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Lac Kir : interdiction de baignade pour cause de pluie ?

Le lac Kir a été interdit à la baignade du 15 au 19 juillet. Le 12 juillet, des prélèvements bactériologiques ont révélé la forte présence d’éléments suspects dans ses eaux. Hasard ou malchance : la pluie était tombée en forte quantité ce même jour.

L’an dernier, la Gazette de Côte-d’Or avait déjà pointé du doigt les méthodes de calcul de la qualité de l’eau du lac (voir ici). Cette information avait l’effet d’un coup d’épée dans l’eau puisqu’un an après, le problème se réitère.

 

La pluie pour responsable ?

 

Le mardi 12 juillet dernier, un prélèvement bactériologique a été effectué au Lac Kir, en dehors de la zone de baignade autorisée d’ailleurs. Les résultats de ces analyses sont intransigeants : l’eau de baignade contenait un fort taux de streptocoques fécaux (45 pour 100 ml) et d’Escherichia coli (2206 pour 100 ml) (voir ici). La quantité d’Escherichia coli, bactérie de la famille de celle qui a tué en Allemagne le mois dernier, est 22 fois supérieure à la valeur guide (la valeur limite de bonne qualité), et sensiblement plus importante que la valeur impérative fixée à 2000 (limite à ne pas dépasser). C’est en comparant ces résultats avec les données pluviométriques de Météo France du mois de juillet que l’on s’aperçoit que la pluie n’y est pas pour rien. En effet, le mardi 12 juillet a été le deuxième jour le plus humide du mois, avec 10,9 millimètres de pluie cumulés à Dijon. Les gouttes remuraient le fond de l’eau, et toutes les bactéries qui s’y trouvent au fond.

A noter que la transparence de l’eau à elle aussi été vérifiée. Là non plus, les résultats ne sont pas bons : on ne voyait qu’à 80 cm sous l’eau, au lieu d’un mètre habituellement.

 

To swim or not to swim ?

 

A en croire les prélèvements centralisés par l’Agence Régionale de Santé, s’être baigné le 12 juillet dernier au lac Kir n’était pas autorisé. Mais la baignade a finalement été fermée du 15 au 19 juillet. Il a fallu attendre 3 jours, c’est-à-dire le temps de mettre les prélèvements en culture, pour planter les panneaux d’interdiction dans le sable. Le 15 juillet justement, jour de fermeture, un nouveau prélèvement a été réalisé : cette fois-ci, tout paraissait en règle … mais les dijonnais n’avaient pas le droit de plonger !

Sécheresse : pas assez de pluie pour l’agriculture

Les averses qui sont tombées ces derniers jours sur le département, ne suffisent pas à effacer les conséquences de la sécheresse. Les pertes sont irréversibles en ce qui concerne les fourrages, et la quantité de pluie n’est pas suffisante pour promettre des jours meilleurs aux agriculteurs.

Déjà, la situation n’était pas brillante dans le secteur de l’élevage. Elle est devenue difficile avec cette année de sécheresse exceptionnelle qui a limité les quantités de foin disponibles. Alors que les précipitations avaient fait leur grand retour depuis le début du mois, tous pensaient que les événements s’étaient améliorés pour les agriculteurs. Mais il n’en est rien comme le confirme Dominique Chambrette, Président de la Chambre régional d’agriculture : « toutes les pertes sont définitives. Le déficit de fourrage récolté est acté. Les exploitants comptent entre 30 et 75% de perte selon les secteurs ». Pour permettre à l’herbe de repousser, les cumuls de pluie devraient atteindre 100 millimètres, ce qui n’est pas le cas pour le moment : « d’ici un mois, l’herbe repoussera peut-être mais il a fait trop chaud en juin pour qu’elle pousse en ce moment. Il faut attendre ». Seuls les producteurs de maïs semblent bénéficier de ces grosses averses : « même si la qualité n’est pas la meilleure, au moins les grains poussent avec la pluie ». Alors que les agriculteurs, notamment ceux qui produisent le maïs, réclament de la pluie, Dominique Chambrette n’approuve pas totalement l’arrivée du mauvais temps : « quand il pleut, les agriculteurs ne peuvent pas moissonner. Le temps ne s’annonce pas bon jusqu’au milieu de la semaine prochaine au moins. Pendant ce temps là, on ne peut pas récolter la paille ».

 

Des aides qui se multiplient

 

Pour aider les agriculteurs les plus touchés, on apprenait la semaine dernière que la Côte d’Or était reconnue au titre des calamités agricoles. « Le dossier doit encore être affiné, mais c’est une bonne nouvelle. C’est le seul moyen pour les agriculteurs de s’en sortir », se réjouit Dominique Chambrette. Grâce à cette reconnaissance, le département va pouvoir bénéficier de mesures de soutien, comme celle qui propose l’exonération des tarifs de péage pour les transporteurs qui acheminent la paille : « on a reçu l’information hier soir, c’est une mesure intéressante. Il faut que la Chambre d’Agriculture de Bourgogne réussisse à l’organiser. Mais elle est lourde à mettre en place : il faut d’abord trouver de la paille, puis un transporteur et négocier le prix » A savoir que le prix du transport de la paille représente 3 à 4 fois le prix de la paille.

 

François Patriat interpelle Bruno Le Maire

 

Mardi 19 juillet, François Patriat adressait une lettre à Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture. Dans son courrier, le Président de la région interpelle l’Etat sur « la situation catastrophique » des éleveurs qui viennent de subir la sécheresse. Il demande notamment « une année blanche en matière de remboursement d’annuités d’emprunt ». Dominique Chambrette salue cette initiative qui pourrait, selon lui, être bénéfique aux jeunes exploitants qui viennent de s’installer : « cet argent qui aurait du leur servir à rembourser leur prêt, ils vont pouvoir le garder dans l’exploitation. Mais pour cela, l’Etat et les banques doivent faire un effort. » Dominique Chambrette a expliqué à GazetteINFO.fr qu’il avait été difficile dans le passé de faire accepter cette mesure. Ils espèrent que cette année, les choses vont changer.

