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Bressey-sur-Tille (21) : Les parents d’élèves prennent l’école en otage !

Un soleil radieux, des ballons accrochés tout autour des grilles de l’école, des enfants courant partout et des parents buvant des jus de fruits : tout portait à croire que l’école de Bressey-sur-Tille fêtait une kermesse jeudi 08 avril 2011… Pourtant, la motivation de l’événement était toute autre : après l’annonce de la suppression de 64 classes prévues dans toute la Côte-d’Or, les parents d’élèves ont investi l’école dans l’après-midi afin d’y passer la soirée puis la nuit, avec la volonté de faire entendre leur colère, la veille d’une rencontre avec l’inspecteur d’académie de Dijon…

Côte-d’Or : 311 postes d’enseignants supprimés en 2011

Fin 2010, Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, annonçait la suppression de 16.000 postes d’enseignants à la rentrée 2011 au niveau national (Lire ici notre article)… En Côte-d’Or, « 311 postes d’enseignants seront supprimés à la rentrée 2011 dans l’académie de Dijon, dont 125 dans le cycle primaire et 186 dans le secondaire », confirmait alors le rectorat à dijOnscOpe. En conséquence de quoi des classes devront être supprimées… Au total, 64 classes seraient concernées par la mesure en Côte-d’Or, bien que rien ne soit encore tout à fait définitif. 

Aussi, pour les parents d’élèves de l’école de Bressey-sur-Tille, c’est le moment ou jamais de réagir : « Le but de notre mouvement est de se battre contre la fermeture d’une classe de l’école, explique Manu, papa d’Emy, 5 ans, et de Nolan, deux ans. Sur l’année 2010/2011, on compte 21 enfants en toute petite et petite section (deux ans et demi/trois ans), 17 enfants en moyenne section (trois/quatre ans) et 23 enfants en grande section (quatre/cinq ans), ce qui représente en tout 61 enfants à l’école maternelle de Bressey. À la rentrée de septembre 2011, nous aurions dû avoir dix toute petite section, 19 petite section, 21 moyenne section et 19 grande section. Mais le problème est qu’à partir de la rentrée 2011, le ministère de l’Éducation ne prendra plus les toutes petites sections. Les enfants nés en 2009 ne seront pas admis. Du coup, on passe de 69 à 59 enfants. Et à 59 enfants, il est considéré que deux classes suffisent alors que jusqu’à présent, il existait trois classes… ». 

« À deux ou trois enfants prêts, nous n’aurons donc pas de troisième classe, relève Christelle, maman d’Alexis, 5 ans et demi. Ca fera quand même environ trente gamins par classe, de différents niveaux en plus ! ». Pour Isabelle, la situation serait vraiment dommageable : « Avec environ dix-sept enfants aujourd’hui par classe, c’est extraordinaire ce que peuvent faire les maîtresses. Il s’agit d’un travail vraiment personnalisé. Alors on se plaint en France que les enfants rentrent au collège sans savoir ni lire ni écrire mais ici, en grande section, ils connaissent déjà leur alphabet. En fait, je crois que leur objectif final est qu’il n’y ait plus de maternelles. Ce sera des jardins d’enfants, comme en Allemagne. Officiellement, ils veulent en arriver là ! Et comme en Allemagne, les mamans ne travailleront plus parce que ce sera payant pour les familles »… 

« À vingt jours près »… 

Pour les parents d’élèves, la fermeture de la classe fait craindre des événements en chaîne : « Des parents ne voudront pas laisser leurs enfants dans des classes de plus de trente élèves. Ils les mettront dans le privé. J’ai entendu plusieurs parents parler de ça parce qu’ils ont leur grand dans cette école et que leur plus petite va être refusée ; donc ils ne vont pas faire deux écoles différentes ! Il y en a plusieurs dans ce cas-là et donc à terme, c’est la mort de l’école. Et la mort de l’école, c’est la mort du village », conclut Isabelle, qui est d’autant plus remontée que son fils, né le 20 janvier 2009, ne sera pas accepté à la rentrée 2011, « à vingt jours près ». 

Si le maire de Bressey, Patrick Moreau, n’était pas présent jeudi après-midi, ce dernier a assuré aux parents d’élèves son soutien. Et pour prouver sa bonne volonté, la mairie participe aux « dépenses collatérales » comme le précise Manu : « On a prévu de faire un barbecue ce soir »… Ensuite, ils seront plusieurs à dormir dans l’établissement scolaire. « On a les clés l’école alors on va rester jusqu’aux vacances, qui commencent vendredi prochain (ndlr : le 15 avril 2011) ». Son voisin de répondre : « Euh, tu t’avances un peu vite quand même… ».

En réalité, les parents d’élèves attendent surtout une issue positive d’une réunion sur le sujet organisée au Rectorat de Dijon vendredi 08 avril, à 9h. « Nous avons rendez-vous avec madame Manzoni, l’inspectrice d’académie, qui nous reçoit à 10h avec des parents d’autres communes ».

Réactions des élus

Dans différents communiqués, les élus côte-d’oriens ont été nombreux à réagir… Pour François Rebsamen, « l’école est l’institution fondamentale de la République, celle qui lui donne son sens, sa grandeur. Malheureusement, aujourd’hui elle est devenue un débat de comptables ». Quant au Parti radical de gauche en Côte-d’Or (PRG 21), il élève la voix en soulignant que « 66% des projets de fermeture sont concentrés sur les secteurs ruraux » (Lire ici les communiqués). Le groupe des Forces de progrès (PS et divers gauche) du conseil général de Côte-d’Or dénoncent également « un désengagement irresponsable de l’Etat dans les zones rurales » et appellent « à se mobiliser pour participer au rassemblement prévu vendredi 08 avril au matin, devant l’Inspection d’Académie de la Côte-d’Or » (Lire ici le communiqué). 

Par ailleurs, dans un communiqué reçu le 06 avril 2011, François Sauvadet, député de la Côte-d’Or et président du conseil général, affirme que « le maintien des écoles en zone rurale constitue l’une des priorités du Conseil Général. C’est pourquoi, l’Assemblée départementale a fait le choix d’investir dans de nombreux projets de construction, d’agrandissement et de rénovation de pôles scolaires portés par les élus locaux, notamment à travers les contrats « Ambitions Côte-d’Or ».

