Archive | 11 mars 2011

Dijon : Les nouveaux défis de la Maison de l’emploi et de la formation du bassin dijonnais

Dans un communiqué reçu jeudi 10 mars 2011, la Maison de l’emploi et de la formation (MDEF) du bassin dijonnais informe avoir « inauguré » ce même jour un point relais situé dans le quartier des Grésilles à Dijon. À cette occasion ont été présentées les grandes lignes du plan d’action 2011-2014 répondant au nouveau cahier des charges des Maisons de l’emploi : « La Maison de l’emploi et de la formation poursuit son action engagée depuis quatre ans mais avec des nouvelles missions (elle n’a plus le droit de faire du placement et de l’accompagnement de demandeurs d’emploi, missions désormais réservées à Pôle emploi) et avec des financements de l’Etat en forte réduction qui l’a obligée à réduire ses effectifs ». 

Cliquer ici pour connaître le détail des nouvelles missions de la MDEF et lire ci-desous le discours de Michel Bachelard, président de la Maison de l’emploi et de la formation. 

« Point relais MDEF des Grésilles 

Au nom du Conseil d’administration de la Maison de l’emploi et de la formation du bassin dijonnais, je suis heureux de vous accueillir dans ce Point Relais dont nous avons repris possession au tout début de l’année. Après avoir été hébergés pendant plus d’un an dans un appartement de la place Galilée, suite à l’incendie de l’automne 2009, nous voilà à nouveau dans ces locaux plus spacieux et très bien rénovés par la ville de Dijon, où nous pouvons accueillir les candidats à l’emploi ou à la formation, les créateurs ou repreneurs d’entreprise et toutes les personnes en quête de renseignements sur le monde du travail. Une configuration nouvelle pour ce Point Relais puisque, depuis le 1er janvier, nos missions ont évolué. Je tiens à rappeler que La Maison de l’Emploi et de la Formation du Bassin Dijonnais est née en 2006 de la volonté de la collectivité territoriale porteuse (le Grand Dijon) de créer, avec les membres fondateurs obligatoires (qui étaient à  l’époque l’Etat, l’ANPE et l’Assédic) et  les autres collectivités impliquées, un outil fédérateur, pour réunir en un lieu unique tous les acteurs de l’emploi et de la formation. L’objectif étant de renforcer ou de développer une offre de service de proximité aux populations. 

C’est ainsi qu’avec l’implication et l’appui des élus locaux, un réseau de 15 points relais et de proximité couvrant tous les territoires, urbains et ruraux, du Bassin dijonnais, a été créé. Il s’agissait donc d’assurer une complémentarité et une coordination entre les actions menées par les collectivités locales et celles conduites par le service public de l’emploi. En 2010, la MDEF a tenu compte du nouveau cahier des charges national pour construire son nouveau plan d’actions et ajuster ses moyens financiers. En effet, les Maisons de l’emploi n’assurent plus directement l’accompagnement et le placement des demandeurs d’emploi, hormis pour ceux qui relèvent du Plan local pour l’insertion et l’emploi de l’agglomération dijonnaise, puisque ce dispositif a été intégré à la MDEF dès sa création. Deux référentes du PLIE, Monia TSRI et Dominique MARGUILLER reçoivent ici les personnes éloignées de l’emploi qui sont orientées vers nous par les prescripteurs, notamment par Pôle emploi et le Conseil Général. L’accompagnement et le suivi des jeunes restent assurés dans ces locaux par la Mission locale, qui est notre partenaire depuis le début. Jennyfer Barthélémy et Thomas Brigatti sont présents en permanence ici pour les jeunes de 16 à 26 ans. 

Pour les autres usagers, nous assurons un accueil de premier niveau avant de les orienter vers le partenaire le mieux adapté à leur problématique ou à leurs projets.  Le conseil d’administration a souhaité maintenir cette présence de proximité à Dijon, comme dans les autres points relais du Bassin dijonnais, en secteur urbain comme en zone rurale, grâce à l’engagement réitéré des collectivités locales. La situation actuelle observée sur le bassin dijonnais témoigne de la pertinence du maintien de l’activité des points relais et de proximité, afin de conforter la position de la MDEF comme outil territorialisé intégré, animant et coordonnant une offre de services partenariale. Nous remercions d’ailleurs l’ensemble des partenaires ici présents : Pôle emploi et la Mission Locale notamment, avec qui nous avons collaboré activement, pour articuler nos offres de services et répondre ainsi aux besoins de la population du territoire. 