Délimitation de l’AOC Bourgogne : Les raisons de la colère !

Les vins du Beaujolais ne seraient-ils pas de « vrais » Bourgognes ? Pourtant, depuis 1937, les viticulteurs beaujolais ont la possibilité de produire sous l’étiquette Bourgogne. Une situation qui n’est pas forcément du goût de tous. Si la querelle n’est pas nouvelle, elle prend désormais de l’ampleur avec la question de la délimitation géographique de l’appellation Bourgogne, encore jamais arrêtée. Alors que la phase de consultation relative cette délimitation a pris fin le 10 juillet 2011, l’association des producteurs de Bourgogne en Beaujolais (APBB) – fraîchement créée – conteste l’un des critères retenus par les experts…

Le vignoble beaujolais fait-il partie de la grande Bourgogne ?

Pour Olivier Bosse-Platière, président de l’Association des producteurs de Bourgogne en Beaujolais (APBB), « le vignoble beaujolais fait historiquement partie de la grande Bourgogne, au même titre que les Chablis ou les vins du Mâconnais. Comme eux, il a ses caractéristiques propres ». Lors de la création des appellations d’origine contrôlée (AOC), en 1937, les 96 communes du Beaujolais ont été inclues dans l’appellation Bourgogne.

En 1938, l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao), chargé de délimiter les zones de productions agricoles susceptibles de bénéficier d’une appellation d’origine, devait procéder à la délimitation géographique du vignoble bourguignon. Mais dans le contexte de la guerre, celle-ci n’a finalement pas eu lieu. En 2007, en lien avec une demande de la Commission européenne, l’Inao réclame à toutes les AOC viticoles d’établir un cahier des charges plus précis, mentionnant notamment les limites précises du territoire concerné.

Au passage, le « syndicat » des vins de Bourgogne – appelé Organisme de défense et de gestion des vins de Bourgogne (ODG) – en profite pour demander que soit enfin procédé à la délimitation géographique de l’appellation Bourgogne. « Nous sommes favorables à la délimitation géographique mais celle-ci doit se faire sur des bases scientifiques. Le problème majeur est que les critères pris en compte ne sont pas les mêmes que dans les autres régions car aux critères d’ordre géologiques qui sont habituels, sont venus s’ajouter des critères d’usage. Ce que nous contestons », explique Olivier Bosse-Platière.

« Nous lui versons nos cotisations mais elle veut nous exclure… »

Conduite par l’Inao, la consultation relative à la délimitation géographique de l’appellation a duré deux mois et s’est achevée le 10 juillet 2011. D’après le viticulteur beaujolais, « la présentation du rapport de la commission de délimitation conduit notamment à une exclusion du Beaujolais de la production de Bourgogne rouge – cépage pinot noir – et de Bourgogne aligoté ; elle limite à 41 communes beaujolaises sur 96 concernées la possibilité de produire des Bourgognes blancs… L’ODG Bourgogne qui est notre syndicat et à qui nous versons nos cotisations, aurait dû nous défendre. Or, cela fait maintenant quatre ans qu’elle travaille contre nous », déplore Olivier Bosse-Platière.

A la veille de la date de clôture de la consultation, l’Association des producteurs de Bourgogne en Beaujolais (APBB), créée en juin 2011, a donc déposé une réclamation auprès de l’Inao. Contacté par dijOnscOpe, l’ODG Bourgogne n’a pas souhaité communiquer sur le sujet, de même que l’Inter Beaujolais, qui représente les viticulteurs de cette région. De son côté, l’Inao travaille et devrait rendre ses conclusions à l’automne 2011, après les vendanges. L’organisme doit maintenant étudier les réclamations formulées par chacun avant de valider une aire définitive.

Jean-François Chapelle, viticulteur à Santenay (21) et membre de l’ODG Bourgogne, a accepté de donner son avis sur le sujet, mais à titre strictement personnel. « Un accord a été signé entre les représentants du Bourgogne et du Beaujolais en janvier 2010, qui a permis de lancer ensuite le travail de délimitation réalisé par des experts », explique le viticulteur côte-d’orien, qui avoue par ailleurs comprendre « les intérêts divergents et les positions individuelles qui s’expriment », en référence aux prises de position de l’association des producteurs de Bourgogne en Beaujolais (APBB).

Renforcer la « bourgognité » du Beaujolais : une solution anti-crise ?

« Pendant longtemps, le Beaujolais se vendait plus cher que le Bourgogne rouge. Mais aujourd’hui, son image est écornée dans les vieux pays consommateurs, avec notamment un essoufflement du Beaujolais primeur », constate Olivier Bosse-Platière. Avec la crise du Beaujolais dans les années 1990 et surtout 2000, l’affaire a pris une tournure plus importante et des viticulteurs beaujolais ont été tentés d’arracher leurs vignes plantées en cépage gamay pour les remplacer par du pinot noir, cépage bourguignon.

