont les Indignés (clique ICI pour lire un article sur les Indignés) – ont même décidé de rester, jour et nuit, sur la place de la Constitution jusqu’au retrait du plan d’austérité.

Clique ICI pour voir des photos de la manifestation.

Le « New York Post », cauchemar de Dominique Strauss-Kahn

Xénophobe, nationaliste, de droite et de mauvaise foi : le New York Post, propriété du magnat australien Rupert Murdoch, est le tabloïd trash de Manhattan. Depuis le début de l’affaire Dominique Strauss-Kahn, il se déchaîne. Mais outre des éditos au vitriol, il bombarde d’informations exclusives. Enquête sur des méthodes d’investigations peu banales…

Le malheur des uns fait le bonheur des autres… 

Depuis maintenant trois semaines, le New York Post fait ses choux gras des déboires judiciaires de l’ex-directeur général du FMI. Sur les douze premiers jours qui ont suivi son arrestation, Dominique Strauss-Kahn a eu dix fois les honneurs des gros titres de Une et à chaque fois de façon très peu flatteuse : « L’argent sordide », « Chez Perv » – en français dans le texte -, « Pépé le putois« , en référence au petit animal à la technique de drague franchement lourde du dessin animé de Warner Bros et qui s’exprime dans la version originale avec un accent français à couper au couteau…

Il faut dire que l’affaire a tout pour plaire à ce quotidien qui est l’un des principaux tabloïds de New York : un crime sexuel, une victime immigrée et mère célibataire, un coupable puissant, socialiste, et qui plus est promis à un destin présidentiel en France. Ah la France ! Ce pays qui représente pour le journal le summum d’un élitisme exécrable… Certes, le « Post », comme le surnomment les Américains, est loin d’être le seul à s’être passionné pour cette histoire. Mais le traitement particulièrement virulent du tabloïd new-yorkais l’a placé lui aussi sur le devant de la scène médiatique.

Spécialiste du jeu de mots ravageur, parfois assez drôle comme dans « Frog Legs it« , mélangeant allègrement les cuisses de grenouilles (ndlr : Frog legs) dont sont censés raffoler les Français et la sortie de prison de leur nouvelle tête de Turc (L’exit/Legs it), le quotidien se revendique aussi comme un représentant de la presse d’opinion, donnant son avis sur tout et de la manière la plus tranchée !

Brandissant au visage de tous ses détracteurs le sacro-saint « First Amendment » de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d’expression et la liberté de la presse, le Post peut légalement traiter DSK de cochon, de pervers ou de crapaud en chaleur, ce qui est considéré comme un jugement personnel… Mais pas de violeur ni d’assassin, ce qui constituerait là une diffamation.

Sexe, sport, ragots et scandales donc… La formule marche plutôt bien puisqu’il se vend chaque jour près de 510.000 exemplaires, à 50 cents. Mais n’en déplaise à ceux qui aiment à le cataloguer comme un journal « trash »-poubelle, cela n’explique pas tout. Si le New York Post s’en sort toujours malgré la crise et la concurrence de plus en plus féroce des sites internet spécialisés, c’est parce qu’il sort des infos que personne d’autre n’a réussi à glaner.

L’arrestation à l’aéroport, la sortie de prison, le refus des locataires d’accueillir ce nouveau voisin trop encombrant, les avances supposées faites à deux autres employées du Sofitel (Lire ici l’article), les tentatives présumées d’acheter le silence de la victime (Lire ici l’article)… Autant de gros coups du journal qui redonnent le sourire à son rédacteur en chef, Col Allan, souvent crispé par les difficultés financières récurrentes.

Il faut dire que si Col Allan, un Australien grassouillet de 58 ans, est souvent dépeint par ceux qui l’ont côtoyé comme tyrannique et un peu vulgaire, personne ne conteste son travail acharné ni sa pugnacité à faire de sa publication une véritable usine à scoops.

Un rédacteur en chef entouré d’avocats

« Col veut de l’exclusif. Il est parfois très dur mais il sait que c’est son véritable fonds de commerce », explique un ancien journaliste du New York Post, qui a travaillé avec lui pendant plusieurs années. « Le ton populiste, tout le monde peut le faire, mais si vous n’avez pas l’info que les gens veulent lire, personne n’achètera votre canard. Vous serez juste un torchon de plus. Certes, il règne au Post une ambiance potache, un peu d’adolescents attardés à la Beavis and Butthead, mais chacun sait qu’il n’a pas intérêt à mettre l’entreprise en danger en ramenant une info frelatée. Les colères de Col sont très redoutées ».

Pour arriver à ses fins, l’Australien a installé une véritable toile d’araignée de l’information. Des centaines de « reporters de rue » sillonnent les coins stratégiques de la ville à la recherche de la moindre info croustillante. Ils ne mettent quasiment jamais les pieds dans les bureaux du quotidien, installés au 1211 de l’avenue des Amériques, à deux pas du Rockefeller Center.

Le building est une forteresse. On y trouve tous les fleurons de News Corp, le groupe de Rupert Murdoch : l’ultra conservatrice chaîne de télé Fox News mais aussi le respectable Wall Street Journal. Le Post lui trône aux 9e et 10e étages de la grande tour. Impossible d’y pénétrer sans une invitation. Les employés ont ordre de ne pas communiquer et la société privée qui gère l’image du groupe n’a pas souhaité répondre à nos demandes d’interviews.