« Je ne souhaite pas que ces subventions accordées par le Conseil Général financent des pôles scolaires qui ne bénéficieraient plus du nombre d’enseignants nécessaires à leur activité et à l’accueil des enfants. Afin d’identifier les zones identifiées comme fragiles, une convention cadre pour la scolarisation en milieu rural avait d’ailleurs été signée avec les services de l’éducation nationale le 3 mars 2006 pour une période de cinq ans. Je souhaite qu’une nouvelle convention soit élaborée courant 2012 et qu’un travail préalable soit mené dans les plus brefs délais entre l’Inspection Académique et les services du Conseil Général sur les zones les plus fragiles. Il ne faut pas abandonner les secteurs les plus en difficultés où des projets d’investissement importants ont été menés dans un certain nombre d’écoles. Dans cet esprit, je rencontrerai très prochainement l’Inspectrice d’Académie pour lui faire part de ces éléments. »

CHU de Dijon : « On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre »…

Après plusieurs années de travaux, le Centre hospitalier universitaire de Dijon s’est façonné un nouveau visage. Avec l’achèvement de la première phase du projet – la plus conséquente – les patients ont commencé à affluer sur le site et certains ont déjà reçu les premières factures… avec quelques surprises ! Interviewé par dijOnscOpe, Pierre-Charles Pons, directeur du CHU, justifie la nouvelle tarification du Bocage central…

Brancard ou chambre individuelle ?

Étendu sur huit niveaux, le projet Bocage central devrait permettre de mettre en service 1.664 lits sur l’ensemble du Centre hospitalier universitaire. Les chambres individuelles sont privilégiées et conçues pour répondre, selon les documents du projet, « à un hébergement accueillant et ergonomique mais également aux contraintes de sécurité et d’hygiène ». Ainsi, chaque chambre comprend une douche et un WC suspendu pour le coin sanitaire, mais aussi deux ou trois chaises, une table, une penderie, un téléviseur ou encore un fauteuil par patient pour la partie à vivre. Un tel confort, étrangement, irrite plusieurs patients déjà hospitalisés dans le nouveau bâtiment… Explications : ces derniers dénoncent une facturation, en catimini, d’un surplus engendré par l’occupation d’une chambre individuelle.

Depuis plusieurs jours, les services administratifs de l’hôpital feraient donc face aux mécontentements des patients. C’est en tout cas l’avis de Frédérique Mugnier, cadre de santé et syndicaliste à la CGT. « Nous avons eu les mêmes échos », assure-t-elle avant de revenir sur l’histoire de ce patient admis en surnombre : « Même si aucun lit n’est disponible, on admet les gens à l’hôpital. Dans ce cas précis, la direction a demandé au cadre de mettre le patient dans un lit virtuel pour la facturation. Ainsi, bien que couché dans un brancard, on lui demandait de payer le forfait pour une chambre particulière ! ». 

Une compensation financière

Un cas qui resterait néanmoins exceptionnel… En revanche, Pierre-Charles Pons, directeur du centre hospitalier universitaire de Dijon, justifie la nouvelle politique tarifaire : « L’ouverture du Bocage central a amené une hausse sensible du niveau de l’hôtellerie pour le CHU et donc des frais non négligeables. Nous avons dû créer vingt postes d’agents des services hospitaliers (ASH) pour l’entretien, pour un coût annuel de 600.000 euros ». A l’image de ce qu’il se fait dans d’autres hôpitaux, cette tarification particulière a donc été mise en place dès la fin 2010 à la maternité et sera étendue au fur et à mesure de l’ouverture des nouveaux services.

« Nous nous situons dans la moyenne basse des CHU », se défend Pierre-Charles Pons, qui cite comme exemple Besançon et Poitiers : en effet, ces derniers dégagent respectivement un et trois millions d’euros de recettes propres liées à l’exploitation de chambres individuelles, contre 90.000 euros pour Dijon en 2010. Dans le cas de Poitiers, cette somme représente 0,8% du budget global d’exploitation de 390 millions d’euros.

Pour Frédérique Mugnier, le constat est simple : « Le CHU cherche à gagner l’argent que l’État ne lui donne pas »… Mais de s’insurger lorsque le directeur aborde le sujet des embauches : « L’entretien est en train d’être privatisé. Actuellement, l’entreprise Id’ées 21 s’en occupe, ce qui ne correspond pas aux besoins des services, en attendant que le grand appel d’offres européen soit conclu ».

41 euros pour une chambre individuelle

Cette facturation de 41 euros par jour est perçue comme une « ségrégation » par la syndicaliste : « Les patients sont soignés selon leur porte-monnaie. Nous sommes bien entendu pour les chambres individuelles mais contre la facturation ». Pierre-Charles Pons explique pour sa part ne pas avoir le choix : « Nous avons des charges, des dépenses supplémentaires à couvrir ». Ce dernier précise également que la totalité du service n’est pas facturé, auquel cas le chiffre pourrait s’élever à 60 ou 70 euros – il est d’ailleurs de 70 euros dans les cliniques Sainte-Marthe ou de Fontaine-lès-Dijon par exemple.

« Un courrier a été rédigé et est remis à chaque admission », précise en outre le directeur, avant de soulever l’hypothèse d’une défaillance du côté des services mais aussi du patient, qui ne prendrait pas le temps de tout lire. « En arrivant, les patients sont submergés de papiers et oublient pour beaucoup de lire celui-ci », considère pour sa part Frédérique Mugnier. Après avoir déjà abordé le sujet avec la direction, il semblerait qu’un affichage plus conséquent soit mis en place : « Il faut que ce soit plus visible. Puisque nous n’avons pas le choix, nous avons proposé une information plus conséquente dans les salles d’attente ou de façon orale à l’accueil ». Le directeur du CHU tient par ailleurs à préciser qu’en cas de force majeure – réanimation, risques infectieux, etc. – aucune augmentation ne sera comptabilisée.

Un « comble » pour Frédérique Mugnier, pour qui « il ne manquerait plus que l’on applique le tarif à des personnes en fin de vie et qui ont besoin, comme leur famille, d’intimité et de calme ». A l’époque de Bocage 62 – ancêtre du Bocage central -, certaines chambres pouvaient compter jusqu’à six lits. Pierre-Charles Pons de constater qu’aujourd’hui, chacun souhaite une chambre individuelle : « Mais on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre : on s’étonne d’un truc qui existe partout ! ». 