« A l’instar des autres viticulteurs bourguignons, nous demandons à pouvoir nous replier sur l’appellation Bourgogne », argumente Olivier Bosse-Platière. Mais pour Jean-François Chapelle, « on ne peut pas étendre une AOC à l’infini ; il faut bien mettre des limites géographiques. Il importe également de favoriser un développement sain de la production de Bourgogne ». En effet, une production plus importante de Bourgogne pourrait entrainer une baisse des prix. Olivier Bosse-Platière balaye cet argument : « Que pèsent nos 18.000 ha de Beaujolais face aux 600 ha de  Bourgogne ? »

« Certes, il existe un litige qui porte sur le nombre de communes pouvant se prévaloir de l’appellation Bourgogne… Mais il s’agit d’un problème technique de nature purement viticole », tempère Michel Baldassini, président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne, (BIVB) qui entend rester à bonne distance de la querelle. Pour l’heure, la balle est dans le camp de l’Inao, qui devrait se prononcer d’ici la fin 2011.

Dijon, base arrière de la campagne de François Hollande ?

À Semur-en-Auxois le 10 mai 2011, dans le quartier de la Fontaine d’Ouche à Dijon dix jours plus tard, au siège du Grand Dijon le 19 juillet… François Hollande ne quitte plus la Côte-d’Or ! Force est de constater qu’avec neuf Bourguignons dans son équipe de campagne, le candidat à la primaire socialiste a quelques bonnes raisons de revenir aussi souvent dans la région… Mardi 19 juillet, il réunissait justement son équipe afin de mener une réunion devant fixer l’agenda de la campagne. L’occasion de rassembler officiellement tous ses soutiens, qu’ils soient nouveaux ou anciens…

Dijon : Je t’aime

  • François Hollande : « Dijon est toujours un bon souvenir. Chaque fois que j’y suis venu, soit j’ai gagné moi-même – à l’occasion d’un congrès -, soit ceux que j’y ai soutenu ont gagné. C’est donc une ville symbole ; on devient superstitieux à force de faire de la politique. On pense qu’en revenant sur des lieux, on obtient de bons résultats. Je ne suis pas encore dans un pèlerinage mais si tout va bien, peut-être que chaque année je viendrai à Dijon… si je suis élu président de la République. » 

> À Dijon comme en Bourgogne, François Hollande n’y a pas que de bons souvenirs : il y possède aussi de bons amis. Pas moins de neuf Bourguignons – majoritairement des Dijonnais – font en effet partie de son équipe de campagne : le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, est en charge de l’animation des réseaux et des élus ; le directeur de l’Entreprise publique locale d’aménagement de l’agglomération Dijonnaise (Eplaad), Thierry Lajoie, est au poste de directeur de cabinet, et la conseillère régionale Safia Otokoré est conseillère presse. Laurent Grandguillaume, adjoint au maire de Dijon et membre du conseil politique de l’équipe de campagne, est mandataire départemental de François Hollande.

Mais encore : François Patriat, sénateur de Côte-d’Or et président du conseil régional de Bourgogne, Michel Neugnot, vice-président du conseil régional de Bourgogne, Christophe Sirugue, député-maire de Chalon-sur-Saône (21), Nisrine Zaibi, conseillère municipale de Chalon-sur-Saône, Benjamin Griveaux, vice-président du conseil général de Saône-et-Loire (Lire ici notre article sur le sujet).

L’équipe : Je t’aime moi non plus 

  • François Hollande : « Il était important que nous nous retrouvions tous : parmi ceux qui nous soutiennent, certains l’ont fait depuis de long mois, d’autres nous ont rejoints plus récemment dont une bonne partie des amis de Dominique Strauss-Kahn et d’autres amis qui avaient été avec Ségolène Royal pendant plusieurs mois et qui sont aujourd’hui derrière ma candidature. Je voulais que tout cela soit fusionné. Je remercie d’ailleurs tous ces participants qui ont fait un choix de candidat mais aussi un choix de renouvellement à travers ma candidature. (…) Je crois beaucoup à l’amitié et à l’esprit d’équipe. Rien n’est possible pour un candidat s’il n’y a pas avec lui des hommes, des femmes qui se trouvent engagés par l’amitié, la confiance et le respect. (…) Je voulais rassembler des hommes et des femmes qui, dans leur parcours, avaient un cheminement qui n’était pas le même. Et tout ceux qui n’auront pas choisi ma candidature, si je suis moi-même désigné, devront se retrouver avec nous pour la suite. » 

> Du côté des anciens « amis » de Dominique Strauss-Kahn présents à la réunion mardi 19 juillet 2011, se trouvait notamment Pierre Moscovici, devenu coordinateur de l’équipe de campagne après avoir apporté à la fin du mois de juin près de 90% de ses amis Strauss-kahniens (Lire ici l’article du Parisien.fr sur le sujet). Du côté des anciens « amis » de Ségolène Royal, se trouvaient notamment Aurélie Filippetti, députée de la Moselle, qui avait soutenu la candidate lors de l’élection présidentielle de 2007, et Vincent Peillon, comptant parmi les trois porte-parole de Ségolène Royal en 2007 et lieutenant de cette dernière jusqu’en 2008. Au journal Les Échos.fr, Vincent Peillon affirmait qu’il « faut supprimer le divorce entre les discours et les actes. Il y a eu trop souvent d’ambiguïté dans notre ligne politique entre ce que l’on dit et ce que l’on peut faire. Ces combats que nous avons menés, François Hollande peut les réaliser »  (Lire ici l’article). 

« François Hollande a estimé nécessaire un temps d’échanges pour montrer la méthode qui est la sienne, affirme Michel Neugnot, vice-président du conseil régional de Bourgogne. Durant la réunion, chacun est intervenu librement et je suis surpris de l’osmose sur la façon de voir les choses ». 

La primaire, un désamour ? 

