Archive | février 2011

Dijon : L’actualité municipale revue et corrigée par F. Rebsamen…

A l’occasion de la conférence de presse d’avant conseil municipal lundi 31 janvier 2011, le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, est revenu sur les différents points à l’ordre du jour… mais surtout sur l’actualité qui entoure la vie municipale : la dette de la Ville, la vitesse sur la rocade, l’immeuble en construction rue de l’Égalité…

Dette : mauvaise pub

« J’ai vu qu’il y avait un tract qui avait été distribué disant que Dijon est la ville la plus endettée de France, selon le magazine Challenges (Consulter ici la fiche de Dijon). Je me suis procuré le magazine évidemment : sur cinq critères, Dijon en a trois qui sont bien et deux qui sont dans le rouge (« rigidité » et « service » dans le rouge ; « solvabilité », « fiscalité », « réalisations » dans le vert). Nous sommes 21e ville sur 37, devant Lyon, Rennes, Nantes… Je ne crois pas qu’il s’agisse de villes en faillite, ça se saurait. Je trouve donc cela très désagréable d’avoir ce genre de remarque. D’autant plus que nous avons un débat pour lequel je saisirai peut-être la justice administrative : la direction générale des collectivités locales se trompe dans son calcul sur l’un des critères, qui est l’épargne. Nous avons une épargne nette de 12 millions d’euros, ce qui est bien. Le ministère a mis en débit 12 millions d’euros mais il n’a pas mis en positif (ndrl : il s’agit d’une opération d’ordre). Je pense que cela nuit à la réputation de la ville et j’ai réécrit à la direction générale afin qu’ils corrigent leurs statistiques. Aussi, si nous avions en plus ce quatrième point, nous serions très bien classé… ». 

Sans doute François Rebsamen a-t-il fait ici allusion au communiqué du groupe d’opposition municipale (UMP) Initiatives Dijon, diffusé vendredi 14 janvier 2011 : « A l’heure où le maire de Dijon fait la promotion de sa politique financière à travers une série de réunions publiques, une agence d’évaluation indépendante et réputée publie une étude qui en dit long sur la gestion catastrophique de la majorité municipale emmenée par François Rebsamen. Réalisée par Public Evaluation System, en partenariat avec le magazine Challenges, cette étude est une évaluation annuelle sur la situation financière des 869 villes de plus de 10.000 habitants, réalisée sur la base des comptes 2009. Elle se fonde sur 5 critères de notation : marges de manœuvre, poids annuel de la dette, niveau d’endettement, fiscalité, degré de réalisation des prévisions budgétaires. Dijon fait en effet partie des villes lanternes rouge du classement, puisqu’elle est classée parmi les 12% de villes qui n’ont pas obtenu la moyenne et dont la situation financière est parmi les plus inquiétantes de France. Cette étude indépendante confirme malheureusement nos analyses, et celle de la Chambre régionale des comptes, sur l’état de la ville ».

La Lino à 70km/h ? 

« J’ai demandé à la préfète de limiter la vitesse sur la rocade Est et donc sur la future Lino à 90km/h au lieu de 110km/h, car cela permettrait d’améliorer la fluidité de la circulation. Les calculs établis par l’organisme CTE, qui relève du ministère, montrent que la Lino absorbera 20.000 véhicules/jour. Aujourd’hui, sur la rocade, il est comptabilisé 29.000 véhicules/jour côté nord et 48.000 véhicules/jour côté sud. Je suis donc tout à fait d’accord pour le passage à 90km/h sur la Lino, voire à 70km/h mais là, je ne sais pas si je serai suivi… ». 

Immeuble Seger en construction rue de l’Égalité : un étage en moins négocié…

« Il y a une campagne très politique qui se développe sur l’immeuble en construction rue de l’Égalité. Si certains propos sont tenus, je n’hésiterai pas à poursuivre en diffamation ceux qui laissent penser que la Ville de Dijon ou moi-même bénéficient d’avantages de Seger. Ce sont des bruits qui se répandent, il faut les arrêter vite. Hier (ndrl : dimanche 30 janvier), je suis allé vérifier le projet : cet espace était laissé à l’abandon, en plein centre urbain. La société Seger a l’argent pour acheter le terrain. Nous, la Ville, nous ne pouvions pas l’acheter. Ils ont déposé un permis de construire, conforme au plan d’occupation des sols (POS) de l’année 2000 de Robert Poujade (ndrl : ancien maire de Dijon), que je n’avais pas voté d’ailleurs. Ce POS prévoit des immeubles de grande hauteur. (…) J’ai reçu pendant une heure et demie les personnes de l’association qui s’est créée pour expliquer qu’à partir du moment où le projet est conforme au POS, nous ne pouvons pas nous y opposer. Par contre, nous avons obtenu de Seger qu’il baisse d’un étage qu’il avait essayé de gratter. Après, nous ne pouvons rien faire d’autre… Cela va mettre en valeur ce quartier plutôt que d’avoir un truc pourri avec des rats dedans ». 