Espionnage industriel : La Bourgogne est-elle menacée ?

« Une règle de marketing très simple s’applique sur tous les marchés : la « valeur au premier arrivé ». En clair, si nous n’avons pas la primeure lors du lancement d’un produit, son écoulement sera beaucoup plus difficile… ». Cette phrase de Philippe Crevoisier, directeur de l’activité électrique culinaire chez SEB, à Selongey (Côte-d’Or), résume bien le risque que courent les entreprises françaises face à l’espionnage industriel. Lancer une idée en second alors qu’on l’a eue en premier : voilà qui déplairait à plus d’un chef d’entreprise !… A ce sujet, quelles menacent pèsent aujourd’hui sur la Bourgogne ? Quels dispositifs existent pour faire face au vol de savoir-faire ? Au cœur de la semaine de l’Industrie, dijOnscOpe a questionné les personnages principaux de ce roman d’espionnage grandeur nature…

A l’heure de la criminalité 2.0…

Un vent d’inquiétude souffle aujourd’hui sur les entreprises françaises. Lundi 03 janvier 2011, Renault mettait à pied trois de ses dirigeants, soupçonnés d’avoir divulgué à l’extérieur de l’entreprise des informations stratégiques sur sa future voiture électrique… « Cette histoire est d’autant plus traumatisante que le véhicule électrique est le projet phare du groupe, grâce auquel – avec son allié Renault -, Nissan veut créer une rupture similaire à ce qu’avait réussi Toyota avec sa Prius hybride. Renault-Nissan souhaite devenir le leader mondial de l’électrique, qui représentera selon lui 10 % des ventes mondiales en 2020. Au total, le groupe a investi quatre milliards d’euros sur ce programme », notait alors LeFigaro.fr (Lire ici l’article). Alors que la Chine avait d’abord été montrée du doigt, l’affaire s’est transformée en scandale de faux espionnage : le coup fomenté contre Renault avait été inventé de toutes pièces (Lire ici LeParisien.fr)… Il n’en reste pas moins un témoignage de l’inquiétude croissante des entrepreneurs français à ce sujet, focalisée sur un petit nombre de pays émergents identifiés comme particulièrement voraces en terme d’espionnage.

Ces craintes sont-elles fondées ? « Oui ! », répond Marc Watin-Augouard, général d’armée, lors d’un colloque relatif à l’intelligence économique vendredi 05 novembre 2010 à Dijon (Lire ici notre article). « En ce moment, 20.000 Chinois travaillent exclusivement à attaquer les systèmes informatiques des entreprises et des collectivités françaises pour en recueillir les données… Et je ne parle que des Chinois », notait-il alors.

D’une manière générale, ce haut gradé de la gendarmerie nationale remarquait « qu’au fil de l’histoire, la criminalité a suivi les mêmes évolutions que l’économie française ». A l’époque où le secteur primaire était majoritaire et centré sur la force de travail humaine, les crimes étaient dirigés vers les personnes. Lors de l’avènement du secteur secondaire, l’atteinte aux biens – la dégradation, la destruction ou le vol par exemple – a pris de l’ampleur, moins réprimée que les atteintes à la personne. Quand le secteur des services a pris son envol, le blanchiment d’argent et les escroqueries ont ensuite considérablement progressé. « Aujourd’hui, alors que le secteur quaternaire apparaît avec l’échange de données numériques pour la production d’informations et la production industrielle, un criminel peut voler des informations par réseau informatique, faire dérailler un tramway ou même pirater le scanner d’un hôpital… », énumèrait Marc Watin-Augouard.

Espionnage industriel : quelle menace en Bourgogne ?

« Un homme déguisé en plombier s’introduit dans des bureaux pour y dérober des informations secrètes. Non, il ne s’agit pas du scénario d’un énième film d’espionnage. Ce genre de pratiques a cours aujourd’hui entre entreprises concurrentes ». (…) « Les prestataires de service opèrent quotidiennement dans les bureaux et en l’absence de la majeure partie des salariés. Il est tout à fait possible de soudoyer un agent de maintenance ou de mobiliser une personne pour qu’elle se charge de recueillir des informations », explique Nicolas Christen, directeur du cabinet d’investigations de Strasbourg (CIS) », pour 20Minutes.fr (Lire ici l’article). Une réalité qui vaut aussi pour la Bourgogne…

D’une manière générale, l’espionnage industriel a deux visages. « Il peut s’agir d’une cyber-infiltration par des techniques informatiques ou d’une intrusion physique », relève Marc Le Gallo, chef du bureau emploi-renseignement de la gendarmerie de Bourgogne. Et de préciser : « Dans le second cas de figure, on peut constater une intrusion par infraction mais aussi des cas d’espionnage lors de visites consenties – je pense par exemple au passage d’un stagiaire dans l’entreprise, aux journées portes ouvertes ou encore au travail intérimaire ».

Si, selon Marc Le Gallo, « la plus grosse partie des infractions sont commises par l’intermédiaire du réseau », le vol d’un seul ordinateur dans l’entreprise peut se révéler désastreux pour son avenir : « Quand l’appareil contient des informations sur un projet de la société ou sa stratégie à long terme, il ne s’agit plus d’un simple vol d’ordinateur ! », souligne-t-il. Et de nuancer : « En Bourgogne, nous n’avons pas constaté beaucoup de faits de ce genre ».

« Toutes les entreprises sont exposées »

Quand on évoque la question de l’espionnage économique, il est rapide d’assimiler ce genre d’affaires à l’image de grands groupes industriels luttant pour une poignée de millions d’euros… « En réalité, tout le monde est exposé, même les petites entreprises », souligne Alexander Grimaud, directeur de cabinet auprès de la préfète de Bourgogne. Et de préciser : « Dans la chaîne de production, le rôle du sous-traitant est aussi important que celui de l’entreprise pour laquelle il travaille. Parfois, les idées naissent même dans ces PME avant d’être développées au niveau du groupe… Il faut donc que les chefs d’entreprise soient particulièrement vigilants, quelle que soit la taille de leur société ».