  • François Hollande : « La question que je me suis posée tout au long de cette journée est de savoir comment faire venir les Français pour voter à la primaire socialiste du 09 octobre. Beaucoup ignorent encore qu’ils peuvent en être les électeurs ; beaucoup pensent que la désignation des candidats socialistes est une affaire de militants. Non, il suffit d’avoir un euro dans sa poche et sa carte d’électeur ! Quelles que soient les différentes sensibilités, je souhaite que nous fassions une campagne commune pour qu’il y ait la mobilisation de tous les Français. Je ne veux pas d’une campagne de soutien à tel ou tel candidat qui se fasse dans la rue. Cette campagne doit unir tous les socialistes et après, chacun fera son choix. (…) Je suis favorable à un débat entre les six candidats, comme cela avait été fait en 2006, avec des journalistes qui puissent poser des questions à tous les candidats. Cela me paraît être l’ordre naturel des choses pour une primaire devant les Français. » 

> L’option d’un tel débat n’est pourtant pas envisagé par le PS. Cependant, deux autres candidats à la primaire socialiste, Manuel Valls et Ségolène Royal, ont manifesté leur souhait d’organiser une confrontation entre les prétendants à l’investiture. Pierre Moscovici a également émis ce souhait sur France Inter : « Nous n’avons pas à avoir peur des débats. Dès lors qu’il y a une primaire, les Français doivent pouvoir connaître les différences entre les candidats », a-t-il affirmé, précisant : « Nuances, différences mais pas attaques personnelles » (Écouter ici l’interview). 

Mais, selon le Figaro.fr, « pour l’heure, Martine Aubry se montre plutôt hostile à l’idée d’organiser une confrontation entre candidats. « Il n’y en aura pas », prédit un membre du bureau national du PS. Le risque serait trop grand de voir dégénérer l’affrontement entre les prétendants, surtout si l’écart demeure faible entre les deux favoris (Lire ici l’article).

L’actualité 

  • François Hollande au sujet de l’affaire Tristane Banon : « Cette enquête préliminaire est engagée par madame Banon pour une agression qui s’est produite, d’après la version qu’elle donne, en 2003. Moi je l’ai toujours dit : j’ai été alerté la mère de madame Banon il y a donc déjà huit ans. Et je lui avais dit que s’il s’était passé quelque chose, il fallait aller déposer plainte. Si je dois être auditionné par la justice pour avoir été informé non pas de ce qu’il s’était passé mais d’un incident supposé , j’y suis tout à fait prêt et j’aimerais que cela se fasse le plus rapidement possible. En revanche, ce que je n’accepte pas, c’est la manipulation et la manoeuvre d’une affaire, qui n’est pas la mienne ni celle du parti socialiste, à des fins politiques. Je demande que cela cesse. Ce type de rumeurs a déjà été dénoncé par Martine Aubry il y a quelques jours » (Pour en savoir plus sur cette affaire, lire ici l’article de La Dépêche.fr). 
  • François Hollande au sujet du débat sur la dette de la France et de la rigueur : « Nicolas Sarkozy a augmenté d’un tiers la dette publique durant son mandat : 65% de la richesse nationale en 2007 ; 85% aujourd’hui. La vérité est que nous sommes dans une nécessité de maîtriser notre endettement. La vérité est que nous avons des spéculateurs et des marchés qui n’attendant qu’une défaillance de notre part pour s’engouffrer dans la brèche. Il ne s’agit pas de dire que nous ne pouvons rien y faire mais il s’agit de montrer qu’une priorité engage la France : stopper la spirale de l’endettement. Ma volonté est de se concentrer pour que nos marges de manoeuvres qui existent soient tournées vers la jeunesse. Et enfin, il existe un préalable à tout : si un effort doit être demandé aux Français, après 2012, il doit être juste et suppose une réforme fiscale. La grande faute de Nicolas Sarkozy, c’est d’avoir dégradé les finances publiques et qu’il a allégé les impôts des plus favorisés. Cela fait quand même beaucoup pour certains et peu pour d’autres » (Pour en savoir plus sur cette affaire, lire ici l’article de 20minutes.fr). 

DFCO. Un Drogba dans l’équipe réserve

Freddy Drogba, frère du footballeur international Didier Drogba, fait son entrée à Dijon.

Le jeune footballeur de 19 ans était à la recherche d’un club depuis la fin de la saison. Il évoluait jusque maintenant dans l’équipe réserve du Mans FC. Il a aussi été sélectionné en équipe de Côte d’Ivoire Espoirs.

Limité par les blessures en 2010/2011, il défendra cette année les couleurs du DFCO en équipe B.

Commerces d’été, les pieds dans l’eau

Depuis dix jours, la pluie n’en finit plus de tomber dans notre département. Les aoutiens se réjouissent de ne pas avoir pris leurs vacances en juillet, et les professionnels des activités de loisirs et de tourisme voient leurs activités bouleversées.

Des températures à peine printanières, des parapluies toujours sous le bras,  et les crèmes solaires qui restent au placard : les côte-d’oriens n’en attendaient pas autant pour ce mois de juillet. Alors que les agriculteurs ont été pointés du doigt pendant la période de forte chaleur qui a précédé l’été, c’est au tour des commerçants estivaux de s’inquiéter.

 

La sécurité, au détriment du bénéfice

 

Depuis 10 jours, le gérant de la société In’Forest à Messigny-et-Vantoux, a les yeux rivés sur son écran d’ordinateur « cela fait plus d’une semaine que je regarde les bulletins météorologiques toutes les heures pour savoir si je peux ouvrir le parc ». Et à chaque fois, c’est la même chose : Météo France recommande la fermeture temporaire de son site d’accrobranche : « on respecte à la ligne les conseils de sécurité, mais bien sûr, cela représente un grand manque-à-gagner ». La priorité est donc donnée à la sécurité en cette période estivale propice aux épisodes orageux, quoi que les clients puissent en penser : « ils ne comprennent pas toujours, on se fait parfois insulter quand on ferme l’aire à la dernière minute. Mais il faut rappeler que ce sont pour des questions juridiques évidentes ! ». Même s’il est encore trop tôt pour mesurer la perte des bénéfices, les vendeurs de loisirs ne voient pas d’un bon œil l’arrivée des précipitations au début du mois.

