Archive | mars 2011

Bourgogne : Le chômage repart à la hausse en février 2011

Dans un communiqué de presse envoyé jeudi 24 mars 2011, Pôle Emploi et la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) ont annoncé que le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A s’établit en février 2011 à 61.333 en Bourgogne. Ce nombre est en faible augmentation par rapport à la fin janvier 2011 avec +0,3% (soit +191) mais demeure stable sur un an.

En Bourgogne, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi de catégories A, B, C s’établit à 97.423 à fin février 2011. Ce nombre évolue peu sur un mois (+23). Sur un an, il croît de 4,3%. En France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégories A, B, C est également peu évolutif par rapport à la fin janvier 2011 avec -0,1% (+4,1 % sur un an).

Vision départementale

S’agissant de la catégorie A, selon le département,  le nombre de demandeurs d’emploi varie en janvier 2011 :

  • Côte-d’Or : +0,6%
  • Nièvre : +0,9%
  • Saône-et-Loire : +0,1%
  • Yonne : stagnation.

S’agissant de la catégorie A, B, C, selon le département, le nombre de demandeurs d’emploi varie entre -0,3% et -0,7% :

  • Côte-d’Or : -0,2%
  • Nièvre : stagnation
  • Saône-et-Loire : +0,1%
  • Yonne : +0,3%

Vision par sexe et tranche d’âge

En Bourgogne, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A augmente légèrement en février 2011 de +0,3% chez les hommes (-3,6% sur un an) et de +0,4% chez les femmes (+4,0% sur un an). Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A de moins de 25 ans enregistre un faible recul sur un mois (-0,4%) et régresse sur un an  (-7,2%). Sur un mois, le nombre de ceux âgés de 25 à 49 ans s’accroît faiblement (+0,2%) et celui des seniors progresse de +1,3%. L’évolution sur un an demeure contrastée : -1,8% pour les adultes et +13,0% pour les demandeurs âgés de 50 ans et plus. 

Pont-et-Massène (21) : Le club nautique mené en bateau ?

La démocratie locale est ici sacrifiée, sans exagération, sur l’autel des intérêts privés et politiques ! » : les mots sont durs mais Jean-François Cusey, président du comité de gestion de crise du Club nautique semurois les assume totalement. Selon lui, la structure sportive qui évolue sur le lac de Pont est victime d’un acharnement, de « maltraitances ». Si sa pérennité est largement remise en cause, elle n’a pas pour autant dit son dernier mot et invite passionnés et riverains à un apéritif solidaire le dimanche 27 mars 2011, à 11h, sur la plage du lac…

Un maire démissionnaire sur fond de polémique

Depuis bientôt deux ans, les bénévoles du club nautique semurois ont l’étrange sensation d’être mené en bateau. « Le problème de départ est simple, constate Jean-François Cusey, président du comité de gestion de crise du Club, mais est devenu très compliqué avec le temps ». A l’origine, il n’hésite pas à évoquer la possibilité d’une vengeance : « En 2000, suite à huit années de procédure et une saison d’expérimentation, nous avons obtenu l’autorisation d’utiliser des bateaux supérieur à 50cm cube. Après les Municipales de 2008, le poulain de l’ancien maire a voulu prendre sa revanche. Il a une vision d’un lac pour le héron ».

Élu en 2008, Éric Chamoy n’est plus maire du village de Pont-et-Massène. En effet, par une lettre en date du 24 mars 2011, la préfète de Bourgogne, Anne Boquet, a accepté la démission de ce dernier, étant entendu qu’il conserve son mandat de conseiller municipal. Pour Éric Chamoy, il ne s’agit que d’une « simple rotation pour raisons personnelles » métaphorisant même ce changement : « Comme dans une course cycliste, il y a un gars qui prend le vent pour entrainer son équipe puis il passe derrière ». Moins à l’aise, il explique en outre ne pas avoir reçu de demande de manifestation du club nautique alors que cette dernière se tient sur la voie publique…

Un risque de crue tous les 5.000 ans !