Je disais il y a un instant que nos moyens avaient évolué aussi, peut-être pas dans le sens souhaité. L’Etat, qui est notre principal financeur, a revu à la baisse le financement des Maisons de l’emploi dans une logique de projet. Ne faisant plus de placement, nous avons donc dû réduire nos effectifs et nous restructurer. Nos conseillères nous ont quitté ; certaines ont été reprises chez nos partenaires, d’autres sont en reclassement professionnel. Nous avons dû également alléger notre équipe d’encadrement. Nous avons aussi réduit nos frais de fonctionnement en faisant par exemple des économies sur le loyer de notre siège, boulevard des Gorgets, où nous avons déménagé dans  les locaux de la Mission locale, plus étroits que ceux occupés précédemment.  Une partie de notre équipe a également déménagé pour s’installer ici. C’est le cas de Virginie Bettelli, qui coordonne nos cinq Points Relais du Grand Dijon implantés à Quetigny, Talant, Chenôve, Longvic et bien sûr ici aux Grésilles.  


Nous avons également ici la chance d’accueillir les chargées de mission pour les clauses d’insertion dans les marchés publics, Isabelle Guillot et Solène Miller, qui sont installées à l’étage. Nous avons également notre chargée d’accueil, Rachida MOUTIA, arrivée ici récemment et qui assure la fonction d’accueil, d’information et d’orientation. Cette fonction est essentielle et vient en appui des services de Pôle emploi. Nous bénéficions également des services de nos chargées de développement TPE-PME. Carole BOURBASQUET intervient par exemple sur les opérations de recrutement en nombre ou les cafés de l’emploi. Audrey PIFFAUT intervient auprès des porteurs de projet de création d’entreprise dans une logique d’amorçage et les oriente ensuite vers les partenaires adéquats. 

Je disais tout à l’heure que les missions des Maison de l’emploi ont été redéfinies par un arrêté du secrétaire d’Etat de décembre 2009. Sans vous noyer dans les détails, disons qu’elles sont regroupées dans quatre axes : 

– Développer une stratégie territoriale partagée 

– Participer à l’anticipation des mutations économiques 

– Contribuer au développement de l’emploi local 

– Réduire les freins culturels et sociaux à l’emploi 

Avec cette volonté du Gouvernement que nous ne soyons plus dans le « faire », mais dans le « faire faire ». Bref, que la Maison de l’emploi joue davantage un rôle de coordination des acteurs de l’emploi, de la formation, de l’insertion, de l’économie. Sous l’impulsion de sa directrice, Bénédicte Delneste, l’équipe de la Maison de l’emploi a donc bâti son plan d’action pour les quatre années à venir. Un peu plus de trente actions, très concrètes, ont ainsi été proposées, affinées avec nos partenaires, avec la DIRECCTE, avec Pôle emploi. Elles ont été validées par le Conseil régional de l’emploi qui a pu ainsi décider du financement que l’Etat apporterait, pas tant au fonctionnement de la Maison de l’emploi qu’à la mise en œuvre  de ces actions. 

Un exemple, parmi d’autres. Puisque nous sommes dans le quartier des Grésilles qui fait partie des zones « Politique de la ville ». Nous avons engagé la réflexion avec des partenaires comme l’Université, l’APEC, l’AFIJ et Pôle emploi pour aider les jeunes diplômés de ces quartiers à démarrer dans la vie professionnelle. Leur origine sociale, leur lieu d’habitation et même, n’ayons pas peur de le dire, leur patronyme sont des freins à l’emploi. Ils ne bénéficient pas des mêmes possibilités, des mêmes réseaux que leurs collègues d’études qui résident dans d’autres secteurs de la ville. Ensemble, avec les partenaires qui nous suivent dans cette action, nous allons les aider à pousser les portes des entreprises. Puisque le plus difficile pour eux, c’est justement de décrocher ce premier rendez-vous qui leur permettra de valoriser leurs compétences. 