 

Les risques du métier

 

Quand on est glacier, gérant d’un parc aquatique, d’un camping ou d’un parc de loisirs, on sait que les ventes et les réservations dépendront de l’humeur du ciel, et des clients. Monsieur TIRET, directeur du camping du Lac Kir à Dijon, relativise et voit en l’arrivée de la pluie un juste retour des choses : « On a eu une superbe saison les 4 mois derniers, on ne va pas se plaindre. Forcément, certains vacanciers écourtent leur séjour à Dijon et vont chercher le soleil ailleurs. Mais la plupart reste et privilégie les visites de patrimoine plutôt que les activités en plein air ». Son camping reste complet en ce mois de juillet, mais il sait qu’à la fin du mois les chiffres seront peut-être moins bons que prévus.

Bourgogne : Ces femmes qui ont marqué l’histoire…

Si les Bourguignons tels Pierre Larousse – créateur du dictionnaire du même nom – ou encore Gustave Eiffel – à qui l’on doit une vieille dame surplombant Paris – ne sont plus à présenter, les Bourguignonnes elles parcourent plus discrètement l’histoire de la région. Certes, rappelons l’histoire d’amour de la Marquise de Sévigné pour le château d’Époisses, en Côte-d’Or, ou encore les sentiments moins tendres de Jeanne-d’Arc pour les Bourguignons, qui la vendirent aux Anglais pour la somme de 10.000 livres… Néanmoins, d’autres femmes du cru, plus ou moins célèbres, ont bel et bien marqué l’histoire du pays…

  • Herminie Cadolle, la libératrice !

Lors de l’Exposition universelle de 1889 – pour laquelle la tour Eiffel est construite -, l’Icaunaise Herminie Cadolle présente sa nouvelle invention : le premier soutien-gorge ! Mata Hari, la duchesse de Windsor ou encore Coco Chanel ont été les ambassadrices de cette innovation qui, si elle n’a pas révolutionné le monde (des hommes) – quoique ! -, a du moins libéré bien des femmes de l’oppression du corset… Née en 1845 dans le village de Saint-Fargeau, dans l’Yonne, Herminie Cadolle est la première femme à avoir l’idée de couper en deux le traditionnel corset féminin. Le brevet qu’elle dépose porte alors le nom de « corselet gorge ». Peu de temps après, elle convainc les filateurs de Troyes (Aube), de mettre du caoutchouc dans les fils des tissus pour les métiers circulaires : ce fil élastique – appelé « fil de gomme » – allait détrôner les baleines et les lacets. L’entreprise Cadolle existe désormais depuis six générations et s’est installé au 24 de la chaussée d’Antin, à Paris. À l’époque, le quartier était résolument celui de la mode avec les Galeries Lafayette à deux pas de la boutique. Près de deux cents ouvrières travaillent alors pour répondre à la demande, qui se fait d’une façon originale pour l’époque. En effet, Herminie Cadolle s’inspire des pratiques en vogue aux États-Unis et propose une vente par catalogue et donc par correspondance…

Pour en savoir plus : Au bon marché 1869-1920 : Le consommateur apprivoisé de Michael Miller (1987).

  • La Mère Poulard, elle en fait tout un plat !

Avant d’attirer les touristes avec une omelette devenue l’emblème gastronomique de la cité touristique du Mont-Saint-Michel (Manche), la Mère Poulard fut Bourguignonne ! Pour les fins palais, la recette de cette omelette est connue mais pour la plupart, elle reste une spécialité légendaire que seul le restaurant du Mont-Saint-Michel peut proposer… Pourtant, le 16 avril 1851, quand Anne Boutiaut – que sa famille surnomme volontairement « Annette » – voit le jour à Nevers, dans la Nièvre, rien ne la prédestine à conquérir une renommée internationale. Dans son ouvrage La Mère Poulard, Émilie Couillard explique qu’elle fut d’abord femme de chambre au service d’Édouard Corroyer, architecte en chef des monuments historiques. Elle le suit quand ce dernier se voit confier par le gouvernement la restauration de l’abbaye qui surplombe la commune du Mont-Saint-Michel, alors composée de… quarante-deux habitants. Elle se marie en 1873 avec le fils du boulanger, Victor Poulard ; tous deux prennent la direction de l’hostellerie de la Tête d’Or. Là, pour faire patienter ses clients, Annette offre une omelette, un concept qu’elle dupliquera en observant le rythme de la cité. En effet, à l’époque, les touristes étaient dépendants des marées car la grande digue n’existait pas ; ils arrivaient donc par vague à toutes heures. L’omelette était donc un moyen rapide de proposer un plat chaud. Si en 1900, le repas ne coûtait que 2,50 francs, force est de constater que les prix ont quelque peu flambé aujourd’hui…

Pour en savoir plus : La Mère Poulard d’Émilie Couillard, édition La découvrance Eds (1997).