« Faux ! », rétorque pour sa part Jean-François Cusey, qui s’étonne que la lettre avec accusé de réception n’ait pas trouvé de destinataire. Un élément de plus pour celui qui revient sur la genèse du dossier : « Une expertise des berges a été menée, dont les conclusions, loin d’être accusatrices, annonçait un état d’érosion des berges – 400 mètres sur les douze kilomètres – mais pour des raisons naturelles. Lors d’une réunion à la préfecture, le maire a menacé les services de l’État d’avoir recours au tribunal ». Quinze jours après, le 08 octobre 2009, un arrêté était pris pour interdire, à titre conservatoire, la circulation d’embarcation à moteur thermique.

Pour trouver une issue aux problèmes, la préfecture demande l’organisation d’une table ronde : « Nous n’avons pas pu négocier avec nos détracteurs, si bien que le club n’a pas pu exercer en 2010, enregistrant un déficit de 10.000 euros. Combiné à la baisse du niveau du lac car le barrage ne serait finalement pas ancré et à un risque de crue quinquamillénale (ndlr : tous les cinq mille ans), la fréquentation du site a fortement baissé ». A cinq semaines de l’ouverture de la saison, le club est donc en plein doute.

Voici le SOS d’une asso en détresse

« C’est une réunion sympathique », commente pour sa part le désormais ancien maire de Pont-et-Massène : « Un arrêté préfectorale a été pris ; j’en reste là mais je trouve que c’est beaucoup de chahut pour le loisir de quelques-uns ». Entre sauvegarde l’environnement et développement touristique, Éric Chamoy rappelle que sa commune compte un camping de 150 places et souhaite développer sur le site tout un tourisme vert : « Notre projet – car même si je quitte le poste de maire, nous restons dans la continuité – est d’instaurer une meilleur signalétique du site, de sécuriser la zone et d’installer assez rapidement un bain flottant pour pallier la baisse du niveau ».

Jean-François Cusey déplore lui la condamnation à mort de son club : « Les 4.200 heures de bénévolats sont supplantées par des intérêts politiques » : Marc Patriat, conseiller général et président de la communauté de communes du Sinémurien, aurait « pactisé avec tonton (ndlr : François Patriat, président du conseil régional de Bourgogne), qui a décidé, contre l’avis de Michel Neugnot et de Safia Otokoré, de suspendre les subventions ». Un ras-le-bol que ne manquera pas de dénoncer le président lors de cet apéritif solidaire, qui se tiendra dimanche 27 mars 2011, à 11h, sur la place du lac de Pont – repli sur la maison pour tous de Semur-en-Auxois en cas de pluie : « Nous lançons un SOS », conclut-il. Le 1er avril prochain, il est convoqué à la préfecture de Côte-d’Or en présence de Marc et François Patriat, du maire de Pont et d’un représentant de Voix navigable de France (VNF) et de l’État. L’épilogue d’une longue histoire ?

Dijon-Longvic, base arrière de la guerre en Libye

Où sont donc passés les avions de chasse de la Base aérienne 102, que l’on entend d’habitude si régulièrement lorsqu’ils survolent Dijon pour leur entraînement ? Réponse : sur le théâtre des opérations en Libye, contribuant à la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne en vue de protéger la population civile contre les frappes militaires du colonel Kadhafi. Au cœur de la base militaire de Dijon-Longvic, dont l’état d’alerte permanent est doublé d’un renforcement drastique des dispositifs de sécurité, Jean-Marc Vigilant, son commandant, a tenu jeudi 24 mars 2011 la première conférence de presse autorisée par l’Etat-major des Armées depuis le début de la guerre, six jours après le début de l’intervention. Il évoque le premier bilan des missions attribuées aux pilotes dijonnais, les opérations qu’ils continuent de mener en Libye et quelques bases de stratégie militaire, très utiles pour mieux comprendre ce qui se passe en ce moment dans le ciel africain…