C’est là que les infos des « reporters de rue » ou des photographes postés sur le terrain atterrissent. « Des rewriters sont ensuite chargés de rendre l’info plus alléchante grâce à leur style piquant, même si cela implique parfois une bonne dose de mauvaise foi ou tout du moins une certaine propension à embellir les notes qui leur arrivent », explique Jim Naureckas, membre de l’organisation « Fairness and accuracy in reporting » (Impartialité et exactitude dans le reportage). « Ils sont très forts pour mettre l’émotion nécessaire qui fera vendre plus facilement leur histoire ».

Les reporters passent leurs journées dans les commissariats… 

Dernier exemple en date : lorsque le reporter parti enquêter sur l’entourage de la victime présumée de DSK apprend que l’immeuble où elle habite compte plusieurs appartements réservés aux malades du sida, le titre de Une devient : « La femme de ménage a le sida » (Lire ici l’article). L’information sera aussitôt démentie par l’avocat de la plaignante mais peu importe. Que deux hommes soient pris en photos en train de sortir les poubelles de la nouvelle maison du couple Strauss-Kahn/Sinclair à Tribeca et l’angle du papier du lendemain est tout trouvé : DSK embauche des hommes en bleu de chauffe à la carrure de déménageurs pour ne pas se laisser tenter par de jolies femmes de ménage… (Lire ici l’article). 

« Col Allan relit toutes les Unes et les articles les plus importants, précise l’ancien collaborateur du NY Post, qui tient à garder l’anonymat. Il est souvent entouré des avocats du groupe qui s’assurent que l’on ne peut pas les poursuivre en justice. Que l’information soit fausse n’est pas grave à condition qu’elle n’implique pas des poursuites judiciaires ».

Mais comment alors ce quotidien aux procédés douteux peut-il obtenir autant de scoops ? « Il est particulièrement bien implanté dans les milieux policiers et judiciaires. Ils ont des reporters qui passent leurs journées en permanence au tribunal ou dans les commissariats », commente Arlene Morgan, doyenne assistante et professeur de journalisme à l’université Columbia.

Pour cette spécialiste des médias américains, l’affaire DSK est du pain bénit pour le New York Post. « Leur lectorat est composé de nombreux immigrants, qui s’identifient aisément à la jeune femme de ménage maltraitée par quelqu’un de riche et puissant. Les policiers sont également très friands de cette presse et auront tendance à donner leurs infos plus facilement aux chroniqueurs des tabloïds qu’à ceux du Wall Street Journal… ». Pendant longtemps, l’un des responsables du service police et grand pourvoyeur de scoops était d’ailleurs un ancien capitaine de police ayant passé vingt ans au NYPD.

« Je voudrais botter toutes les fesses de France »

Pour Jim Naureckas, la situation est la même dans le milieu judiciaire : « Les membres de la justice n’ont normalement pas le droit de donner des infos à la presse, pourtant il y a toujours des fuites. Si le bureau du procureur donne une info au New York Times ou au Washington Post, il sait que cela fera un petit article expliqué, nuancé… S’il la donne au New York Post, il sait que son info sera reprise en une, que le rédacteur en fera des tonnes et que ça mettra une pression supplémentaire sur la partie adverse… ». 

Une fois le scoop récolté, Col Allan peut s’appuyer sur une batterie d’éditorialistes très marqués à la droite de l’échiquier politique, qui savent apporter l’accent populiste cher à son propriétaire Rupert Murdoch.

C’est le cas notamment d’Andrea Peyser. Il ne faut pas se fier au visage souriant de cette petite quinquagénaire. Son édito du 19 mai s’intitulait « New York souillé par les étrangers », tout un programme… « Décadents, dépravés, malodorants, cupides, saouls et déments… ». Ils seraient des « hors-la-loi, des violeurs présumés », mais ils auraient un point commun : « Ce sont des étrangers ». Une référence à l’affaire Polanski et hop : « Les Français préféreraient même manger de la moutarde jaune (ndlr : la moutarde américaine) que de livrer un mécréant à la justice américaine » (Lire ici l’édito).

En 2003, au déclenchement de la guerre en Irak, au-dessus d’une photo du cimetière américain en Normandie, la mention : « Ils sont morts pour la France mais la France les a oubliés… », faisait les gros titres. Steve Dunleavy, auteur de plusieurs éditoriaux au vitriol condamnant la position française durant la crise irakienne, commençait son article par ces mots : « Alors que je regarde ce cimetière, dernière demeure de quelque 10.000 garçons américains qui ont donné leur vie pour libérer la France de Hitler, mon cœur s’emplit de rage ».

« L’air est glacé, mais la rage me submerge : je voudrais botter toutes les fesses de France. Ces garçons sont morts pour sauver les Français d’un tyran nommé Hitler. Et maintenant, d’autres garçons américains sont prêts à combattre et mourir pour sauver le monde d’un tyran aussi vil, Saddam Hussein, et où sont les Français ? Ils se cachent, pètent de trouille. Proclament : Vivent les mauviettes ! », poursuivait-il.

Ambiance xénophobe à la rédaction

« Il règne une ambiance assez xénophobe dans la rédaction, il faut bien l’avouer », prévient l’ancien correspondant du New York Post. Tout le monde se souvient d’ailleurs ici d’un dessin paru le 18 février 2009 représentant deux policiers blancs ayant abattu un chimpanzé et s’écriant : « Il faudra qu’ils trouvent quelqu’un d’autre pour leur plan de relance ! » (Voir ici le dessin). 

Le dessin faisait allusion à deux informations : un singe ayant été abattu pour avoir défiguré une femme et le président Obama ayant promulgué le plan de relance économique… Il avait surtout provoqué une vague de protestation aux Etats-Unis pour son message raciste, rappelant à chacun les pires moments de l’histoire du pays où les Noirs étaient communément comparés à des primates.

