Archives

Sciences Po Dijon : « Une petite Europe en miniature »

 »Construire l’Europe doit être une aventure quotidienne que nous devons proposer à nos jeunes. À Dijon, nous croyons en une Europe unie, une Europe démocratique, une Europe de paix, une Europe qui assure à chacun sa place et son épanouissement » : tels sont les mots qu’a prononcé le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, devant les dirigeants, ambassadeurs, élus locaux et près de deux cents étudiants de Sciences politiques, qui se sont réunis le week-end du 29 avril au 1er mai 2011, pour célébrer les dix ans d’existence du campus dijonnais de Sciences Politiques.

Affirmer le désir d’Europe…

« Les étudiants qui sortent de Sciences politiques vont aider à porter cette vision de l’Europe ! Je les appelle bien modestement à affirmer leur désir d’Europe, d’une Europe juste, solidaire, fidèle à un modèle social qu’il nous faut développer pour faire face à toutes les contraintes de la mondialisation. Une Europe sans frontières entre les pays où les jeunes apprendront plusieurs langues », a poursuivi François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon, devant les jeunes élèves du campus européen de Sciences Po Dijon, samedi 30 avril 2011.

Rappelons qu’en dix ans d’existence, le campus a accueilli environ 500 étudiants. Tandis que la première promotion était composée de 35 étudiants, plus de 200 étudiants évoluent désormais au sein de l’école, représentant une quarantaine de nationalités différentes. « Sciences Po a pu développer au cœur de la Bourgogne, au cœur de la ville de Dijon, une petite Europe en miniature », se réjouit le sénateur-maire. Et Richard Descoings, directeur de Sciences Po Dijon, de rappeler aux futurs diplômés que  »nous pouvons vivre heureux avec plusieurs langues, avec plusieurs religions, avec plusieurs caractéristiques. Je compte sur vous pour faire cette Europe-là. Et surtout, ne cessez jamais de bouger ! ».

« Toujours plus d’ouverture, toujours plus d’ambition et de performance »

« L’excellence de la formation à la fois généraliste, fondamentale, pluridisciplinaire mais aussi méthodologique ; les échanges croisées avec les universités ; les écoles supérieures de commerces et l’éducation secondaire » : le président du conseil régional de Bourgogne, François Patriat, a résumé les idées-clés qui ont fait la réussite et le développement du campus dijonnais. « Sans oublier les actions conduites en direction du grand public à travers des cycles réguliers des conférences et des débats, un engagement social en faveur de l’égalité des chances, l’ouverture et la mobilité européenne et internationale ».

Il a également évoqué la question du développement futur de l’école :  »Dix ans de Sciences Po, c’est aussi l’occasion de se tourner vers l’avenir, de se projeter dans les 10 ans qui viennent. Que souhaiter ? Toujours plus. Toujours plus d’ouverture, toujours plus d’ambition et de performance. Nous pouvons rêver aussi qu’avec les étudiants sortis de toute l’Union, la Bourgogne pourrait devenir un véritable carrefour des cultures européennes. Et pourquoi pas aussi un rêve africain ? Pourquoi pas les Sciences Politiques Bourgogne Europe Afrique ? »…

Une formation cosmopolite d’élite

Pour certains, il s’agit d’un rêve d’enfant ; pour d’autres, il s’agit de revenir sur leurs origines ; d’autres encore sont tout simplement passionnés par l’Europe centrale et orientale.

 »Depuis que je suis tout petit, je veux entrer à Sciences Po », admet Thomas, étudiant en première année.  »Après, je souhaiterais devenir haut fonctionnaire d’État. J’ai choisi cette formation à cause de son interdisciplinarité. Je veux me tourner vers l’Union européenne, qui est un organisme politique très important et comme la France fait partie de l’Union, j’ai choisi de faire mes études à Dijon », explique-t- il.

Force est de constater aussi que certains ne savaient pas trop quoi faire de leur avenir et ont choisi Sciences Po parce que la filière – considérée comme prestigieuse – ouvre de nombreuses portes.  »Je suis encore un peu perdu mais je pense que j’aimerais occuper un poste dans la diplomatie bilatérale entre la République tchèque et la France », déclare un jeune Tchèque en 2eme année. « Dans tous les cas, je ne me sens pas étranger dans ma promotion ! ». En effet, elle comporte une soixantaine de personnes parmi lesquelles seulement huit sont Françaises.

Lucie a choisi Sciences Po à cause de son focus sur l’Europe Centrale et parce qu’elle est d’origine tchéco-polonaise.

 »Je suis Français légalement, mais j’ai vécu toute mon enfance en Belgique et ma mère est tchèque, donc je suis un peu entre plusieurs cultures très différentes. Après la fin de mes études, j’ai voulu revenir vers mes origines tchèques », explique Chatel qui parmi plusieurs campus français a choisi Dijon.

Que deviennent-ils ces diplômés?

Hélène, spécialisée sur la Pologne, est aujourd’hui basée à Budapest. Elle travaille comme  journaliste correspondant sur place. Après Sciences Politiques à Dijon, Benjamin s’est orienté vers un master affaires publique et aujourd’hui est assistant parlementaire à l’Assemblé nationale. Chatel est devenu chercheur, il couvre la politique d’élargissement et la politique extérieure de l’Union européenne vers l’Est – les Balkans, le Caucase et la Turquie.

Programme des célébrations

Pour célébrer les dix ans de son existence, la direction de Sciences Po a organisé plusieurs événements sur trois jours. Vendredi 29 avril une soirée de réflexion et de débat sur les évolutions de l’Europe centrale et orientale depuis 2001 a eu lieu au Conseil régional de Bourgogne. L’évènement a été ouvert au grand public avec la participation de Safia Otokoré, vice-présidente du Conseil régional de Bourgogne et Pierre Pribetich, 1er vice-président du Grand Dijon. Le débat l’Europe centrale et orientale dans la construction européenne : un premier bilan a été animé par Christian Lequesne, directeur du CERI-Sciences Po et Pierre Lévy, ambassadeur de France en République tchèque. Les anciens étudiants du campus dijonnais Theodora Korkas, Václav Lebeda, Guillaume Poullaouec, Chloé Simeha, Dorota Szeligowska ont présidé la table ronde Regards croisés sur l’Europe centrale des dix dernières années.
Samedi 30 avril les anciens et les actuels étudiants ont rencontré les élus locaux. Un spectacle-concert a été organisé à la salle Devosge, ainsi qu’un dîner-buffet et une soirée avec la projection des courts métrages qui ont marqué l’histoire du campus. Le dimanche 1er mai a été réservé pour un tournoi sportif sur le terrain du SUAPS et accompagné d’un pique-nique.

Histoire des Sciences Politiques à Dijon

Les Sciences Politiques de Paris décident, avec le support de l’ancien président du conseil régional de Bourgogne Jean-Pierre Soisson de décentraliser à Dijon un de ses centres d’études. Dijon devient en 2001 la quatrième ville en France à disposer d’un premier cycle de Sciences Po, dont la troisième année se poursuit à l’étranger. Les étudiants continuent ensuite un master de deux ans. Campus dijonnais est orienté sur les pays d’Europe centrale et orientale et sur l’élargissement de l’Union Européenne. Il s’agit d’une formation pluridisciplinaire en sciences sociales et humaines qui accueille les jeunes de toutes parts de l’Europe. Un cursus qui est renforcé par l’apprentissage d’une langue centre-européenne – polonais, tchèque, hongrois – et le perfectionnement du russe. Depuis son existence Sciences Po à Dijon a connu plusieurs lieux – de l’ENESAD, en passant par le couvent de Dominicains jusqu’au 14 avenue Victor Hugo, un bâtiment de 19eme siècle rénové en immeuble d’enseignement high-tech.

