Archive | 30 janvier 2017

4 bonnes raisons de manger du camembert

Fromage emblématique français, le camembert ne manque pas d’atouts côté santé. Au contraire ! Voici quatre bonnes raisons de craquer sans s’en vouloir !

 

 

 

Camembert : pas mauvais pour le cholestérol

Grand atout du camembert : « Il n’a pas d’effet significatif sur le taux de cholestérol » informe le Pr Lecerf, chef du service de nutrition de l’Institut Pasteur de Lille.

Deux études ont montré que la consommation quotidienne de 60g de camembert par jour, soit 2 portions, ne modifiait pas le profil lipidique des personnes ayant un taux de cholestérol normal, une très légère hypercholestérolémie ou une hypercholestérolémie avérée.

De plus en plus de données montrent que les acides gras saturés laitiers auraient un effet protecteur sur la santé cardio-vasculaire. Les prébiotiques et probiotiques contenus dans le camembert moduleraient les fonctions intestinales notamment le métabolisme du cholestérol. Ces effets bénéfiques pourraient aussi être liés à la fermentation ou au calcium.

 

 

Camembert : un fromage pas trop gras

Deuxième atout du camembert : il fait partie des fromages les moins gras.

 » Un camembert à 45% contient 22% de matières grasses , soit bien moins que les fromages à pâte dure, comme le comté, le gruyère ou le beaufort » souligne le Pr Lecerf. Le comté comprend ainsi 34% de MG, le gruyère contient 35% de graisses.

Explication : les fromages à pâte molle comme le camembert sont plus riches en eau donc moins riches en graisses . Le camembert permet de profiter des bienfaits du fromage sans trop d’apport de lipides. Bien sûr, il ne faut pas manger un demi-camembert tous les jours. « 1/8 de camembert, soit une portion de 30g, c’est très bien » indique le Pr Lecerf. A manger avec une quantité raisonnable de pain !

 

 

Camembert : du calcium et des vitamines !

Le camembert a de nombreux atouts nutritionnels.

Tout d’abord, il est une bonne source de calcium, même s’il en contient moins que les fromages à pâte dure. Une portion de camembert apporte 20% des Apports Journaliers Recommandés (AJR) en calcium. Le camembert apporte également des vitamines et minéraux : vitamines A, D, B6, B9, B12, zinc, sélénium, iode. « Une part de camembert apporte des protéines, du gras et du calcium, cela en fait un aliment intéressant » résume le Pr Lecerf.

 

 

Tout se mange dans le camembert

Un des avantages du camembert est que nous le mangeons en entier, avec sa croûte.

Outre qu’il n’y a ainsi pas de gâchis, « vous bénéficiez de la flore de la croûte qui est différente de celle du reste du fromage » informe le Pr Lecerf. « De plus en plus, on découvre que cette flore a des propriétés intéressantes » précise-t-il. Elle contient des probiotiques qui contribuent à l’équilibre de notre flore intestinale, essentiel pour notre système digestif mais aussi pour le bon fonctionnement de tout notre organisme.

 

 

Sources

Remerciements au Pr Jean-Michel Lecerf, chef du service de nutrition de l’Institut Pasteur de Lille
Son dernier ouvrage: La viande Un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout? Editions Buchet Chastel, septembre 2016

JL Schlienger, F Paillard, JM Lecerf et col (2014) Effect on blood lipids of two daily servings of Camembert cheese. An intervention trial in mildly hypercholesterolemic subjects; Int J Food Sci Nutr, Early Online:1-6 © Informa UK Ltd.DOI:10.3109/09637486.2014.945156

 

Le cerveau a-t-il un sexe ?

Pourquoi les femmes sont-elles plus bavardes ? Pourquoi les hommes sont-ils monotâches et meilleurs en maths ? Ces différences seraient liées à notre cerveau… Vrai ou faux ? Le point avec Catherine Vidal, neurobiologiste à l’Institut Pasteur.

 

 

Les hommes sont monotâches

Ce que tout le monde croit : la femme est capable d’activer les deux hémisphères de son cerveau simultanément, donc de réaliser plusieurs tâches en même temps, tandis que l’homme, plus « compartimenté », est programmé pour ne faire qu’une chose à la fois… L’avis de Catherine Vidal : c’est faux !