  • Marguerite Guérin, la passion du shopping

Comment une gardienne d’oie illettrée peut-elle devenir l’une des plus grandes fortunes de France ? Loin d’être un conte de fées, l’histoire de cette jeune fille, Marguerite Guérin, est tout de même atypique. Née le 03 janvier 1816 dans la commune de Verjux, en Saône-et-Loire, elle monte à Paris à la mort de sa mère et trouve un emploi chez une blanchisseuse avant d’acheter un petit restaurant que fréquentera son futur époux, Aristide Boucicaut. En 1848, Marguerite et Aristide rencontrent Paul Videau, avec qui ils feront l’acquisition du Bon marché en 1852 (En savoir plus ici), situé sur la rive gauche. Ils le rachètent en totalité en 1863, avant de se lancer dans une vaste opération de transformation. Le 09 septembre 1869, la première pierre du futur magasin est posée : l’architecte Louis-Charles Boileau et l’ingénieur dijonnais Gustave Eiffel, alors pionniers de l’utilisation du fer et du verre dans les bâtiments, ont la tâche de gérer les travaux de ce qui sera le tout premier grand magasin de Paris. Avec cinq étages et deux sous-sols, l’édifice sera le cœur de l’intrigue du roman d’Émile Zola, Au Bonheur des dames. L’auteur le décrit alors comme « une cathédrale de commerce pour un peuple de clients ». Quand il décède en 1877, Aristide Boucicaut laisse à sa veuve une entreprise de 1.788 employés – contre 12 en 1852 – et réalisant un chiffre d’affaires de 72 millions de francs par an ! Cette dernière fondera en 1910 le seul palace de la rive gauche, le Lutetia.

Pour en savoir plus : Au bon marché 1869-1920 : Le consommateur apprivoisé de Michael Miller (1987).

  • Colette, l’extravagante écrivaine

Auteure de cinquante livres, Gabrielle Sidonie Colette – plus connue sous le nom de Colette – a fait ses premiers pas à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l’Yonne, le 28 janvier 1873. Issue d’une famille peu aisée, elle tient de son père – général à l’armée – la passion de la littérature. Dès l’âge de 20 ans, elle se marie avec Henry Gauthier-Villars, surnommé Willy, un auteur de romans populaires, qui l’encourage à écrire ses mémoires – la série des Claudine – qu’il publie sans aucune vergogne sous son propre nom ! Après son divorce en 1906, Colette signera ses ouvrages et débute une carrière de music-hall. Là, elle partage la vie d’une autre femme, Mathilde de Morny : un scandale pour l’époque. En 1928, elle est promue officier de la Légion d’honneur et entre à l’Académie Goncourt en 1945. Lors de son décès le 03 août 1954, l’Église refuse de célébrer ses obsèques au motif qu’elle avait divorcé à deux reprises, selon la version officielle. Un musée lui est désormais consacré dans sa commune d’origine tandis que chapeauté par la Direction des affaires culturelles du conseil général de l’Yonne, le Centre d’études Colette propose aujourd’hui de rendre la documentation sur l’auteure accessible au public. Ainsi, à travers différents ouvrages et plusieurs expositions, le centre revient sur la biographie de cette Bourguignonne d’exception…

Pour en savoir plus : Musée Colette
89 520 – Saint-Sauveur-en-Puisaye
Tél : 03 86 45 61 95 / Fax : 03 86 45 55 84
Ouvert tous les jours du 1er avril au 31 octobre de 10h à 18h ; fermé le mardi.
Tarifs : 5€ (adultes), 4€ (groupes < 20 personnes), 2€ (étudiants et groupes scolaires), gratuit (enfant de moins de 10 ans).

  • Claudie Haigneré, la tête dans les étoiles…

Bachelière à 15 ans, en cinquième année de faculté de médecine à 20 ans, Claudie Haigneré affiche un parcours exceptionnel ! Son curriculum vitae est tout aussi impressionnant puisqu’elle est déjà ex-médecin, rhumatologue, chercheuse, spationaute et ministre ! Celle qu’on appelle encore à l’époque Claudie André-Deshays nait le 13 mai 1957 au Creusot, en Saône-et-Loire, où elle passe enfance et adolescence. Elle suit des études de médecine aux universités de Dijon et de Paris – Cochin-Port Royal et Paris V-René Descartes – avant de débuter sa carrière scientifique en 1985. Elle est alors chercheuse au laboratoire de physiologie neurosensorielle du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Du 17 août au 02 septembre 1996, elle participe au vol de la station orbitale franco-suisse Mir. Elle tient un journal de bord, constituant la dernière partie de l’ouvrage de Yolaine de la Bigne, Une Française dans l’espace. La journaliste narre la vie de celle qui est habilitée à commander un vaisseau Soyouz. Trois ans plus tard, Claudie intègre l’Agence spatiale européenne (ESA) et participe en 2001 à la mission Andromède à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Après deux vols (Voir le résumé des vols ici) et l’obtention du statut de première spationaute française de l’histoire, elle tire sa révérence et se lance dans la politique avant de présider Universcience, un établissement public issu du rapprochement entre le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l’industrie.

Pour en savoir plus : Une Française dans l’espace de Yolaine de La Bigue, édition Plon (2001).

Côte-d’Or : Une Saint-Vincent Tournante 2012 spéciale « climats de Bourgogne » !

Après un passage par Chassagne-Montrachet en 2010 et les villages de la côte de Nuits en 2011, la prochaine édition de la Saint-Vincent Tournante – fête du vin côte-d’orienne – sera dédiée aux climats de Bourgogne dans le cadre de la candidature de la région au patrimoine mondial de l’Unesco. La 68ème édition se déroulera les 28 et 29 janvier 2012 à Dijon, Beaune et Nuits-Saint-Georges.