Après Madani Cheurfa, Lukáš Maček reprend la direction du 1er cycle est-européen de Sciences-Po à Dijon. Tchèque d’origine, il a étudié trois ans au lycée Carnot à Dijon. Après son baccalauréat il a suivi une classe préparatoire littéraire, puis a intégré Sciences Politiques à Paris.

Ben Laden tué au Pakistan par un commando américain, les Etats-Unis en liesse

Le président Barack Obama a annoncé que le chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden avait été tué dimanche au Pakistan lors d’une opération commando américaine, une nouvelle qui a provoqué une vague de jubilation et d’émotion aux Etats-Unis près de dix ans après le 11-Septembre.

« Ce soir, je suis en mesure d’annoncer aux Américains et au monde que les Etats-Unis ont mené une opération qui a tué Oussama ben Laden, le dirigeant d’Al-Qaïda, un terroriste responsable du meurtre de milliers d’innocents », a déclaré M. Obama lors d’une allocution solennelle à la Maison Blanche.

Selon le président américain, l’homme le plus recherché au monde a été tué à Abbottabad, une ville située à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale pakistanaise Islamabad, dans un complexe où il se cachait.

A l’approche du 10e anniversaire des pires attentats de l’histoire américaine, « justice est faite », a affirmé M. Obama, tout en prévenant ses compatriotes que la nébuleuse terroriste continuerait à essayer de s’en prendre aux Etats-Unis malgré la mort de son chef.

Le département d’Etat a d’ailleurs immédiatement appelé les ressortissants américains à la prudence à l’étranger.

à lire aussi

Aucun Américain n’a été blessé dans l’opération de dimanche, qui a été le résultat d’un « travail de fourmi » des services de renseignement, a indiqué M. Obama, ajoutant que les Etats-Unis étaient en possession du corps de leur ennemi. Des responsables américains ont révélé que l’opération avait fait cinq morts, dont Ben Laden.

M. Obama a rendu hommage à l’aide du Pakistan et indiqué avoir appelé son homologue Asif Ali Zardari. Il s’agit d’un moment « historique » pour les deux pays, a-t-il dit.

Des chaînes de télévision pakistanaises ont ensuite montré le visage partiellement défiguré d’un homme qu’elles présentaient comme Ben Laden, sans pouvoir cependant authentifier l’image.

En dépit de l’invasion de l’Afghanistan fin 2001 et du renversement du régime des talibans qui abritait la direction d’Al-Qaïda, Ben Laden, dont la tête était mise à prix pour 25 millions de dollars, avait jusqu’ici échappé à la capture et même aux tentatives de localisation, en particulier dans les zones frontalières entre l’Afghanistan et le Pakistan où il était réputé avoir trouvé refuge.

Alors que des spéculations se faisaient jour sur la survie même de ce Saoudien privé de sa nationalité par Ryad, des messages audio lui étant attribués avaient été régulièrement diffusés, dans lesquels il continuait à s’en prendre aux Occidentaux.

Les Etats-Unis maintiennent encore aujourd’hui un corps expéditionnaire de 100.000 soldats en Afghanistan pour combattre l’insurrection qui s’y poursuit, et mènent des opérations clandestines au Pakistan, notamment des frappes de drones.

Très vite dimanche soir, alors que la nouvelle se répandait comme une traînée de poudre aux Etats-Unis et dans le monde, via notamment les réseaux sociaux sur internet, des centaines, puis des milliers de personnes se sont rassemblées devant la Maison Blanche dans une ambiance de fête.

« Je n’ai jamais ressenti pareille émotion », confiait John Kelley, un étudiant de 19 ans. « C’est quelque chose que nous avons attendu si longtemps », ajoutait le jeune homme, racontant avoir eu « les jambes en coton » en entendant la nouvelle. « J’ai appelé tout de suite un ami dont le frère est mort le 11-Septembre », a-t-il raconté.

Une foule agitant des drapeaux américains s’est également rassemblée aux abords du site des tours jumelles du World Trade Center dans le sud de l’île de Manhattan à New York, ainsi qu’à Times Square, au coeur de la métropole.

Les attentats du 11-Septembre avaient fait près de 3.000 morts.

L’ancien président George W. Bush, qui était alors aux commandes à la Maison Blanche et avait dit vouloir Ben Laden « mort ou vif », a salué dimanche soir une « victoire pour l’Amérique, pour les peuples épris de paix et pour tous ceux qui ont perdu des proches le 11 septembre 2001 ».

Le Premier ministre britannique David Cameron a de son côté affirmé que la mort de Ben Laden constituait un « grand soulagement pour les peuples dans le monde » tandis que le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé la qualifiait de « victoire de toutes les démocraties qui se battent conte ce fléau abominable qu’est le terrorisme ».

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a pour sa part affirmé que « l’Etat d’Israël s’associe à la joie du peuple américain après la liquidation de ben Laden ».

Un responsable des services de renseignement pakistanais a confirmé lundi à l’AFP qu’Oussama Ben Laden avait été tué lors d’une « opération très sensible », sans pouvoir expliquer ou fournir plus de détails dans l’immédiat. Interrogé sur l’éventuelle participation des services de renseignement pakistanais à l’opération, il a juste indiqué: « C’était une opération de nature très sensible en matière de renseignement ».

Dijon : Ciné-citoyen spécial 1er mai autour du film « Tous Ensemble » lundi 02 mai

Dans un communiqué reçu mercredi 27 avril 2011, l’association dijonnaise Les Colporteurs annonce une soirée ciné-citoyen spéciale « 1er mai » au bar L’Annexe de Dijon, lundi 02 mai, à partir de 20h. Un débat suivra la projection du film Tous Ensemble, d’Eric Guéret.

Pour en savoir plus, lire le communiqué ci-dessous.

« Tous ensemble, de Eric Guéret, Hugues Nancy • 2010, 73mn

A partir de janvier 2009 et pendant plus d’un an, Eric Guéret et Hugues Nancy ont suivi le quotidien de la CGT, depuis ses plus hautes sphères (notamment Bernard Thibaut, Maryse Dumas) jusqu’aux combats des ouvriers de Goodyear, Molex ou de la raffi nerie Total de Dunkerque. Leur fi lm prend la forme d’un journal de bord. Cette construction chronologique, ainsi que des discours parfois réduits aux bonnes intentions, font apparaître un grand décalage entre la base et la direction parisienne et pose la question qui préoccupe le syndicat : en pleine mutation, tiraillée entre radicalité et réformisme, la CGT saura-t-elle se montrer à la hauteur des enjeux ?

Le film est cruel pour Nicolas Sarkozy et Christian Estrosi, surpris en flagrant délit de promesses non tenues. Il n’est pas tendre non plus pour la CGT, dont les représentants apparaissent démunis face au refus de négocier, voire à la duplicité des entreprises ou des pouvoirs publics. Pour se faire entendre, il est préférable de travailler chez Total et de posséder la mainmise sur un bien précieux, l’essence.
Dans tous les conflits, en revanche, l’action juridique est payante (en termes d’indemnités, mais pas toujours de maintien des emplois). Un aspect qui aurait pu être plus développé, ou qui pourrait faire l’objet d’une suite….