A la suite de cet incident, une rédactrice du New York Post avait décidé d’attaquer son employeur en justice. Elle prétendait avoir été mise à la porte pour avoir critiqué le dessin. Sandra Guzman, une Latino-Américaine, affirmait également avoir à subir de nombreuses remarques sexistes et racistes de la part de ses collègues, qui lui chantaient avec un accent hispanisant : « I want to live in America » de la fameuse comédie musicale West Side Story (Lire ici l’article du Huffington post sur le sujet).

Ces derniers jours, même le Post a fini par délaisser l’affaire DSK. Il faut dire qu’il a mieux à se mettre sous la plume : le représentant démocrate Anthony Weiner est accusé d’avoir envoyé une photo de pénis en érection dans un slip à une jeune fille le suivant sur Twitter. Il a beau affirmer que son compte a été piraté, l’occasion est trop belle : le patronyme du député, Weiner, fait tout de suite penser ici au mot « wiener« , utilisé pour les enfants pour désigner leur zizi. L’histoire s’étant un peu dégonflée (sans mauvais jeu de mots) et DSK étant de nouveau face au juge ce lundi 06 juin, il y a fort à parier que le Français redeviendra très vite la cible favorite du New York Post…

 

 

 

Le top 10 des pays les plus heureux

 
Le top 10 des pays les plus heureux L’OCDE vient de publier un outil permettant de mesurer le taux de bonheur par habitant. Onze critères dont les revenus, la santé ou encore l’environnement ont été retenus. Et force est de constater que la France ne se classe pas si bien que ça…

 

 

 

 

 

 

En tête du classement, on retrouve sans surprise l’Australie qui, depuis des années, bénéficie d’une réputation de pays où il fait bon vivre. Tous les avantages du modèle anglo-saxon (libre entreprise, abondance de biens,…) avec le soleil et la décontraction en plus.

 

Point fort : La gouvernance (10/10)
Point faible : L’équilibre vie privée/vie pro (6,5/10)

En deuxième position, le Canada ! Avec ses grands espaces et ses opportunités professionnelles depuis longtemps appréciées des Français, le pays de l’érable fait figure de hâvre de paix.

Point fort : Le confort de vie (9,6/10)
Point faible : La gouvernance (5,6/10)

La Suède (3ème position)

Sans surprise aussi, les pays nordiques, dont on vante la qualité de vie depuis des années, battent le haut du pavé de l’indice de bonheur mondial. Comme quoi, le climat ne fait vraiment pas tout.

Point fort : L’environnement (10/10)
Point faible : La sécurité (8,1/10)

La Nouvelle-Zélande (4ème)

 

 

Ah qu’il fait bon vivre au pays du Seigneur des Anneaux. Peut-être que le fait qu’il y ait plus de moutons que d’habitants explique ce bon classement.

 

Point fort : L’environnement (9,7/10)
Point faible : Les revenus (1,4/10)

La Norvège (5ème)

 

 

Pour celles et ceux en quête de nouvelles opportunités professionnelles intéressantes, c’est la Norvège qu’il vous faut ! Même si les revenus ne sont pas forcément l’objectif principal, la Norvège marque des points en terme d’équilibre vie privé/vie pro.

 

Point fort : L’emploi (9,3/10)
Point faible : Les revenus (2,9/10)

Le Danemark (6ème)

 

 

Encore un pays nordique. Relations sociales, équilibre vie pro/vie privée, satisfaction globale… le Danemark se pose là.

 

Point fort : Le bien-être personnel (10/10)
Point faible : Les revenus (2,5/10)

Les Etats-Unis (7ème)

 

 

Au pays de l’oncle Sam, on ne badine pas avec l’argent et donc les revenus. Le bonheur passe aussi par les dollars inscrits sur la fiche de paie.

 

Point fort : La gouvernance (7,7/10)
Point faible : La sécurité (7,6/10)

Les Pays-Bas (8ème)

 

 

Les canaux, le vélo et les tulipes représentent depuis longtemps l’image que l’on se fait des Pays-Bas. Vous pourrez dorénavant également y ajouter le bien-être personnel ou l’équilibre socio-professionnel.

 

Point fort : L’équilibre vie pro/vie privée (8,7/10)
Point faible : L’environnement (6/10)

La Suisse (9ème)

 

 

On peut cultiver historiquement sa neutralité et ne pas avoir peur de faire connaître son avis. Mais pas trop fort. En même temps, il n’y a pas vraiment de quoi : il fait bon vivre en Suisse.

 

Point fort : La santé (8,9/10)
Point faible : L’éducation (3,3/10)

 

 

L’Islande (10ème)

 

 

Au pays de Björk il fait bon vivre grâce à la musique d’une part, mais surtout à la vie sociale et au sentiment de sécurité (normal pour une île non ?).

 

Point fort : La vie en communauté (10/10)
Point faible : L’éducation (6,1/10)

La France (17ème)

Pas si mal pour la France qui se classe 17ème, pile dans la moyenne. Les Français et leur éternel pessimisme ne seraient-ils donc pas si négatifs ? Non si l’on en croit leur satisfaction en termes d’environnement ou d’équilibre vie pro/vie privée. Oui si on les écoute sur la gouvernance.