Chez SEB, leader mondial du petit électroménager implanté à Selongey, en Côte-d’Or, l’espionnage industriel est un enjeu quotidien. « Nous effectuons un travail de recherche très important et déposons une centaine de brevets chaque année : nous ne voudrions pas qu’une fuite vienne anéantir ce travail ! », explique Philippe Crevoisier, directeur de l’activité électrique culinaire chez SEB. « Mais aucun exemple vraiment flagrant d’espionnage n’a été constaté chez nous ».

Et si SEB se faisait voler une idée avant d’en avoir déposé le brevet ? « Aujourd’hui, une règle de marketing très simple s’applique sur tous les marchés : la valeur au premier arrivé. Si nous n’avons pas la primeure lors du lancement d’un produit, son écoulement sera beaucoup plus difficile… », répond Philippe Crevoisier. Une idée facilement concevable au regard du succès de l’iPhone d’Apple face à ses concurrents… Sans cette « prime au premier », la conséquence serait sans appel : « Cela aurait d’abord un coût non négligeable et, surtout, le fait de ne plus pouvoir déposer de brevets remettrait en cause la fabrication des produits dans les usines françaises ». D’une manière générale, une telle attaque peut entraîner la perte de partenaires, de savoirs-faire ou de marchés…

Comment faire face ?

Pour lutter contre l’espionnage industriel, il convient de garder à l’esprit quelques règles d’or… En amont, la préfecture de Bourgogne conseille par exemple de veiller à la sécurité de son système informatique par la mise en place d’un accès personnel « traçable » pour chaque employé utilisant un ordinateur connecté au réseau ou encore l’installation d’un système de cryptage actualisé… Elle invite également à la vigilance quant aux courriers provenant d’expéditeurs inconnus. « Trois quart des virus passent par les messages électroniques et les gens sont trop peu sensibilisés au risque de piratage… Seules 30% des entreprises ont aujourd’hui conscience de cette menace », note Marc Watin-Augouard… Surtout, Marc Le Gallo conseille « de conserver les informations stratégiques de l’entreprise sur un ordinateur qui n’est pas connecté à internet : elles seraient trop vulnérables face à une attaque ».

Le facteur humain doit également être pris en compte. « Un stagiaire peut très bien être un espion. Il est donc préférable, avant tout engagement, de signer avec lui une convention fixant comme préalable le respect de la confidentialité des informations dévoilées par l’entreprise », conseille Marc Le Gallo. Philippe Crevoisier, quant à lui, dit même avoir mis en garde certains employés « qui racontaient sur leur page Facebook l’avancée d’un projet dont nous n’avions encore jamais parlé à l’extérieur »…

Et si une entreprise était victime d’une attaque en Bourgogne ? « Cette mission de protection des savoirs-faire est partagée par plusieurs services. La police nationale, la gendarmerie et même le ministère de la Défense – pour les entreprises qui ont des contrats avec l’armée – peuvent être mobilisés en cas de problème au sein d’une entreprise de la région », explique Alexander Grimaud. Et Marc Le Gallo d’illustrer cette remarque : « Nos experts en cybercriminalité peuvent faire intervenir des équipes spécialisées pour remonter à l’espion ; aussi bien s’il s’agit d’une suspicion que d’une infraction ». En Bourgogne, donc, la menace de l’espionnage industriel est bien présente ; tout autant que les dispositifs sécuritaires pour y faire face. Mais la vigilance du chef d’entreprise reste bien le facteur décisif pour contrer toute tentative d’espionnage…

Dijon : Prenez le « café du covoiturage » mercredi 06 avril !

Dans un communiqué reçu jeudi 31 mars 2011, l’association La Clé de contact, centrale de covoiturage, annonce un « café du covoiturage » mercredi 06 avril, à partir de 16h30, rue Vaillant, à Dijon. Par ailleurs, dans un communiqué reçu lundi 04 avril, le site Covoiturage.fr annonce qu’il a enregistré « son millionième membre en pleine Semaine du développement durable« .

Pour en savoir plus, lire les communiqués ci-dessous.

  • « Un café covoiturage et en voiture… : Mercredi 06 avril

Dans le cadres de la Semaine du Développement Durable, l’association La Clé de Contact – Centrale de covoiturage à Dijon organise un café du covoiturage le mercredi 06 avril de 16h30 à 18h30 dans ses locaux.

Café covoiturage, ce n’est pas un café comme les autres. Il a pour but d’offrir au adhérents et non-adhérents la possibilité de venir découvrir l’Association, les avantages écologiques, économiques, solidaires et conviviaux du covoiturage et de présenter au public notre large panel de trajet disponibles à ce jour. Venez discuter du covoiturage, du développement durable autour d’un café convivial et peut-être trouver un covoiturage pour vos trajets quotidiens ou vos trajets occasionnels.

> Pourquoi covoiturer ?

Moyen de transport écologique

20 km aller et 20 km retour chaque jour, c’est une tonne et demie de CO2 qui part dans l’atmosphère chaque année. Covoiturer à deux, c’est 50% de réduction immédiate des émissions de CO2, de la pollution et des embouteillages.

Moyen de transport économique
Une voiture coûte en moyenne 30 cents du km, soit 30€ tous les 100km et 3.000€ tous les 10. 000km… et ceci sans compter les péages, le parking, les contraventions…
Grâce au covoiturage, vous pouvez diviser cette somme au minimum par deux et au maximum par 5 en remplissant la voiture.

Moyen de transport convivial et solidaire
Le principal risque du covoiturage, c’est de rencontrer des gens sympas. C’est aussi la possibilité pour des personnes à faible revenu ou sans voiture de se déplacer dans
les secteurs peu desservis par les transports en commun.

Café covoiturage
Mercredi 06 Avril 2011, de 16h30 à 18h30
A la Centrale de Covoiturage
10, rue Vaillant – 21 000 DIJON »

  • Communiqué du site national Covoiturage.fr 

« Un MILLION de français sur Covoiturage.fr 

Tout un symbole : Le site national enregistre son millionième membre en pleine Semaine du Développement Durable.