« Le documentaire se révèle riche d’informations, et surtout de séquences saisissantes. En filmant de l’intérieur les luttes de terrain, il dévoile la tension de salariés exaspérés ou désespérés, les différentes stratégies mises en oeuvre, les manières d’établir un rapport de force dans un combat forcément inégal contre des multinationales. » Télérama

  • infOs pratiques :

Lundi 2 mai à 19h – Bar l’Annexe – 47 rue Devosge – DIJON
Jeudi 5 mai à 20h – Cave de l’Oncle Doc – 9 rue de la Manutention – DIJON
Entrée gratuite – Sortie payante (participation libre) ».

Bourgogne : Quand court-métrage deviendra grand…

Avec le soutien technique et humain de Nicéphore Cité, la chalonnaise Mathilde Regnault vient tout juste de finaliser son premier court-métrage d’animation « Journey of a Kitteh ». Une histoire de voyage et d’amitié entre un chat et un chien, empreinte de tendresse et de mélancolie. Après la présentation en avant-première mi-avril 2011 à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire, la jeune réalisatrice espère faire voyager son film à travers tous les festivals d’animation…

Du haut de ses 23 ans, Mathilde Regnault vient de sortir son premier film d’animation : Journey of a Kitteh, et a été présenté en avant-première le mercredi 13 avril 2011 à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire. D’une durée de 7’40 minutes, ce court métrage muet, tout public, met en scène un chat, Kitteh, qui voyage en train et qui se retrouve malgré lui à côté de Dogu, un chien qui n’arrête pas de lui parler au point de le rendre complétement fou. Les nerfs à vif, Kitteh finit par sauter du train. Et c’est Dogu le chien, qui lui sauvera finalement la vie… « C’est l’histoire d’une amitié, à laquelle on ne s’attend pas, qui commence mal mais qui se termine bien », raconte Mathilde.

« J’ai commencé le film à l’École des métiers du cinéma d’animation d’Angoulême, dans le cadre de ma formation d’assistant-réalisateur, qui s’est terminée en juillet 2010 », explique la jeune réalisatrice chalonnaise. Durant l’été qui a suivi, son diplôme en poche, Mathilde retourne chez ses parents, en Bourgogne. « Mon film n’étant pas terminé, je suis donc allée frapper à la porte de Nicéphore Cité. J’ai rencontré le directeur, Jean-Luc Belda, qui a proposé de m’accueillir dans le cadre d’une résidence, pour me permettre de terminer le film. »

Nicéphore Cité : Pôle d’excellence dédié aux technologies numériques

Rappelons que Nicéphore Cité – en hommage à Nicéphore Niépce, inventeur de la photographie – est un pôle de développement, de soutien et d’accompagnement de la filière image et son en Bourgogne, créé en 2005. Ses missions s’orientent autour de quatre axes : la formation, la recherche et développement, l’accompagnement d’entreprises innovantes et la délégation de service public.

Ainsi, dans le cadre de sa résidence, Mathilde Regnault a bénéficié d’un matériel de pointe dans le domaine de l’animation numérique : « J’ai travaillé à l’aide d’une tablette graphique sur un très grand écran, ce qui m’a permis d’avoir un rendu aquarelle, à l’ancienne, comme si les dessins étaient faits au crayon. J’ai également bénéficié d’un véritable espace de travail, choses que je n’avais pas chez moi ». Par ailleurs, la jeune diplômée a profité de l’expérience du personnel de Nicéphore Cité, notamment pour tout ce qui concerne la post-production. « Quentin Rigo a réalisé tout le sound design et le mixage ; Tony Gagniarre, avec qui je partageais le même bureau aux côtés du directeur adjoint Gabriel Bloch, m’a énormément aidée depuis septembre pour le montage vidéo. »

Plus de 5.000 dessins nécessaires

Après plus d’un an de travail, quelque 5.000 dessins et des milliers d’heures passées devant l’écran d’un ordinateur, Mathilde Regnault se voit bien évoluer dans des studios d’animation. « J’ai porté mon premier film de A à Z et même si on m’a beaucoup aidée, c’était un projet personnel, lourd et long. Après cela, je n’ai plus envie de travailler seule mais au contraire, je veux faire partie d’une équipe ! »

Dans les prochains mois, la jeune réalisatrice souhaiterait faire voyager son Journey of a Kitteh. « Le but de ma résidence avec Nicéphore Cité est également d’envoyer mon film dans les festivals, comme celui d’Annecy en 2012. J’aimerais participer à des grands rendez-vous à l’étranger, comme le Festival international du film d’animation de Bruxelles… »

En attendant, le grand public pourra découvrir l’œuvre de la Chalonnaise lors du Festival international des très courts, organisé par Nicéphore Cité, vendredi 6 mai 2011, à Chalon-sur-Saône (En savoir plus sur le festival ici).

Dijon : Quels projets pour améliorer la vie des séniors ?

Labellisée « Ville-amie des aînés » en octobre 2010 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la ville de Dijon s’engage depuis à l’amélioration de la vie des seniors. vendredi 29 avril 2011, le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, a présenté les premiers résultats des actions menées et les projets envisagés pour le futur. A ses côtés notamment : Geneviève Jurgensen, rédactrice en chef du magazine Notre Temps, Geneviève Laroque, présidente de la Fondation nationale de gérontologie (FNG), Carla Salas-Rojas, représentante du département Vieillissement et qualité de vie de l’OMS…

F. Rebsamen : « La politique d’âge est une urgence »

Depuis novembre 2010, trois ateliers participatifs ont été organisés à Dijon. Les seniors et les experts ont proposé ensemble des solutions pour faciliter la vie des personnes âgées en abordant plusieurs sujets : transport, habitat, activités, loisirs, santé, formation, emploi, bénévolat, communication,  accessibilité des services.  »Il ne peut pas y avoir de réflexions sur les grands sujets de la société sans que la population elle-même y soit associée et participe », explique François Rebasamen. « Nous allons construire une société où les liens sociaux seront renforcés entre les individus mais aussi entre les générations. La politique d’âge est une urgence. Nous souhaitons améliorer l’information, la communication et l’accès aux services existants ».

Exemples concrets de cette urgence : le guide des seniors – qui a été entièrement repensé -, le service Allô-Mairie – qui agit en 48 heures maximum après l’appel – , la création du forum « Job 45 + » – car  »dans le monde des entreprises, on devient vieux de plus en plus jeunes ! », selon Michèle Dion, responsable du Master 2 Vieillissement et société à l’université de Bourgogne (Lire notre article sur le sujet ici).

Qu’en pensent les séniors dijonnais ?  »Je suis née en 1933 mais je ne me rappelle plus de mon âge car ça change chaque année ! », plaisante Marie-Thérèse.  »Je suis d’accord avec tout ce qu’était dit aujourd’hui, avec toutes les actions. Je ne m’ennuie pas en retraite. C’est vrai que je vis seule, mais je fait partie de plein d’associations… et je fais le ménage dans ma maison !  », explique elle. Pour Alain, ‘lLes réunions sont très importantes. On aborde des sujets qu’on n’a jamais abordés. Pendant les ateliers, nous étions divisés en deux groupes qui se sont réunis trois fois. L’inscription a été volontaire ; j’ai vu l’annonce dans le magazine Dijon Notre Ville. Mes activités en retraite ? L’arbitrage de golf, sport, brocante, jardinage, bricolage, lecture et un peu de télé ». 