Point fort : L’environnement (9,5/10)
Point faible : Les revenus (3,6/10)

Agressions sexuelles : Des frontières juridiques floues entre séducteur et harceleur

Quand le « séducteur invétéré » devient-il un harceleur sexuel ? Quand le « dragueur lourd » est-il susceptible d’être traduit en justice ? Aller trop loin, ça commence où pour un tribunal ? À quel moment des pratiques relevant de la vie privée basculent-elles dans le champ public du délit, voire du crime ? Ceux qui s’érigent en défenseur de Dominique Strauss-Kahn, accusé de tentative de viol et d’agression sexuelle envers une femme de chambre à New York, ne mettent pas seulement en avant la présomption d’innocence de leur ami ou client. De la dénégation à la relation consentie en passant par les jugements sur le physique de la victime présumée, tout y passe ou presque. L’avocat de Georges Tron, l’ex-secrétaire d’État à la fonction publique poursuivi pour agression sexuelle, qualifie, lui, les plaignantes, « d’affabulatrices ». À leur manière, et sans le savoir, les uns comme les autres reprennent à leur compte les argumentaires les plus communs dans les prétoires quand un homme – c’est le plus souvent un homme – est accusé de violences sexuelles…

Le harcèlement devrait commencer là où s’arrête le consentement

Un détour par la jurisprudence s’impose au moment où se succèdent les affaires impliquant des hommes politiques. En droit français, les frontières entre séducteur et harceleur sont a priori clairement établies. Elles se révèlent à l’usage mouvantes, évoluant au gré des décisions des juges, et insatisfaisantes, reflétant la perméabilité de la société au sexisme. L’introduction du harcèlement sexuel dans la législation est tardive. Alors qu’aux États-Unis, la catégorie est constituée dans les années 1970, il faut attendre 1992 pour qu’elle intègre au même moment en France le code pénal et le code du travail.

Considérant que « toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise » constitue une agression sexuelle, le code pénal dispose, dans son article 222-33, que « le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle est puni d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende ». 

L’article L1153-1 et 2 du code du travail prévoit, lui, « qu’aucun salarié, aucun candidat à un recrutement, à un stage ou à une période de formation en entreprise ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, de formation, d’affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat pour avoir subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement de toute personne dont le but est d’obtenir des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d’un tiers ».

Le harcèlement devrait commencer là où s’arrête le consentement. À l’instant où la victime exprime son refus de la situation. Mais le délit n’est pas facile à caractériser devant les tribunaux. La parole de la personne s’estimant violentée ne suffit pas. Les avocats doivent réunir un faisceau d’indices concordants, la jurisprudence en admettant plusieurs allant des manifestations physiques (attouchements de certaines parties du corps, comme les genoux, la nuque, les cheveux, tandis que des zones comme les seins, le sexe et les fesses sont susceptibles de constituer une agression sexuelle) aux formes verbales (propos tendancieux, menaces ou chantages d’ordre sexuel) en passant par d’autres traces comme les mails, les SMS ou les « petits mots » allusifs ou explicites. 

La répétition n’est pas une condition sine qua non mais elle est souvent constitutive du délit. De même, l’existence de contrepartie n’est pas indispensable, même si le chantage est fréquemment utilisé.

« À l’audience, certains agresseurs ne voient pas où est le problème »

Activer ses droits n’est pas aisé. « En général, la victime entame une procédure judiciaire lorsqu’elle ne risque plus de perdre son travail, soit parce qu’elle a déjà été licenciée, soit parce qu’elle est en arrêt maladie et est protégée à ce titre. Ce sont aussi dans ces circonstances qu’elle n’est plus sous l’emprise de l’agresseur. Traversant une période de fragilité, elle est souvent seule et elle n’a pas toujours de preuves matérielles, ou ne les a pas conservées. Or, se lancer dans une procédure implique de rassembler les preuves.

Il faut décortiquer son témoignage pour l’étayer avec d’autres éléments : chercher d’éventuels témoins auprès de ses collègues de bureau, demander si elle a parlé de ce qui lui est arrivé à son médecin traitant ou à la médecine du travail, qui garde les archives des consultations, ou à l’inspection du travail qui a également pu recevoir d’autres plaintes émanant de salariées de la même entreprise. Il faut vérifier si d’autres personnes n’ont pas subi des violences identiques antérieurement, ce qui n’est pas rare », indique la juriste et chercheuse Catherine Le Magueresse, ex-présidente de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes (AVFT).

Elle rappelle la distinction fondamentale entre un séducteur et un harceleur : le premier, dit-elle, « s’inscrit dans une relation, une interactivité, il s’intéresse à l’autre, à ce qu’il pense et ressent et respecte les éventuels refus », à la différence du second qui « est dans le déni de l’autre et qui le gomme, ce qui explique qu’à l’audience, certains agresseurs ne voient pas où est le problème ».

Au regard de l’évolution de la jurisprudence, l’avocate Claudia Canini estime, elle, que « les manifestations du harcèlement sexuel ont en commun leur violence, leur coloration obscène et la négation du désir de l’autre, ravalé au rang d’objet ». Se référant à un arrêt de la Cour de cassation du 21 novembre 2007, elle souligne que sont sanctionnés les gestes « non désirés » par la victime et exercés « contre sa volonté » en cas de « refus clair et dénué d’ambiguïté ». C’est là que les choses se compliquent, puisque la personne n’est pas forcément en mesure d’apporter une résistance active. La relation peut d’abord être consentie avant de ne plus l’être. Le refus peut s’avérer difficile à exprimer.

Pour l’avocate Caroline Mécary, « le harceleur témoigne d’un absolu irrespect de l’autre, alors que le séducteur s’arrête quand on le lui demande ». Et en l’absence de formulation? « Les situations peuvent évidemment être ambiguës, poursuit-elle. Parfois la victime accepte certaines choses car elle se sent obligée. Il est alors essentiel de déterminer s’il existe un rapport de domination entre les deux personnes. » Le cas n’est pas rare. 