Covoiturage.fr n’a pas inventé le covoiturage, il l’a révolutionné. Depuis longtemps, le covoiturage s’organisait de manière spontanée en famille ou entre amis. Internet lui a offert des possibilités illimitées en mettant en contact les conducteurs et passagers de tous horizons. 

Avec plus de 5 millions de covoiturages déjà organisés et un inventaire quotidien de 440 000 annonces, Covoiturage.fr mutualise aussi bien les trajets domicile-travail que les nombreux départs en week-end.

Fondé en 2004, le site a d’abord attiré les étudiants. Aujourd’hui avec 1 million de français convertis, le covoiturage touche tous les âges et toutes les professions.

Grâce à la confiance instaurée dans sa communauté, Covoiturage.fr a su transformer des petites annonces en un véritable moyen de transport national fiable. On y trouve des Paris-Lille à 15€, des Paris-Rennes à 20€ et même des Toulouse-Barcelone à 25€, y compris en dernière minute.

Le succès de Covoiturage.fr reflète l’avènement de la consommation collaborative tout comme Ebay, Priceminister ou Voiturelib. Au delà du bénéfice économique, le partage des véhicules à grande échelle a des vertus écologiques : Covoiturage.fr a économisé plus de 40 millions de litres d’essence et plus de 200 000 tonnes de CO2 depuis sa création.

Le millionième membre s’est inscrit ce lundi 04 avril à 9h37. 

InfOs pratiques

Inscription et mise en relation gratuite
web : http://www.covoiturage.fr
iPhone et Android : Application gratuite « Comuto » »

Côte-d’Or : Réactions des élus face à la suppression de 64 classes à la rentrée 2011

Dans un communiqué reçu mardi 05 avril 2011, François Rebsamen (PS), sénateur-maire de Dijon, réagit suite à la fermeture envisagée de 64 classes en Côte-d’Or à la rentrée 2011. Par ailleurs, le Parti radical de gauche en Côte-d’Or (PRG 21), élève la voix en soulignant que « 66% des projets de fermeture sont concentrés sur les secteurs ruraux ».

Une mesure qui intervient dans un contexte plus global, après l’annonce faite par Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, de supprimer 16.000 postes d’enseignants à la rentrée 2011 au niveau national (Lire ici notre article)… En Côte-d’Or, « 311 postes d’enseignants seront supprimés à la rentrée 2011 dans l’académie de Dijon, dont 125 dans le cycle primaire et 186 dans le secondaire », confirmait alors le rectorat à dijOnscOpe.

Pour en savoir plus, lire les communiqués ci-dessous.

  • Communiqué de François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon

« Redonner à notre pays un espoir, sera d’abord redonner une ambition à l’Education nationale

L’école est l’institution fondamentale de la République, celle qui lui donne son sens, sa grandeur. Malheureusement, aujourd’hui elle est devenue un débat de comptables. Aussi quand l’éducation se réduit à un problème budgétaire pour l’Etat, c’est le signe que la France se délite, qu’elle perd son espérance, sa singularité.

La réduction des postes dans l’éducation nationale depuis 5 ans est emblématique des économies réalisées par le Gouvernement. A la rentrée de septembre 2011 ce sont encore 16 000 postes nets qui seront supprimés. La Côte-d’Or va perdre 46 emplois uniquement dans le premier degré. Une situation inédite en Côte-d’Or.

Par ces suppressions de postes successives et les réformes imposées, le Gouvernement s’attaque aux fondements même de notre système éducatif et à son ambition républicaine. Ce véritable « plan social de l’éducation nationale » a malheureusement des conséquences graves dans les écoles de notre département. Ainsi, ces derniers jours, la mobilisation s’organise en Côte-d’Or contre les 64 fermetures de classes envisagées à la rentrée de 2011.

Je comprends la colère des enseignants, l’inquiétude des parents d’élève et je partage l’indignation des maires de notre département, car je sais combien l’éducation et la réussite éducative sont au coeur même de nos actions, de nos engagements et de nos investissements.

C’est pourquoi je n’avais pas manqué d’interpeller le Gouvernement par voie de question écrite, publiée au Journal officiel du Sénat le 17 février, et dont j’attends toujours la réponse. En effet, comment le Gouvernement entend assurer l’égalité d’accès aux savoirs pour tous ? Comment il entend prendre en charge les élèves en grande difficulté ? Comment il compte éviter que les jeunes sortent du système éducatif sans qualification ?

Redonner à notre pays un espoir, ce sera d’abord redonner une ambition à l’Education nationale. En France l’avenir commence à l’école ».

  • Communiqué du PRG 21

« Carte scolaire 2011/2012 : la ruralité bafouée ! 

Le ministère de l’éducation nationale avait repoussé au lendemain des élections cantonales la publication des projets de carte scolaire : nul ne peut contester aujourd’hui la motivation électoraliste de ce report !

Le projet de carte scolaire est un violent camouflet pour les secteurs ruraux du département de la Côte d’Or : 66% des fermetures ou projets de fermetures sont concentrés sur les secteurs ruraux*. 

Ajoutant à cela la diminution des postes de RASED et de psychologues scolaires c’est tout le tissu éducatif qui est, cette année encore, attaqué.

Le Parti Radical de Gauche dénonce avec la plus grande vigueur les mesures sacrificielles du gouvernement contre l’éducation nationale et la politique de déménagement du territoire et d’abandon du monde rural qu’il conduit méthodiquement. 

Pour faire suite à la manifestation de ce 5 avril, le PRG appelle les parents d’élèves, les enseignants et les maires du département à être de nouveau présents devant l’inspection académique vendredi 8 avril dès 8h30 alors que se réunira le CDEN. Toutes les collectivités doivent s’unir pour défendre le service public de l’éducation et son maintien dans nos territoires ».