Nous travaillons également avec le PLIE, Pôle emploi, la Mission locale, le Grand Dijon, la politique de la ville, le Conseil Général et l’État sur la mise en place d’une plate-forme d’accès dynamique à l’emploi qui devrait concerner 250 personnes éloignées du monde du travail et qui souhaitent un retour rapide à l’emploi. Cela se traduira par un suivi individuel, coordonnant et ajustant différentes démarches en formation ou en atelier, mettant en œuvre une entreprise fictive pour résoudre les difficultés liées à la mauvaise représentation de l’entreprise, de ses normes, de ses règles, utilisant des immersions en entreprise ou recourant à l’intérim, pour aboutir à des sorties positives vers diverses solutions : l’économie marchande, bien entendu, mais aussi l’accès aux postes des clauses d’insertion ou des entreprises d’insertion. 

Je me limiterai là pour les exemples. Beaucoup d’entre vous, déjà partenaires de la Maison de l’emploi, en connaissent d’autres. Toutes ces actions découlent du premier axe de nos missions : Développer une stratégie territoriale partagée. L’observatoire de la Maison de l’emploi du Bassin dijonnais a forgé sa notoriété pendant les quatre premières années de son existence. Avec vous, partenaires de l’emploi, de la formation et de l’insertion, avec vous représentants des collectivités locales et de leurs services emploi, avec vous représentants du monde économique, nous avons partagé depuis 2007 nos observations, nos analyses. Ensemble, nous avons pu définir une stratégie adaptée à chaque territoire. Il n’y a plus qu’à… Comme nous l’indiquions dans notre message de vœux : 2007, 2008, 2009, 2010… le temps file…et il reste tant à faire.  Et c’est ensemble que nous le ferons. Je vous remercie de votre attention. » 

Dijon : Lancement de la plateforme de visio-interprétation au service des malentendants

L’Union régionale des parents d’enfants déficients auditifs de Bourgogne Franche-Comté Centre (Urapeda) et la Caisse d’épargne de Bourgogne Franche-Comté ont lancé officiellement la première plateforme régionale française de visio-interprétation à distance – nouveauté technologique au service des personnes sourdes et malentendantes – jeudi 10 mars 2011 à Dijon, dans le quartier du Petit-Cîteaux. « Le but de cette innovation est de permettre l’intégration sur le marché du travail des personnes sourdes et malentendantes », explique Pascal Séguin, président de l’Urapeda Bourgogne Franche-Comté Centre. 

Au sein des entreprises, les personnes sourdes ou malentendantes ne peuvent pas utiliser le téléphone, recevoir des messages vocaux, participer aux échanges en temps réel avec leurs collègues lors des réunions, etc. La nouvelle plateforme doit les aider à lutter contre cette situation qui les pénalise sur le plan professionnel. Concrètement, grâce à une connexion internet, la plateforme leur permet de téléphoner, d’être appelées et de participer en direct aux réunions, grâce à la transcription instantanée d’un opérateur spécialisé.

« Avec la plateforme Tadeo, nous voulons aussi créer de nouveaux emplois d’interprètes », explique Pascal Séguin. Pour Hervé Allard, responsable de l’entreprise Delta Process, « entendants, sourds et malentendants se retrouvent à égalité avec ce dispositif qui permet une communication aisée entre tous ». Quant à la Caisse d’épargne de Bourgogne Franche Comté, elle a rappelé son engagement en faveur du handicap. L’accord signé par le groupe Caisse d’épargne en faveur de l’emploi des personnes handicapées a d’ailleurs été reconduit pour la période 2009-2013.

Pour autant, « il reste du travail à faire en faveur des personnes handicapées », estime Françoise Tenenbaum, adjointe déléguée à la solidarité et à la santé à la mairie de Dijon et vice-présidente du conseil régional de Bourgogne. Faisant référence à la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, qui fixe notamment des règles strictes en matière d’accessibilité des lieux publics aux handicapés, l’élue insiste sur le retard des collectivités territoriales : « Nous ne serons pas au rendez-vous pour 2015 [ndlr date butoir fixée pour la mise aux normes des équipements publics par le législateur] mais nous avons quand même avancé ».