« J’ai défendu une salariée qui a eu une relation avec son employeur et qui a décrit la première relation sexuelle comme un viol. Selon son expression, elle n’a pas réagi à ce moment-là car elle était “à l’ouest”. Les psychologues parlent de dissonance cognitive ou de dépersonnalisation pour qualifier cet état, ce qui revient à mettre à distance ce qui vous arrive », indique l’avocat Simon Ovadia, qui remarque une autre difficulté majeure : « À la différence des violences physiques, les violences sexuelles ne laissent le plus souvent pas de traces. Il ne suffit généralement pas pour le juge, comme pour les violences non sexuelles, pour décider de la culpabilité du mis en cause, de comparer la description des violences dans la plainte aux constatations médicales des lésions établies par les médecins par exemple. Dans ce cas, les juges auront besoin pour forger leur intime conviction d’autres indices, et il existe des indices spécifiques de la violence sexuelle ».

« Les magistrats sont de plus en plus sensibilisés à ces problématiques »

À la barre, la défense se positionne en fonction des éléments du dossier. « Les mis en cause, conseillés par leurs avocats, s’appuient sur la définition pénale du harcèlement sexuel qui ne réprime que les agissements commis “dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle”. Il leur est donc facile de dire qu’ils n’avaient pas l’intention de coucher avec la personne, qu’ils plaisantaient, que c’était de la gentillesse, un geste paternel, qu’elle n’a rien compris, “elle est un peu gourde”, que d’ailleurs “regardez comme elle est fichue”, voire qu’elle prend ses rêves pour la réalité. La grossièreté peut être sans limite lors des audiences », assure Catherine Le Magueresse.

Selon elle, « si la victime engage une procédure aux prud’hommes, l’agresseur peut dire qu’elle le fait pour gagner de l’argent. Si elle a été licenciée, c’est pour se venger. Si elles sont plusieurs, c’est la théorie du complot. Et puis, classiquement, on entend qu’elle était consentante mais qu’elle avait peur de le dire à son mari ».

Selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, 12.855 faits d’agressions sexuelles (dont le harcèlement) ont été constatés par la police et la gendarmerie en 2010, 22.963 y compris les viols (Consulter ici les chiffres). Près de 10.000 ont été élucidés, soit un taux élevé de 77%, ce qui n’est pas étonnant puisque l’auteur est le plus souvent connu de la victime. Et 7.578 personnes ont été mises en cause, ce qui ne signifie pas nécessairement qu’elles aient fait l’objet d’une procédure approfondie voire d’une audience. L’identification du problème est par ailleurs sous-évaluée dans la mesure où nombre de victimes présumées ne portent pas plainte.

Éparses et incomplètes, les statistiques montrent à quel point la question est peu documentée, notamment de la part des pouvoirs publics. La manière dont la législation a évolué témoigne toutefois d’une prise de conscience.

En 1992, dans sa première occurrence, le harcèlement sexuel est lié à un « abus d’autorité » c’est-à-dire qu’il s’inscrit forcément dans une relation hiérarchique. Son introduction dans la législation constitue une avancée considérable puisqu’elle permet aux victimes d’identifier ce qui leur arrive et de poursuivre leurs agresseurs. En 2002, la loi dite de modernisation sociale crée le délit de harcèlement moral et supprime le lien de domination, élargissant le champ aux collègues de travail ou aux voisins de palier par exemple.

Pour Caroline Mécary, les améliorations sont progressives mais réelles : « Les magistrats sont de plus en plus sensibilisés à ces problématiques, même si ce sont des dossiers qu’ils n’aiment pas car il est souvent compliqué d’établir la culpabilité des personnes poursuivies, les actes commis se situant dans des zones grises. Sur les questions de mœurs, on observe un manque de conscience politique, comme s’il s’agissait d’un héritage du libertinage du XVIIIe siècle. On tolère beaucoup de choses considérées comme intolérables ailleurs. Néanmoins, les peines appliquées aujourd’hui sont conséquentes, notamment pour le viol encore banalisé dans les années 1970 ».

Le travail étant le cadre le plus fréquent des agressions sexuelles, les personnes privilégient la voie prud’homale par rapport à la voie pénale pour faire avancer leur plainte. Moins lourde et longue, la procédure peut donner lieu à des compensations financières. Formatrice en droit dans les entreprises, Claudia Canini se dit « assaillie de demandes de consultations de salariés en matière de harcèlement moral ».

« Sur le harcèlement sexuel, c’est encore timide. L’inspection du travail commence à dresser des procès-verbaux et les tribunaux condamnent de plus en plus », observe-t-elle, soulignant que la jurisprudence s’est durcie en 2007 avec un arrêt de la Cour de cassation selon lequel la responsabilité de l’employeur est engagée lorsque la santé morale d’un salarié est en cause. Par ailleurs, la charge de la preuve a été aménagée, à partir de 2002, partagée entre le salarié qui doit établir les faits présumant l’existence d’un harcèlement et le défenseur devant prouver l’inverse.

« L’accès au corps des femmes reste la norme »

Les textes adoptés ne comblent toutefois pas le retard accumulé au fil des décennies. Habitué à plaider ce type d’affaires, Simon Ovadia critique le manque de motivation des décisions, de telle sorte que les magistrats ne se prononcent pas rigoureusement sur chaque indice relevé par la partie civile, et regrette la multiplication des « actes manqués procéduraux », comme les erreurs de citations ou de qualifications pouvant aboutir à l’abandon des poursuites ou à des non-lieux. Il devrait exister des chambres spécialisées sur les violences sexuelles, estime-t-il, plaidant en faveur de la formation des magistrats.