Jeudi 17 mars 2011 : la BA 102 Dijon-Longvic entre en guerre

Contrôles de sécurité renforcés, escorte obligatoire pour les journalistes ou encore personnels – du commandant aux chargés de communication – en tenue militaire de la tête aux pieds : la BA 102 de Dijon-Longvic est en guerre ; et cela se voit. « Nous aurions voulu vous recevoir plus tôt mais, lorsqu’il y a des opérations réelles en cours, la seule personne qui peut s’exprimer est le porte-parole du chef d’Etat-major des Armées », commence Jean-Marc Vigilant, commandant de la base. Aujourd’hui, l’Etat-major a donné son accord pour que les forces militaires de l’Hexagone impliquées en Libye puissent communiquer sur leur action au sein de l’opération Harmattan – nom donné à la participation française en Libye…

Que s’est il donc passé à Dijon à partir du jeudi 17 mars 2011, jour où la résolution 1973 des Nations Unies a lancé l’opération aérienne internationale en Libye (Lire ici le texte de la résolution sur LeMonde.fr) ? « Immédiatement, nous avons reçu l’ordre du président de la République de nous préparer à être engagés très rapidement. Aussi, dans la nuit-même du vote de la résolution et pendant toute la journée du lendemain, tout le personnel de la base aérienne a travaillé pour préparer six Mirage 2000-5 en configuration maximale », explique Jean-Marc Vigilant. Réservoir de carburant supplémentaire, armement complet, missiles air-air à infrarouges ou électromagnétiques, missiles d’interception et de combat aérien (Mica), équipements de contre-mesures électroniques « pour brouiller les radars ou leurrer les missiles ennemis » : tout a été pensé pour que le potentiel de chaque avion soit poussé à son maximum. « Je tiens d’ailleurs à saluer le travail exceptionnel de nos mécaniciens, qui ont oeuvré nuit et jour pour en arriver là ».

Au matin du samedi 19 mars 2011, l’unité dijonnaise est bien au rendez-vous. A 14h30, une première patrouille de deux Mirage 2000-5 décolle de Dijon en direction de la Libye… « Ce départ avait une connotation particulière car c’était la première fois, je pense depuis le conflit du Kosovo en 1999, qu’une mission opérationnelle réelle décollait avec des avions armés depuis le territoire national pour faire une projection de puissance directement sur un théâtre d’opérations extérieur », remarque Jean-Marc Vigilant.

Première mission : sept heures de vol et un baptême du feu pour les pilotes

Après 2.200 km de vol et un premier ravitaillement dans le ciel méditerranéen, les deux avions dijonnais ont rejoint une patrouille de chasseurs bombardiers – des Mirage 2000-D de la base de Nancy – avant d’entrer, parmi les premiers, dans l’espace aérien libyen. « C’est là une capacité très rare pour les armées de l’air dans le monde. On appelle cela une « capacité de projection de puissance et d’entrée en premier sur un théâtre hostile ». Notre patrouille est passée juste après les Rafale de la base de Saint-Dizier pour venir en protection d’un raid de bombardiers avec des objectifs militaires dans le Sud de Benghazi (ndlr : la capitale de l’insurrection libyenne) », détaille le commandant de la BA 102.

Une mission synonyme de baptême du feu pour les deux pilotes dijonnais, qui ont vu des missiles sol-air monter dans leur direction pendant l’opération… « Ils ont échappé aux tirs grâce à leurs contre-mesures électroniques, d’une part, mais aussi grâce à leur connaissance exacte des défenses sol-air de Kadhafi : ils volaient donc à une altitude supérieure à la portée de ces missiles dont on connaît parfaitement la nature – ils sont de fabrication soviétique », analyse Jean-Marc Vigilant. A l’issue d’une phase de sept heures sur ce théâtre d’opération, les avions bombardiers ont frappé des objectifs militaires « parfaitement identifiés, qui tiraient sur les populations civiles », avant de repartir vers la Corse, à Solenzara, base de repli pour les opérations françaises…

Mission accomplie ? « Oui : nos Mirage ont assuré la supériorité aérienne dans la zone de Benghazi : c’est leur mission de temps de guerre. Ils devaient s’opposer à l’utilisation de l’espace aérien par un aéronef étranger à la coalition – ou qui ne serait pas un avion de transport humanitaire – et aucun avion libyen n’a en effet décollé.  Dans ce cadre la mission est remplie, bien qu’elle ne soit pas terminée. Le résultat est là », souligne le commandant de la BA 102. Aujourd’hui, quatre nouveaux avions Dijonnais ont rejoint la Corse et six Mirage 2000-5 font désormais partie de la coalition aérienne internationale.