Cantonales 2011 en Côte-d’Or : Face-à-face dans le canton de Montigny-sur-Aube

La course aux élections cantonales de mars 2011 arrive dans sa dernière ligne droite ! Pour le quinzième débat d’idées précédant cette échéance politique, dijOnscOpe porte son regard sur le canton de Montigny-sur-Aube, où les candidats en lice – Annick Boursot (Front national), Philippe Chardon (Initiatives Côte-d’Or), Céline-Sandra Guy (A Gauche vraiment), Georges Morin (Divers droite) et Nadia Richez (Parti socialiste) – se sont prêtés au jeu des questions-réponses…

  • Portrait-robot du canton

Le canton de Montigny-sur-Aube compte 2.306 habitants pour une superficie de 353,83 km² selon l’Insee. Les seize communes qui le composent sont Autricourt, Belan-sur-Ource, Bissey-la-Côte, Boudreville, Brion-sur-Ource, La Chaume, Courban, Gevrolles, Les Goulles, Grancey-sur-Ource, Lignerolles, Louesme, Montigny-sur-Aube, Riel-les-Eaux, Thoires et Veuxhaulles-sur-Aube. Il compte 8,7% de chômeurs contre 8,8% en Côte-d’Or et 34,9% de retraités contre 21,1% en Côte-d’Or.

  • Cinq candidats

– Front national : Annick Boursot. La candidate ne souhaite pas répondre aux questions des journalistes.

– Sans étiquette (Liste Initiatives Côte-d’Or) : Philippe Chardon, 56 ans, enseignant en EPS et maire de Montigny-sur-Aube. Réponses non parvenues.

Solidarités 21 (Liste A Gauche vraiment) : Céline-Sandra Guy, 37 ans, conseillère juridique.

– Divers droite : Georges Morin. Candidat injoignable. 

– Parti socialiste (Liste Forces de progrès: Nadia Richez, adjointe au maire de Boudreville. Réponses non parvenues.

→ Le conseiller général actuel du canton est Philippe Chardon, 56 ans, enseignant en EPS et maire de Montigny-sur-Aube.

  • Le canton en cinq questions…

1 – En quoi la création d’un futur Parc national Champagne – Bourgogne, au cœur d’un canton tourné vers la filière bois, est-elle une aubaine pour son dynamisme économique ? Existe-t-il un risque que ce projet entre en concurrence avec le pôle d’excellence rurale de la Roche-en-Brenil (Parc naturel du Morvan) en terme de subventions, d’image, de survie économique ?

– Annick Boursot (FN) : La candidate ne souhaite pas répondre aux questions des journalistes.

– Philippe Chardon (Initatives Côte-d’Or) : Réponses non parvenues.

– Céline-Sandra Guy (Front de gauche) : « Soyons sérieux ! La création du Parc national Champagne – Bourgogne contribuera sans doute à préserver la biodiversité et à aménager le territoire au moins en termes de conservation des paysages. Il ne serait pas raisonnable en revanche d’en attendre une  solution « miracle » aux problèmes de la filière bois. La concurrence entre territoires, avec le pôle de la Roche-en-Brenil n’est pas vraiment à l’ordre du jour. Ce qui l’est davantage et à l’échelle de la Région, c’est la création d’une filière de la construction écologique – intégrant l’apport du bois – combinant préoccupations environnementales et industrialisation du territoire où nous aurions sans doute les moyens de faire la course en tête. Le dynamisme économique est à ce prix, celui de l’audace et de l’ambition qui font tant défaut à la majorité de droite sortante de M Sauvadet ».

– Georges Morin (Divers droite) : Candidat injoignable.

– Nadia Richez (Forces de progrès) : Réponses non parvenues.

2 – 34,9% de retraités peuplaient le canton de Montigny-sur-Aube en 2007 selon l’Insee. La réforme de la dépendance étant le grand chantier social de 2011 : quel projet porterez-vous à l’échelle du canton comme celle du département ?

– Annick Boursot (FN) : La candidate ne souhaite pas répondre aux questions des journalistes.

– Philippe Chardon (Initatives Côte-d’Or) : Réponses non parvenues.

– Céline-Sandra Guy (Front de gauche) : « C’est clair, nous nous opposerons à la privatisation dudit cinquième risque, celui de la perte d’autonomie – qui nous concerne tous – avec autant de force que nous l’avons fait pour défendre la retraite à soixante ans. Car c’est le droit à l’accès le plus longtemps possible à l’autonomie qui est en cause. Privatiser cette dimension sociale de l’espérance de vie reviendrait à créer un système à deux vitesses avec d’un côté la masse des assurés sociaux  réduits à la dépendance du pauvre et de l’autre les plus aisés seuls bénéficiaires de services de qualité payés au prix fort. Cette perspective ouverte par le gouvernement n’a aucune justification sociale, ni même la moindre raison d’être au plan économique. Elle coûterait au final plus cher et bafouerait l’égalité au profit d’une poignée de grands intérêts privés dont ceux d’un frère de l’actuel président de la République. Nous ne voulons pas de la privatisation de la protection sociale, même partielle ».