En tant que féministe, Catherine Le Magueresse souligne les multiples imperfections de la législation et des décisions en matière de harcèlement, tout en distinguant les « avancées » de la chambre sociale du « conservatisme » de la chambre pénale de la Cour de cassation. Outre que le terme de « faveurs » (utilisé dans les deux codes) lui paraît inapproprié, elle regrette que le défaut de consentement résulte de l’usage de la « violence », de la « contrainte », de la « menace » ou de la « surprise », selon les articles 222-33 et suivants du code pénal, plutôt que du refus de la victime présumée.

L’absence de définition de ces termes, y compris de « harcèlement », rend selon elle la jurisprudence « extrêmement perméable à la subjectivité des juges et donc aux rapports sociaux et au sexisme ambiant ». « L’accès au corps des femmes reste la norme, estime-t-elle, le code pénal se contentant de réprimer les “abus” éventuels. Ainsi, l’article 222-33 ne réprime qu’un nombre limité de formes de harcèlement sexuel, autrement dit il en laisse de côté. »

Dans un arrêt du 29 novembre 1996, la cour d’appel de Versailles admet une « attitude générale de séduction exempte de délicatesse et de tact et non dénuée d’arrière-pensée, assortie de propos douteux, suggestifs, grivois ou grossiers ». Elle aboutit pourtant à un non-lieu au motif « qu’aucun élément objectif ne vient caractériser les contraintes résultant d’un abus d’autorité en vue de faveurs de nature sexuelle » et que « même si (la) position hiérarchique (de la personne mise en cause) ne peut être occultée, il n’est pas démontré qu'(…) il s’en soit prévalu ».

L’ex-présidente de l’AVFT fustige aussi la « confusion complète » entre le harcèlement et les « signaux sociaux conventionnels de séduction », expression faussement technique apparue dans la jurisprudence pour désigner des actes non répréhensibles. La cour d’appel de Pau, le 06 mai 2004, estime ainsi « qu’une attitude de séduction même dénuée de tact ou de délicatesse ne saurait constituer le délit de harcèlement sexuel, pas davantage que de simples signaux sociaux conventionnels lancés de façon à exprimer la manifestation d’une inclination ».

Et d’insister : « La seule attitude de séduction, fût-elle maladroite et insistante, d’un supérieur hiérarchique ne suffit pas à caractériser l’infraction; que Mme P. n’a pas été licenciée ou mise à pied et n’a pas davantage fait l’objet de mesures disciplinaires ou de rétorsion à la suite de ses refus réitérés. Que dès lors, quel que soit le désagrément vécu par l’intéressée, le délit ne paraît pas constitué ».

Ce types d’attendus ne sont pas sans influence. Catherine Le Magueresse rappelle, pour s’en convaincre, une décision du tribunal de grande instance de Paris du 05 juillet 2000 qui a jugé que les agissements du prévenu n’étaient que de « simples signaux sociaux conventionnels », alors que la victime présumée dénonçait un crime de viol par sodomie. 

Au final, son jugement sur l’évolution de la jurisprudence est sévère. « Le vote des lois de 1992 s’est accompagné d’une dizaine d’années de jurisprudence plutôt positive, mais depuis 2002, la tendance s’est inversée. Ça se dégrade », estime-t-elle, citant, entre autres, l’effet Outreau, le manque de moyen dans la justice et l’absence de formation des différents intervenants traitant des violences sexuelles.

Les procédures étant longues, coûteuses et incertaines, nombres de personnes renoncent d’elles-mêmes à porter plainte (neuf sur dix, selon les estimations de l’AVFT). D’autant qu’elles ne sont pas à l’abri, en retour, de poursuites de leur agresseur présumé en diffamation ou en dénonciation calomnieuse, comme s’est empressé de le faire Georges Tron. Acte thérapeutique pour certains, aller devant les tribunaux pour demander justice peut être considéré comme un geste politique par d’autres.

Rentrée 2011 : cours le matin, sport l’après-midi ?

À la rentrée 2011, le programme « Cours le matin, sport l’après-midi » s’étendra à de nouveaux collèges et lycées français. Mis en place en 2010, ce rythme scolaire existe dans une centaine de collèges, et c’est un succès ! Par conséquent, le gouvernement a décidé d’en faire profiter 15 000 nouveaux élèves à la rentrée prochaine.

L’@ctu du jour :

Si tu es en CM2, sache qu’à la rentrée prochaine tu pourras peut-être avoir cours le matin et sport l’après-midi. On croit rêver, mais c’est bien vrai !

Le programme « Cours le matin, sport l’après-midi » a été mis en place dans 125 collèges et lycées français. Principalement en sixième et en cinquième. Il semblerait qu’il ait porté ses fruits. D’après les proviseurs (les directeurs d’école), les élèves se sentent mieux, et l’ambiance dans les cours de récré est meilleure.

C’est pourquoi, dès la rentrée scolaire prochaine, le gouvernement a décidé d’appliquer ce programme dans 125 lycées et collèges supplémentaires. Le principe est simple : les cours ont lieu le matin de 8 h 30 à 13 h 30, et l’après midi est consacré à des activités sportives. Les élèves ont en moyenne cinq heures de sports supplémentaires par semaine.

Seul hic, la mise en place est parfois difficile. Car pour faire du sport, il faut des équipements (piscine, gymnase, terrains de sport) et des personnes pour s’occuper des élèves. Cela demande une nouvelle organisation. Et puis, tout le monde n’est pas sportif… Certains élèves préféreront avoir cours toute la journée plutôt que de courir sur un terrain de basket.

Mais d’ici à la rentrée prochaine, les proviseurs auront eu le temps de discuter avec les parents et les élèves pour orienter les plus motivés dans des classes sportives !

 

Et toi, tu serais tenté par des cours le matin et du sport l’après-midi ?

Quels sont les rythmes scolaires en Allemagne, Finlande et dans d’autres pays européens ?

