
Le numéro 2 de la police judiciaire lyonnaise Michel Neyret a été mis en examen et suspendu le 4 octobre pour corruption et trafic de stupéfiants.
Mais qui est ce commissaire présumé véreux, réputé pourtant être une référence dans la lutte contre le banditisme ? Portrait.
« Aujourd’hui, un grand serviteur de la République part en maison d’arrêt, un homme de terrain, le commissaire divisionnaire Neyret. » Ce sont les mots de l’avocat de Michel Neyret, Me Versini-Bullara aux journalistes, au moment de son arrestation le 4 octobre.
Rien ne prédisposait Michel Neyret, prénommé « Mickey », respecté et admiré de ses collègues à être écroué un jour pour corruption et trafic de drogue. Les planques de nuit, les interpellations au petit matin, rien ne le rebutait. Il s’est forgé une réputation de « superflic » aux costumes bien taillés.
Une brillante carrière
Ce policier de 55 ans, dit « incorruptible », débute sa carrière à 26 ans en 1981, à la PJ ( police judiciaire) de Versailles. Il prend ensuite la tête de la Brigade de recherches et d’intervention (BRI) dans les années 80. Pendant 20 ans, il va travailler pour l’anti-gang lyonnais, où il se constitue des carnets d’indics volumineux. Il passe ensuite par l’antenne niçoise de la PJ, de 2004 à 2007, pour revenir à Lyon où il devient le numéro 2 de la Direction interrégionale de la PJ.
Un homme de terrain aux vieilles méthodes
« Il revendiquait d’être un homme de terrain, un opérationnel, son job c’était la poursuite des délinquants, j’avais une totale confiance, » confie, déçu, Jean-Olivier Viout, procureur général de Lyon et avocat général.
Légion d’honneur à la boutonnière en 2004, Michel Neyret est un adepte des « vieilles méthodes », « un flic à l’ancienne ». Grâce à son réseau important d’indics, rien ne lui échappe. Les nouveaux voyous, les caïds des cités… Le numéro 2 de la PJ de Lyon peut rester en contact avec tout ce beau monde. Son style ? Il agit en « tôlier », c’est-à-dire en chef de bande respecté de ses troupes.
Un policier aimant trop les feux de la rampe ?
Amateur de belles voitures, des soirées people lyonnaises, le commissaire aime aussi beaucoup le bling-bling et la médiatisation. Il a même eu l’ honneur, en septembre 2011, de participer à un des reportages de l’émission Zone Interdite, consacrée à la montée du grand banditisme dans la région de Lyon et de Grenoble. Michel Neyret est filmé en plein arrestation de » go-fast », ces convois de drogue sur l’autoroute. (Voir la vidéo en haut de l’article)
« Grand flic », « belle carrière », « excellent professionnel », magistrats et collègues ne tarissent pas d’éloges sur le commissaire, qui a même inspiré le cinéma avec le héros du dernier film d’Olivier Marchal, ami de Michel Neyret, sur le gang des Lyonnais.
Mis en examen le 4 octobre, le « super-flic » n’a pas su convaincre ses collègues de son innocence, qui le soupçonnent d’avoir été trop » bavard » sur le milieu et d’avoir été corrompu. Son épouse Nicole Marcellin a aussi été placée en garde à vue. Il ne restait pourtant à Michel Neyret que quelques mois avant de se mettre au vert. Il avait prévu de prendre sa retraite en 2012.