2012 : Congrès international « Droit de vieillir » à Dijon

Une autre activité des seniors, mais beaucoup moins évidente, est l’inscription à l’université ! Selon Pierre Ancet, maître de conférence en philosophie à l’Université de Bourgogne et dirigeant de l’Université pour tous (UTB), 60% des élèves de l’UTB sont justement des retraités !  »Ce sont les gens qui n’ont pas eu dans leurs vies la possibilité de faire des études et maintenant, ils ont finalement trouvé l’occasion. Ils viennent de tout niveaux sociaux et s’intéressent à tous les domaines : histoire, histoire de l’art, sociologie, psychologie, philosophie, astronomie, botanique », explique Pierre Ancet.

De fait, la ville de Dijon s’engage à faciliter l’accessibilité et le déplacement des personnes âgées, mais aussi d’instaurer une mixité intergénérationnelle dans les nouveaux immeubles en construction, sans oublier de développer l’accès aux soins dans chaque quartier.  »Notre but est de construire une nouvelle politique d’âge basée sur quatre axes forts », précise le sénateur-maire de Dijon : « L’évolution de l’Office des personnes âgées à Dijon (Opad), la mise en place d’une maison des seniors, la création d’un observatoire de l’âge dont la mise en œuvre est prévue pendant la Semaine bleue [ndlr : semaine nationale des retraités et des personnes âgées] en octobre 2011. Enfin, nous continuerons de travailler sur la thématique de la participation citoyenne des seniors.  Dans ce cadre-là, nous accueillons en janvier 2012 le congrès international « Droit de vieillir ».

 

L’origine du projet Ville-amie des aînés

Carla Salas-Rojas, représentante de l’OMS explique l’historique du projet Ville-amie des aînés :  »A l’origine, l’initiative revient à Healthy cities. En 2006, nous avons créé un programme spécial qui concernait uniquement les personnes âgées, qui sont devenues des acteurs actifs pour améliorer leurs vies. Nous avons développé un réseau mondial comptant aujourd’hui une centaine de villes, dont New York, première ville à avoir rejoint le réseau. Notre devoir ? Donner un soutien technique aux villes ». Rappelons qu’en 2006, 33 villes seulement étaient labellisées « Ville-amie des aînés ». Parmi la centaine de villes-amies, toutes ne sont pas encore labellisées mais elles agissent d’ores et déjà pour améliorer la vie des seniors.

A noter qu’une plateforme internet est en place, permettant aux villes de s’inscrire pour échanger leurs pratiques, partager les informations et leurs expériences.  »Il existe des mesures très faciles a mettre en place, mesures qui donnent de très bons résultats », explique Carla Salas-Rojas. Et Geneviève Laroque, présidente de la FNG, de rappeler le besoin de  professionnels qualifiés :  »Être âgé n’est pas la même chose qu’être malade ou handicapé ! On ne s’occupe pas de quelqu’un parce qu’il est âgé mais parce qu’il a besoin d’aide […]. Grandir c’est vieillir ; vieillir, c’est grandir. Au fur et à mesure que je grandis, j’oublie des choses, je ne sais plus faire certaines choses. Mais d’un autre côté, en vieillissant, j’apprends de nouvelles choses. Bref, on est jamais trop vieux pour apprendre ».

Grand Dijon : Vers la création d’un centre aqua-récréatif ?

« Plus il y a de piscines, plus il y a de nageurs ! ». A partir de ce constat observé dans la plupart des villes de France, le Grand Dijon inaugurait sa nouvelle piscine olympique voilà tout juste un an. Loin des premières rumeurs affirmant qu’il lui manquait quelques centimètres pour prétendre au titre d’olympique, l’écrin bleu est d’ores et déjà bien installé dans le paysage sportif et ludique dijonnais. Pour preuve : près de 390.000 visiteurs y ont été accueillis depuis l’ouverture le 28 avril 2010. Cette performance a-t-elle fait du tort aux autres piscines municipales ? Quels sont les projets de la municipalité ? Éléments de réponse.

Il est temps de se jeter à l’eau !

« De l’extérieur, ça ne ressemble pas à une piscine traditionnelle car l’ensemble est très design et une fois dans l’eau, le bassin est très lumineux. Vu qu’il a la même profondeur partout, ce bassin est très rapide ». Cette description ne vient pas tout droit d’un quelconque dossier de presse mais émane d’un triple médaillé olympique de natation, un certain Hugues Dubosq. Il y a un an, le 28 avril 2010, le spécialiste français de la brasse traversait le bassin sous les yeux de l’ensemble des personnalités politiques et sportives de la région. 1.650 m² de surface d’eau supplémentaire qui faisait alors du bien, l’ensemble des cinq piscines du Grand Dijon ayant été construites entre 1965 et 1976 – le bassin de Chenôve a été rénové en 2008 et celui de Chevigny-Saint-Sauveur devrait suivre.

Ce nouvel oasis portait à environ 5.400 m² la surface d’eau disponible sur l’agglomération, l’objectif étant d’atteindre les 6.000 m² pour entrer dans la moyenne. Ce projet a donc profité aux particuliers mais aussi aux clubs locaux tels l’Alliance Dijon natation, qui a désormais élu domicile dans ce nouvel équipement. Thomas Rabeisen, champion de France jeunes sur le 100 mètres brasse, nous expliquait d’ailleurs, à la veille des championnats de France organisés dans la ville, que « ce bassin procurait de bonnes sensations lorsque l’on nageait vite » (Lire notre article ici).

La douche froide ?…

Avec près de 390.000 visites depuis son ouverture en avril 2010, le bassin de la piscine olympique du Grand Dijon a donc fait le plein et s’offre même le luxe d’enregistrer 94% de satisfaction parmi les nageurs ! Fosse de plongée de vingt mètres, eau non chlorée : les arguments sont nombreux ; pourraient-ils causer du tort aux autres piscines, notamment celle de Dijon ? « Pas tant que ça », précise Gérard Dupire, adjoint au maire de Dijon délégué aux sports et vice-président du Grand Dijon, référent pour le sport et pour la réalisation des grands équipements sportifs. : « Nous avons certes une baisse de la fréquentation sur l’année 2010 mais un maintien des recettes ». Le résultat d’une nouvelle politique tarifaire ? « Nous avons réajusté l’ensemble des tarifs. Par exemple, les chauffeurs de bus avaient un accès gratuit aux piscines municipales. En 2010, nous avons enregistré une baisse de 20% de la fréquentation, 8% sur les mois de janvier/février 2011 et une baisse de la recette de 0,9%. »

En 2010, les recettes des trois piscines étaient en moyenne de 1.282,30 euros par jour. Mais, au niveau des visites, les chiffres sont plus éloquents : Alors que 506.383 personnes avaient franchi le seuil d’une des trois structures de la ville en 2009, ils n’étaient plus que 393.296 à l’avoir fait en 2010. « La piscine du Carrousel est très dépendante des conditions météorologiques précise l’adjoint au maire. Les piscines ont certes été impactées mais c’est pour cette raison que nous avons construit le bassin olympique : Plus il y a de piscines, plus il y a de nageurs ! »

Bain de jouvence vs contraintes budgétaires

Mais la piscine olympique a aussi permis d’accroitre l’attractivité et le rayonnement du Grabd Dijon sur le plan sportif. Trophée Lucien Zins en juin 2010, championnat de France universitaires en mai 2010 et championnats de France jeunes avec plus de 600 nageurs du jeudi 14 au dimanche 17 avril 2011 (Lire notre article ici) : le nombre de compétitions d’envergure nationale devrait rester à trois par an : « Les championnats de France N1 ne seront pas organisés tout de suite car ils coûtent très cher mais nous fixons un planning de compétition et pas seulement la natation ». Ainsi, le water-polo et la natation synchronisée devraient faire leur entrée dans la grande bleue.

