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Quelle est l’origine de l’expression « boire à tire-larigot » ?

A tire larigot

L’origine de cette expression se situe en Normandie. Au 13ème siècle, un archevêque du nom d’Odon Rigaud fit un cadeau, une cloche, à la ville de Rouen. Celle-ci fut installée à la cathédrale et prit le nom de La Rigaud.

Les dimensions et le calibre de l’objet étaient inédits pour l’époque. Elle pesait plus de 6 tonnes. Aussi, sonner la cloche nécessitait un effort considérable. Un effort qui mettait ceux qui s’y épuisaient dans un état de fatigue similaire à ceux qui avaient bu beaucoup d’alcool. Suivant la même idée ils devaient pour reprendre des forces boire énormément. Assoiffés par l’effort ils buvaient ‘à tire la Rigaud’. La Rigaud devenant progressivement larigot.

Il existe cependant une explication qui diffère totalement. Selon celle-ci l’expression serait née à la fin du 15ème siècle de l’association du verbe « tirer » c’est-à-dire aspirer un liquide et du nom d’une flûte appelée « larigot ». « Boire à tire larigot » aurait alors désigné le fait de siffler le vin des bouteilles à la manière de ceux qui jouaient de l’instrument.

D’où vient l’expression « sous les feux de la rampe » ?

sous les feux de la rampe

Celui qui se trouve « sous les feux de la rampe » bénéficie d’une exposition publique. Mais de quelle rampe s’agit-il au juste ? Et pourquoi serait-elle en feu ?

Cette expression trouve son origine dans le monde théâtral. Dans les salles de spectacle du 17ème siècle la scène était éclairée grâce à des chandelles disposées à l’arrière de la scène. Mais cet éclairage était insuffisant. Les spectateurs avaient du mal à voir les comédiens.

Les metteurs en scène décidèrent alors de déplacer les chandeliers et de les installer sur une planche, la rampe, située à l’avant de la scène. Etre « sous les feux de la rampe » désignait donc simplement « être sur scène ».

Au 20ème siècle, malgré le recours à l’électricité pour éclairer les théâtres, l’expression continua d’être employée. Sa signification s’élargit cependant pour traiter des personnes qui même de façon temporaire se trouvent sous les projecteurs de quelque nature qu’ils soient.

Pourquoi dit-on “avoir un Jules” ?

Avoir un jules

Le « Jules » de l’expression a réellement existé. Il s’agit d’une référence directe à une véritable personne qui vécut au 18ème siècle dans l’entourage de Marie-Antoinette.

Contrairement à ce que laisse penser le prénom, Jules était une femme, proche de la reine et nommée Madame de Polignac. Femme de Jules de Polignac elle était parfois surnommée le « Jules de la reine ». Une intense amitié lia les deux femmes dès 1774. Avec sa confidente Marie Antoinette passait énormément de temps, y compris dans son château du Petit Trianon.

Madame de Polignac devient duchesse en 1780. Vite jalousée on fit courir la rumeur que les deux amies étaient amantes, en prenant soin de surnommer la confidente «Jules» pour ne pas insinuer trop clairement que la reine était homosexuelle.

Mais avec la Révolution la reine dut s’exiler. Elle quitta son amie avec tristesse. Madame de Polignac mourut cinquante jours seulement après la reine.

Pourquoi dit-on un « steak tartare » ?


steack tartare

La recette du steak tartare consiste en un plat à base de viande de bœuf ou de viande de cheval crue, généralement hachée. Son origine est lointaine. Les tribus nomades des steppes de Mongolie, les Tatars ou Tartares, se déplaçaient à cheval entre l’est de la Mongolie et l’actuel Kazakhstan.

Pour se nourrir, cet ancien peuple turc découpait des morceaux de viande qu’ils salaient puis plaçaient juste sous la selle de leurs chevaux. Lorsqu’ils cavalaient, les mouvements de la monture malaxaient naturellement la viande et le poids du cavalier permettait d’évacuer l’excès de sang. Quelques heures suffisaient pour l’attendrir complètement. Pour la consommer il suffisait ensuite d’enlever l’excès de sel et de la hacher grossièrement, sans cuisson préalable.

Nous tenons ces informations de l’ingénieur et cartographe du XVIIe siècle Guillaume Levasseur de Beauplan, qui après avoir servi en Pologne-Lituanie, a publié un livre intitulé « Description de l’Ukranie » contenant des descriptions détaillées des pratiques des peuples nomades locaux.

Pourquoi dit-on « le talon d’Achille » ?

