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Pourquoi dit-on « ronger son frein » ?

ronger son frein

« Ronger son frein » consiste à s’efforcer de contenir l’envie de réaliser un acte. Il s’agit donc de se retenir dans la frustration, malgré une vive impatience.

Cette expression apparait au Moyen âge. A cette époque le cheval a une grande importance dans la vie quotidienne. Dès le 12ème siècle on utilise le mot « frein » pour désigner ce que nous nommons aujourd’hui « mors », c’est-à-dire de dispositif métallique placé dans la bouche du cheval et qui étant relié aux rênes permet de conduire l’animal.

Quand il n’est pas monté et qu’il subit un repos forcé, le cheval peut trépigner d’impatience. Pour tromper l’ennui il peut ronger son mors en attendant de pouvoir à nouveau galoper. Il ronge donc au sens propre son « frein ». L’homme qui réfrène son envie d’agir ou de s’exprimer en fait de même, au figuré.

Quelle est l’origine de l’expression « faire chou blanc » ?

faire chou blanc

« Faire chou blanc » consiste à ne pas réussir, essuyer un échec. Deux hypothèses existent quant à son origine.

Elles considèrent toutes les deux que « chou blanc » vient d’un « coup blanc », mais pas le même. Le première explication semble la plus probable. Au 16ème siècle le jeu de quilles était très apprécié. Or dans le Berry, un coup se disait un « choup ». Quand un des joueurs ratait la quille, ou bien ne marquait aucun point, on disait qu’il avait fait un « coup blanc », c’est à dire un « choup blanc » en langage berrichon.

Cette explication semble plus pertinente que la seconde selon laquelle le « coup blanc » serait celui qui désigne un coup de feu. En effet les anciennes armes à feu produisaient une fumée blanche lors de chaque tir. Car même si la cible n’était pas atteinte une fumée blanche s’en échappait.

D’où vient l’expression « coller aux basques » ?

coller aux basques

« Coller aux basques » signifie suivre quelqu’un de très près, ne pas le lâcher et devenir de ce fait un poids pour celui qui subit cette proximité excessive dont il cherchera le plus souvent à se débarrasser.

Cette expression date du 18ème siècle. Les « basques » n’ont aucun lien avec les baskets d’aujourd’hui. A l’époque les « basques » désignaient les morceaux d’étoffe en bas du pourpoint et dont la longueur les faisait descendre sous la taille. « Coller aux basques » exprimait métaphoriquement l’idée de suivre si près un tiers au point d’en être collé à ce morceau de tissu.

Au fil des siècles l’expression n’a rien perdu ni de sa popularité ni de son sens malgré la disparition des basques sur les habits de tous les jours. Quelques rares vêtements modernes présentent encore une basque, comme la queue-de-pie en sa partie tombante.

D’où vient l’expression « avoir du toupet » ?

avoir du toupet

« Avoir du toupet » consiste à avoir du culot, réaliser des actes que le commun des mortels n’ose pas accomplir. Cette expression date du 16ème siècle et trouve son origine en Italie.

A cette époque les seigneurs pouvaient fait appel à des « bravi », que l’on peut assimiler à des tueurs à gages, dans le but d’éliminer des opposants. En raison du caractère dangereux de leurs actions ils ne souhaitaient pas être reconnus. Aussi pour commettre leurs forfaits ils se cachaient derrière une large mèche de cheveux sur le sommet du front, appelée « toupet ». Ils pouvaient soit la laisser retomber sur le visage pour dissimuler leur identité soit la maintenir sous un chapeau quand ils n’étaient pas en mission. De plus ils arboraient souvent une barbe fournie.

La pratique de dissimulation de ces assassins est restée célèbre et traversa la frontière pour être utilisée en français où elle désigne le plus souvent une audace verbale.

Pourquoi dit-on « pédaler dans la choucroute » ?

pédaler dans la choucroute

L’expression « pédaler dans choucroute » est employée pour exprimer l’idée d’une difficulté à progresser. Celui qui pédale ainsi perd le fil de sa pensée, à du mal à avancer malgré sa volonté et les efforts fournis.

Elle est apparue lors des premières éditions du Tour de France au 20ème siècle. La voiture qui fermait la course, située derrière l’ensemble des coureurs et qui est appelée « voiture balai », faisait la publicité de marques de choucroute. Ainsi on se mit à dire que les coureurs en queue de peloton, donc les plus proches de cette voiture, « pédalaient dans la choucroute ».

Des variantes de cette expression existent, comme « pédaler dans la semoule » ou une plus version récente « pédaler dans le yaourt » sans qu’ il soit possible d’identifier avec certitude leur origine, si ce n’est que l’efficacité de ces pédalages est tout aussi incertain que celui pratiqué dans la choucroute !