Cécile Duflot (EELV) à Dijon : « Maintenant, il faut que nous prenions le pouvoir »…

À l’occasion des rencontres nationales des élus régionaux Europe écologie-Les Verts (EELV), qui se déroulent à Dijon les 05 et 06 avril 2011, Cécile Duflot, secrétaire nationale du parti, a abordé la question des primaires écologistes ; le conseil fédéral d’EELV a décidé, dimanche 03 avril, de les organiser au mois de juin 2011, contre l’avis de Nicolas Hulot…

En introduction de son intervention à la conférence de presse organisée mardi matin, Cécile Duflot a d’abord assuré que les élus écologistes conquéraient aujourd’hui « une expertise technique institutionnelle très grande qui sera utile dans la perspective essentielle de la conquête de la majorité et l’exercice dans nos postes de fonctionnement du pouvoir, de manière autonome. Car la notion d’alerte a des limites : nous avons fait un certain nombre de constats sur les crises qui nous menaçaient et nous n’avons pas été suffisamment écoutés ; maintenant il faut que nous prenions le pouvoir »…

  • Pourquoi les primaires écologistes en juin plutôt qu’en septembre ?  

« Nous n’avons pas « avancé » les primaires en juin, nous les avons fixées. Il existait deux options et celle du début de l’été plutôt que la fin de l’été a emporté la majorité des suffrages du conseil fédéral. Tous ceux qui extrapolent sur cette date-là autour des candidats font une erreur. De toute façon, ce qui semble très important, c’est le climat dans lequel vont se dérouler ces primaires et surtout, la dimension qualitative qui va se construire pendant ce débat. » 

  • Que pense EELV du programme présenté mardi 05 avril par le PS, notamment sur la question du nucléaire (Lire ici l’article d’Europe1.fr sur le sujet) ? 

« Le parti socialiste veut essayer d’infléchir, sur certains points, la situation de crise dans laquelle nous sommes. Les écologistes, eux, veulent inverser la tendance du gaspillage, de la concurrence, etc. Il n’est plus temps aujourd’hui des petites solutions complémentaires. Il est vraiment nécessaire d’inverser la tendance en profondeur…

La sortie du tout nucléaire en trente ou quarante ans (ndlr : proposition du PS), ce n’est pas la peine puisque nous ne sommes déjà pas dans le tout nucléaire. La question est de savoir si oui ou non on engage un changement de société, où l’on organise la sortie progressive et programmée du nucléaire et que l’on passe à une autre vision de la politique énergétique.

Quant à la question du système bancaire, il n’y a dessus aucune proposition des socialistes. Le sujet du revenu minimum est abordé mais uniquement dans les entreprises où l’État a des participations. Nous, nous pensons aller vers un revenu minimum et maximum par un système fiscal adapté, qui concernerait tout le monde. Ce n’est pas une attaque, c’est un constat et cela peut aussi être un regret. En tout cas, cela rend notre détermination à construire un projet écologiste global et assumé encore plus grand. Nous avons plus que jamais un rôle à jouer. » 

  • Un rassemblement de la gauche est-il évident au second tour de la Présidentielle 2012 ?     

« Nous sommes absolument convaincus de la nécessité de battre Nicolas Sarkozy. Il suffit d’entendre les déclarations devenues désormais pathologiques de Claude Guéant sur la question des musulmans (Lire ici l’article de 20minutes.fr sur le sujet) pour se dire qu’il y a urgence. Par ailleurs, nous nous souvenons de ce qui s’est appelé La Gauche plurielle et de sa fin le 21 avril 2002… Nous sommes convaincus qu’il faut envisager les choses très différemment. Après Fukushima, nous ne pouvons pas imaginer que des écologistes participent à un gouvernement qui n’aurait pas comme horizon de construire un autre modèle et de ne pas préserver notre continent de la menace d’une catastrophe nucléaire.

De toute façon, nous allons engager – discrètement – les discussions sur ces questions dans les jours qui viennent. Elles auront lieu avec tous nos partenaires potentiels et non pas en tête-à-tête. Elles seront doublées d’une discussion sur la représentation parlementaire : nous sommes dans un système électoral qui est une exception car il ne permet pas une représentation naturelle de la diversité politique au sein du parlement. » 

  • Pourquoi Cécile Duflot n’est-elle pas candidate aux primaires écologistes ? 

« Pourquoi est-ce si évident que, pour exister dans le champ politique, il faille être candidat à l’élection présidentielle. Nous sommes malades de cette élection dans notre pays. J’ai depuis longtemps choisi d’exercer un rôle qui est important pour moi : celui de secrétaire nationale. Je ne l’exercerai pas à vie car c’est à la fois exaltant et usant. Mais je pense que dans la période qui s’ouvre, c’est là où je peux être le plus utile au collectif. Souvent, on utilise cette formule du sens du collectif et moi, tout bien réfléchi, je me l’applique à moi-même. N’essayez pas de chercher la grosse méga stratégie que j’ai : c’est vraiment aussi simple que cela. » 

Bourgogne : Quand l’Europe vous colle à la peau…

Savez-vous comment un patch de nicotine adhère à la peau de celui qui l’utilise ?… Réponse : grâce à l’Europe ! Car si les fonds européens n’avaient pas aidé Plasto, entreprise implantée à Chenôve (21), à financer sa recherche et développement en la matière, des méthodes d’un autre temps auraient encore cours pour arrêter de fumer… A l’occasion d’une campagne de communication dédiée à ces aides de l’Europe, Anne Boquet, préfète de Bourgogne, et François Patriat, sénateur et président du conseil régional, ont découvert lundi 04 avril 2011 leurs effets concrets au cœur de l’entreprise Plasto. Une visite pour souligner que l’Europe – même si sa présence n’est pas toujours perceptible à l’œil nu -, est bien présente au quotidien dans la vie des Bourguignons…

Mission : communication

« Si c’est bien : c’est grâce à la France. Si cela ne l’est pas : c’est la faute à l’Europe ». Pour Anne Boquet, préfète de Bourgogne, et François Patriat, sénateur et président du conseil régional, cette vieille antienne avait besoin d’un bon coup de chiffon ! En visite lundi 04 avril 2011 dans les locaux de l’usine Plasto, à Chenôve (21), la première représentante de l’Etat dans la région a d’abord dit sa volonté de « sortir de cette perception – qu’ont encore certains de nos concitoyens – selon laquelle l’Europe est une insitution très technocratique et très éloignée de nos préoccupations ».

