La rocade de Dijon à 90 km/h, c’est pour bientôt ?

L’ouverture à la circulation de la première phase à 2×1 voie de la liaison nord (LiNo) fin 2013 pourrait induire un passage de la rocade Est de Dijon à 90 km/h. Une évolution qui semble inéluctable pour les élus locaux.

Actuellement limitée à 110 km/h, la vitesse sur la rocade Est de Dijon pourrait être réduite à 90 km/h à l’ouverture de la LiNo fin 2013 – début 2014. Véritable serpent de mer, le projet de la LiNo, prolongement de la rocade Est, permettra de relier le nord-est au nord-ouest de l’agglomération dijonnaise. Le boulevard périphérique de Dijon s’étendra alors sur une longueur de 18,5 kilomètres et rejoindra l’autoroute A 38. La vitesse, qui y sera limitée à 90 km/h, pourrait bien s’étendre à l’ensemble de la rocade, dont les panneaux affichent actuellement 110 km/h. Le 28 septembre dernier, un important carambolage impliquant six véhicules, certainement dû à des distances de sécurité insuffisantes, a relancé le débat entre internautes (voir en cliquant ici). Faut-il abaisser la vitesse autorisée sur le « périf’ » dijonnais ?

 

« C’est une voirie d’État, donc nous ne pouvons que donner notre avis, précise André Gervais, son adjoint délégué à la circulation et aux déplacements. La municipalité est favorable car cela permettrait une meilleure fluidification du trafic et diminuerait la gravité des accidents. Depuis deux ans à Dijon, l’accidentologie a fortement diminué, les travaux du tramway obligeant à une vitesse apaisée. » François Rebsamen n’a jamais caché cette volonté de réduire la vitesse à 90 km/h. Mais c’est le préfet de Côte-d’Or qui tranche sur ce type de dossier, en concertation avec le gestionnaire (DIR Centre Est) et les collectivités locales.
87 secondes de perdues sur 12 kilomètres
Du côté de la préfecture, on ne tourne pas les talons au moment d’aborder le sujet : « On ne peut pas évacuer la question, admet Arnaud Schaumasse, directeur de cabinet du préfet. Même si la rocade joue le rôle de périphérique urbain, il est de plus en plus rare que les routes périurbaines soient à 110 km/h. Ce qui primera dans le dossier, ce sont des critères tels que la fluidité, la sécurité, la pollution… » Dijon ne serait en effet pas une exception en France. Face à une hausse du nombre d’accidents sur leurs périphériques, de nombreuses villes (Lyon, Bordeaux, Toulouse…) ont franchi le pas. À Paris, le maire Bertrand Delanoë réclame un périphérique limité à 70 km/h. À Dijon, des limitations temporaires ont déjà vu le jour à l’occasion de grands départs en vacances, conjugués à des événements locaux. « Cela a permis une régulation du trafic et l’absence d’embouteillages, constate Arnaud Schaumasse. À 90 km/h, ça roulait. À 110 km/h, on aurait fait du Stop and Go… »

 

Car, depuis sa mise en service, la fréquentation de la rocade n’a cessé d’augmenter, tout comme le nombre de sorties et d’entrées. Conséquence, beaucoup pensent que la vitesse à 110 km/h ne serait plus adaptée. « Certaines voies d’accélération sont tellement courtes qu’il est dangereux de s’insérer sur la rocade, constate Stéphane Cretin, directeur d’auto-école. Pour que tout se passe bien, il faut que les automobilistes daignent ralentir… C’est parfois chaud ! » Pour lui, une évolution serait judicieuse pour plusieurs raisons : « Même si ça ne touche pas tout le monde, on polluera moins. Ensuite, rien n’est plus pénible qu’une circulation en accordéon, donc on y gagne en sérénité. Et bien évidemment en sécurité. » Dernière constatation, la perte de temps est minime. À 90 km/h au lieu de 110 km/h, le trajet serait allongé de 87 secondes sur l’ensemble des 12 kilomètres de la rocade.

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