– Georges Morin (Divers droite) : Réponses non parvenues.

– Nadia Richez (Forces de progrès) : Réponses non parvenues.

3 – A l’heure où le projet de loi pour un bouclier rural – garantissant un “minimum vital” en terme de service public – suit son chemin : l’action du conseil général doit-elle s’orienter davantage vers les campagnes ? Quelle politique penser pour les services publics en milieu rural ?

– Annick Boursot (FN) : La candidate ne souhaite pas répondre aux questions des journalistes.

– Philippe Chardon (Initatives Côte-d’Or) : Réponses non parvenues.

– Céline-Sandra Guy (Front de gauche) : « Le principe c’est l’accès de tous à des services publics de qualité où que l’on réside, en milieu urbain ou à la campagne. En zone rurale, des solutions existent pour regrouper, par exemple, en un guichet unique les services publics avec des personnels formés à cet effet. Ces bureaux de services publics à raison d’au moins un par communauté de communes pourraient être complétés par des tournées d’agents spécialisés comme celle, à titre d’exemple, du contrôleur des impôts pour aider les contribuables à remplir leur déclaration fiscale une fois par an. La droite leur préfère, au prétexte d’économies à courte vue, une désertification qui a coût social particulièrement lourd. La gauche installée, majoritaire dans les départements, évoque souvent le sujet, mais n’agit guère. Faudra-t-il une loi après 2012 ?  Peut-être… Sans que ce soit en attendant un alibi pour ne rien faire et remettre à plus tard les mesures pratiques car l’urgence sociale ne peut plus attendre ».

– Georges Morin (Divers droite) : Candidat injoignable.

– Nadia Richez (Forces de progrès) : Réponses non parvenues.

4 – Le canton a connu une baisse démographique de 164 habitants de 1999 à 2007 : comment rendre son territoire de nouveau attractif ?

– Annick Boursot (FN) : La candidate ne souhaite pas répondre aux questions des journalistes.

– Philippe Chardon (Initatives Côte-d’Or) : Réponses non parvenues.

– Céline-Sandra Guy (Front de gauche) : « Ce canton est en déclin avec une démographie défaillante, un vieillissement marqué et un appauvrissement continuel de ses habitants. M. Chardon ne peut donc s’exonérer de ses responsabilités dans cette situation critique qui frappe, il est vrai, de manière inégale les seize communes concernées. Il faut faciliter l’installation de nouveaux habitants car c’est bien de cela qu’il s’agit quand on parle ici d’attractivité. Plusieurs actions doivent y contribuer. La rénovation de logements laissés à l’abandon permettrait par exemple d’offrir un toit à des familles qui ne trouvent plus à se loger en ville et constituerait pour elles une seconde chance. Il en va de même de la création d’emplois liés à la relance d’un tourisme vert qui n’attend qu’un coup de pouce pour repartir. C’est un ensemble de mesures de ce genre, d’un coût au demeurant raisonnable, qui permettront d’inventer un autre avenir que celui du déclin programmé par l’inaction de M. Chardon ».

– Georges Morin (Divers droite) : Candidat injoignable.

– Nadia Richez (Forces de progrès) : Réponses non parvenues.

5 – Pouvez-vous évoquer un projet qui vous tient à cœur ?

– Annick Boursot (FN) : La candidate ne souhaite pas répondre aux questions des journalistes.

– Philippe Chardon (Initatives Côte-d’Or) : Réponses non parvenues.

– Céline-Sandra Guy (Front de gauche) : « S’il faut choisir, je prends celui d’une égalité réelle des chances par l’éducation qui concerne les jeunes du canton, en particulier ceux qui fréquentent les établissements d’enseignement professionnel. Je souhaite que les suppressions de postes, les coupes claires dans les budgets laissent la place à une politique plus équilibrée qui ne se traduirait plus par une inégalité criante selon que vous fréquentez le lycée de Châtillon, parent pauvre, ou un grand établissement dijonnais. La situation qui prévaut aujourd’hui et dont la droite est responsable équivaut pour s’en sortir à une « obligation d’expatriation » vers Dijon, souvent sans retour et qui explique en partie la perte d’habitants. Je manifesterai d’ailleurs avec les enseignants, les parents d’élèves et mes colistiers d’À gauche vraiment pour sauver l’école qui appelle « au secours » le 19 mars à Dijon ».