Corcelles-les-Monts, la mal-aimée 

Au sujet du rapport n°11 sur le projet de Plan local d’urbanisme arrêté de la commune de Corcelles-les-Monts, François Rebsamen a affirmé ne rien avoir à dire en particulier : « Par contre, vous savez qu’il ne doit plus y avoir de communes isolées d’ici la fin de l’année en France. Il existe deux communes isolées autour de Dijon qui s’appellent Corcelles et Flavignerot et qui n’appartiennent à aucune communauté d’agglomération. Moi je leur ai dit – poliment – que je n’étais pas demandeur qu’ils viennent à l’agglomération ».  

Foyer de SDF cherche financement : 10 millions d’euros ! 

Interrogé sur le foyer d’accueil Sadi Carnot, au sujet duquel la nouvelle préfète de Côte-d’Or, Anne Boquet, a émis le souhait de le voir refait (Lire ici notre article), François Rebsamen a déclaré : « Cela fait six ans que je suis d’accord pour le refaire. Les crédits étaient inscrits au plan de relance et l’ancien préfet (ndrl : Christian de Lavernée) les a perdus, je ne sais pas comment mais en tout cas ils n’ont pas été consommés… Donc si elle arrive à retrouver les crédits, je la soutiens sur ce projet. C’est vrai que ce foyer, beaucoup de SDF ne veulent pas y aller. Il mérite d’être refait mais c’est de la responsabilité de l’État. La Ville veut bien mettre à disposition le terrain et ce n’est pas rien car nous pourrions nous en servir pour en faire des logements. Si l’État trouve le financement d’une partie de la construction, je suis prêt à aider la préfète à trouver d’autres sources de financement. Il y en a pour dix millions d’euros ».   

  • Quelques points à l’ordre du jour du conseil municipal… 

Environnement l Plan climat énergie territorial – Labellisation Cap Citergie. « La Ville se met dans la trajectoire de facteur 4 fixé en 2005 par la France dans la loi Programme d’orientations de la politique énergétique de la France (Pope), qui consiste à diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. En 2009, pour satisfaire à ses obligations, la Ville s’est engagée dans l’élaboration de son Plan climat  énergie territorial aux côtés du Grand Dijon et de la ville de Chenôve, tous trois retenus dans le cadre de l’appel à candidatures de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie et de la Région Bourgogne pour réaliser un Plan climat ambitieux. (…) Pour répondre à l’engagement du paquet « Energie-climat » européen, l’agglomération dijonnaise devrait réduite de 340.000 tonnes équivalent CO2 les émissions de son territoire d’ici 2020 autour des priorités suivantes : 40% dans l’habitat, 42% dans les bâtiments tertiaires, 21% sur le chauffage urbain. Quant à la Ville de Dijon, elle devra réduire ses émissions de 10.200 tonnes équivalent CO2 d’ici à 2020. Pour cela, il est proposé que la Ville adopte comme objectif prioritaire la réduction de 50% des émissions induites par son patrimoine « bâtiments et éclairage public). Cet objectif permettrait à lui seul d’atteindre 73% de l’objectif total de réduction que la ville s’est fixé d’ici 2020. 

Durant toute l’année 2010, la Ville a déployé la démarche Cit’ergie au sein de ses services. (…) Avec un potentiel d’actions mis en oeuvre à hauteur de 39%, la Ville vient d’être labellisée Cap Cit’ergie par la Commission nationale du label européen. Le Plan climat et Cit’ergie permettront à Dijon d’atteindre les exigences de la convention des maires. En mettant en oeuvre le programme d’actions qui va être défini d’ici l’automne 2011, la Ville devrait atteindre d’ici 2014 la labellisation européenne Cit’ergie. Dans la continuité du travail engagé depuis 2008 les élus étaient appelés à décider de la stratégie du Plan climat énergie territorial de la Ville établie en relation avec la démarche Cit’ergie. Pour cela, six axes étaient définis : aménager Dijon en faveur d’une meilleure qualité de vie, économe en énergie et en gaz à effet de serre ; être exemplaire en agissant en priorité sur le patrimoine ; développer les mobilités pour améliorer la qualité des parcours ; améliorer les modes de consommation, de gestion des déchets et de production d’énergie ; rendre l’organisation de la collectivité performante pour mener une politique « énergie climat » ambitieuse ; partager une culture commune des enjeux de l’énergie et du climat et favoriser la participation des acteurs locaux ». 