Né à Huesca une cité espagnole au pied des Pyrénées, Saint-Vincent était l’archidiacre de Saragosse. Martyrisé sur ordre du préfet à Valence, il décéda le 22 janvier 304. La date de sa mort correspondant à la période climatique entre l’état d’hibernation de la vigne et celle du retour à la végétation, Saint-Vincent aurait été désigné saint patron des vignerons. D’autres hypothèses soulignent la présence du mot « vin » dans son nom alors que pour certains, son corps fut broyé sous les instruments de supplice comme la grappe de raisin sous le pressoir.

Comme chaque 22 janvier depuis 1937, la Confrérie des chevaliers du Tastevin honore Saint-Vincent dans un village différent de Côte-d’Or ; cette année, la confrérie mettra à l’honneur trois villes : Dijon, capitale de la Bourgogne, Beaune, capitale du bourgogne, et Nuits-Saint-Georges, symbole des grands crus de la Côte. Cette Saint-Vincent 2012 s’inscrit donc en rapport avec la démarche pour le classement des climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l’Unesco. Comme le veut la tradition, la première journée sera assez solennelle avec le défilé des confréries portant statues et bannières, précédant l’office religieux, alors que la seconde journée se veut « plus conviviale et culturelle avec des dégustations de l’ensemble des ‘climats de Bourgogne’, couplées à des animations-découvertes de lieux incontournables des trois villes ».

Dijon : François Hollande passe ses troupes en revue mardi 19 juillet

Concernant les primaires, six compétiteurs sont déjà dans l’arène : Martine Aubry, ex première secrétaire du PS, François Hollande, favori des sondages, Arnaud Montebourg, député et président du conseil général de Saône-et-Loire, Ségolène Royal, candidate malheureuse de la Présidentielle 2007, Manuel Valls, héritier de Lionel Jospin, et Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG). Ils ont deux mois pour convaincre les sympathisants du PS et, plus largement, l’ensemble du corps électoral, avant l’échéance des primaires des 09 et 16 octobre 2011 et celle de la Présidentielle en 2012. Après l’affaire DSK, nombreux sont les ténors du parti à s’être retrouvés orphelins. Si un pacte existait bien entre l’ex-directeur du Fonds monétaire international (FMI) et Martine Aubry, François Hollande a réalisé le bon coup du mercato estival en récupérant le soutien de Pierre Moscovici. Ce dernier a d’ailleurs été nommé coordinateur de son équipe de campagne.

L’équipe d’Hollande se composera de trois cercles : le conseil politique, l’équipe de coordination et les responsables thématiques.  Le conseil politique rassemblera tous les mardis les parlementaires, les présidents de région et département, les maires de communes de plus de 10.000 habitants ou les premiers secrétaires fédéraux comme le Bourguignon Michel Neugnot. L’équipe de coordination devra elle couvrir les différentes fonctions d’une campagne. Présents dans les rangs : le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, en charge de l’animation des réseaux et des élus ; le directeur de l’Entreprise publique locale d’aménagement de l’agglomération Dijonnaise (Eplaad), Thierry Lajoie, au poste de directeur de cabinet ; et la conseillère régionale Safia Otokoré en tant que conseillère presse. Enfin, le troisième cercle, celui des thématiques, doit permettre aux politiques de s’investir sur des grands thèmes. Parmi eux figurent Christophe Sirugue, député-maire de Chalon-sur-Saône (21), pour l’insertion par l’économie ; Nisrine Zaibi, conseillère municipale de Chalon-sur-Saône, pour les questions de jeunesse ; Benjamin Griveaux, vice-président du conseil général de Saône-et-Loire, pour l’économie sociale et solidaire ; François Rebsamen pour les questions de sécurité et d’intérieur ; François Patriat, sénateur et président du conseil régional de Bourgogne, ancien ministre de l’agriculture, qui traitera des questions d’agriculture et de consommation justement ; et enfin, Safia Otokoré, ancienne sportive de haut niveau également, pour le sport.

Du côté de Martine Aubry, un seul Bourguignon est présent dans l’équipe de campagne : Christian Paul, député de la Nièvre.

Dijon : Le business des terrasses en plein boom

Combien coûte une terrasse pour un établissement dijonnais ? Combien rapporte-elle ? Comment se porte cette économie à Dijon ? Alors que cette manne financière explose pour l’été, dijOnscOpe a recueilli les regards de Nathalie Koenders, adjointe au maire de Dijon chargée du commerce et de l’artisanat, et d’Isabelle Grandin, secrétaire générale de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie en Côte-d’Or (Umih 21)…

Terrasse = jackpot ?

Les premiers rayons de soleil printanier ont chaque année le même effet : les cafés, bars et restaurants dijonnais installent un bout de leur commerce en plein air et la réaction ne se fait pas attendre ; pendant quatre mois, les consommateurs boiront leur expresso ou leur jus de fruit en terrasse… L’image, ancrée dans les esprits, a un coût pour les commerçants, « l’un des moins chers de France » selon Nathalie Koenders, adjointe au maire de Dijon chargée du commerce et de l’artisanat. Pour un restaurant de l’hypercentre par exemple, le mètre carré de terrasse coûtera 51,28 euros par an au gérant, contre 34,4 euros du mètre carré dans les secteurs excentrés. En comparaison, les terrasses sur voies piétonnes du centre-ville lyonnais coûtent entre 55 et 123 euros par mètre carré aux restaurateurs… Quant à elles, les terrasses fermées induisent à Dijon un loyer annuel de 101,93 à 152,83 euros par mètre carré – c’est le cas par exemple des « terrasses-vérandas » de l’avenue Foch, à deux pas de la gare. Enfin, le quartier du marché fait exception : les cafés et restaurant du contour des Halles paient en effet 27,32 euros du mètre linéaire à l’année. « Une situation qui trouve sa source dans l’histoire : comme les commerçants du marché sont facturés au mètre linéaire, il en a toujours été de même pour les terrasses du contour des Halles », précise Nathalie Koenders. Et d’ajouter : « Nous allons augmenter les tarifs des terrasses avec l’afflux prochain de nombreuses demandes pour les places Darcy et République, une fois que les travaux du tramway seront terminés ».