– Georges Morin (Divers droite) : Candidat injoignable.

– Nadia Richez (Forces de progrès) : Réponses non parvenues.

Élections cantonales : Un voyage au bout de l’ennui ?

Les élections cantonales n’auraient-elles aucun intérêt, même aux yeux des élus ? A écouter la teneur des débats entre François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon (PS), et Alain Suguenot, député-maire de Beaune (UMP), invités par la CGPME à confronter leurs regards sur la politique du Département mercredi 09 mars 2011, la réponse penche plutôt vers un grand « oui » ! Devant un public de chefs d’entreprise, les deux hommes politiques ont surtout été questionnés sur des sujets se rapportant à l’élection présidentielle de 2012, entre immigration, candidat idéal pour le PS et régime des 35 heures…

Les Cantonales n’ont pas d’enjeu national ? Parlons de la Présidentielle !

« Les cantonales ne sont pas des élections nationales ; elles ont un enjeu purement départemental » : telle est la première phrase prononcée par Alain Suguenot, député-maire de Beaune (UMP), invité mercredi 09 mars 2011 à débattre au sujet de la politique du Département en compagnie de François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon (PS). Jusqu’ici : tout est normal. L’élu beaunois reste dans la ligne de conduite fixée par la direction de son parti, à savoir de bien limiter les élections cantonales à leur aspect local, au contraire d’un Parti socialiste qui voudrait en faire un dernier coup de gueule électoral à l’approche de la Présidentielle 2012. Martine Aubry, première secrétaire du PS, avait d’ailleurs insisté sur ce point lors de son déplacement en Côte-d’Or, mercredi 02 mars, en soulignant que « cette dernière élection avant la Présidentielle de 2012 sera un moyen fort de dire que la suppression de l’Impôt sur la fortune (ISF) n’est pas pour nous, que l’islam ne nous fait pas peur ! Et que l’on peut changer les choses dès maintenant, à l’échelle des conseils généraux, sans souffrir encore un an et demi d’une politique de droite… » (Lire ici notre article).

Les meilleurs candidats à l’échelle des cantons de Côte-d’Or ? « On va gagner ! », lance Alain Suguenot. Et François Rebsamen de refuser les pronostics… « Il serait normal qu’après trente ans de présidence du conseil général par la droite, nous assistions à une alternance ! Plus précisément, hors de Dijon, j’estime que les conseillers généraux sortants ont plus de chance d’être élus », remarque-t-il. Au sujet des candidats à l’élection présidentielle de 2012, par contre, les langues se délient davantage… Invité à se prononcer sur son favori entre Dominique Strauss-Kahn, François Hollande, Martine Aubry et Ségolène Royal, François Rebsamen a répondu que son cœur penchait plutôt « vers les deux premiers ». Exit Ségolène Royal, qu’il avait soutenue ardemment en 2007 ? « Les candidats de la précédente élection présidentielle ne sont plus là aujourd’hui… Nicolas Sarkozy en tête ! Il y a une forte désillusion face à la politique menée ; un sentiment de désespérance, que le président de la République utilise pour faire grimper les peurs de la population. En 2012, notre candidat sera celui qui saura le mieux porter notre projet social-démocrate… et pas marxiste-léniniste ! », continue le sénateur-maire de Dijon.

« François Hollande est un très bon candidat », ironise pour sa part Alain Suguenot, précisant que « Nicolas Sarkozy se représentera très certainement en 2012 ». Aussi intéressantes soient-elles, ces réflexions cacheront difficilement les grands absents des débats, tant dans la bouche des deux invités que dans les rangs du public : les candidats aux élections cantonales de mars 2011…