Même son de cloche du côté de François Patriat, qui convoque Mitterrand pour évoquer sa vision de l’Europe… « Vous connaissez la formule célèbre ? « La France est notre patrie, l’Europe notre avenir, le monde notre marché ». Elle montre bien aujourd’hui que l’avenir de l’Europe doit être décliné dans les territoires. Les représentants politiques le savent. Les habitants beaucoup moins. Et au moment où l’Europe est considérée comme un bouc émissaire, au moment où certains pays – L’Irlande, le Portugal – connaissent des difficultés, il est temps de montrer combien elle apporte quotidiennement à tous les citoyens, chez eux comme chez nous », souligne le président du conseil régional. Selon un sondage relayé par la préfecture de Bourgogne, seuls 30% des Français pensaient bénéficier personnellement d’actions financées par l’Union européenne en 2008…

Pour aller à l’encontre de cette vision, l’Europe, l’Etat et la Région ont lancé une campagne de communication basée sur un affichage de masse – 550 panneaux en Bourgogne -, la distribution de cartes postales ou encore la création d’un site internet spécialement dédié à l’utilisation des fonds européens en Bourgogne (Lire ici).

L’Europe, premier moteur de l’économie locale ?

« Les fonds européens sont souvent les premiers déclencheurs pour le financement d’un projet. Ces 20% d’Europe permettent ensuite aux collectivités locales d’apporter le complément nécessaire en confiance. Ce premier apport financier est en général le plus exemplaire, parfois même le plus efficace », remarque François Patriat. « Car les critères de sélection de l’Europe sont basés avant tout sur la qualité du projet et son caractère innovant : ce premier pas européen est un gage de confiance », continue Anne Boquet. Depuis 2008, la commune de Pouilly-en-Auxois, en Côte-d’Or, accueille un centre de recherche contre le cancer de la plèvre. « Si aujourd’hui l’Université de Bourgogne est à Pouilly-en-Auxois, c’est parce qu’il y a eu 20% de crédits européens pour monter ce centre… Et grâce à l’Europe, vous avez aujourd’hui dans la région une station qui fait de la chirurgie expérimentale et de la thérapeuthique expérimentale à très haut niveau ! », souligne François Patriat.

16.000 projets soutenus depuis 1994, plus d’un milliard d’euros injectés en Bourgogne depuis la création des fonds européens… L’Europe est là, même si cela ne se voit pas ! Elle finance tout d’abord des projets liés à l’emploi par l’intermédiaire du Fonds social européen (FSE). Dans la région, le programme 2007-2013 prévoit de verser 102,2 millions d’euros pour aider les organismes publics et privés dans leur aide aux « groupes les plus exposés au chômage et à l’exclusion, aux travailleurs âgés afin de favoriser la reconnaissance de leur expérience professionnelle, aux jeunes à la recherche d’un premier emploi » ou encore « aux salariés bénéficiant peu de la formation professionnelle » selon la page de présentation du fonds (Lire ici). Le Fonds européen de développement régional (Feder), quant à lui, s’adresse plus directement aux entreprises avec pour objectif de « faire de l’innovation et du développement durable les moteurs de la compétitivité régionale » (Lire ici). Pour le programme 2007-2013, l’Union européenne prévoit de consacrer 185,6 millions d’euros au Feder en Bourgogne.

Comment est effectué le tri entre les projets ? D’après leur qualité, bien sûr, mais également suivant les thématiques prioritaires définies par les Etats-membres : la recherche et l’innovation ; le développement de l’usage des nouvelles techonolgies de l’information ; le développement durable – préservation du milieu naturel, soutien aux énergies renouvelables, transports alternatifs à la route ; et l’accès à l’emploi. « Au-delà des montants financiers, l’Europe nous tire vers le haut. Par son exigence, elle invite à faire mieux, aller mieux, chercher et trouver à répondre au maximum aux attentes de nos concitoyens », relève Anne Boquet.

« L’Europe est notre accélérateur »

Chez Plasto, entreprise bourguignonne depuis plus d’un demi-siècle, « l’Europe est un soutien et un horizon », constate Roland de la Brosse, son P-DG. Au fil des ans, ses adhésifs techniques ont investi le secteur automobile, celui de la santé – étiquettes pour poches à sang, pansements – ou encore l’industrie avec ses plastiques de protection et ses étiquettes de traçabilité… « Pour moi, l’Europe est un accélérateur. C’est-à-dire que nous aurions tout de même mené nos projets sans elle mais grâce à son soutien, on arrive à enchaîner les actions avec plus de rapidité et plus d’efficacité », remarque-t-il.

100.000 euros du Feder ont par exemple permis à Plasto de concevoir des patchs transdermiques « pour arrêter de fumer » ; 190.400 euros ont par ailleurs contribué à la collaboration de l’entreprise avec l’Allemand BASF « pour produire des adhésifs sans solvants »… Par ailleurs, « 350 salariés travaillent chez nous à Chenôve. Il est de notre responsabilité de les faire évoluer, de leur permettre de s’adapter aux évolutions de leurs métiers : l’Europe nous a ainsi aidé à monter des programmes de formation », souligne Roland de la Brosse. Pour ces 350 salariés, l’Europe a aujourd’hui un sens. En sera-t-il de même pour tous les Bourguignons après la campagne de communication déployée dans la région jusqu’au lundi 11 avril 2011 ? La question mérite d’être posée…

Dijon : Conférence sur « la ceinture de boulevards de Dijon en 1900 » mardi 05 avril

Dans un communiqué reçu le 17 mars 2011, l’Association des passionnés de l’écriture, du livre et de la lecture de Dijon (Apelle 21) annonce une conférence animée par Thérèse Dubuisson* mardi 05 avril 2011, dans le cadre des « Conversations des mardis soir » à l’hôtel Ibis Arquebuse à Dijon, autour d’un apéritif  à 19h, sur le thème suivant : « La ceinture de boulevards de Dijon en 1900 ». 

Pour en savoir plus, lire le communiqué ci-dessous. 

« Tout au long du XIXe siècle, Dijon s’est dotée d’une ceinture de boulevards et de places sur l’emplacement des anciens remparts, des bastions et du château. Les boulevards Carnot, Thiers, de Brosses, de la Trémouille et Sévigné se sont bordés de beaux immeubles « haussmanniens », de grosses villas bourgeoises de style éclectique et des équipements nécessaires à une ville qui grandit (écoles, lycées, lieux de cultes) ».  

