Le micro-crédit n’est pas qu’un prêt applicable aux pays du tiers-monde. Inventé par l’économiste Mohammed Yunus pour aider les populations pauvres du Bangladesh à créer leur activité, il permet aujourd’hui d’aider de nombreux entrepreneurs, en France, à lancer leur affaire malgré la réticence des banques… A la tête de ce dispositif : l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie), qui a connu un véritable essor en 2010 sur tout le territoire côte-d’orien. Gilles Bernardin, responsable de l’accompagnement pour le département, livre pour dijOnscOpe une vue d’ensemble des actions de l’association…
Gilles Bernardin, bonjour. Quelles sont les principales missions de l’Adie ?
« Trois axes majeurs guident notre action au quotidien. Tout d’abord, l’Adie apporte une aide financière aux personnes qui n’ont pas accès au crédit bancaire en raison d’un « trop jeune âge », d’un âge « trop élevé » ou encore d’un projet atypique. L’aide peut aller jusqu’à 10.000 euros, en direction de projets aussi divers que les services à la personne, l’artisanat, la restauration rapide ou encore la création d’une épicerie en milieu rural…
Ensuite, nous accompagnons les personnes que l’on finance par des ateliers collectifs ou des entretiens individuels afin de faire avancer le projet. Pour finir, nous faisons régulièrement remonter au niveau national les problématiques que nous rencontrons sur le terrain afin d’améliorer les conditions réglementaires autour de la création d’une petite entreprise et du micro-crédit.
A l’échelle du département, quelles tendances ressortent de votre activité en 2010 ?
En premier lieu, nous pouvons remarquer une nette augmentation des personnes qui ont contacté l’Adie pour monter leur projet : en 2010, 322 Côte-d’Oriens et Côte-d’Oriennes nous ont sollicité, soit 60% de plus qu’en 2009. Cette hausse peut être expliquée par le boom de l’auto-entrepreneur, qui a permis de démystifier la création d’entreprise. Au final, du point de vue du crédit, nous avons participé à la création de 67 activités.
2010 aura également été l’année du lancement d’un « micro-crédit personnel pour l’emploi », qui consiste à prêter une somme d’argent à une personne ayant besoin d’une formation complémentaire avant de monter son entreprise – le permis de conduire par exemple. A ce sujet, nous intervenons en complément de l’aide sociale, parfois insuffisante. Enfin, nous avons considérablement étoffé nos services d’accompagnement, tant en amont, pour la préparation du projet, qu’en aval, afin d’aider les entrepreneurs dans leurs démarches commerciales, la gestion de leur société… Une salariée s’occupe désormais de ces aspects et nous recherchons toujours des chefs d’entreprise volontaires pour faire partager leur expérience.
Quelles sont vos perspectives pour 2011 ?
Nous venons de mettre en place des ateliers collectifs d’information, afin de sensibiliser davantage de monde en amont sur le thème de la micro-entreprise. En 2011, nous mènerons par ailleurs des actions plus spécifiques dans le quartier de la Fontaine-d’Ouche de Dijon, ainsi qu’à Chenôve et à Longvic, qui sont des territoires fragilisés en terme d’emploi. Enfin, nous tenterons d’être plus présents en milieu rural ».