Suite de l’affaire Générali : Trois ex-salariés ont entamé une grève de la faim en Côte-d’Or

En lutte depuis 52 mois avec leur direction, les ex-salariés de Générali France auraient-ils obtenu gain de cause ? L’entreprise a en effet annoncé, jeudi 17 mars 2011, son souhait d’engager des rencontres entre les ex-employés et un cabinet spécialisé dans le but d’établir un bilan personnel et de trouver une solution de réinsertion. Parmi eux, quatorze ont engagé une grève de la faim, dont trois en Côte-d’Or, comme Patrick Garlatti que nous avions interviewé dans notre édition du 09 mars 2011 (Lire notre article ici).

Ils sont désormais trois en Côte-d’Or

Un constat d’échec pour celui qui proteste depuis début 2007 contre son licenciement économique, comme 86 des 200 licenciés : « La proposition de Générali est l’aveu publique de son insuffisance en 2007 mais elle nous donne raison sur la dénonciation que nous avons fait du PSE de misère de cette époque et que cette fameuse juge a rejeté en décembre dernier avec le reste de notre dossier ». La direction a, quant à elle, choisi de mandater le cabinet Sodie pour conduire des entretiens personnalisés avec les 210 personnes concernées. Il faut dire qu’aujourd’hui, rien qu’en Côte-d’Or, trois personnes ont entamé une grève de la faim : Patrick Garlatti bien entendu mais aussi Alain Laurent, habitant à Lucenay-le-Duc et Jean-Pierre d’Império. A 44 ans, cet habitant de Châtellenot, père de trois enfants, a fondé son agence de courtise en assurance en 2009 à Pouilly-en-Auxois et travaille sur les quatre départements de la région.

Si la pertinence d’une grève de la faim n’est pas toujours facile à voir dans de telle situation elle l’est encore moins du fait de l’isolement géographique de l’ensemble de ces acteurs. Pour Patrick Garlatti pourtant, le compte n’y est pas : « Personnellement j »ai actuellement perdu huit kilogrammes et la fatigue se fait ressentir. Mais je ne me plains pas car Eric Pillot – le premier salarié à avoir engagé une grève de la faim – doit être à moins trente kilos. Actuellement, nous sommes treize en grève de la faim, nous serons quinze la semaine prochaine et dix-sept si le ministère du Travail n’a toujours pas répondu à nos demandes urgentes de rendez-vous ». Dans un communiqué diffusé samedi 19 mars 2011, maitre Denis Delcourt-Poudenx a considéré que « cette annonce fait l’effet d’une provocation et risque de radicaliser le mouvement ».

En effet, selon lui, « le fait d’agir par voie de presse montre que Générali recherche exclusivement un effet d’annonce et de communication », déplorant que malgré quatre années de travail avec l’avocat de l’entreprise, aucune annonce ne lui a été faite personnellement. De plus, l’avocat estime que ces propositions viennent « bien tard puisqu’en principe, les mesures d’accompagnement et de retour à l’emploi auraient dû être incluses dans le plan social initial ». Enfin il est, selon lui, « ridicule et quasi insultant de proposer une telle mesure 52 mois après le licenciement alors que les salariés ont pour beaucoup d’entre eux retrouvé un emploi ou créé le leur et demandent la prise en compte de leurs différents préjudices et non pas une mesure totalement anachronique ».

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