Talon d'achille

Tout le monde possède une faiblesse, un « talon d’Achille ». Cette expression fait référence à un héros de la mythologie grecque : Achille. Enfant, la mère d’Achille, la nymphe Thétis, l’y avait plongé dans l’eau du fleuve Styx dont il acquit sa force surhumaine. Mais pour l’y tremper, Thétis avait dû le tenir par le talon, lequel n’entra donc pas en contact avec l’eau aux pouvoirs magiques. En conséquence son talon ne bénéficia pas de la même invulnérabilité que le reste de son corps.

Or il périt par cette partie du corps en recevant une flèche empoisonnée à cet endroit précis, la seule partie vulnérable de tout son corps. C’est ainsi qu’il mourut et que l’histoire retint que le talon d’Achille fut son unique faiblesse pourtant fatale.

Si cette légende circule au moins de façon parcellaire dès le premier siècle après Jésus-Christ, l’expression ne fut utilisée pour la première qu’en 1810 par le poète anglais Coleridge. Il l’employa pour comparer l’Irlande au talon d’Achille du royaume britannique.

Pourquoi dit-on travailler « au noir » ?

Travail au noir

L’expression « travail au noir » désignant un travail non déclaré trouve son origine au Moyen Age, à une époque où les travaux devaient obligatoirement être réalisés durant la journée. Or, il arrivait pour des questions de rendements, notamment en hiver lorsque les journées sont les plus courtes, que les travailleurs soient contraints de poursuivre leur tâche de nuit, éclairés par de simples bougies.

Ainsi le travail réalisé clandestinement à la nuit tombée s’est naturellement nommé « travail au noir ». Puis l’expression a graduellement gagné toute activité illégale cachée, réalisée de nuit comme de jour.

Depuis 1985 cette infraction qui fut d’abord une simple contravention est un délit. L’expression exacte pour désigner le travail au noir est le « travail dissimulé ». Il désigne très précisément soit le fait de recourir aux services d’une personne subordonnée pour accomplir un travail sans lui établir un contrat de travail salarié et la déclarer aux organismes sociaux, soit le fait de se livrer à une activité productive lucrative sans satisfaire aux obligations de déclaration aux registres du commerce, des métiers, et aux autres organismes fiscaux et sociaux.

D’où vient l’expression « ça fait des lustres » ?

ça fait des lustres

« Ça fait des lustres » signifie « ça fait très longtemps ». L’expression date du 17ème siècle.

Les « lustres » en question ne sont pas des appareils d’éclairage suspendus au plafond des salons. Le lustre fait ici référence à l’unité de temps du même nom qui correspondait à une durée de 5 ans dans la Rome antique. A cette époque le lustre était plus précisément une cérémonie de purification effectuée avant les recensements réalisés tous les cinq ans. A cette occasion les censeurs, c’est à dire les hauts magistrats, le plus souvent choisis parmi les anciens consuls, étaient élus.

Mais le lustre désignait tout aussi bien la cérémonie que le laps de temps s’écoulant entre deux « lustres ». Par extension, utilisé au pluriel, « des lustres » ont pris le sens d’une période toute à la fois de étendue et imprécise.

Pourquoi dit-on « être baba » ?

etre baba

« Etre baba » ou « rester baba » consiste à être surpris, stupéfait. Le recours au terme « baba » peut sembler énigmatique. Créé à la fin du 18ème siècle, il vient du mot ‘batare’ en bas-latin, qui avait pour signification « ébahi » ou « ouvrir la bouche ».

Mais il semble que « baba » ait été auparavant une onomatopée utilisée pour indiquer un état de grand étonnement. La personne qui était baba ne pouvait ainsi prononcer de mots intelligibles compte tenu du degré d’ébahissement. Il semble que l’expression « rester comme Baba » ait également existé.

Mais attention car ce baba ci est différent du baba de l’expression « l’avoir dans le baba » qui signifie « se faire avoir » et dont le baba désigne le sexe féminin. A la fin du 19ème siècle l’expression perd son allusion obscène et connait le sens que nous lui attribuons de nos jours.

Pourquoi dit-on « faire un tabac » ?

faire un tabac

« Faire un tabac » signifie rencontrer un succès considérable. Il semblerait que cette expression trouve son origine dans le vocabulaire utilisé par les marins du 19ème siècle.

A l’époque un « coup de tabac » est une tempête brusque, intense, avec de forts vents et du tonnerre. Elle fait par conséquent beaucoup de bruit. Par extension on a utilisé cette expression dans le milieu artistique quand un spectacle se concluait par des applaudissements nourris. Ainsi au début du 20ème siècle on disait « avoir le gros tabac » quand un artiste était chaleureusement et bruyamment salué par les spectateurs, comme un coup de tonnerre lors d’une tempête en mer.

Par la suite l’expression s’est simplifiée pour devenir « « faire un tabac » et son utilisation a dépassé le strict cadre des représentations artistiques. Aujourd’hui dans tous les domaines,on peut « faire un tabac » ou « faire un bide ».