La supériorité technologique, arme de guerre infaillible

Une fin a toujours des moyens… Pour cette guerre, ils sont nombreux à être déployés depuis Dijon et le territoire hexagonal. « Tout d’abord, pour pouvoir réaliser ces missions à très longue distance, nous avons besoin d’avions ravitailleurs : on s’appuie sur une demi-douzaine d’appareils basés à Istres, dans les Bouches-du-Rhône, qui accompagnent nos avions de chasse jusque dans la zone », commence Jean-Marc Vigilant. Et de continuer : « Nous disposons également d’un avion Awacs – ou Système de détection et de contrôle aérien (SDCA) – qui offre une couverture radar de la zone d’exclusion aérienne ». Positionné en Méditerranée, il permet de détecter tout avion qui survole l’espace aérien libyen. Surtout, cet appareil détenu par un très petit nombre de pays transmet les informations à des « chasseurs de supériorité aérienne », eux aussi à la pointe de la technologie…

« Le Mirage 2000-5 peut détecter des cibles à près de cent kilomètres, il dispose de missiles qui lui permettent de détruire celles-ci à plusieurs dizaines de kilomètres et son radar multi-cibles est capable de détecter un grand nombre d’objectifs et d’en suivre automatiquement huit pour en engager quatre. En clair : le pilote peut tirer quatre missiles qui vont, chacun, aller sur un avion différent », détaille Jean-Marc Vigilant. Et de remarquer : « Le fait de disposer de chasseurs de cette technologie donne à la France la capacité d’entrer en premier dans une zone hostile ».

Et du côté des pilotes ? Le cadre ne leur est pas tout à fait inconnu… « Depuis des années, nos pilotes répètent au quotidien des missions de convoyage longue distance, d’accompagnement de raids, d’établissement de zones d’exclusion aérienne : c’est leur quotidien, ils savent le faire », relève le commandant de la BA 102. Toutes les procédures relatives au travail avec des alliés ou à l’établissement d’un plan de vol sur un territoire étranger étaient donc bien intégrées avant le départ. Seule différence – et elle est de taille : « D’une part, ils emportent de l’armement réel ; d’autre part, ils sont réellement exposés au danger », relève Jean-Marc Vigilant. « Mais, pour avoir assisté au briefing de la mission partie en Libye, je peux témoigner de la grande sérénité des pilotes, de leur professionnalisme, dû à la haute qualité d’un entraînement reconnu au niveau international ».

Et si un avion libyen décollait dans la zone d’exclusion aérienne ?

Affaire de haute technologie et de savoir-faire des pilotes, la guerre aérienne qui se déroule actuellement en Libye est guidée officiellement par des motivations politiques, face à l’armée du colonel Kadhafi et aux côtés des populations insurgées. Mais comment se déroule, de l’intérieur, une telle opération ? Du côté de la stratégie, le premier ordre est politique : en France, le chef des Armées est le président de la République. « A sa suite, le chef d’Etat-major des Armées est chargé de mettre en oeuvre cet ordre. Il est  lui-même relayé par les différents Etats-majors, qui élaborent des plans. Par exemple, une partie de l’Etat-major va être chargée de choisir les moyens qui seront engagés. Des spécialistes se prononcent ainsi sur le type de chasseurs, de missiles etc. dont nous avons besoin pour exécuter l’ordre », détaille Jean-Marc Vigilant. Un important travail de renseignement appuie également ces décisions. Vient ensuite l’Air task order – ou plan de bataille -, qui définit de façon très précise quel avion va décoller, de quelle nationalité, avec quel armement, à quelle heure, selon quelle trajectoire, à quel moment il doit être sur la zone… ». Dans ce cadre précis, chaque pays reste maître de ses moyens et informe les autres membres de la coalition de ses intentions de vol, en temps et en heure. « Nous nous coordonnons pour occuper l’espace, le temps, et ne pas faire la même chose au même moment et au même endroit ! », résume Jean-Marc Vigilant.