Clique ici pour lire un article sur l’école et les vacances en Allemagne.

Clique ici pour lire un article sur l’école et les vacances en Finlande.

Clique ici pour lire un article sur l’école et les vacances aux Etats-Unis.

Clique ici pour lire un article sur les rythmes et résultats en France et en Europe.

Le mot du jour : « école »

« École » vient du grec « skholê » qui veut dire « loisirs ». Eh oui, chez les Grecs, le savoir était associé aux loisirs ou aux plaisirs ! Celui qui s’instruisait avait plus de chances de devenir un homme libre. L’école, c’est donc le lieu où l’on apprend une ou plusieurs disciplines. Dans ton école, tu apprends à lire, à écrire ou à compter, mais aussi à réfléchir sur le monde qui t’entoure, et même à courir après un ballon !

« Los indignados » : qui sont ces manifestants et que veulent-ils ?

Le 17 mai, environ un millier d’Espagnols se sont rassemblés dans le centre de Madrid, la capitale de l’Espagne, pour manifester contre la politique mise en place par le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero (le président espagnol). Depuis deux semaines,  la Puerta del sol, une des plus grandes places de Madrid, est occupée par des milliers de jeunes, on les appelle « les indignés ». Mais qui sont ces jeunes manifestants et que veulent-ils ?

Cette photo a été prise à Madrid, sur la Puerta del sol , le 27 mai. « Les indignés » manifestent pour protester contre la politique menée par le gouvernement espagnol. Au premier plan, l’un d’eux porte des fleurs au centre de la place. Un peu plus loin, d’autres arborent des affiches sur lesquelles tu peux lire « no » qui veut dire « non » au silence, car le visage, qui est dessous, a la bouche scotchée. Enfin, au dernier plan, une des tentes, il y en a des centaines comme celle-là sur la place. (© photo AFP/ Pedro Armestre)

 

L’@ctu du jour

Ils sont étudiants, chômeurs, jeunes et moins jeunes. Ils dorment sous des tentes et des matelas, qu’ils prennent soin de replier la journée. Ce qui fait ressembler la Puerta del sol, à un immense campement. Il y a toujours du monde, car les manifestants se relaient jour et nuit !

Qui sont ces « indignados » ?

Ils s’appellent « Los indignados », « les indignés » (voir le mot du jour). Ils sont déçus par les partis politiques espagnols et ne se sentent plus représentés par eux. Ils veulent plus de démocratie* et demandent à être entendus par les hommes et les femmes qui gouvernent leur pays. Mais, surtout, ils reprochent au gouvernement d’être à la merci des banquiers. Ils pensent que les décisions sont prises par les banques plutôt que par leurs représentants politiques.

Pourquoi manifestent-ils ?

La plupart d’entre eux sont au chômage*. En Espagne, parmi les jeunes de moins de 25 ans, une personne sur deux est sans travail. Un chiffre qui  a augmenté, depuis que ce pays est traversé par la crise, au même titre que la Grèce (clique ici pour lire un article sur la crise en Grèce) et le Portugal. « Los indignados » ont décidé de poursuivre leur mouvement au moins jusqu’à jeudi.

En attendant, ils se rassemblent et débattent du monde dans lequel ils aimeraient vivre. C’est la première fois, en Europe, qu’un mouvement de ce type se produit, sans étiquette politique et non-violent. Il a, par ailleurs, fait des émules*: ce week-end, des manifestations d’« indignés » ont eu lieu en France et en Grèce.

Ex-Yougoslavie : Le « Bourreau des Balkans » derrière les barreaux !

Le podium des hommes les plus recherchés du monde vient à nouveau de s’effondrer. Après l’opération menée contre Oussama Ben Laden dimanche 01 mai 2011, Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, a été arrêté lundi 26 mai… Responsable du massacre de 8.000 Musulmans à Srebrenica en juillet 1995, le « Boucher des Balkans » passera devant la justice internationale pour génocide, crimes contre l’humanité, exterminations, meurtres et déportations.

Juillet 1995. Depuis deux mois, l’enclave musulmane de Srebrenica, en Bosnie, n’a pas reçu le moindre ravitaillement de nourriture et d’essence. Le 11 du même mois, les 44.000 habitants de la ville assistent à l’entrée du général serbe Ratko Mladic dans la ville. Un survivant, cité par LeFigaro.fr, rapporte les premiers mots du général : « Ils tueront tous les hommes et les jetteront dans le fleuve Drina pour nourrir les poissons, ainsi ces hommes ne tueront jamais plus d’enfants serbes dans la vallée serbe du Drina. Mais ils laisseront partir les femmes pour qu’elles puissent souffrir » (Lire ici l’article). Le lendemain de l’assaut, les familles sont séparées de force. « Des cars arrivent dans l’enceinte pour déplacer les femmes et les enfants en territoire musulman. On estime que 23.000 d’entre eux ont quitté la ville en à peine trente heures. Au même moment, les Serbes réunissent tous les hommes âgés de 12 à 77 ans pour « interrogatoire pour crime de guerre potentiel », raconte LeMonde.fr (Lire ici l’article). Le 18 juillet 1995, ces 8.000 Musulmans avaient péri sous les armes des troupes de Mladic.