A l’origine de cette idée reçue, une petite étude réalisée en 1982 sur seulement 20 cerveaux. Les scientifiques avaient noté chez la femme une épaisseur plus importante du corps calleux , qui permet aux deux hémisphères de communiquer… Cette expérience a depuis été démentie grâce aux techniques d’ imagerie cérébrale . En 1997, une étude menée sur 2 000 sujets examinés en IRM n’a pu montrer aucune différence significative entre les deux sexes !

Les femmes n’ont pas le sens de l’orientation

Ce que tout le monde croit : d’après les travaux neuropsychologiques du chercheur Christophe Gauthier de l’université de Montpellier, les hommes seraient plus à l’aise avec les représentations en 2 et 3 dimensions, type cartes routières, et se repéreraient mieux dans l’espace… L’avis de Catherine Vidal : ça ne tient pas !

Cette différence de traitement de l’information au niveau du cerveau n’a été notée qu’à partir de l’adolescence, et si on entraîne les sujets pendant une semaine, les scores féminins et masculins s’égalisent (Kass, S.J. Ahlers R.H. et M. Dugger en 1998). Tout porte donc à croire que c’est l’éducation qui fait la différence. Les garçons jouent plus au football par exemple. Or il n’y a rien de tel pour apprendre à se repérer dans l’espace !

Les femmes sont plus littéraires

Ce que tout le monde croit : les petites filles parlent plus tôt, sont meilleures en grammaire, en lecture et les femmes ont un vocabulaire plus nuancé … en raison des hormones présentes dans leur cerveau.

Leurs œstrogènes favorisent l’activité verbale en activant les deux hémisphères de leur cerveau. L’avis de Catherine Vidal : les études en IRM (Sommer, Etats-Unis, 2004), n’ont jamais validé cette théorie ! En outre, aucun travail scientifique n’a pu montrer que les hormones avaient un effet direct sur les capacités intellectuelles. Contrairement aux animaux, notre cerveau n’est pas seulement soumis aux hormones . C’est le développement exceptionnel de son cortex qui permet à l’humain de faire des choix sensés et de maîtriser ses instincts.

Les hommes sont meilleurs en maths

Ce que tout le monde croit : selon les travaux de Larry Summers, président de l’université d’Harvard, les filles sont moins douées que les garçons pour l ’algèbre , même si elles gardent l’avantage en calcul mental .

En résumé, aux hommes les équations abstraites et nobles, aux femmes la gestion des comptes du ménage ! L’avis de Catherine Vidal : évidemment, cette vision caricaturale ne tient pas une seconde face aux faits réels. Filles et garçons ont le même potentiel en sciences. La preuve, c’est que les résultats de la gent féminine au bac scientifique sont supérieurs à ceux des bacheliers masculins au Japon, en Finlande et en France !

Les femmes sont plus intuitives

Ce que tout le monde croit : les femmes perçoivent mieux les nuances émotionnelles d’un visage.

Question d’hormones pour certains, de récepteurs sensoriels ou d’ activité cérébrale pour d’autres… En outre, le cerveau féminin serait continuellement en alerte. Au repos, il maintiendrait 90 % de son activité électrique , celui de l’homme seulement 70 % (Dr Ruben Gur.) L’avis de Catherine Vidal : ces conclusions sont fondées sur une expérience datant de plus de 10 ans, jamais reproduite, ni confirmée. Il semble qu’hommes et femmes ressentent les mêmes émotions , mais les expriment de manière différente. Si la gent féminine se livre plus facilement, c’est encore et toujours à cause de l’ éducation et de stéréotypes socioculturels.

Les femmes sont plus ordonnées

Ce que tout le monde croit : la femme aurait un angle de vision périphérique supérieur et une excellente mémoire visuelle .

L’homme, moins avantagé par la nature, serait contraint de tourner la tête pour percevoir et enregistrer ce qui l’entoure (source : D. Kamura). Conséquence, dans une armoire, une femme classerait les vêtements par catégories séparées alors que l’homme, plus global, classerait plutôt par ensembles : la tenue de jogging avec chaussettes et chaussures dans un coin, les vêtements de travail dans un autre. L’avis de Catherine Vidal : ces scénarios n’ont rien à voir avec des différences cérébrales innées. Si l’ordre et le rangement n’ont pas la même signification pour chacun, c’est à cause de l’éducation.

Les femmes ont plus de matière grise

Ce que tout le monde croit : les femmes auraient plus de matière grise cérébrale, les hommes, plus de matière blanche , d’après les travaux du neuropsychologue Ruben Gur (Pennsylvania Medical Center).