Et si un avion libyen décollait dans la zone d’exclusion aérienne ? Il serait immédiatement détecté par un Awacs, qui transmettrait ensuite les informations au pilote d’un Mirage ou d’un Rafale en vol en lui indiquant d’allez l’intercepter. « Les avions se rapprochent, effectuent les contrôles prévus, et le neutralisent si c’est effectivement un appareil de la partie adverse », explique le commandant de la BA 102. Et après ? « Nos missiles sont autonomes. Par infrarouge ou détection électromagnétique, ils se fixent sur la cible jusqu’à l’impact, quelles que soient les évolutions de l’ennemi. L’intérêt est qu’une fois le missile tiré, on peut se soustraire immédiatement à la menace adverse ».

Côté dommages collatéraux, Jean-Marc Vigilant est catégorique : « Dans l’armée de l’air française, les pilotes de chasse sont entraînés à ne tirer que s’ils ont parfaitement identifié l’objectif et s’il n’y a aucun risque de dommage collatéral. On ne tire qu’à coup sûr et que si l’on est certains qu’il n’y aura pas de civils à proximité. La règle d’or : il vaut mieux rater un objectif militaire, ne pas le tirer, plutôt que d’avoir des pertes civiles ou blesser des gens qui ne seraient pas des opposants ou des militaires. Le but, quand même, est d’aller là-bas pour protéger des civils ! ».

Pendant ce temps-là à Dijon…

Avec six de ses avions partis à Solenzara, en Corse, le personnel de la BA 102 Dijon-Longvic ne se tourne pas les pouces pour autant ! « Nous sommes base arrière, soutien en temps zéro. Dès que nos équipes en Corse nous font signe, nous faisons tous les efforts nécessaires pour pouvoir répondre à leur demande et satisfaire leurs besoins logistiques, techniques et humains », souligne Jean-Marc Vigilant. Et la guerre peut durer longtemps à ce rythme, selon le commandant de la base… « Nous avons entamé un processus de regénération de nos forces et nous changerons régulièrement de pilotes si le conflit durait plusieurs semaines – comme l’a laissé entendre Nicolas Sarkozy. Pour les avions, les mécaniciens travaillent en continu pour – comme on dit dans notre jargon – « sortir des avions », c’est-à-dire mettre les avions en état de vol avec le potentiel complet d’utilisation ».

Finis pour plusieurs mois, les sons de réacteurs au-dessus de l’agglomération dijonnaise ? Et non ! Si les avions ne décollent plus aujourd’hui de la base aérienne, la permanence opérationnelle – capacité à assurer la sécurité du territoire national – est toujours assurée depuis Dijon… En cas de problème, deux Mirage 2000-5 sont effectivement prêts à s’envoler… et ainsi rappeler leur présence aux Dijonnais !

Voitures incendiées à Quetigny (21) : Une enquête, deux affaires résolues…

Il aura fallu à peine plus d’un mois aux enquêteurs de la gendarmerie de Côte-d’Or pour retrouver les responsables de la nuit de violence qui a secoué la ville de Quetigny, dans le Grand Dijon, le samedi 19 février 2011 : en effet, vingt-deux voitures ont été saccagées et huit ont été brûlées cette nuit-là… Suite à de très nombreuses interpellations, le maire de la commune, Michel Bachelard, le procureur de Dijon, Éric Lallement, et le colonel Janus, qui commande le groupement de gendarmerie de Côte-d’Or, organisaient jeudi 24 mars 2011 une conférence de presse pour faire part de leur réussite, d’autant plus qu’une autre affaire a pu être résolue en parallèle…

Affaire du chauffeur de bus agressé : un mineur de 13 ans dans le coup… 

« Cette enquête a nécessité de longues heures de travail et de longues journées de travail. Pour avoir lu les comptes rendus qui ont été faits, je mesure à sa juste valeur l’ensemble des auditions, des investigations et des heures d’écoutes téléphoniques – ou plus exactement d’interceptions de messages qui nous ont beaucoup aidés dans cette affaire pour résoudre les faits. En tout cas, ce travail a été mené avec succès in fine« , a affirmé Éric Lallement, procureur de la République de Dijon. 