Lundi 26 mai 2011, aux alentours de midi, presque seize après les faits. Le site internet de la radio belgradoise B92 évoque l’arrestation d’un homme qui pourrait être Ratko Mladic… « Mladic capturé ? » pouvait-on alors lire sur les sites web des principaux médias serbes. Une heure plus tard, le point d’interrogation était devenu un point d’exclamation. L’homme arrêté par la police serbe était bien Ratko Mladic », raconte CourrierInternational.com (Lire ici l’article). Il est aujourd’hui l’objet de quinze chefs d’inculpation devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. « Les plus importants sont « génocide », « complicité de génocide », « crimes contre l’humanité », « exterminations », « meurtres », « déportations », « actes inhumains », « prises d’otages » et « violations des lois et coutumes de la guerre » : le « Boucher des Balkans », comme il est parfois surnommé, encourt la prison à perpétuité », détaille pour sa part LeMonde.fr (Lire ici l’article).

Au-delà de son poids historique, cette arrestation pourrait voir la Serbie se rapprocher un peu plus de l’Union européenne… « La Serbie vient de faire un pas important dans son processus d’adhésion à l’Union européenne. L’arrestation du général serbe Mladic et son extradition vers La Haye, où siège le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, devrait en effet permettre de lever un verrou important à la candidature du pays. Les Pays-Bas notamment, dont les casques bleus n’avaient pas réussi à empêcher le massacre de Srebenica, faisaient de l’arrestation de son responsable une condition indispensable à l’examen de la candidature serbe. Le président de la Commission européenne, comme Paris et Rome, ont d’ailleurs immédiatement tenu à souligner qu’une « étape importante » venait d’être franchie », relève LeFigaro.fr (Lire ici l’article). Seule ombre au tableau lundi 26 mai 2011 : les ultra-nationalistes serbes ont fait savoir leur mécontentement dans les rues de Bosnie, générant blessures et arrestations… « Ratko Mladic est perçu par de nombreux nationalistes serbes comme un héros de la guerre de Bosnie », rappelle NouvelObs.com (Lire ici l’article). Mais nul doute qu’entre l’arrestation de l’homme le plus recherché du monde et les échauffourées nationalistes du lundi 26 mai 2011, l’histoire retiendra le premier événement…

Éruption volcanique en Islande : c’est la nuit en plein jour !

Il y a trois jours, le volcan Grimsvötn, situé en Islande, une île de l’Atlantique Nord, est entré en éruption. Il dégage un énorme nuage de cendres qui gêne le trafic des avions et qui pourrait atteindre la France.

Analyse de la photo : Samedi, le volcan Grimsvötn est entré en éruption. Il s’est réveillé et a craché un énorme nuage de fumée et de cendres. C’est le gros champignon que tu vois au centre de l’image, dans le ciel bleu. La photographie est prise de très très loin, et pourtant le nuage occupe une grande partie du paysage, c’est dire combien il est énorme ! Au premier plan de l’image, on voit un tracteur et les bâtiments d’une ferme. Ils sont fermés. Il n’y a personne dehors. Tout semble abandonné comme si les habitants étaient partis ou bien enfermés chez eux. Car ce nuage est dangereux. Quand la cendre retombera sur le sol, elle envahira tout, elle rentrera partout. Tout sera noir : ce sera la nuit en plein jour !

L’@ctu du jour :

Grimsvötn : c’est le nom d’un volcan situé sous le plus grand glacier d’Islande. Samedi dernier, il est entré en activité, crachant de la lave et un épais nuage de cendres. Les débuts de l’éruption ont été très puissants : samedi, la colonne de fumée qui s’échappait du cratère dépassait vingt kilomètres de hauteur !

Pour voir un schéma du volcan, clique ici.

Un nuage de cendres qui se déplace avec les vents

Les cendres en altitude risquent de pénétrer dans les réacteurs des avions et de les bloquer. Du coup, l’espace aérien a été fermé en Islande. Il rouvre progressivement, car l’activité de Grimsvötn semble diminuer d’intensité depuis hier.

Mais le nuage de cendres se déplace avec les vents. Il pourrait aussi toucher la France et le nord de l’Espagne, et engendrer ainsi des perturbations.

Voilà qui rappelle les événements d’avril 2010, quand un autre volcan islandais, l’Eyjafjöll, avait paralysé le trafic aérien mondial pendant un mois. Mais, pour les spécialistes, la situation semble moins grave.

Il fait jour, mais c’est tout noir ?

En effet, les éruptions de Grimsvötn ne durent généralement pas plus de quelques jours. De plus, les vents sont plus faibles que l’an dernier. Enfin, les cendres sont plus lourdes que celles d’Eyjafjöll, donc elles se déplacent moins facilement et retombent plus vite sur le sol.

Par conséquent, les villages proches du volcan sont recouverts de cendres. Ils sont  plongés dans l’obscurité en plein jour ! Et toi, arrives-tu à imaginer ta ville recouverte d’une poussière grise ?

Le mot du jour : volcan

Le mot « volcan » vient du nom latin « Vulcanus », qui était le dieu romain du Feu. Un volcan, c’est une montagne en forme de cône, par lequel peut sortir de la lave issue d’une roche fondue venue des profondeurs de la Terre et qu’on appelle « magma ». Il y  a environ 10 000 volcans sur les continents, et encore plus sous les océans.

Est-ce que ce type d’éruption pourrait se produire en France ?

Les volcans en activité se trouvent à La Réunion, à la Martinique et à la Guadeloupe, trois îles françaises. Mais ces volcans sont très surveillés. Il existe aussi des volcans en sommeil dans le Massif central et en Polynésie française. Un volcan en sommeil se différencie d’un volcan éteint par le fait qu’il peut à nouveau entrer en éruption, même si les risques sont très faibles.

Pourquoi les volcans entrent-ils en éruption, en Islande ?

L’Islande est une île qui possède un grand nombre de volcans, et beaucoup sont actifs.
Elle est située sur la dorsale Atlantique, une sorte d’immense fissure au fond de l’océan d’où sort le magma.

Pour découvrir l’univers brûlant des volcans, clique ici.