
La volte-face du procureur Cyrus Vance dans l’affaire DSK-Diallo signifie l’abandon des poursuites pénales contre l’ancien président du FMI. Même si l’affaire n’a pas encore connu son épilogue, François Patriat, qui a toujours défendu bec et ongles son ex-favori pour la présidentielle, était rassuré. Mais il ne souhaite pas pour autant un retour imminent de DSK sur la scène politique française.
Depuis le début de l’affaire DSK, François Patriat n’a lui jamais fait volte-face. Intimement persuadé que Dominique Strauss-Khan « s’est fait piéger », le président du conseil régional de Bourgogne a toujours soutenu celui qu’il considérait comme étant le candidat idéal pour le Parti Socialiste à la prochaine élection présidentielle de 2012. Ce mardi, le procureur en charge de l’affaire a annoncé l’abandon des poursuites au pénal. Une satisfaction et un soulagement pour François Patriat : « Il était accusé de charges très lourdes et aujourd’hui, toutes ces accusations tombent. Il faut qu’il se reconstruise, qu’il retrouve sa dignité, car il a été massacré ! Il a fait 150000 fois la Une des journaux menotté ! C’est une défaite pour le procureur qui reconnait avoir été abusé. Vous imaginez bien que s’il y avait des preuves suffisantes ou des convictions réelles de sa culpabilité, je pense que personne ne l’aurait lâché ! » Une reconstruction nécessaire selon François Patriat avant d’envisager que DSK ne se relance en politique.
« Le sentiment qu’il est très loin de la politique franco-française »
Un retour en politique qui suscite beaucoup d’interrogations, notamment au sein du Parti Socialiste. Si une candidature aux primaires est depuis longtemps exclue, va-t-il participer au débat politique en vue des élections présidentielles ? François Patriat ne le souhaite pas avant les primaires : « J’ai le sentiment qu’il est très loin de la politique franco-française qui concerne les futures échéances électorales. Je ne pense pas que les Français souhaitent qu’il y participe… S’il prenait part au débat franco-français, je suis convaincu que ce serait mal perçu par les Français et que ce ne serait pas profitable à celui ou celle qu’il viendrait soutenir pour les primaires… Cette affaire pèse sur son image. » Bref, un retour imminent en politique intérieure française, impossible pour Patriat et difficilement compréhensible pour les électeurs.
« DSK doit revenir par le haut »
Ce qui ne signifie pas que DSK soit perdu pour la politique. « J’ai cru comprendre qu’il voulait rencontrer ses collaborateurs du FMI. Je pense que c’est par le haut qu’il pourra retrouver une voie politique, estime François Patriat. Sur la scène internationale. Il doit pouvoir démontrer aujourd’hui qu’il continue d’avoir des propositions et qu’il est l’homme des solutions dans la crise économique mondiale que nous connaissons aujourd’hui. A partir de là, il pourra envisager de retrouver une place politique en France. » Pourquoi pas auprès du futur candidat du Parti Socialiste choisi pour l’élection présidentielle 2012… Ce mercredi soir, les principaux dirigeants socialistes se retrouveront pour affiner leur réflexion, jour de l’annonce par le gouvernement des mesures d’austérité budgétaire, sur le programme économique du parti. Un DSK n’aurait pas été de trop pour apporter son expertise sur le sujet.
Malgré l’abandon des poursuites par le juge new-yorkais, Nafissatou Diallo peut encore porter l’affaire au civil. En France, la plainte déposée le 5 août dernier par Tristane Banon reste toujours d’actualité.