Un succès d’autant plus complet que l’enquête a permis de faire la lumière sur deux affaires : celle des voitures dégradées mais aussi l’agression d’un chauffeur de bus Divia le 29 janvier 2011, vers 21h, par trois personnes cagoulées, qui avaient dérobé une somme d’argent. « Si la somme n’était pas très importante, les conditions étaient extrêmement graves puisqu’il y avait eu utilisation d’une arme de poing et d’un couteau, a noté le procureur. Ce qui montrait là une détermination et une violence importante, qui avait d’ailleurs justifié un mouvement des personnels de Divia » (Lire ici un communiqué sur le sujet). Dans cette affaire, trois mineurs ont été mis en examen, l’un étant âgé de 13 ans. Tous ont fait l’objet d’une mesure de placement, hors de la famille : ils ont été déférés au parquet mercredi 23 mars, où ils ont été entendus par le juge d’instruction. 

Affaire des voitures incendiées : 19 interpellations en deux semaines 

La deuxième affaire résolue est l’ensemble des faits survenus la nuit du 19 au 20 février 2011 : « Je résume les faits en terme de qualification pénale puisque nous avions, en début de nuit, le vol d’un scooter et sa dégradation par incendie, des dégradations sur les vitres avant et arrière d’une trentaine de véhicules, puis l’incendie de plusieurs véhicules, vers 21h. Ensuite, une autre série d’incendies, plus tard dans la nuit, dans un lieu différent. Enfin, quelques jours plus tard, la dégradation des vitres de la salle Mendès France. C’est donc cet ensemble de faits pour lesquels, aujourd’hui, nous savons a priori ceux qui a participé directement ou indirectement aux faits : nous sommes en présence d’un groupe pas forcément homogène, les uns participant à tel fait et les autres à tel autre fait », a détaillé Éric Lallement. 

Au terme de dix-neuf interpellations survenues la semaine dernière et cette semaine, onze personnes ont été mises en examen, dont deux mineures – les autres étant de « jeunes majeurs » selon les enquêteurs. Les chefs de mise en accusation sont « dégradations volontaires sur les véhicules par incendie » et « vol » pour le cyclomoteur, mais aussi « participation à une association de malfaiteurs » : « Nous avons découvert en effet que l’un des commanditaires ce ces actions – originaire de Quetigny – était détenu à la prison de Dijon et correspondait par messages avec un certain nombre de jeunes sur la commune de Quetigny, leur donnant un certain nombre d’instructions ». 

Sur les onze mis en examen, celui qui était déjà détenu a fait l’objet d’un nouveau mandat de dépôt ; le procureur a précisé que ce dernier avait d’ailleurs « été éloigné de la maison d’arrêt de Dijon pour être placé dans un autre établissement pénitentiaire, plus sécurisé et surtout, pour éviter de continuer, soit à l’intérieur de l’établissement, soit par des contacts avec l’extérieur, à pouvoir avoir une quelconque influence sur d’éventuels comparses ». Les autres mis en examen ont été simplement placés sous contrôle judiciaire, avec un certain nombre d’interdictions. Éric Lallement de spécifier : « À l’égard de deux d’entre eux, j’ai personnellement fait appel de la décision du placement sous contrôle judiciaire, en souhaitant que ces deux personnes soient placées en détention car je considère qu’au regard des faits qui leur sont reprochés, il m’apparaît plus normal qu’ils soient placés en détention, ne serait-ce que pour une durée limitée. Il s’agit d’une nécessité de marquer un coup d’arrêt que la juge des libertés n’a pas estimé nécessaire. C’est le combat judiciaire classique et la cour d’appel tranchera la semaine prochaine sur cette situation ». Enfin, sur les deux mineurs qui ont été interpellés, l’un a fait l’objet d’un placement judiciaire. 