Le prochain gros projet de l’adjoint ? La réhabilitation des structures déjà existantes : la piscine du Carrousel construite en 1965, celle des Grésilles en 1970 et celle la fontaine-d’Ouche en 1975. « Nous allons lancer un diagnostic pour dégager certaines priorités : varier les offres avec notamment la création d’une piscine ludique comme on peut trouver à Bourg-en-Bresse. Mais comme souvent, ce sont les sous qui manquent ! Aujourd’hui, une telle structure ne verra pas le jour sous ce mandat ».

Dijon : Les religions peuvent-elles (vraiment) s’entendre ?

Non, vous ne rêvez pas ! Jeudi 28 avril 2011 à Dijon, les communautés juive, musulmane ou encore les églises catholique, réformée, adventiste, évangélique et orthodoxe étaient réunies autour d’une table pour échanger leurs regards. Malgré la force du symbole, il leur a été difficile, en une heure et demie de temps, de brosser l’ensemble des thèmes qui secouent aujourd’hui la société… Qu’à cela ne tienne ! Cette opération de communication a tout de même permis de rappeler les fondements de chaque religion, tout en esquissant la question de leur rapprochement…

Juifs, Musulmans, Chrétiens : petit cours de théologie pour les nuls

  • « Le judaïsme a puissamment influencé l’histoire de France »

Depuis la loi de 1905, les communautés juives sont organisées sous forme d’associations, avec un conseil d’administration démocratiquement élu par les co-religionnaires et un bureau. « La civilisation dans laquelle nous vivons aujourd’hui plonge une part essentielle de ses racines dans le judaïsme. Que l’on professe l’athéisme le plus radical ou que l’on adhère à l’un ou l’autre des grandes religions monothéistes, il irrige – souvent à notre insu – nos conceptions et nos représentations », remarque Jean-Claude Dahan, vice-président de la communauté juive de Dijon. Et d’ajouter : « Les valeurs les plus fondamentales dont se réclament nos sociétés laïques et démocratiques ne sont à bien des égards que des valeurs bibliques sécularisées. Le judaïsme n’a pas seulement préfiguré nos idées morales, il a puissamment influencé notre histoire en imprimant son empreinte sur l’humanisme des Lumières et, plus encore, sur la culture contemporaine. Les fondateurs du christianisme et de l’islam n’ont d’ailleurs jamais caché qu’ils se situaient dans le prolongement de son message ».

Face aux bouleversements tragiques qui ont scandé leur histoire, les Juifs ont été obligés d’adapter leurs traditions dans le respect des textes fondateurs : la Torah, d’une part ; et le Talmud, qui en est une interprétation. « La vie d’un Juif connaît plusieurs étapes. Huit jours après la naissance, les garçons sont circoncis par un rabbin assermenté. Pour les filles, une cérémonie religieuse est organisée, pendant laquelle on lui donne un prénom hébreu qui peut figurer sur son état-civil français. Ensuite, Pour les filles à 12 ans (la bat-mitsva) et les garçons à 13 ans (la bar-mitsva), la majorité religieuse est atteinte. C’est à dire qu’après avoir passé les examens voulus, ils endossent leurs responsabilités. Lors du décès, la cérémonie commence par une toilette du corps et la mise dans un linceul. Si, en France, les corps sont enterrés dans un cercueil, ils sont, en Israël, mis directement en terre », détaille Jean-Claude Dahan.

  • « La religion musulmane reste aujourd’hui la moins connue »

La religion musulmane est née au VIIème siècle, en Arabie Saoudite, au sein de tribus nomades qui vivaient du commerce et traversaient régulièrement la Mecque – ville très prospère et active. « C’est là que Mohamed est né, orphelin de père, en 570. En 610, à l’âge de quarante ans, il reçoit le message de la part de l’ange Gabriel et, après avoir émigré à La Médine, il fondera une communauté de foi sociale et politique », explique Mohamed Khaldouni, imam de la mosquée de Dijon. Et de préciser : « L’islam jouait alors un rôle important d’unification des tribus arabes. Un siècle après, il s’est répandu partout dans le monde ».

« Dans la vision islamique, l’être humain est pêcheur de nature. Et, comme les être humains ont été créés faibles et susceptibles de commettre le pêché, ils ont besoin d’avoir recours au repentir. C’est pourquoi une vie islamique doit être vécue dans la crainte raisonnable du châtiment de Dieu qui, dans sa miséricorde infinie, aime également rétribuer les bonnes actions », explique Mohamed Kaldouni. Et de conclure : « A Dijon et dans sa région, l’islam est omniprésent dans les domaines politique, associatif, éducatif, militaire, médical… Ceci ne date pas d’aujourd’hui. Nous étions aussi présents pour défendre le drapeau « bleu-blanc-rouge » qui signifie pour nous : liberté, égalité, fraternité ».

  • « Protester ne signifie pas être contre mais être pour »

Sous sa forme actuelle, l’église réformée n’existe que depuis 1938. Elle s’inscrit toutefois dans le mouvement de la Réforme protestante entamé au XVIème siècle. « Le mot protestant apparaît au moment de la Réforme et, contrairement aux idées reçues, protester ne signifie pas être contre mais être pour. C’est au nom de leur conviction, de leur foi, dans une position affirmative, que les protestants ont pu s’opposer à un certain nombre de croyances et de pratiques de l’église catholique romaine au XVIème siècle », commence Guilhen Antier, pasteur de l’église réformée de Dijon. Et de préciser : « L’intention originelle des réformateurs n’était pas de créer une nouvelle Eglise mais de réformer leur Eglise dans un mouvement de retour aux sources. Il s’agissait de revenir à la simplicité de l’Evangile. Mais le conflit théologique qui est né de cette démarche réformatrice a abouti à une séparation avec l’insitution romaine. Donc, même s’ils n’ont aucun lien avec l’église romaine, les protestants ne sont rien d’autre que des catholiques réformés ».

L’enjeu du retour à la simplicité de l’Evangile au XVIème siècle a tourné autour de la question des indulgences. « A l’époque, les gens étaient massivement terrorisés par la peur de l’enfer. Le Dieu qu’on leur présentait était un Dieu juge, qui vouait les pêcheurs à la damnation et n’acceptait au paradis que ceux qui méritaient de l’atteindre par leurs bonnes oeuvres. Entre le paradis et l’enfer existait une zone intermédiaire, le purgatoire, où les âmes des défunts faisaient pénitence avant d’accéder au ciel. Les indulgences étaient des sortes de sauve-conduits, édités par l’Eglise, qui permettait de réduire le nombre d’années passées par les âmes au purgatoire. L’on pouvait acquérir ces indulgences en effectuant des bonnes oeuvres ou en les achetant pour de l’argent », explique Guilhen Antier. Martin Luther, qui était moine, s’est élevé en 1517 contre cette pratique qui lui semblait incompatible avec l’Evangile. « Le message central de l’Evangile, reformulé par les réformateurs est le suivant : le Salut ne se mérite pas, il est un pur don gratuit de Dieu. La redécouverte de ce message libérateur a apaisé un grand nombre d’angoisses, d’abord chez Luther puis chez une grande partie de la population européenne », note-t-il.

La spécificité des églises réformées se trouve également dans son mode de fonctionnement. « Tous les croyants sont prêtres autant que les autres. Chacun a une place identique dans l’Eglise et le pasteur n’est pas un personnage à part, un homme d’église, mais il est celui – ou celle – à qui sa formation théologique lui permet d’animer la communauté. L’autorité est vécue sous un mode collégial : ce sont des conseils et non des personnes seules qui peuvent prendre les décisions », explique Guilhen Antier. Et de conclure : « Les racines historiques de grandes idées modernes telles que la liberté de conscience, le pluralisme des convictions, la sécularisation et la laïcité se trouvent, au moins en partie, dans l’émergence du protestantisme ».