Immigration, 35 heures, cumul des mandats… Dans la peau des présidentiables

Qu’à cela ne tienne ! Après avoir évoqué rapidement la question du restaurant MacDonald’s implanté dernièrement à la frontière de Beaune, François Rebsamen et Alain Suguenot ont embrayé sur la question de l’immigration. « Nous ne sommes menacés ni pas des hordes de bateaux en provenance de Tunisie ni par une invasion libyenne ! », commence le sénateur-maire de Dijon. Et de préciser : « Il n’est pas nécessaire d’agiter les peurs des Français pour traiter les sujets importants. Pour ma part, j’estime qu’un étranger en situation irrégulière doit être reconduit – humainement – à la frontière. Aujourd’hui, la Réforme générale de politiques publiques (RGPP) a supprimé des postes de fonctionnaires et ces étrangers restent plus longtemps que prévu dans notre pays, souvent 27 mois, au crochet des collectivités… ». Pour Alain Suguenot, ce sujet doit avant tout être pris en compte en « évitant l’angélisme au profit de l’action ».

Les 35 heures ? François Rebsamen ne relancerait pas le débat ; Alain Suguenot si, « au regard des 22 milliards d’euros que ce régime coûte chaque année ». La suppression du statut d’auto-entrepreneur ? « Oui ! », lance le sénateur-maire de Dijon. « Non, même s’il y a eu des dérives », note l’élu beaunois. Et les deux invités de se prononcer sur une limite à apporter au cumul des mandats… « Mauvaise idée : il est important d’avoir des mandats locaux pour avoir un pied sur le terrain », relève Alain Suguenot. « Trois mandats consécutifs maximum, pourquoi pas », estime pour sa part François Rebsamen…

L’aide à l’enfance, la politique des transports, la question des services publics en milieu rural ? Enjeux majeurs des élections cantonales en Côte-d’Or, ces sujets seront donc restés en coulisses pendant toute la durée des débats.

Les cantonales, un peu quand même…

Il aurait tout de même été difficile de passer totalement à côté du thème imposé ! Les deux élus côte-d’oriens ont par exemple eu l’occasion de s’exprimer au sujet de la « fracture ville-campagne », grand thème de ces élections. « Ces débats me paraissent d’une puérilité totale », note Alain Suguenot. Et de préciser : « Contrairement à ce que l’on reproche à la droite, nous ne nous préoccupons pas que de la vie des territoires ruraux. Cependant, une attention particulière doit leur être portée car ces zones connaissent des difficultés ». Pour François Rebsamen, mettre en scène cette fracture entre la ville et la campagne « fait le lit du Front national« . « La droite, cherchant toujours à cliver les populations, fait ainsi monter le vote protestataire dans les zones rurales… Cette thématique est suicidaire pour l’ensemble du département : est-ce que les territoires ruraux iraient mieux si Dijon était en difficulté ? Si son CHU ne couvrait pas d’énormes besoins de santé pour la Côte-d’Or ? », continue le sénateur-maire de Dijon.

Finalement, la question du soutien au tissu économique est certainement celle qui aura suscité les réflexions les plus intéressantes. Alors que Patrick Laforêt, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte-d’Or (CCI Côte-d’Or), questionnait les deux hommes politiques sur l’opportunité d’ouvrir une Agence de développement pour accompagner la création d’entreprises au-delà de Beaune et Dijon, ceux-ci ont répondu presque à l’unisson… « Une agence de développement fonctionne si elle travaille en proximité avec les territoires. Je ne pense pas qu’une structure départementale soit une solution : il faut au contraire une structure très localisée », commence Alain Suguenot. « Je suis assez réservé quant à cette idée », continue François Rebsamen. Et de préciser : « Empiler les structure n’est pas la solution. Selon moi, plus qu’une Agence de développement, le Département devrait avoir un « bras armé » pour l’économie. Aujourd’hui il ne l’a pas, les dossiers traînent en longueur et, au final, la Semaad – qui est une structure de l’agglomération dijonnaise – doit se charger du travail, de Mirebeau-sur-Bèze à Pagny-le-Château… ».

Une heure et demie plus tard, ce débat intitulé « Élections cantonales : quel programme pour les entreprises ? » aura donc simplement effleuré ces problématiques en guise de conclusion… « Il n’y a que de l’alcool », notera une participante à la vue du buffet proposé à la suite des discussions. Et son partenaire de répondre : « Après ce qu’on vient de voir, on ne va pas boire du Coca ! ». Malgré l’évocation de problèmes nationaux, un léger vent de déception régnait donc chez une partie du public… Et si les élections cantonales intéressaient en fait vraiment les électeurs ?