  • infOs pratiques 

– Participation à la conférence : 8 euros pour les adhérents et 10 euros pour les non adhérents
– lapelle21@gmail.com / lapelle.over-blog.com / facebook : L’Apelle Dijon
– 60 rue Berbisey – 21000 Dijon / Tél. : 03.80.41.81.72

* Thérèse Dubuisson a été Professeur d’arts plastiques à l’Ecole normale de Vesoul, de retour à Dijon en 1992, elle s’intéresse à l’histoire urbaine de Dijon et en dessine les portes. Son mari Daniel Dubuisson, professeur agrégé de mathématiques, participe à ses recherches. Ils publient ensemble « Les allées du Parc à Dijon » en 2006 et « De la porte Saint-Pierre à la place Wilson » en 2008. »

Pont-et-Massène (21) : Le conflit autour du lac s’enlise…

Suite au rassemblement pacifique organisé dimanche 27 mars 2011, le Club nautique semurois – dont la pérennité est aujourd’hui menacée (Lire notre article ici), était convoqué à la sous-préfecture de Montbard, vendredi 1er avril 2011, pour « apporter des réponses aux nombreuses questions » soulevées dans leurs différents courriers. Si la formulation irritait déjà Jean-François Cusey, responsable du comité de gestion de crise du club nautique, les conclusions de la réunion lui ont laissé un arrière-gout d’amertume…

Une réunion nommée désir

Voilà six mois que le responsable attendait cette réunion. Or les services de l’État n’ont pas souhaité que Maître Nicolle, l’avocat du comité, y assiste. Consécutivement à ce refus, le comité a décidé de boycotter cette réunion « dont par ailleurs, le scénario était par avance écrit », explique Jean-François Cusey. Face à ce refus, la sous-préfète de Montbard, Cécile Legrand, a accepté de recevoir seuls les représentants du club accompagnés de leur conseil : « Là, nous avons été accueillis par la sous-préfète mais aussi M. Linard, directeur départemental des territoires, et M. Pelletier, responsable de VNF (ndlr : Voies navigables de France) ».

De son côté, la préfecture de Côte-d’Or fait le bilan des discussions en affirmant que « l’Etat a la volonté affirmée de mettre à niveau les normes de sécurité entourant cet ouvrage, au regard des exigences actuelles, en particulier, sa capacité à résister à une crue de période de retour de 5.000 ans et non 100 ans comme à l’origine ». Une procédure de révision devrait être engagée avant fin 2012 afin d’analyser la conception du barrage et déterminer des facteurs d’amélioration, notamment concernant la stabilité et l’évacuation des crues.

La préfecture a ainsi reconduit la disposition selon laquelle il faut abaisser la cote maximale de 1 mètre afin de disposer de 25 minutes supplémentaires pour permettre l’évacuation des populations en précisant que toutefois, « aucune de ces dispositions n’a de lien avec l’usage qui peut être fait du plan d’eau, en particulier la pratique du ski nautique ».

« Le compte n’y est pas »

Pour Jean-François Cusey, le compte n’y est pas : « On ne peut pas dire à ce jour si on va ouvrir ou pas le club au 1er mai ». La faute à plusieurs incohérences qui subsistent : « Nous allons déjà recourir au référé suspensif sur le sujet de la navigation toujours interdite […] et nous allons user de tous les recours juridiques ». En outre, la construction des pontons fait obligatoirement objet d’une demande d’autorisation d’occupation temporaire : « Depuis le 25 novembre 2010, nous sommes dans l’attente d’une réponse. La région, qui gère désormais les pontons, a annoncé qu’elle attendait que la communauté de commune du Sinémurien se prononce quant au devenir du bâtiment ». Car dans cette histoire, une convention entre Voies navigables de France (VNF) et le conseil régional de Bourgogne a donné la gestion du canal de Bourgogne à la Région pour trois ans, hormis le barrage – et non le plan d’eau – de Pont et Chazilly.

Par ailleurs, le club occupe un bâtiment sans titre. « A l’avant-veille du rassemblement organisé le 27 mars 2011, le premier adjoint de la commune de Pont André Sokol – qui devrait être élu maire lors du conseil municipal du 04 avril suite à la démission d’Eric Chamoy -, a fait procéder au changement de deux des trois serrures du local du club, condamnant notamment tout accès à l’atelier où est entreposé l’outillage ». Une plainte a de fait été déposée à la gendarmerie pour violation de domicile, la propriété du bâtiment n’étant pas reconnue à la commune de Pont car elle est tout simplement inconnue depuis 2005 !

De cette rencontre au cours de laquelle, selon son avocat, « certains participants ont fait preuve d’arrogance », Jean-François Cusey ne ressort qu’une chose : « Si on avait voulu faire couler l’association, on aurait pas fait autrement ! ». Si le responsable du comité de gestion de crise n’espère « aucun regain de civisme de la part des élus communautaires, aux premiers rangs desquels un certain Marc Patriat », il conclut clairement : « La réunion ne nous a pas du tout calmés ! ». Et de lancer un ultimatum avant d’entrer dans une nouvelle phase… A suivre.

Chevigny-Saint-Sauveur (21) : Une école de la seconde chance !

« On ne laisse personne sur le bord du chemin ! ». Tel est le crédo des partenaires de ce projet d’école de la seconde chance (E2C), soutenu principalement par le conseil régional de Bourgogne, associé à l’Afpa et à la Ligue de l’enseignement. L’enjeu ? Favoriser l’insertion des jeunes ayant quitté le système scolaire. Inauguré lundi 04 avril 2011, à Chevigny-saint-Sauveur, dans le Grand Dijon, ce nouveau dispositif pédagogique s’adresse aux jeunes de 18 à 30 ans sortis du système scolaire sans qualification et sans emploi.

La structure et son équipe devront répondre à un triple objectif : apporter une mise à niveau scolaire de l’élève afin qu’il soit en mesure d’intégrer une formation qualifiante ; l’accompagner dans une démarche active de recherche de stage en entreprise – l’alternance reste, pour ces jeunes, la clé de l’entrée dans le monde du travail – ; apporter un soutien social à ces jeunes souvent en difficulté sur ces questions.

A noter que cette formation est rémunérée par la Région à hauteur d’environ 300 euros par mois, ce qui permet aussi, en dernier lieu, de lever quelques barrières, notamment financières.