Et que rapportent-elles aux cafés, bars et restaurants dijonnais ? La réponse a plusieurs facettes. D’une part, depuis la loi anti-tabac de 2008, les terrasses sont devenues incontournables pour garantir un chiffre d’affaires convenable aux commerces touchés par une baisse de fréquentation, suite à l’interdiction de fumer dans les lieux publics. « Depuis la loi sur l’interdiction de la cigarette dans les lieux publics, les cafetiers font en moyenne 30% de leur chiffre d’affaires grâce à leur terrasse », constate par exemple Marcel Benezet, président de la branche café-bar-brasserie du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat) (Lire ici l’article du syndicat sur le sujet). Nathalie Koenders évoque elle des « chiffres d’affaires qui peuvent quadrupler » suite à l’ouverture d’une terrasse à Dijon…

« Attention toutefois : certains se disent qu’en achetant un établissement doté d’une terrasse, ils toucheront le jackpot ! En réalité, ce n’est pas parce que vous achetez un restaurant avec droit de terrasse que vous aurez le droit d’en installer une. Le droit de terrasse n’est pas lié au commerce mais au propriétaire », tempère Isabelle Grandin, secrétaire générale de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie en Côte-d’Or (Umih 21). Et de préciser : « Ce n’est pas parce que votre prédécesseur l’avait qu’il vous sera accordé. Si l’établissement a souvent des soucis avec la police, amenée à se déplacer suite à de nombreux appels des voisins par exemple, la mairie peut suspendre le droit de terrasse »…

Une économie en plein boom

Malgré ces épiphénomènes, l’essor des terrasses à Dijon ne connaît pas de temps mort. « De mille mètres carrés de surface en 2001, nous sommes passés à 4.000 mètres carrés aujourd’hui en 2011 », constate Nathalie Koenders. Et ce dynamisme ne devrait pas s’essouffler de sitôt. « La piétonnisation récente de la rue des Godrans, à Dijon, a entraîné l’ouverture de nombreuses terrasses et plusieurs établissements n’ayant rien à voir avec la restauration sont même approchés régulièrement par des agences immobilières, qui leur demandent si leur fonds de commerce n’est pas à vendre ! », témoigne-t-elle – ou quand les terrasses entraînent une nouvelle forme de spéculation… Un scénario que l’on pourrait également retrouver à Dijon en 2013 avec la piétonnisation de la rue de la Liberté (Lire ici notre article sur le sujet).

A noter également que les cafés, bars et restaurants dijonnais reçoivent même le soutien de la mairie, de l’Umih et de l’Office de tourisme par des actions saisonnières tel le festival Garçon la note (Voir le programme ici). « Pour 150 euros, les établissements bénéficiant d’une terrasse ont le droit à une opération « clefs en main » : après le choix du genre, les gérants n’ont plus qu’à accueillir un groupe de musique sélectionné par le régisseur de l’Office de tourisme, sans se soucier des questions techniques ! », explique Isabelle Grandin. Des animations qui entraînent souvent une légère hausse de la consommation – et donc du chiffre d’affaires – les soirs de concert…

Et pour ceux qui n’ont pas de terrasse ? « Ils ne sont pas forcément défavorisés l’été », note-t-elle. Et de préciser : « Certains restaurants peuvent par exemple se mettre en valeur grâce à leurs salles climatisées »… Pour Nathalie Koenders, pas question non plus de parler d’inégalité entre les détenteurs d’un droit de terrasse et ceux qui ne l’ont pas. « Quand vous achetez votre fonds de commerce, vous voyez dès l’origine si l’installation d’une terrasse sera possible ou non ! Et c’est pour cette raison, d’ailleurs, que le prix du bien est moins élevé », rappelle-t-elle.

Les terrasses, une question d’économie… mais pas que !

Chiffres d’affaires boostés, développement exponentiel des lieux de consommation extérieurs… L’essor des terrasses n’est pourtant pas qu’une question d’économie. « Formidable atout pour le dynamisme de la ville, il ne doit pas occulter la question de la cohabitation avec les riverains », rappelle Nathalie Koenders. Un engagement déjà présent dans l’arrêté municipal du 24 octobre 2006 fixant la réglementation du droit de terrasse, spécifiant notamment « qu’aucune installation ne sera tolérée à moins d’un mètre des entrées d’immeubles voisins pour ne pas entraver leur accès » ou encore que « la sonorisation des terrasses de plein air est interdite », sauf en cas « d’animations particulières ».

Un dispositif réglementaire récemment renforcé d’une charte de bonne conduite, Harmonuits, visant à garantir une bonne qualité de vie nocturne à Dijon… D’abord signée par les établissements de nuit en 2009, qui s’engageaient à lutter contre les nuisances nocturnes générées par la clientèle, elle a été renforcée en 2011 par la cooptation d’associations étudiantes volontaires, désireuses de « sensibiliser leurs membres aux comportements à risque, au respect du voisinage et à la lutte contre les discriminations » (Lire ici notre article sur le sujet). Une initiative finalement pas si détachée des conséquences économiques, au regard de la fermeture administrative du café l’Hôtel particulier, rue Musette, pendant un mois jusqu’au mercredi 06 juillet 2011 (Lire ici l’article du BienPublic.com sur le sujet), en raison d’un tapage nocturne peu apprécié par les riverains…