  • « Tabac, alcool, drogues, café et viandes sont proscrits par les adventistes »

Le mouvement adventiste est né au milieu du XIXème siècle, aux Etats-Unis, entre 1830 et 1845. « Ce corps de croyances est une base, qui permet ensuite d’établir des passerelles avec les diverses sensibilités chrétiennes actuelles », explique Richard Presle, représentant de l’église adventiste de Dijon. Et de préciser : « Le nom « adventiste du septième jour » exprime l’espérance finale – commune au christianisme, au judaïsme et à l’islam – d’un Dieu capable d’intervenir dans l’histoire du monde pour faire justice et accomplir la résurrection ».

Surtout, l’église adventiste espère « créer des passerelles avec les Juifs et les Musulmans », souligne Richard Presle. Et de continuer : « Le mouvement adventiste, en reprenant les principes de base du christianisme, voit ses échanges avec les Juifs et les Muslumans facilités en ce qui concerne l’hygiène et l’éducation. Par exemple, le corps étant le temple du Saint esprit, les capacités du cerveau sont à protéger de tous les produits excitants : tabac, alcool, café, drogues… Les membres de la communauté sont invités à s’abstenir de consommer ces substances. La viande de certains animaux ayant la fonction, dans notre écosystème, de fossoyeur de cadavre et de nettoyeur de déchets – comme le porc -, n’est pas consommée non plus ».

  • Eglise évangélique : « L’apport charismatique »

« Si l’enracinement des idées évangéliques contemporaines remonte manifestement à la Réforme du XVIème siècle, les évangéliques n’hésitent pas à faire remonter leurs racines plus avant, aux pères de l’Eglise ainsi qu’à tous les pré-réformateurs tels que Jean Hus et John Wyclif« , commence Michel Marvane, pasteur de l’église évangélique de Dijon. Et de continuer : « D’autres mouvements ont façonné l’actuel évangélisme comme le réveil piétiste du XVIIème siècle ; la naissance du pentecôtisme au début du XXème siècle ; et enfin, l’apport charismatique dans les années 1970. Mais toutes les églises évangéliques sont bien filles de la Réforme ».

Selon Michel Marvane, sont membres de l’église locale « non pas ceux qui assistent aux assemblées et participent plus ou moins à la vie de la communauté locale mais les personnes qui ont fait profession personnelle de leur foi et ont été baptisés par immersion ».

  • « Bien que le pape fasse autorité, l’église catholique est très collégiale ! »

« Un catholique, c’est un chrétien. Qu’est-ce qu’un chrétien ? Il me semble que le principe fondamental du christianisme, c’est la reconnaissance que, trois jours après sa crucifixion, le tombeau de Jésus était vide. L’interprétation que la foi donne de cet événement est que le tombeau est vide parce que le Christ est ressucité. Cette confession de foi va donner naissance à une communauté visible, les Chrétiens », résume Didier Gonneaud, prêtre de la paroisse Notre-Dame à Dijon.

Il est aisé d’associer la foi catholique à l’image du pape, surplombant la place Saint-Pierre de Rome face à la foule lors de grandes occasions. « Quand on pense catholique, on pense tout de suite à la papauté mais, de l’intérieur, l’église catholique est bien plus collégiale que ne le laisse paraître cette vision intérieure. L’église catholique est scandée, tout au long de son histoire, par les 21 conciles qui n’ont de cesse que de mettre l’Evangile à portée de main des cultures contemporaines », explique Didier Gonneaud. Et de préciser : « Le dernier concile de Vatican II, composé de 2.500 évêques, a permis d’éclairer la foi catholique sur quelques points fondamentaux : il a remis au centre de la vie chrétienne la méditation des Ecritures ; a affirmé que le gouvernement de l’Eglise n’appartient pas à un seul homme mais à un collège ; enfin, le concile Vatican II a rappelé que le judaïsme n’est pas une religion extérieure au christianisme mais qu’elle lui est intérieure ».

  • « Comment être libre sous le communisme ? Par le Saint esprit ! »

« Le sens de l’histoire, un orthodoxe l’a dans le sang. Nous sommes nés à Jérusalem le jour de la résurrection et le jour de la Pentecôte : sans l’Esprit saint, il n’y aurait pas d’Eglise », résume le prêtre-moine Kirill, représentant des orthodoxes de Dijon. Et de continuer : « Après la dispersion des Juifs et des Chrétiens, le divorce a été prononcé. Après tout, un Chrétien n’est qu’un Juif qui a mal tourné ! La notion de messie, par exemple, n’est pas une invention chrétienne mais vient du judaïsme. Nous sommes dans la continuation ».

Quel rapport entretient cette église avec l’Etat ? « Il y a une séparation absolue, dans le christianisme, entre l’Eglise et l’Etat. Très souvent – à Alexandrie, Antioche, Constantinople -, toutes nos Eglises vivent sous l’Islam. Donc nous n’avons pas, dans notre théologie, l’idée d’une Eglise d’Etat. Evidemment vous allez me dire : « Et la Serbie ? Et la Russie ? ». Dans les faits, oui, il y a eu des mariages contre nature mais la théologie ne justifie pas ça », explique le prêtre-moine. Pour les orthodoxes, l’homme trouve la liberté dans le Saint esprit. « Cette liberté n’est pas politique : on peut être libre sous le communisme, sous le capitalisme, sous n’importe quel régime ! La liberté d’un chrétien ne dépend pas du régime politique mais existe souvent malgré le régime, dans le Saint esprit », conclut-il.

Ces religions peuvent-elles vraiment se rapprocher ?

  • « Un seul lieu où tout le monde pourrait adorer Dieu : je n’y crois pas »

Les religions peuvent-elles se rapprocher ? Pour le prêtre-moine Kirill, la réponse est non. « Il y a un seul Dieu : oui. A ce moment-là, je demande à un Juif d’expliquer l’incarnation et à un Musulman d’expliquer la résurrection ! Et on voit tout suite que l’idée est un peu simpliste. Oui, il n’y a qu’un seul Dieu, mais on le voit tellement différemment qu’il est difficile de se retrouver tous dans un même endroit pour l’adorer », note-t-il. Et de préciser : « A l’origine, le Christ dit que la vérité, c’est lui. Au fil des siècles, lorsqu’on a conceptualisé la foi et que nous en sommes venus à des propositions disant « ceci est vrai, le contraire est faux », là, il y a eu impossibilité de discuter ensemble ». Pour le prêtre-moine, « un seul lieu où tout le monde pourrait adorer Dieu : je n’y crois pas. Mais rien n’empêche que chacun adore Dieu chez lui, à sa manière, puis que nous nous retrouvions ensemble pour discuter ! ».

  • « Les rencontres interreligieuses, un symbole fort »

Sans évoquer un rapprochement pur et simple des religions, le père Didier Gonneaud tient, quant à lui, à rappeler « deux moments très forts du groupe interreligieux à Dijon ». « En 2005, nous avons essayé de construire une célébration commune pour la Libération de Dijon et, même si nous n’avons peut-être pas trouvé notre style et le moyen d’établir un partenariat avec la mairie, cette première expérience n’a pas été totalement vaine », raconte-t-il. Et de continuer : « Surtout, je voudrais évoquer une autre rencontre, le 13 novembre 2008, pendant laquelle les différents aumôniers des prisons se sont retrouvés pour exprimer ce qui se passait dans leur ministère, les différents partenariats avec l’administration pénitentiaire et la compréhension de leur rôle auprès des détenus. Ce n’est pas quelque chose de spectaculaire, soit, mais il me semble que ces moments de dialogue sont très importants ».