Patrimoine l Dijon, ville d’art et d’histoire. La ville a obtenu le label « ville d’art et d’histoire » en janvier 2008. Elle s’est engagée, dans le cadre d’une convention avec l’Etat signée le 30 novembre 2009, à mettre en place différentes actions dans le domaine de la valorisation et de l’animation du patrimoine, avec le soutien financier de l’Etat. En 2011, il est proposé de mettre en place un plan d’action décliné autour des cinq axes suivants : la sensibilisation des habitants au patrimoine, l’action éducative, le tourisme culturel, la préfiguration d’un Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (CIAP), l’ouverture et la coopération. 

Education l Bourses municipales pour l’année universitaire 2010-2011. « Au titre de la précédente année universitaire, la Ville a attribué deux cents bourses réparties sur quatre niveaux, selon les modalités suivantes : les bourses ne pouvaient pas bénéficier qu’à des étudiants résident à Dijon depuis au moins cinq ans et fréquentant des établissements situés sur le territoire de la commune ; déterminées en fonction du quotient familial des intéressés, elles pouvaient se cumuler avec d’autres aides, telles que les bourses nationales, ou celles des fondations ou les secours « étudiants » par exemple ; le versement des sommes allouées sur le compte postal ou bancaire de l’étudiant n’intervenait qu’après la production d’un certificat d’assiduité établi par l’établissement d’enseignement supérieur concerné. Au titre de l’année universitaire 2010-2011, il était proposé aux élus de reconduire le dispositif adopté en 2010. 295 dossiers de demande de bourse municipale ont été retirés entre le 1er juillet et le 12 novembre 2010, date limite de retour des dossiers. 236 dossiers ont été étudiés. Le calcul du quotient familial des intéressés offre la possibilité d’octroyer deux cents bourses pour un montant global de 147.000 euros ». 

Emploi l Convention partenariale à passer entre la Ville et le groupement d’intérêt public – Maison de l’emploi et de la formation du bassin d’emploi dijonnais. Sur ce point, le maire a affirmé que la « Maison de l’emploi, avait encore des crédits en moins » : « Il y a 45.000 euros en moins – après les 800.000 euros en moins de l’année dernière quand même – ce qui représente un poste. Nous en parlerons à l’agglomération. (…) En réalité, l’État a changé de politique : Jean-Louis Borloo s’était lancé là-dedans mais avec Pôle emploi, c’est vrai que cela fait double usage. Sauf que Pôle emploi ne reprend pas tous les salariés de la Maison de l’emploi et c’est quand même là le problème… »

LGV Rhin-Rhône : François Fillon, une visite et toujours des questions…

La question que tout le monde se pose, François Fillon, premier ministre, n’y aura pas répondu. De passage en Côte-d’Or pour sceller la fin de la première tranche des travaux de la LGV Rhin-Rhône, lundi 31 janvier 2011 à Villers-les-Pots et Auxonne, le chef du gouvernement n’a pas éclairé l’avenir des branches Sud et Ouest de la ligne à grande vitesse, dont l’avancement est aujourd’hui au point mort… Le chantier qui s’achève n’en est pas moins digne d’intérêt, puisqu’il pourra dès décembre 2011 relier Dijon à Strasbourg en moins de deux heures. Retour sur cet après-midi ministériel entre discours, échanges millimétrés avec les ouvriers et… cours de soudure !

LGV Rhin-Rhône : au Sud et à l’Ouest, rien de nouveau…

La LGV Rhin-Rhône est un projet de raccordement ferroviaire dont l’efficacité repose sur la réalisation de trois branches (Lire ici notre article). L’une, la branche Est, est aujourd’hui celle qui avance au rythme le plus soutenu : elle permettra de relier Dijon à Strasbourg en moins de deux heures dès décembre 2011. Les deux autres, dont l’objectif est de proposer une alternative au trajet Paris-Lyon par la construction de nouveaux tronçons Paris-Dijon et Dijon-Lyon, sont au point mort. Dans cette situation, le grand projet européen qui guidait la LGV Rhin-Rhône à son origine – relier Barcelone à Berlin et l’Ouest de la France à l’Allemagne – est largement amputé…

« Je sais combien vous tenez à l’avancement des branches Ouest et Sud : elles sont en effet moins avancées mais ce n’est pas un argument pour insinuer que nous ne ferons rien », remarque François Fillon, Premier ministre. Lors du discours prononcé à Auxonne (21) lundi 31 janvier 2011, le chef du gouvernement est pourtant resté très évasif sur le déroulement des opérations : « Pour la branche Ouest (Paris-Dijon), je souhaite que la commission nationale des débats publics soit saisie d’ici la fin de l’année ; pour la branche Sud (Dijon-Lyon), des études complémentaires doivent être menées avant d’établir un carnet de route avec tous les partenaires du dossier ». La seule certitude formulée à ce sujet par le chef du gouvernement concerne le financement des opérations, qui « devra être assumé par l’ensemble des collectivités car dans l’état actuel des finances de l’Etat, nous ne pourrons pas en porter la charge seuls ».

