Ils s’appellent Fab-Oz, Rootsy ou encore Pad ! et sont animés par une seule et même passion : celle du poker. Samedi 19 et dimanche 20 février 2011, ils se rendront tous à Lille pour défendre les couleurs du Dijon Poker lors de la finale du Championnat national par équipe des clubs. Un événement qui ne fait pas froid aux yeux de Fabien Goby, président du club et sélectionné dans l’équipe…
Une place pour 170 prétendants
Depuis juin 2010, la France a ouvert à la concurrence le marché de certains jeux d’argent et de hasard, dont le poker. S’affichant désormais en grand dans les médias, il n’en reste pas moins, pour certains, un véritable sport. Créé en 1800, sa paternité est sujette à de nombreuses polémiques mais tient en haleine des milliers de joueurs de tous âges. Cette passion est, elle, assez récente pour Fabien Goby, président du Dijon Poker : « J’étais passionné de jeux de cartes en tous genres et en regardant certaines émissions télé, j’ai été attiré par ce jeu ». Voilà désormais cinq ans qu’il pratique, ce qui lui a valu une sélection pour les troisièmes finales du championnat national par équipe des clubs regroupant vingt-quatre équipes qualifiées dans les différentes étapes régionales durant l’année 2010 parmi plus de 170 clubs …
Au terme de plusieurs phases dites régionales, Dijon a en effet décroché sa place pour cette finale. Organisée par le Club des clubs, cette première étape mettait aux mains, à travers quatre manches, les différentes équipes de la zone grand Est, c’est-à-dire les neuf clubs bourguignons et les huit club franc-Comtois. La seconde étape opposait alors les quatre premiers de chaque classement régional (Dijon, Chalon, Sanvignes et Saint-Usage à Lons-le-Saunier, Montbéliard, Morteau et Besançon) au cours de cinq manches. En terminant deuxième de la phase finale, le Dijon poker s’est donc assuré une représentation en finale, tout comme Chalon-sur-Saône et Lons-le-Saunier.
Un retour à la compétition
En 2009, à Coudoux (Bouches-du-Rhône), le club avait terminé à la quatrième place et tentera donc de faire mieux. « Les joueurs qui ont été sélectionnés ne sont pas forcément les meilleurs pour ce système de jeu mais nous avons fait en fonction des disponibilités », souligne Fabien Goby qui précise que tous ont participé à la qualification du club. Avec 120 adhérents en décembre 2010 et 90 au mois de janvier 2010 – une baisse qui s’explique par le système de renouvellement d’adhésion – Dijon Poker, qui est une association de loi 1901, surfe sur ce regain d’attractivité du poker et est actuellement le plus gros club du genre en Bourgogne : « Nos adhérents sont aussi bien des retraités que des jeunes étudiants de dix-huit ans », se réjouit le président qui explique que « la libéralisation des marchés, qui était en fait plus une officialisation, ne change pas grand-chose pour le poker associatif ».
Mais, remettant sa casquette de joueur, il souligne les motivations qui le pousse à jouer au poker : « Je retiendrai tout d’abord la convivialité, car c’est avant tout un jeu de cartes, mais aussi l’esprit de compétition et de stratégie lorsqu’il s’agit d’un tournoi de 250 personnes. En cela, on se rapproche du sport ». L’aspect psychologique est aussi un pilier, le comportement étant primordial et nécessitant presque d’être travaillé : « Notre façon de jouer et de s’exprimer permet à l’adversaire de se faire une image, celle que l’on veut bien lui montrer, mais la prise d’infos n’est pas non plus à négliger ».
Jusqu’à 5h30 de combat !
Entre hasard et technique, le simple fait de « passer un bluff », pour Fabien Goby est le fruit d’une analyse fine : « Le comportement à adopter varie en fonction des joueurs de la table. En fonction qu’ils prennent très peu la main ou qu’ils soient à l’inverse hyperactifs, il va falloir avoir un jeu agressif ou ralentir et s’adapter en permanence ». C’est donc vers la grande inconnue que se dirige la délégation dijonnaise : « En interclubs, on commence à connaitre le profil des différents joueurs, ajoute Fabien Goby. Mais eux aussi connaissent le nôtre ! ». Il faudra donc attendre le premier jour de compétition pour dégager les favoris.
« Quelques équipes ont déjà percé, elles ont donc un potentiel mais il est difficile de se projeter dès aujourd’hui. Nous connaissons d’ores et déjà Chalon-sur-Saône et Lons-le-Saunier », le reste restera une surprise. Plus de 150 clubs ont participé aux manches qualificatives régionales et les 24 meilleures de l’hexagone se retrouveront donc dans le Nord pour se disputer le titre national et succéder à la Ligue Rochelaise de poker. La structure de chaque manche est prévue pour durer entre 5h et 5h30 !