  • « J’espère que cette rencontre signe le début du rapprochement »

« Il n’existe qu’un seul Dieu : cette vérité est également affirmée par le Coran », remarque Mostafa Kerkri, imam de la mosquée de Chenôve. Et de continuer : « Mais Dieu dit aussi dans le Coran que, s’il l’avait voulu, il aurait fait de l’humanité une seule communauté. Donc chacun, de là où il est, est appelé à cheminer vers Dieu et être Musulman n’est pas la fin mais bien le début du chemin. Par rapport aux actions communes, j’ai toujours considéré que les responsables des religions doivent plus que jamais se rapprocher et agir ensemble pour apporter une pierre à l’édifice de la paix dont l’humanité à besoin. J’espère que nous sommes dans le début d’un chemin qui va durer aussi longtemps que possible ».

Grand Dijon : La Maison de l’emploi dresse le bilan du marché du travail en 2010

Dans un communiqué reçu mercredi 27 avril 2011, la maison de l’emploi et de la formation du bassin dijonnais revient sur les chiffres du marché du travail du Grand Dijon sur l’année 2010.

Pour en savoir plus, lire le communiqué ci-dessous.

« Le diagnostic territorial du Grand Dijon

Vendredi 8 avril 2011, l’Observatoire de la Maison de l’emploi a présenté le diagnostic territorial partagé aux partenaires de la Communauté d’agglomération du Grand Dijon.

Outil de mutualisation, de réflexion et d’anticipation dans les domaines qui relient l’économie aux thématiques du marché du travail, de l’emploi, de la formation et des mutations économiques, le diagnostic permet de déterminer une stratégie territoriale partagée et déclinée à l’échelle géographique idoine au regard des problématiques repérées.

Caractéristiques socio-démographiques

Les mouvements de périurbanisation s’amplifient. Du côté des forces du Grand Dijon, on relève des politiques publiques et des collectivités locales qui s’adaptent en matière d’aménagement du territoire (Plan de déplacement urbain, Plan local de l’habitat, SCOT dijonnais) et un excédent naturel positif qui accroît la population résidente. En revanche, un déficit migratoire freine la croissance du pôle urbain. Ce dernier reste cependant très attractif pour les étudiants et pour les jeunes actifs de plus de 25 ans. La pyramide des âges est vieillissante.
Les opportunités pour l’agglomération sont la présence de pôles d’activité économique, qui attirent des jeunes adultes entrant dans la vie active, le développement des services et des équipements aux évolutions démographiques ( SAP en agglo, en périphérie, rural ; offre de logement) et l’attractivité retrouvée dans les espaces ruraux.

A surveiller cependant le renouvellement de la main d’œuvre qu’il faut anticiper ( des métiers risquent d’être en tension) et l’excédent naturel qui se réduit.

L’économie locale

Parmi les forces, on relève une économie résidentielle importante qui réduit l’impact d’un choc conjoncturel dans le secteur industriel. L’industrie est moins spécialisée et moins concentrée dans l’agglomération dijonnaise qu’ailleurs. Mais, la part importante des emplois du tertiaire dans quelques grands groupes peut être considérée comme une faiblesse du pôle urbain. Il faut donc anticiper la croissance et la décroissance des secteurs et la mobilité géographique et professionnelle des personnes. Des difficultés persistent encore dans certains secteurs. Hors intérim, la croissance de l’emploi salarié est fragile.

Le marché du travail

Les partenariats se sont développés entre les acteurs socio-économiques du territoire et la Maison de l’emploi et de la formation du Bassin Dijonnais. C’est un atout pour lutter contre le bas niveau de qualification de la main d’œuvre disponible et trouver une réponse pour les métiers en tension. Pour une meilleure adéquation entre l’emploi, la formation et la qualification, il importe donc de développer la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) pour anticiper les besoins des territoires en matière d’emploi et de formation. Tout en veillant au risque d’exclusion de certaines personnes.

Quelques chiffres

Le Chômage ( au sens du BIT) Evolution du 4ème trimestre 2009 au 4ème trimestre 2010 :• France 9,2% (-0,3 pt)
• Bourgogne 8,3% (- 0,4 pt)
• Côte-d’Or 7,4% (-0,4 pt)
• Zone d’emploi de Dijon 7,5% (-0,5 pt) Formation.
• 54% des jeunes ont un niveau CAP BEP voire inférieur (57,3% en Côte d’Or)
• 30% des seniors n’ont pas le niveau CAP BEP.

Offres d’emploi
• 19 500 offres enregistrées entre janvier 2010 et décembre 2010
• Hausse par rapport à l’année précédente (+19%)
• 38% sont des offres d’emplois temporaires ( 1 à 6 mois) (+20%)
• 18% sont des offres d’emplois occasionnels
• 44% des offres sont en CDI ou CDD de plus de 6 mois (+11%)
• Davantage d’offres dans les secteur restauration, maçonnerie, animation vente, téléconseil et télévente.

A suivre…

Le 18 mai, le diagnostic sera présenté à Pontailler pour le Pays Plaine de Saône-Vingeanne. Fin mai ce sera le tour du Pays de Seine et Tilles en Bourgogne.

La Maison de l’emploi retrouve ses murs rue Henri-Chrétien

En octobre 2009, un incendie ravageait le Point Relais de la MDEF, 6 rue Henri-Chrétien. Pas question pour autant de quitter ce quartier. Le service de proximité de la Maison de l’Emploi se replia dans un appartement de la place Galilée. Jeudi 10 mars 2011, Elle conviait ses partenaires et les acteurs sociaux et de l’emploi des Grésilles pour «inaugurer» les locaux de la rue Henri-Chrétien remis à neuf.

Nelly Metge, adjointe au maire de Dijon chargée de l’emploi, souligna l’importance que la municipalité attachait à cette présence de proximité. MIchel Julien, président de la Mission locale, insista sur le partenariat qui unissait depuis sa création la Maison de l’emploi à la «Milo». Deux conseillers de la Mission locale, Jennyfer Bathélémy et Thomas Brigatti, sont présents en pemanence dans ce Point Relais où ils accueillent et accompagnent les jeunes de 16 à 25ans.
Pôle emploi, autre grand partenaire de la Maison de l’emploi, affirma également son intérêt pour les actions conjointes menées avec la Maison de l’emploi par la voix de Christiane Gredzinski. Campagne électorale oblige, Isabelle Notter, directrice régionale de la DIRECCTE, tenue au devoir de réserve, ne prit pas la parole. Mais, sa présence soulignait l’intérêt des services de l’Etat pour la Maison de l’Emploi dans les nouvelles missions qui lui avaient été attribuées.

«Faire faire plutôt que faire»

Michel Bachelard rappela les axes qui définissent les actions de la MDEF qu’il préside:

  • Développer une stratégie territoriale partagée
  • Participer à l’anticipation des mutations économiques
  • Contribuer au développement de l’emploi local
  • Réduire les freins culturels et sociaux à l’emploi

Quatre axes autour desquels, le personnel de la Maison de l’emploi, emmené par sa directrice, Bénédicte Delneste, a bâti son plan d’actions 2011-2014, «avec cette volonté du Gouvernement que nous ne soyons plus dans le « faire », mais dans le « faire faire ». Bref, que la Maison de l’emploi joue davantage un rôle de coordination des acteurs de l’emploi, de la formation, de l’insertion, de l’économie», souligna-t-il.