François Fillon à la rescousse des usagers de la SNCF !

Rapidement, le propos a revêtu une couleur plus politique. « L’action de la SNCF doit d’abord être guidée par le quotidien des usagers : je crois que son président (ndlr : Guillaume Pepy) l’a bien compris récemment », a-t-il relevé, en référence à la gestion de l’épisode neigeux de décembre 2010 qui avait paralysé le transport ferroviaire dans l’Hexagone (Lire ici Libération.fr). Et d’ajouter : « Régularité, sécurité et information doivent impérativement être garanties. Je demande à la SNCF d’en tenir compte ».

Au sujet de la politique des transports pour 2011, François Fillon a énuméré tous les chantiers qui rythmeront l’année. « L’Autorité de régulation des activités ferroviaires permettra d’introduire en France une concurrence saine et maîtrisée dans le domaine du transport par le rail », a-t-il noté. Et de continuer : « La réforme du fret, primordiale, sera prolongée par le gouvernement, tout comme celle des ports, dont je regrette qu’elle entraîne un tel mouvement social : elle vise avant tout à améliorer leur compétitivité ! ».

S’il s’est également félicité de « l’exemple environnemental » que constituait la LGV Rhin-Rhône, tout comme de « l’excellence d’un savoir-faire que le monde entier nous envie », le Premier ministre a tout de même conclu son discours par une note de réalisme : « La France n’est plus leader de la grande vitesse. Nous devons donc redoubler d’efforts pour nous hisser de nouveau au premier rang mondial ».

Température extérieure : -2°C ; température « ambiante » : 750°C !

Et la visite du chantier de la LGV Rhin-Rhône à Villers-les-Pots, en Côte-d’Or ? Calme et sans éclat, conforme à l’image « d’homme de dossiers » qui colle à la peau du Premier ministre… Côté protocole, la mise en scène était presque identique à celle déployée pour la venue de Nicolas Sarkozy à Montbard, le 03 septembre 2010 (Lire ici notre article) : même dispositif de sécurité, mêmes répétitions pour les ouvriers appelés à approcher le chef du gouvernement, même cohue du côté des photographes…

Arrivé sur place à 15h10, François Fillon a d’abord suivi un topo technique sur les travaux de la LGV Rhin-Rhône avant de souder symboliquement le dernier rail du tronçon Auxonne-Belfort, achevant ainsi la première phase du chantier de la branche Est. Sur le ballast, l’opération avait tout l’air d’un petit feu de camp… Certains membres de l’entourage du ministre ont d’ailleurs profité des 750°C de température de fusion pour se réchauffer les mains, engourdies par une température ambiante avoisinant -2°C !

Suite à ce petit « cours de soudure », François Fillon s’est ensuite séparé de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et des Transports, pour saluer une dizaine d’ouvriers triés sur le volet, plus étonnés par la ruche de photographes que par le chef du gouvernement ! La rencontre signait dans le même temps la fin du parcours ministériel sur le chantier.

Un discours, des mains serrées, une soudure : si la visite du ministre a parfaitement respecté les limites du protocole, elle n’en laisse donc pas moins de nombreuses questions en suspens au sujet de l’avenir de la LGV Rhin-Rhône…

SUIVRE LA CHARRUE…

Dans une tempête de neige, une BLONDE se rappelle d’un conseil donné par son mari :

« Si tu te fais prendre dans une tempête de neige, suis la première charrue que tu verras; comme ça tu pourras rentrer en toute sécurité  » .

La femme aperçoit une charrue dans la tourmente et se met à la suivre.

Au bout d’une heure, la charrue s’arrête, le chauffeur descend.. Il va parler à la femme :

– Coudonc Madame, pourquoi vous me suivez comme ça?

– Ben, c’est mon mari qui m’a dit de suivre une charrue si je dois conduire dans une tempête.

– Ah ! OK Madame, comme vous voulez ; maintenant que nous avons fini le stationnement de Sears, nous allons faire celui de Wall-Mart !…