Le colonel Janus a ensuite expliqué avoir été confronté à une double difficulté au départ de l’affaire : « Il existait peu d’éléments et il ne fallait pas que cela continue. Une surveillance physique – discrète et visible – a permis au bout d’un moment d’identifier le noyau des auteurs. Et l’enquête nous a démontré que l’intention des protagonistes était d’aller bien au delà de ces huit voitures brûlées et vingt-deux véhicules dégradés. Avec l’appui de la préfecture qui nous a accordé des forces mobiles de police et de gendarmerie sur plusieurs semaines, nous avons réussi notre objectif et nous continuons d’ailleurs à apaiser la situation. Toutes les nuits vous voyez des patrouilles de gendarmes mobiles et de gendarmes départementaux dans l’agglomération ».  

Le temps des remerciements

A la fin de la conférence de presse à laquelle ont assisté une vingtaine de personnes, les enquêteurs de la gendarmerie, présents dans la salle, ont été applaudis. Michel Bachelard a souhaité « remercier tous les enquêteurs d’avoir « mis le paquet » pour trouver les auteurs des faits ». Éric Lallement, de son côté, a félicité les services de gendarmerie, parlant « d’un travail extraordinaire » et « d’une enquête pas facile à mener car face à de brefs temps d’action » : « Il est extrêmement difficile de mener une enquête sur des faits aussi impromptus et avec des jeunes qui se déplacent très rapidement. C’est d’autant plus difficile de rassembler des preuves dans le cadre des incendies puisque cela a pour conséquence la destruction même de toute trace ».

Par ailleurs, le procureur de la République a également souhaité « remercier la population de Quetigny car nous aurions pu tomber sur une population qui aurait pu manifester son mécontentement face à des agressions de cette nature. Mais nous nous sommes trouvés face à une population qui a aidé, d’une certaine manière par son calme et parfois par des gestes plus positifs encore, à faire aboutir cette enquête. Je dirais que la population a fait confiance. Je garde en mémoire la réunion publique qui a montré que la population avait des questions à poser mais dans le calme et la sérénité, bien que le mot puisse paraître excessif dans ce cas. En tout état de cause, cela a été un vrai moment de citoyenneté »…

Éric Lallement fait écho ici à la réunion organisée le 03 mars 2011, qui avait réuni plus de 500 personnes à l’espace Mendès France à l’invitation du maire de Quetigny. Aujourd’hui, Michel Bachelard explique : « Dès mon retour, j’avais été reçu par madame la préfète (ndlr : Anne Boquet) et rapidement nous avons eu l’idée de faire une réunion publique pour expliquer aux habitants de Quetigny ainsi qu’aux victimes » (Lire ici le compte-rendu de la réunion dans le journal de la commune). 

« Le procureur de la République vous a laissé un message »

Désormais, une phase d’information judiciaire commence : « Un juge d’instruction a été saisi de ces faits et c’est lui qui aura à préciser le rôle de chacun ; néanmoins, dans le temps de la garde à vue, nous avons pu savoir à peu près qui avait fait quoi », a affirmé le procureur qui souhaite que les personnes mises en examen comparaissent devant la juridiction correctionnelle avant la fin de l’année ».

Et d’ajouter : « Nous souhaitons que des faits d’une telle nature restent des faits exceptionnels et il m’apparaît important qu’à travers notre détermination à lutter contre toutes les formes de délinquance, nous marquions une position ferme d’intervenir de manière systématique pour faire en sorte que de tels faits ne se renouvellent pas et que des villes tranquilles restent une réalité, que l’on ne transforme pas les villes périurbaines en lieu de délinquance ». Michel Bachelard a ajouté « qu’il fallait montrer que ça ne pouvait pas rester impuni. Nous faisons beaucoup de prévention mais ça ne peut être valable que si la sanction arrive. Et la sanction devra arriver mais c’est la justice qui en décidera ». 

Pour terminer, le procureur a adressé « un message à l’égard de tous ceux qui ont participé à ces actes : ils auront à être jugés au cours des prochains mois et donc il est de leur intérêt, bien évidemment, non seulement de respecter les dispositions du contrôle judiciaire mais aussi de faire en sorte qu’on les oublie avant qu’ils ne passent en jugement, car toute cette période constitue pour nous une période probatoire ».