Jeunes diplômés et plate-forme dynamique

Sans entrer dans le détail de la trentaine d’actions validées par le Conseil régional de l’emploi, il cita la réflexion menée avec des partenaires commel’Université, l’APEC, l’AFIJ et Pôle emploi pour aider les jeunes diplômés de ces quartiers à démarrer dans la vie professionnelle. «Leur origine sociale, leur lieu d’habitation et même, n’ayons pas peur de le dire, leur patronyme sont des freins à l’emploi. Ils ne bénéficient pas des mêmes possibilités, des mêmes réseaux que leurs collègues d’études qui résidentdans d’autres secteurs de la ville. Ensemble, avec les partenaires qui nous suivent dans cette action, nous allons les aider à pousser les portes des entreprises.» Il  évoqua également la mise en place d’une plate-forme dynamique d’accès à l’emploi, avec le PLIE, Pôle emploi, la Mission locale, le Grand Dijon, la politique de la ville, le Conseil Général et l’État. Une action qui devrait concerner 250 personnes éloignées du monde du travail et qui souhaitent un retour rapide à l’emploi. «Cela se traduira par un suivi individuel, coordonnant et ajustant différentes démarches en formation ou en atelier, mettant en oeuvre une entreprise fictive pour résoudre les difficultés liées à la mauvaise représentation de l’entreprise, de ses normes, de ses règles, utilisant des immersions en entreprise ou recourant à l’intérim, pour aboutir à des sorties positives vers diverses solutions : l’économie marchande, bien entendu, mais aussi l’accès aux postes des clauses d’insertion ou des entreprises d’insertion.»

Pour toucher sa «cible», la MDEF a fait appel à la Ligue d’improvisation de Saint-Apollinaire, qui a réalisé deux spots audio dont la diffusion sera proposée aux médias locaux et aux sites internets des partenaires de la MDEF au mois de mai.

L’équipe de la MDEF

Virginie Bettelli est l’animatrice des lieux d’accueil de la MDEF pour l’agglomération du Grand Dijon. Rachida Moutia, assure l’accueil du Point des Grésilles, qui héberge également deux référentes du PLIE , les chargées de mission de la MDEF pour les PME-TPE, la création d’entreprise et les clauses d’insertion. »

Talant (21) : Un nouveau quartier en chantier

Présenté en janvier 2010, le nouveau site dit « Libération », à Talant (Grand Dijon) prend aujourd’hui une tournure des plus concrètes, constatée lors d’une visite du chantier jeudi 28 avril 2011. Rappelons que ce projet d’aménagement a vu le jour à la suite du rachat d’un terrain à la Croix Rouge par la ville de Talant. Articulés autour d’un cœur vert respectant l’espace boisé classé, une trentaine de logements devraient notamment être construits.

Un premier bâtiment est aujourd’hui presque achevé, comprenant une crèche au rez-de-chaussée, qui devrait offrir une capacité d’une soixantaine de berceaux, et deux niveaux de logements – 22 au total – adaptés pour « grands seniors ». A noter que cet immeuble fera partie intégrante d’un ensemble plus vaste composé d’une résidence, de logements « éco-conçus » et d’un nouvel établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), l’Ehpad Grand-Jean, permettant l’accueil de 78 lits.

Fin des travaux prévue pour la mi-2013.

Bourgogne : Quand court-métrage deviendra grand…

Avec le soutien technique et humain de Nicéphore Cité, la chalonnaise Mathilde Regnault vient tout juste de finaliser son premier court-métrage d’animation « Journey of a Kitteh ». Une histoire de voyage et d’amitié entre un chat et un chien, empreinte de tendresse et de mélancolie. Après la présentation en avant-première mi-avril 2011 à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire, la jeune réalisatrice espère faire voyager son film à travers tous les festivals d’animation…

Du haut de ses 23 ans, Mathilde Regnault vient de sortir son premier film d’animation : Journey of a Kitteh, et a été présenté en avant-première le mercredi 13 avril 2011 à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire. D’une durée de 7’40 minutes, ce court métrage muet, tout public, met en scène un chat, Kitteh, qui voyage en train et qui se retrouve malgré lui à côté de Dogu, un chien qui n’arrête pas de lui parler au point de le rendre complétement fou. Les nerfs à vif, Kitteh finit par sauter du train. Et c’est Dogu le chien, qui lui sauvera finalement la vie… « C’est l’histoire d’une amitié, à laquelle on ne s’attend pas, qui commence mal mais qui se termine bien », raconte Mathilde.

« J’ai commencé le film à l’École des métiers du cinéma d’animation d’Angoulême, dans le cadre de ma formation d’assistant-réalisateur, qui s’est terminée en juillet 2010 », explique la jeune réalisatrice chalonnaise. Durant l’été qui a suivi, son diplôme en poche, Mathilde retourne chez ses parents, en Bourgogne. « Mon film n’étant pas terminé, je suis donc allée frapper à la porte de Nicéphore Cité. J’ai rencontré le directeur, Jean-Luc Belda, qui a proposé de m’accueillir dans le cadre d’une résidence, pour me permettre de terminer le film. »

Nicéphore Cité : Pôle d’excellence dédié aux technologies numériques

Rappelons que Nicéphore Cité – en hommage à Nicéphore Niépce, inventeur de la photographie – est un pôle de développement, de soutien et d’accompagnement de la filière image et son en Bourgogne, créé en 2005. Ses missions s’orientent autour de quatre axes : la formation, la recherche et développement, l’accompagnement d’entreprises innovantes et la délégation de service public.

Ainsi, dans le cadre de sa résidence, Mathilde Regnault a bénéficié d’un matériel de pointe dans le domaine de l’animation numérique : « J’ai travaillé à l’aide d’une tablette graphique sur un très grand écran, ce qui m’a permis d’avoir un rendu aquarelle, à l’ancienne, comme si les dessins étaient faits au crayon. J’ai également bénéficié d’un véritable espace de travail, choses que je n’avais pas chez moi ». Par ailleurs, la jeune diplômée a profité de l’expérience du personnel de Nicéphore Cité, notamment pour tout ce qui concerne la post-production. « Quentin Rigo a réalisé tout le sound design et le mixage ; Tony Gagniarre, avec qui je partageais le même bureau aux côtés du directeur adjoint Gabriel Bloch, m’a énormément aidée depuis septembre pour le montage vidéo. »

Plus de 5.000 dessins nécessaires

Après plus d’un an de travail, quelque 5.000 dessins et des milliers d’heures passées devant l’écran d’un ordinateur, Mathilde Regnault se voit bien évoluer dans des studios d’animation. « J’ai porté mon premier film de A à Z et même si on m’a beaucoup aidée, c’était un projet personnel, lourd et long. Après cela, je n’ai plus envie de travailler seule mais au contraire, je veux faire partie d’une équipe ! »

Dans les prochains mois, la jeune réalisatrice souhaiterait faire voyager son Journey of a Kitteh. « Le but de ma résidence avec Nicéphore Cité est également d’envoyer mon film dans les festivals, comme celui d’Annecy en 2012. J’aimerais participer à des grands rendez-vous à l’étranger, comme le Festival international du film d’animation de Bruxelles… »

En attendant, le grand public pourra découvrir l’œuvre de la Chalonnaise lors du Festival international des très courts, organisé par Nicéphore Cité, vendredi 6 mai 2011, à Chalon-sur-Saône (En savoir plus sur le festival ici).