La communauté a fêté ses 10 ans !
Grand Dijon : « D’un projet d’agglomération à une agglomération de projets »
par Jérémie Lorand | dijOnscOpe | sam 18 déc 10 | 08:44
Tandis qu’aux prochaines élections municipales de 2014, les citoyens pourront élire directement les conseillers communautaires, nombre d’entre eux s’étaient réunis, jeudi 16 décembre 2010, pour un événement un peu particulier. En marge du vote du budget primitif*, chacun était en effet invité à souffler la dixième bougie du Grand Dijon. L’occasion pour dijOnscOpe de faire le point sur son histoire et de tracer un premier bilan de la communauté d’agglomération de Dijon…
La genèse de l’agglomération dijonnaise…
Ce mouvement de rassemblement puisse sa source en 1966. A ce moment-là, plusieurs communes décident de mutualiser leurs moyens, notamment en matière de traitement des ordures ménagères puis de gérer les transports urbains et la réalisation de zones industriels en 1976. De ces prémices de coopération naissent finalement les communautés d’agglomération, les communautés urbaines et les communautés de communes, instituées par les lois Voynet – juin 1999 -, et Chevènement – 12 juillet 1999. Depuis plusieurs années, les lois sur la décentralisation avaient déjà dans l’idée de supplanter les communes par des communautés de communes. C’est sur ce premier modèle et sous l’impulsion du sénateur Maurice Lombart que va se créer la Comadi.
Ce dernier n’est pas un étranger dans le domaine puisqu’il préside alors le Disctrict depuis 1983. Il devient ainsi le premier président de la Comadi, qui portera ensuite le nom de Grand Dijon « pour donner plus de sens à son action », selon son actuel président et sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen. Depuis le 10 février 2005, le Grand Dijon a d’ailleurs pris ses quartiers dans l’ancienne caserne Heudelet, un des symboles de son action sur le territoire, dont la verrière porte le nom de Maurice Lombart, décédé en 2008.
Mais à quoi sert le Grand Dijon au fait ?
Sur le papier, les communautés d’agglomérations ont cinq compétences régaliennes : le développement économique, l’aménagement de l’espace communautaire, l’équilibre social de l’habitat, la politique de la ville et le transport urbain. A cela, le Grand Dijon a ajouté l’assainissement et l’eau potable, la collecte et la gestion des déchets, les équipements culturels et sportifs. Au total, la communauté d’agglomération de Dijon est composée aujourd’hui de 22 communes, soit près de 250.380 habitants, dont 155.387 uniquement pour la ville-noyau : Dijon.
Ces éléments font du Grand Dijon la 20e communauté d’agglomération de France ; l’agglomération représente 49% de la population de la Côte-d’Or et 15,6% de la région Bourgogne. Mais le Grand Dijon est aussi voire surtout, un bassin économique qui concentre 121.200 emplois au sein de 12.597 entreprises, commerces et administrations. Et François Rebsamen d’expliquer qu’en dix ans, le Grand Dijon est passé « d’un projet d’agglomération à une agglomération de projets résolument tournée vers l’avenir ».
220 agents et autant de projets ?
Pour les dix ans du Grand Dijon, ce dernier a d’ailleurs choisi les dix projets-phares menés par la communauté de l’agglomération, au premier rang desquels on retrouve le Zénith (15,5 millions d’euros), la piscine olympique (24 millions d »euros), ou encore la rénovation urbaine du quartier des Grésilles, à Dijon (près de 310 millions d’euros pour le renouvellement urbain en globalité). Ces investissement sont la vitrine des compétences et des actions du Grand Dijon. « Beaucoup de personnes ne savent pas toujours que le Grand Dijon est à la source de telle ou telle action ou réalisation, ajoute François Rebsamen. Notre mission est pourtant bien de monter des projets et non pas uniquement de gérer ! ».
Si, à l’échelle nationale, Georges Pompidou a eu son centre Beaubourg, François Mitterrand, sa pyramide du Louvre, Jacques Chirac, son musée du Quai Branly, à l’échelle locale, le tramway marquera l’histoire de François Rebsamen au sein de l’agglomération dijonnaise. A l’automne 2012, le projet – qui tient pour une majeure partie du budget d’investissement préalablement voté en session* -, reliera 43 pôles majeurs. Il jettera les bases de nouveaux projets tels le Grand Campus, plus connu sous le nom de code « Esplanade Erasme », qui sera lancé dans le courant de l’année 2011, ou encore la poursuite de l’urbanisation des quartiers Valmy et Clémenceau, autour de la Tour Elithis, à Dijon.
Les transports seront donc au cœur des ambitions du Grand Dijon, qui espère devenir un carrefour européen en matière de transports ferroviaires. Après avoir réformé son réseau de bus en 2004, pour transporter désormais près de 150.000 personnes quotidiennement, la communauté s’attaque maintenant à une nouvelle guerre du rail. Ouverture prévue le 11 décembre 2011, de la branche Est de la LGV Rhin-Rhône, sans oublier celle de la branche Ouest dans ce qui sera la toute nouvelle gare Dijon Porte-Neuve, située en contrebas du Centre hospitalier universitaire (CHU), et du pôle de compétence Pharmimage, œuvrant dans l’ingénierie médicale.
Une présence renforcée … sur le papier !
A défaut de mieux identifier les actions de l’agglomération sur le terrain, les citoyens et contribuables pourront les apprécier sur papier à entête… En effet, dès 2011, une partie des recettes de l’agglomération dépendra directement des impôts ménages que sont la taxe d’habitation et la taxe foncière sur le bâti. Enfin, les électeurs des 22 communes qui composent l’agglomération – dont la petite dernière, Fenay -, seront appelés aux urnes lors des prochaines municipales de 2014 : pour la première fois, ils pourront alors choisir directement leurs conseillers communautaires.
* Tout le détail sur le vote du budget primitif du Grand Dijon à retrouver dans notre édition du lundi 20 décembre 2010.