Ces particularités sexuées expliqueraient les différences de stratégies féminines et masculines pour se repérer dans l’espace. L’avis de Catherine Vidal : ces conclusions résultent d’études anatomiques en IRM datant de plus de 10 ans. Depuis, les techniques d’imagerie cérébrale, qui ont progressé, n’ont pu confirmer les différences de matière grise et blanche entre sexes.

Les hommes sont plus sensibles aux images érotiques

Ce que tout le monde croit : selon une étude américaine menée par Stéphane Hamann, de l’université Emory d’Atlanta en IRM, les cerveaux féminins et masculins réagissent différemment aux images érotiques.

L’encéphale des hommes est plus stimulé par les images. Certains prétendent que cette différence est liée à des hormones présentes dans le cerveau, la testostérone pour les hommes et l’ ocytocine pour les femmes. Il est vrai qu’elles sont très actives chez les rats et les souris… L’avis de Catherine Vidal : aucune étude scientifique sérieuse n’a pu montrer la même chose chez l’humain ! Les études sur la plasticité du cerveau prouvent que les différences d’activités cérébrales entre les sexes sont dues à des différences d’éducation et de vécu.

Les femmes ont un cerveau plus petit

Ce que tout le monde sait : on constate en moyenne une différence de 150 grammes en faveur de l’encéphale masculin, grâce aux mesures du neurobiologiste Paul Broca au XIXe siècle.

L’avis de Catherine Vidal : si l’on considère le rapport entre la taille du cerveau et la carrure, la différence de volume et de poids entre les cerveaux des hommes et des femmes disparaît. Quant à l’influence du volume du cerveau sur l’intelligence, elle est nulle. C’est une question de qualité de connexions entre les neurones, et non de quantité. Hommes et femmes ont en moyenne les mêmes quotients intellectuels. En outre, selon une étude américaine menée en 1997, le nombre de neurones n’a aucun rapport avec la taille du cerveau !

Les hommes sollicitent plus leur hémisphère droit

Ce que tout le monde croit : les hommes sollicitent surtout leur hémisphère droit…

Les femmes emploient leur hémisphère gauche, voire leur deux hémisphères comme en témoigne une petite étude américaine (Sally Shawith, université de Yale, 1995). L’avis de Catherine Vidal : cette théorie, avancée dès 1968, a été balayée par les nouvelles techniques d’IRM et les expériences à grande échelle. Les deux hémisphères sont en communication permanente. Une fonction n’est jamais localisée dans une seule région. L’examen de milliers de sujets en IRM par Sommer (Etats-Unis, 2004) prouve qu’il n’y a pas de différences entre hommes et femmes au niveau de l’utilisation des aires du langage (à droite) ou de la représentation dans l’espace (à gauche).

Les hommes sont plus adroits

Ce que tout le monde croit : parce que les hommes chassaient le mammouth, ils seraient « naturellement » doués pour les lancers et plus adroits.

C’est la thèse avancée par D. Kamura, professeur en psychologie (Simon Fraser University) grâce à des études bio-sociologiques montrant l’influence persistante des gènes acquis dès le début de l’hominisation. L’avis de Catherine Vidal : de récentes études sur la plasticité du cerveau montrent que c’est l’apprentissage et l’expérience qui forgent nos performances cérébrales, et ce, tout au long de la vie ! Exemple : chez les pianistes, on observe un épaississement des régions spécialisées dans la motricité des doigts, l’audition et la vision. Cela est lié au temps consacré à l’apprentissage du piano depuis l’enfance.

Sources

Cerveau, sexe et pouvoirs , Catherine Vidal (éd.Belin, 2005). – Féminin, Masculin : mythes et idéologies , Catherine Vidal (éd. Belin, 2006). – Hommes, femmes avons-nous le même cerveau ? , C. Vidal (éd. du Pommier, 2007). – Cerveau d’homme, cerveau de femme , Doreen Kamura, les capacités motrices, p. 54, les aptitudes spaciales p. 78-79, la compétence en mathématiques p. 95-96, la perception p. 108, les aptitudes verbales p. 122. – Sommer, I.E. en 2004 – Brain , 127, 1845-1852. – Kass, S.J. Ahlers R.H. and M. Dugger en 1998 dans Human Performance , vol 11, pp. 337-349. – Comp Neurol , juillet 1997 ; vol. 384 : p. 312-20. – Nature février 1995 ; vol. 373 : p. 607-9. – Curr Opin Neurobiol avril 1996 ; vol. 6 : p. 259-63. – Percept Mot Skills février 1996 ; vol. 82 : p. 3-13.