Pourquoi dit-on « trainer des casseroles » ?

trainer des casseroles

« Avoir des casseroles » ou « trainer des casseroles » signifie être mêlé à des affaires qui ont des conséquences sur la réputation.

Il s’agit d’une métaphore qui exprime le fait de subir les effets négatifs d’un acte commis antérieurement. Cette expression date du 20ème siècle et se trouve être très utilisée dans le monde politique où les casseroles peuvent peser lourd lors d’une campagne électorales.

Elle trouverait son origine dans un jeu d’enfants qui consisterait à attacher des récipients métalliques, comme des casseroles, à la queue d’un chien qui, effrayé par leur bruit sur le sol, se mettrait à courir à toute allure et dans tous les sens. Ces casseroles sont donc devenues naturellement le symbole de l’embarras, de la gêne mais aussi d’évènements ou de faits dont il est devenu difficile de se débarrasser. La métaphore appliquée à la politique est ainsi particulièrement explicite.

Quelle est l’origine de l’expression « être au taquet » ?

être au taquet

Une personne qui est « au taquet » est très motivée, à la fois prête, agissante ou impatiente d’entrer en action. Elle peut également être à la limite de ses capacités et ne pouvoir plus assurer aucune tâche supplémentaire.

Le taquet fut dans l’histoire le nom de différents objets qui partagent une idée commune, celle de bloquer, d’être une limite.

Au 15ème siècle on utilisait ce mot pour désigner une loquet, un morceau de bois permettant de maintenir une porte fermée. En mer dès le 17ème siècle, le taquet désigna par ailleurs une pièce utilisée sur les bateaux pour maintenir un cordage dans une certaine position. Enfin plus récemment il servait à bloquer le chariot des machines à écrire.

Le taquet est donc en toute hypothèse synonyme de limite physique. Il fut tout naturellement utilisé pour exprimer l’idée de toute limite, quelle que soit sa nature. On dit d’ailleurs parfois « je suis à fond » pour dire « au taquet ».

Quelle est l’origine de l’expression « jeter le bébé avec l’eau du bain » ?

jeter le bébé avec l’eau du bain

En jetant « le bébé avec l’eau du bain » on se débarrasse d’une entité dans sa totalité, malgré les éléments positifs qu’elle peut présenter. Ainsi on peut reprocher à des députés d’avoir jeté le bébé avec l’eau du bain pour n’avoir pas voté une loi alors qu’elle comprenait des dispositions qui auraient dû être retenues.

En France l’expression apparait au 20ème siècle comme la traduction de la même expression en langue anglaise elle-même importée d’Allemagne et dont on trouve la trace dans ce dernier pays dès 1512. Cette métaphore s’explique par les habitudes de l’époque en termes d’hygiène. Les eaux d’un bain servaient alors à toute la famille. Utilisée en dernier pour laver les bébés, l’eau était souillée et on peut imaginer aisément la crainte des parents de voir leur nouveau-né jeté en même temps qu’on la vidait.

Quelle est l’origine de l’expression « tenir la corde » ?

tenir la corde“Tenir la corde” consiste à être en bonne position, maintenir un bon rythme et être en passe de gagner. Cette expression assez récente peut s’utiliser au sens propre lors d’une course comme au figuré. Dans ce dernier cas elle signifiera « avoir l’avantage » sur ses concurrents dans une affaire par exemple.

Cette locution puise son origine dans le milieu de la course hippique au 19ème siècle. A cette époque l’intérieur du champ de course était délimité par une corde. Pendant la course le cheval qui réussissait à se placer au plus proche de cette corde avait un avantage certain puisqu’il avait à courir moins de distance que ses concurrents. Il était favorisé et avait plus de chance de gagner.

Plus tard l’expression fut utilisée pour les courses de voitures puis finalement au figuré pour tous types d’activités au début du 20ème siècle.

D’où vient l’expression « être à l’affût » ?

être à l’affût« Etre à l’affût » consiste à guetter, attendre le moment favorable pour agir. Mais quel est ce mystérieux « affût » ?

Dès le Moyen Âge ce mot fut utilisé pour désigner le support sur lequel le chasseur faisait reposer son arme alors qu’il était en train de guetter le passage d’une éventuelle proie. Encore aujourd’hui un « affût » est dans le jargon militaire une machine de bois ou de métal servant à supporter ou à transporter un canon.

Mais ce terme désigne également l’endroit où les chasseurs se positionnent en attendant que se présente le gibier. Il s’agit donc aussi d’un lieu d’attente et d’observation avant de tirer dès que le gibier parait. D’ailleurs la chasse « à l’affût » sert à qualifier ce type particulier de chasse où l’attente se fait dans un affût. Cette chasse est parfois considérée comme la moins noble en raison de l’immobilité du chasseur et de son attitude passive.